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Magasin à poudre de l'île d'Arun (Rosnoën)

Dossier IA29001812 inclus dans Arsenal de Brest réalisé en 2004

L´île d´Arun : un magasin à poudre vaubanien méconnu (1692-1693)

Le magasin à poudre de l´île d´Arun a été construit en 1692-1693 sur des plans de l´ingénieur Mollart. Ce type d´édifice logistique était régi par un plan type, dû à Vauban lui-même, et variant selon la capacité recherchée. Celle du magasin à poudre de l´île d´Arun est comprise entre 248 t (sur trois niveaux de barils de poudre selon le standard vaubanien) et 496 t (sur six niveaux de barils, soit la capacité maximale). Mollart, on le sait, travaillait en étroite collaboration avec Vauban et l´intendant Desclouzeaux, pour qui il dessina les plans de nombreux bâtiments de l´arsenal, les aménagements de la crique de Pontaniou (avant Choquet de Lindu) et suivit de nombreux travaux de fortification.

De plan rectangulaire orienté est-ouest (les dimensions standards des magasins vaubaniens correspondent à une capacité de stockage théorique de 50 t), aux murs de maçonnerie très épais (plus de 3 m pour les murs latéraux contre 1,3 m pour les murs pignons), le magasin à poudre est doté d´évents d´aération en chicane. Le bâtiment est voûté en plein cintre à « l´épreuve de la bombe ». Sa couverture originelle fait appel à un dallage en pierre de taille posé sur un massif de maçonnerie de moellon. Huit contreforts (quatre sur chaque façade latérale) ont, semble-t-il, été ajoutés vers 1717-1718 afin de verticaliser le souffle d´une éventuelle explosion toujours à craindre. L´extrados de la voûte a été revêtu d´une charpente et d´un toit en ardoise à la fin du XIXe siècle.

Sur l´île d´Arun, le magasin est doté, dès l´origine, de trois niveaux planchéiés autorisant un stockage sur plus de 830 m². Les barils de 100 ou 200 livres de poudre noire étaient hissés grâce à un palan aux niveaux supérieurs par des « écoutilles » percées dans le plancher ou par les baies des pignons. Ils étaient « engerbés », c´est-à-dire entassés sur quatre à six rangs de hauteur. Chaque pignon est doté d´une porte double inversée (porte intérieure et extérieure) et de trois doubles-fenêtres. Plusieurs baies ont également été ouvertes dans le mur sud dans l´intervalle d´un contrefort à l´autre. À chaque niveau correspond au pignon une baie à un vantail donnant de la lumière et permettant de renouveler l´air. Le mur de clôture devait permettre selon l´état des travaux « d´avoir une place pour sécher la poudre », l´avis de l´ingénieur en 1693 étant de « pousser le mur qui regarde le soleil couchant le plus loin qui se pourra ». Enfin, guérite, barrière et corps de garde permettent d´assurer la surveillance du site. Par sécurité, tous les éléments métalliques du magasin, gonds, serrures, pentures de porte, clous (le plancher, lui, est chevillé) sont en bronze ou laiton afin d´éviter la formation d´étincelles qui pourrait mettre le « feu aux poudres ». Enfin, pendant les manutentions, le port de sabots de bois est obligatoire.

Dès 1866, le magasin de l´île d´Arun est qualifié de « dépôt secondaire » dans la Revue maritime et coloniale. L´îlot est désaffecté au début de la Première Guerre mondiale et l´ensemble est vendu aux enchères en 1927.

Toujours propriété privée, le magasin à poudre de l´île d´Arun demeure le seul édifice logistique de la période vaubanienne en rade de Brest. Son état sanitaire demeure satisfaisant, cependant une restauration des enduits extérieurs serait la bienvenue. En raison de la rareté de ce type d´édifice en Bretagne, une protection au titre des Monuments historiques est très souhaitable afin de conserver la trace de l´évolution du stockage des poudres.

