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Lycée et lycée professionnel Beaumont, 10 rue du lycée (Redon)

Dossier IA35132116 réalisé en 2018

Le lycée Beaumont est l'héritier de l'école primaire supérieure de Redon, dont les bâtiments, construits en 1905, abritent aujourd'hui un établissement régional d'enseignement adapté. Cet ensemble est une véritable cité scolaire qui accueille un lycée, un lycée professionnel et un collège. Ces établissements partagent les mêmes services communs et les équipements sportifs.

Construit dans les années 1960 sur les plans des architectes Jean Monge, architecte en chef des Bâtiments civils et Palais nationaux, et René Guichebaron, ce lycée est typique des constructions industrialisées des "trente glorieuses", celle des "barres" à toiture-terrasse. Les normes strictes de l’Éducation nationale n'ont cependant pas empêché les architectes d'apporter leur touche propre. Leur créativité s'exprime en premier lieu dans l'organisation du plan d'ensemble et dans l'adaptation du bâti à un terrain dont la topographie est complexe. Elle s'est encore exercée, par exemple, pour les façades latérales des internats, le plan et la taille du restaurant scolaire ou de l'ancienne infirmerie.

Dénominations lycée
Aire d'étude et canton Bretagne
Adresse Commune : Redon
Adresse : 10 rue du lycée

Construire un nouvel établissement à Redon

Un établissement secondaire devenu trop petit est à l'origine du lycée Beaumont de Redon, comme c'est souvent le cas pour les lycées construits dans les années 1960. La croissance des effectifs scolaires et l'emplacement de l'ancienne École Primaire Supérieure du quai Jean Bart, devenue collège classique et moderne, avec centre d'apprentissage annexé, ne permettaient plus d'agrandissement sur place. La section permanente du comité départemental des constructions scolaires, réunie le 20 février 1961, précise que le nouvel établissement est destiné "à recevoir la totalité des élèves du 2e degré de l'enseignement secondaire (internes et externes) notamment, ainsi que les élèves des sections techniques. A noter que les locaux actuels du collège absorbent des effectifs supérieurs à la normale et en constante progression. L'extension du collège est indispensable et la municipalité a été invitée à rechercher les solutions les moins onéreuses et les plus fonctionnelles."

La topographie du terrain fait débat

Pour construire un nouveau lycée, il faut tout d'abord disposer d'un terrain suffisamment grand. Par délibération du 22 juin 1960, le conseil municipal décide donc "l'achat d'une parcelle de 38 157 m2, appartenant aux époux Hurtel, (...), terrain destiné à la construction d'une annexe du collège national.(...) Les propriétaires ont signé, le 5 septembre 1960, une promesse de vente de 190 785 NF".

En juin 1960, la section permanente du comité départemental des constructions scolaires examine le sujet car l'inspecteur d'académie avait auparavant "fait part d'un certain nombre d'observations touchant à la fois le périmètre irrégulier du terrain et la dénivellation sensible qui le caractérise". Il y a donc matière à débattre. Chacun des membres de la section est donc amené à donner son avis. Un regard souvent déterminé par la fonction qu'il exerce.

Le chef de service départemental de la Jeunesse et des Sports est le plus circonspect à cause des contraintes topographiques et de l'ambition élevée du programme sportif. L'Ingénieur en chef, directeur départemental des services agricoles, souligne qu'un "avis favorable ne peut être donné que si M. Boucaud (le locataire exploitant) reçoit une indemnité suffisante pour lui permettre de reprendre une activité agricole correspondant à celle dont il a été évincé, ou s'il est trouvé un moyen de reclassement dans une autre profession, convenant à ses aptitudes et à ses besoins". Les autres membres du comité manifestent plus d'allant : le directeur départemental de la Construction se satisfait de la situation du terrain dans une zone réservée pour le service public ; l'Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées estime que "les inconvénients inhérents à la topographie du terrain Hurtel ne sont pas insurmontables et leur répercutions sur le plan financier ne sont pas de nature, compte tenu de la situation et de l'exposition exceptionnelle dudit terrain, à en écarter l'acquisition" ; le Directeur départemental des Domaines, rapporteur, constate que le prix correspond à l'évaluation de ses services. In fine, l'Inspecteur d'Académie, "à la lumière des précisions apportées", donne un avis favorable à l'acquisition du terrain, précisant néanmoins que son agrandissement s'impose car "Le ministère de l’Éducation nationale envisage l'édification d'une véritable cité scolaire à Redon qui comprendrait, outre le lycée technique prévu, un lycée classique". Ce qui, selon le Directeur départemental de la Construction, ne devrait pas poser de problème puisque "la réserve pour service public au plan d'urbanisme mesure 5 hectares et 1/2".