L´île d´Arun puis l´île des Morts : deux implantations particulières à l´échelle de la rade de Brest

Implanté le plus fréquemment dans un bastion creux ou dans une dépression artificielle faisant cour pour le dissimuler et le protéger des tirs de l´ennemi, le magasin à poudre est en outre isolé de la place forte par un mur de sécurité. Le choix de Vauban d´un stockage distant de la place forte de Brest et obligeant à traverser la rade s´explique par la nécessité de rayonner sur l´ensemble du périmètre défensif étendu à la rade, au goulet et au vestibule. De l´île d´Arun, où des « canons-bollards » permettaient d´échouer sur la grève à marée basse, la poudre était acheminée par chaloupe au port arsenal de Brest, soit pour l´armement des navires en Penfeld ou mouillés en rade, soit pour être stockée dans les magasins à poudre des batteries et forts de la rade. Selon les propres estimations de Vauban dans son Traité de la défense des places, une fortification à quinze bastions de circuit, le cas de Brest, nécessite « en temps de guerre » de 7 500 à 9 000 hommes. De la même manière, il parvient à estimer l´artillerie nécessaire à la défense de la place forte, soit 144 canons et 60 mortiers, ce qui lui permet d´estimer la quantité nécessaire de poudre, au total 350 t, à produire et à entreposer. Le plan de Brest de 1740 de Frézier ne représente que deux magasins à poudre situés du côté de Recouvrance (magasin à poudre du bastion de Lesneven au nord et magasin à poudre de la Pointe au sud 11), le château faisant citadelle dispose également de lieux de stockage souterrains. Dans la rade, chaque fortification dispose d´un ou plusieurs magasins à poudre.

Cent ans plus tard, la capacité du magasin de l´île d´Arun n´étant plus suffisante, on envisage pour la première fois la construction d´un nouveau dépôt de munitions sur l´île des Morts (1791). Les travaux s´échelonnent de 1808 à 1814. La Revue maritime et coloniale de 1866 précise que les établissements de la pointe à Brest du côté de Recouvrance se composent « d´une poudrière et d´un parc, où l´artillerie confectionne dans des ateliers convenablement isolés les uns des autres, pour diminuer les chances d´incendie ou d´explosion, la poudre fulminante, les cartouches, gargousses, fusées, feux de Bengale et autres artifices de la marine. Ces deux établissements datent : pour la poudrière, de 1667 ; pour les ateliers, de diverses époques, depuis 1821 jusqu´en 1856, année où l´on a construit l´embarcadère pour monter les projectiles ».

En raison de l´augmentation de la portée des projectiles et de leur capacité nouvelle à se superposer en un même point, les poudrières de l´île des Morts sont progressivement abandonnées dans la décennie 1880 au profit de celles de la pyrotechnie Saint-Nicolas à Guipavas".

(Lécuillier Guillaume, 2011)

Lécuillier Guillaume (dir.), Jean-Yves Besselièvre, Alain Boulaire, Didier Cadiou, Christian Corvisier, Patrick Jadé, Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal, Rennes, éd. Presses Universitaires de Rennes, coll. Cahiers du patrimoine, 2011, n° 94, 388 p.

Destinations demeure
Parties constituantes non étudiées jardin, enclos, logement
Dénominations poudrière, édifice logistique
Aire d'étude et canton Bretagne Nord
Hydrographies Brest rade de); Aulne
Adresse Commune : Rosnoën
Lieu-dit : Ile d'Arun
Période(s) Principale : 4e quart 17e siècle
Secondaire : 2e quart 19e siècle
Dates 1692, daté par travaux historiques
1693, daté par source
1694, daté par source
Auteur(s) Auteur : Vauban, ingénieur militaire, attribution par travaux historiques
Auteur : Mollart, ingénieur militaire, attribution par travaux historiques
Personnalité : Louis XIV, personnage célèbre, commanditaire, attribution par travaux historiques
Personnalité : Vauban, personnage célèbre, attribution par travaux historiques
Murs schiste
microdiorite quartzique
kersantite
enduit partiel
moellon sans chaîne en pierre de taille
Toit pierre en couverture
Plans plan rectangulaire régulier
Étages 2 étages carrés
Couvrements voûte en berceau brisé
Couvertures toit à longs pans
Typologies magasin à poudre vaubanien
États conservations état moyen, inégal suivant les parties