Jean Monge et René Guichebaron, architectes

Le ministère attribue le chantier à "l'équipe n°32 : Jean Monge et Rogatien de Cidrac, architectes". C'est le premier, architecte en chef des Bâtiments civils et Palais nationaux, avec son confrère René Guichebaron, architecte de la ville de Redon, qui signent les plans en 1963 et 1964. Ils ont dû adapter les plans types à la déclivité du terrain. R. Guichebaron avait été, après-guerre, l'auteur des plans d'agrandissement de l’École Primaire Supérieure.

Le collège moderne devient lycée en 1964. L'établissement s'installe à Beaumont en 1966 en même temps que le lycée professionnel. Ce dernier est issu du centre d'apprentissage annexé au collège moderne, créé en 1946, devenu collège d'enseignement technique en 1958. Un collège jouxte l'établissement.

Les principales évolutions du bâti des années 1960 ont consisté en la construction, au début des années 2000, d'un nouveau bâtiment administratif et d'un externat. Certaines des façades ont été restructurées et isolées.

Le lycée aujourd'hui

La cité scolaire, située aux confins de trois départements, a recruté jusqu'à 2500 élèves dans les années 1980. La construction successive de deux lycées dans le Morbihan (Questembert) et en Ille-et-Vilaine (Bain-de-Bretagne) a conduit à la diminution des effectifs. En 2018-2019, les effectifs sont de 861 élèves pour le lycée et 333 pour le lycée professionnel, soit un total de 1194 élèves dont 96 internes.

Sur le plan pédagogique, les formations professionnelles sont historiquement liées à des activités industrielles locales qui ont compté (construction mécanique Garnier, confection vestimentaire Dubois). Aujourd'hui, elles s'exercent dans les domaines de la maintenance industrielle, de la menuiserie, des milieux familiaux, de la gestion... (bacs pro et CAP).

Le lycée forme parallèlement aux baccalauréats généraux, à différents bacs technologiques et à des BTS. Il prépare aussi aux concours des écoles paramédicales.

Il est labellisé lycée des métiers des services, de l'industrie et de l'habitat.

Période(s) Principale : 3e quart 20e siècle , daté par source
Principale : 1er quart 21e siècle , daté par source
Dates 1960, daté par source
1963, daté par source
1964, daté par source
2002, daté par source
2008, daté par source
2011, daté par source
1966, daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : Monge Jean,
Jean Monge (1917 - 1991)

Architecte des Bâtiments civils et Palais nationaux, 14 rue de la Cure, Paris XVIe


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Auteur : Guichebaron René,
René Guichebaron

Architecte DETP, avenue de Beaumont, Redon


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Auteur : Hay Michel,
Michel Hay

Architecte DPLG, 55 rue de la Châtaigneraie, Redon


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Auteur : Leray Patrice,
Patrice Leray

A = B + L Architectes, Bain-de-Bretagne


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Auteur : Berthelot Françoise,
Françoise Berthelot

A = B + L Architectes, Bain-de-Bretagne


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Contexte paysager

La cité scolaire est implantée sur un campus de 8 hectares, en pente, qui est un véritable parc paysager où sont présents de nombreux arbres d'essences variées. La liste des arbres plantés à l'origine figure sur un devis descriptif conservé aux Archives départementales d'Ille-et-Vilaine (152 W 171).

Contexte urbain

Le lycée est situé sur le promontoire où fut fondé par Conwoïon, en 832, le célèbre monastère de Redon. Il est bordé, au nord, par l'avenue de Beaumont. Il prend place dans un paysage urbain peu dense, à dominante de maisons d'habitation individuelle, construites sur de grandes parcelles. Il est proche d'un parc urbain qui renforce le caractère boisé et naturel de cet environnement. Légèrement excentré, il est cependant très facilement accessible depuis la gare (10 minutes à pied).

Parties constituantes

Externats ; internats ; ateliers ; administration ; gymnase et dojo ( ancienne piscine) ; restauration ; infirmerie (aujourd'hui GRETA) ; transformateur...

Un axe central structure le "cœur" du lycée, dont le plan articule les fonctions en trois ensembles distincts

A Beaumont, tout est très grand : la parcelle, les externats, les ateliers, l'ancienne infirmerie, la restauration, la plaine des sports et même... les arbres.

Le plan masse a une structure très cohérente et élaborée. Il est adapté à la forme longiligne de la parcelle, qui s'étire sur 600 mètres, d'ouest en est, dans le sens opposé à la pente.

Trois grands ensembles se succèdent d'ouest en est :

- la partie ouest est occupée par une plaine des sports, un dojo municipal (ancienne piscine) et deux gymnases ;

- au centre, le "cœur" du lycée regroupe, autour d'un mail en escalier, l'administration et les bâtiments nécessaires à l'enseignement : externats et ateliers ;

- à l'est, entre les externats et le collège, sont implantés les services communs aux trois établissements (lycée, lycée professionnel et collège) : la restauration, les internats (l'un d'eux, le bâtiment F, a été restructuré en externat) et l'ancienne infirmerie, aujourd'hui occupée par le GRETA.

Une architecture typique des constructions industrialisées.

Les internats et externats originels sont construits dans le respect des normes de l’Éducation nationale, selon le procédé de construction "Gilbert Coutant". Ce sont des barres de plan rectangulaire, r+2 ou r+3, à structure de poteaux et poutres en béton armé. Ils sont couverts de toits terrasse. Les façades reproduisent la trame de 1,75 m autant de fois que nécessaire pour respecter le programme. Les panneaux préfabriqués en ciment qui les parent sont recouverts de petits carreaux de grès de différents tons de bleu. Les pignons sont quant à eux parés de granite (à l'exception des pignons ouest des internats d'origine (G et F), traitées comme les façades). Les étages sont desservis par des couloirs centraux et des escaliers rampe sur rampe placés à chaque extrémité.

Les ateliers, sous 5 rangées de sheds, sont dissimulés, sur leurs côtés sud-ouest et sud-est, derrière deux étages de salles de classe à toiture-terrasse, dont les façades reprennent le vocabulaire des autres externats. Le retour d'angle sur la façade sud-est est traitée à la manière d'un pignon (parement de granite). Les salles sont desservies par des couloirs latéraux positionnés entre elles et les ateliers.

Le grand bâtiment de plan carré, de près de 50 m de côté, qui héberge les services de restauration, se déploie sur deux niveaux, le premier étant semi-enterré, pour s'intégrer à la pente. L'étage reçoit les cuisines et les selfs, placés dans la partie nord du bâtiment et en son centre. Avec un tel plan, la question de la lumière est essentielle. Les cuisines bénéficient d'un éclairage naturel zénithal, grâce à des dôme translucides et à un lanterneau. Les salles de restaurant sont réparties sur les trois côtés, est, sud et ouest. Elles sont entièrement vitrées et, par ailleurs, bordées d'un balcon continu.

Œuvres du 1% artistique

Deux œuvres ont été créées au titre du 1% artistique :

- une statue en bronze du sculpteur cubain d'Augustin Cardenas, véritable marqueur de l'entrée du lycée au milieu du mail central.

- une installation sur structure métallique de Robert Juvin, artiste natif de Redon, dont il ne reste que la structure, devant l'administration du lycée.

Collections pédagogiques

Il existe des collections pédagogiques conservées dans le laboratoire de sciences naturelles (animaux naturalisés, insectes...) et dans une vitrine dans la salle du conseil d'administration (sciences physiques). La plupart des collections de sciences physiques ont disparu suite à la restructuration de l'externat scientifique (suppression d'un laboratoire au profit de salles de classe).

Évolution du bâti : ajout de nouveaux bâtiments et restructurations.

Jean Monge, architecte des Bâtiments civils et Palais nationaux, Rogatien de Cidrac (architecte en chef, dont le nom apparaît sur les devis mais pas sur les plans) et René Guichebaron (architecte de la ville de Redon) sont les auteurs du plan masse, et des bâtiments du programme d'origine décrit ci-dessus (plans du 5/4/1964) qui a connu des restructuration et adjonctions depuis les années 2000.

Michel Hay a donné les plans des restructurations de 2002 et 2011 : construction des bâtiments B et N (nouvelle administration, nouveaux logements), de l'externat E', du mail. On lui doit aussi la restructuration des façades de l'externat C (2002) et la restructuration thermique de l'externat D (PC : 2011).

Patrice Leray et Françoise Berthelot (Agence B+L) sont les auteurs de la restructuration du gymnase (PC 2008)

Certains bâtiments (atelier industriel, externat F, internat, restauration) n'ont pas encore été restructurés mais ont pu changer d'affectation (le bâtiment F était, à l'origine, un internat).

Murs béton béton armé
béton béton précontraint
Toit zinc en couverture, bitume, ciment amiante en couverture
États conservations restauré, remanié
Statut de la propriété propriété de la région

Annexes

  • Atleliers-étage 1_ AD35_152W173
  • Classes spécialisées bâtt D-étage 1_ AD35_152W173
  • Internat de garçons 1-2-3e étages_ AD35_152W172
  • Internat de garçons RDC_ AD35_152W172

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 5w35 ; 152X172 ; 152W173.

    Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : 5w35 ; 152W171 ; 152W172 ; 152W173
Bibliographie
  • BRANCHEREAU, Jean-Pierre, CROIX, Alain, GUYVAR'H, Didier, PANFILI, Didier. Dictionnaire des lycées publics de Bretagne. Geriadur liseoù publik Breizh. Histoire, culture, patrimoine. Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2012. 656 p.