"Site inscrit des Monts d'Arrée (Site pluricommunal) : arrêté du 10/01/1966. Situé en face de Landévennec, au confluent de la rivière du Faou et de l´Aulne, cet îlot d´environ 4000 m2 occupe un site naturel et stratégique exceptionnel. L´installation de la poudrerie royale de Pont-de-Buis à la fin du 17e siècle conduit à la construction de cette poudrière, grand magasin à usage militaire comportant trois niveaux étayés de quatre contreforts de chaque côté. Il était destiné à sécher, à stocker et à protéger les poudres et explosifs avant leur transport vers Brest et les autres ports français. Les manoeuvres par chalands se faisaient à marée haute et aujourd´hui encore, un canon, debout, fixé au sol de la grève inondable, témoigne du lieu d´amarrage des bateaux. Pour certaines baies, on utilise le tuffeau, un matériau importé. Des photographies anciennes montrent le lieu avant la plantation d´arbres près des abords. C´est un des rares édifices de ce type conservé en Bretagne". Maison, îlot accessible à marée basse.

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre vestiges de guerre, à signaler
Sites de protection site inscrit, parc naturel régional

Annexes

  • Le chemin de la poudre et l’île Trébéron (2011)

    L´ARSENAL DE BREST, UN PATRIMOINE INDUSTRIEL ET MILITAIRE EN MUTATION

    Le chemin de la poudre : de la forêt du Cranou à la poudrerie de Pont-de-Buis

    "Les forêts sont nécessaires aux arsenaux. Outre le bois de coupe pour les constructions navales, le charbon de bois est l´une des composantes de la poudre à canon. Vauban dans ses écrits s´intéresse de près à la culture et à l´exploitation des forêts, parlant en 1701 de « la grande quantité de vaisseaux et de galères et autres ouvrages de marine qu´on a bâtis et qu´on continue à bâtir ». L´arsenal de Brest est approvisionné en bois par la forêt du Cranou toute proche. Le bois venant à manquer à la fin du 17e siècle, de nombreuses forêts du royaume sont mises à contribution notamment pour la fourniture des mâts.

    La crique dite du Moulin à poudre à Brest (aujourd'hui porte de la Brasserie) était un lieu sensible : jusqu´à la création des moulins à poudre de Pont-de-Buis en 1687 (situés à une quarantaine de kilomètres au sud de Brest), on y fabriquait la poudre de manière artisanale. Cette année-là, François Berthelot, commissaire général des Poudres et Salpêtres, fut autorisé à construire un nouvel ouvrage sur les rives de la Douffine. Un second moulin à poudre, portant la capacité de production à près de 20 t par mois, fut construit en 1692. Avant la construction des moulins à poudre de Pont-de-Buis, elle arrivait par mer de Saint-Jean-d´Angély. La poudre est composée de trois éléments : le soufre (12,5%), le charbon (12,5%) et le salpêtre (75%). Les ingrédients étaient mis dans un mortier et battus à coups de pilon. Plus l´opération était longue, meilleure était la poudre. Grainée et tamisée, elle était ensuite séchée et conditionnée en barils. Prenant ensuite la voie maritime par la Douffine et l´Aulne, les barils de poudre étaient conservés dans un magasin situé sur l´île d´Arun face à Landévennec. Dans les archives, l´édifice est nommé « magasin à poudre de Landévennec ».

    Une augmentation de la consommation de poudre de guerre

    L´armée, dans la seconde moitié du 17e siècle, se modernise en augmentant considérablement la proportion de fusils dans l´infanterie : on tire par salves, aligné en rangs, ce qui fait grimper la consommation de poudre noire. Lors de la guerre de la Ligue d´Augsbourg (1689-1697), ce sont 340 000 soldats de l´armée du roi qu´il faut doter de poudre. La guerre de siège, que ce soit pour l´utilisation des bouches à feu dans la défense, dont la dotation est fixée à 400 coups par pièce, ou l´attaque des places, entraîne le plus souvent une surconsommation de poudre.

    Une nouvelle administration : de la ferme des poudres et salpêtres à la Régie

    Pour répondre au problème de l´approvisionnement en poudre, la ferme des poudres et salpêtres est créée en 1664. Il s´agit d´une sorte de « délégation de service public » : le roi délègue à un organisme privé des missions relevant d´un service public, ici la production et la livraison de poudre à canon aux arsenaux. En contrepartie, on confie à la ferme la vente de poudre aux particuliers. Après des dérives dues à la fourniture de salpêtre indien importé à moindre coût, mais dont l´approvisionnement est soumis aux aléas du contexte international, le système de la ferme est finalement remplacé par une exploitation en régie « pour le compte et au profit de sa Majesté », à partir de 1775 : c´est le début de la Régie royale des poudres et salpêtres. La fin du 18e siècle voit la construction de nitrières artificielles, favorisée par des mesures financières incitatives et une collaboration avec l´Académie des sciences, afin de produire du salpêtre « national ». Dès 1777 est interdite « la recherche des terres salpêtrées dans les caves et celliers, en aucun temps de l´année, ni dans les lieux d´habitation personnelle ».

    L´Agence nationale des poudres et salpêtres, étroitement liée au ministère de la Guerre, devient le Service national des poudres et salpêtres en 1819. L´État transfère le monopole des poudres et substances explosives à usage militaire à la Société nationale des poudres et explosifs en 1970.

    Les activités de contrôle, quant à elles, ont été remises aux administrations compétentes. L´inspection technique de l´armement pour les poudres et explosifs, créée en 1972, est devenue l´inspection de l´armement pour les poudres et explosifs en 1984, sous tutelle du ministère de la Défense.

    L´île d´Arun : un magasin à poudre vaubanien méconnu (1692-1693)

    Le magasin à poudre de l´île d´Arun a été construit en 1692-1693 sur des plans de l´ingénieur Mollart. Ce type d´édifice logistique était régi par un plan type, dû à Vauban lui-même, et variant selon la capacité recherchée. Celle du magasin à poudre de l´île d´Arun est comprise entre 248 t (sur trois niveaux de barils de poudre selon le standard vaubanien) et 496 t (sur six niveaux de barils, soit la capacité maximale). Mollart, on le sait, travaillait en étroite collaboration avec Vauban et l´intendant Desclouzeaux, pour qui il dessina les plans de nombreux bâtiments de l´arsenal, les aménagements de la crique de Pontaniou (avant Choquet de Lindu) et suivit de nombreux travaux de fortification.

    De plan rectangulaire orienté est-ouest (les dimensions standards des magasins vaubaniens correspondent à une capacité de stockage théorique de 50 t), aux murs de maçonnerie très épais (plus de 3 m pour les murs latéraux contre 1,3 m pour les murs pignons), le magasin à poudre est doté d´évents d´aération en chicane. Le bâtiment est voûté en plein cintre à « l´épreuve de la bombe ». Sa couverture originelle fait appel à un dallage en pierre de taille posé sur un massif de maçonnerie de moellon. Huit contreforts (quatre sur chaque façade latérale) ont, semble-t-il, été ajoutés vers 1717-1718 afin de verticaliser le souffle d´une éventuelle explosion toujours à craindre. L´extrados de la voûte a été revêtu d´une charpente et d´un toit en ardoise à la fin du XIXe siècle.

    Sur l´île d´Arun, le magasin est doté, dès l´origine, de trois niveaux planchéiés autorisant un stockage sur plus de 830 m². Les barils de 100 ou 200 livres de poudre noire étaient hissés grâce à un palan aux niveaux supérieurs par des « écoutilles » percées dans le plancher ou par les baies des pignons. Ils étaient « engerbés », c´est-à-dire entassés sur quatre à six rangs de hauteur. Chaque pignon est doté d´une porte double inversée (porte intérieure et extérieure) et de trois doubles-fenêtres. Plusieurs baies ont également été ouvertes dans le mur sud dans l´intervalle d´un contrefort à l´autre. À chaque niveau correspond au pignon une baie à un vantail donnant de la lumière et permettant de renouveler l´air. Le mur de clôture devait permettre selon l´état des travaux « d´avoir une place pour sécher la poudre », l´avis de l´ingénieur en 1693 étant de « pousser le mur qui regarde le soleil couchant le plus loin qui se pourra ». Enfin, guérite, barrière et corps de garde permettent d´assurer la surveillance du site. Par sécurité, tous les éléments métalliques du magasin, gonds, serrures, pentures de porte, clous (le plancher, lui, est chevillé) sont en bronze ou laiton afin d´éviter la formation d´étincelles qui pourrait mettre le « feu aux poudres ». Enfin, pendant les manutentions, le port de sabots de bois est obligatoire.

    Dès 1866, le magasin de l´île d´Arun est qualifié de « dépôt secondaire » dans la Revue maritime et coloniale. L´îlot est désaffecté au début de la Première Guerre mondiale et l´ensemble est vendu aux enchères en 1927.

    Toujours propriété privée, le magasin à poudre de l´île d´Arun demeure le seul édifice logistique de la période vaubanienne en rade de Brest. Son état sanitaire demeure satisfaisant, cependant une restauration des enduits extérieurs serait la bienvenue. En raison de la rareté de ce type d´édifice en Bretagne, une protection au titre des Monuments historiques est très souhaitable afin de conserver la trace de l´évolution du stockage des poudres.

    L´île d´Arun puis l´île des Morts : deux implantations particulières à l´échelle de la rade de Brest

    Implanté le plus fréquemment dans un bastion creux ou dans une dépression artificielle faisant cour pour le dissimuler et le protéger des tirs de l´ennemi, le magasin à poudre est en outre isolé de la place forte par un mur de sécurité. Le choix de Vauban d´un stockage distant de la place forte de Brest et obligeant à traverser la rade s´explique par la nécessité de rayonner sur l´ensemble du périmètre défensif étendu à la rade, au goulet et au vestibule. De l´île d´Arun, où des « canons-bollards » permettaient d´échouer sur la grève à marée basse, la poudre était acheminée par chaloupe au port arsenal de Brest, soit pour l´armement des navires en Penfeld ou mouillés en rade, soit pour être stockée dans les magasins à poudre des batteries et forts de la rade. Selon les propres estimations de Vauban dans son Traité de la défense des places, une fortification à quinze bastions de circuit, le cas de Brest, nécessite « en temps de guerre » de 7 500 à 9 000 hommes. De la même manière, il parvient à estimer l´artillerie nécessaire à la défense de la place forte, soit 144 canons et 60 mortiers, ce qui lui permet d´estimer la quantité nécessaire de poudre, au total 350 t, à produire et à entreposer. Le plan de Brest de 1740 de Frézier ne représente que deux magasins à poudre situés du côté de Recouvrance (magasin à poudre du bastion de Lesneven au nord et magasin à poudre de la Pointe au sud 11), le château faisant citadelle dispose également de lieux de stockage souterrains. Dans la rade, chaque fortification dispose d´un ou plusieurs magasins à poudre.

    Cent ans plus tard, la capacité du magasin de l´île d´Arun n´étant plus suffisante, on envisage pour la première fois la construction d´un nouveau dépôt de munitions sur l´île des Morts (1791). Les travaux s´échelonnent de 1808 à 1814. La Revue maritime et coloniale de 1866 précise que les établissements de la pointe à Brest du côté de Recouvrance se composent « d´une poudrière et d´un parc, où l´artillerie confectionne dans des ateliers convenablement isolés les uns des autres, pour diminuer les chances d´incendie ou d´explosion, la poudre fulminante, les cartouches, gargousses, fusées, feux de Bengale et autres artifices de la marine. Ces deux établissements datent : pour la poudrière, de 1667 ; pour les ateliers, de diverses époques, depuis 1821 jusqu´en 1856, année où l´on a construit l´embarcadère pour monter les projectiles ».

    En raison de l´augmentation de la portée des projectiles et de leur capacité nouvelle à se superposer en un même point, les poudrières de l´île des Morts sont progressivement abandonnées dans la décennie 1880 au profit de celles de la pyrotechnie Saint-Nicolas à Guipavas".

    (Lécuillier Guillaume, 2011).

    Lécuillier Guillaume (dir.), Jean-Yves Besselièvre, Alain Boulaire, Didier Cadiou, Christian Corvisier, Patrick Jadé, Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal, Rennes, éd. Presses Universitaires de Rennes, coll. Cahiers du patrimoine, 2011, n° 94, 388 p.

Références documentaires

(c) Inventaire général (c) Inventaire général ; (c) Association Pour l'Inventaire de Bretagne - Lécuillier Guillaume