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Lycée Benjamin Franklin, 1 rue de la Forêt (Auray)

Dossier IA56132171 réalisé en 2019

Le lycée Benjamin Franklin d'Auray, est un lycée général construit par le morbihannais Yves Guillou, à l'automne de sa carrière, en 1980. Ce dernier est l'architecte qui, après la Seconde Guerre mondiale, a su retrouver les voies d'une écriture à la fois moderne et régionaliste. C'est aussi celui qui a construit le plus grand nombre des actuels lycées bretons. Parmi eux, un lycée agricole, et une quinzaine de collèges d'enseignement technique, devenus lycées professionnels, ou d'écoles nationales de perfectionnement, devenues EREA (établissements régionaux d'enseignement adapté)...

La date de construction du lycée d'Auray (1979-1980), après l'abandon des normes qui ont conduit à la multiplication des barres scolaires, permet à l'homme de l'art de déployer son savoir-faire. Il peut notamment faire appel à ses matériaux et formes de prédilection : le béton, le toit terrasse, les toitures d'ardoise. Il ne manque guère que le granite - à l'exception, en forme de clin d’œil, de la première pierre.

L’œuvre du 1% du lycée est un bas-relief en bronze de l'artiste Martine Kerbaol intitulé "Découverte".

Le lycée a été agrandi à plusieurs reprises, dès 1983-1984.

En 2011, un nouveau service de restauration a été livré. Il est l’œuvre de l'architecte Michel Grignou. Tout en répondant aux exigences thermiques et autres normes contemporaines, en utilisant des matériaux marqueurs de l'époque (bois, verre), le nouveau bâtiment s'insère très bien dans la parcelle, respecte les boisements environnants et n'étouffe pas le bâti originel.

En 2019 a été lancé un concours d'architecte pour restructurer l'accueil et l'administration. Le cahier des charges prévoit la démolition de l'entrée, de l'infirmerie et de l'administration d'origine.

Dénominationslycée
Aire d'étude et cantonaire d'étude de la région Bretagne
AdresseCommune : Auray
Adresse : 1 rue de la Forêt
Précisions

Le 21 janvier 1978, le comité local d'action laïque d'Auray, pose une "première pierre" symbolique du lycée d'Auray (toujours conservée au lycée), en présence des militants laïques Bruno Mory et Yvon Le Guyadec. C'est l'un des points d'orgue des actions engagées pour obtenir l'implantation d'un lycée public d'enseignement général entre Vannes et Lorient. D'autres lycées suivront dans des villes moyennes du Morbihan, en périphérie de Lorient notamment : Hennebont (1986), Lanester (1994)...

Quelques mois après cette manifestation, en juillet 1978, le ministère de l’Éducation Nationale décide de programmer la construction d'un lycée à Auray. Celui-ci ouvre, en septembre 1980, et est inauguré, le 4 décembre de la même année, en présence de trois ministres et d'un représentant de l'ambassade des États-Unis - le lycée prend le nom de Benjamin Frankin. Dans son discours inaugural, le maire d'Auray, Michel Naël, précise de le lycée a coûté "1 milliard 100 000 francs", apportés à 80% par l’État et à 20% par la commune.

L'architecte Yves Guillou a été choisi pour donner les plans de cet établissement. C'est un habitué des programmes scolaires, avec à son actif plusieurs dizaines d'établissements : lycée agricole, collèges, collèges d'enseignement techniques, écoles primaires... Ce lycée est cependant distinctif au sein de cette production pléthorique. Il est construit après l'abandon des normes qui conduisaient à ne concevoir que des barres. L'emprise au sol du bâti s'étale. Des patios permettent à la lumière naturelle de pénétrer dans l'épaisseur des bâtiments (circulations, CDI...).

A peine ouvert, le lycée connaît un succès tel qu'il doit être agrandi. La ville met, un temps, à disposition des salles au Penher. Une première extension de 6 classes est programmée et confiée au même architecte en juillet 1983 (livraison janvier-février 1984). D'autres suivront.

En novembre 2011, est inauguré un service de restauration entièrement neuf, dont l'architecte est Michel Grignou, déjà auteur d'un réfectoire et des cuisines au lycée Brizeux de Quimper.

En 2019, un concours pour un projet de restructuration complète est organisé.

Le lycée, qui a été construit pour une population de proximité, ne comporte pas d'internat. Il accueille en 2018-2019, 1254 élèves, dont 693 jeunes filles et 1097 demi-pensionnaires. Il prépare aux baccalauréats généraux, à différents bacs technologiques "sciences et technologies du management et de la gestion" et au BTS "négociation et relation client".

Période(s)Principale : 4e quart 20e siècle
Principale : 1er quart 21e siècle
Dates1980, daté par source
1984, daté par source
2011, daté par source
Auteur(s)Auteur : Guillou Yves architecte attribution par source
Auteur : Grignou Michel
Michel Grignou (4 août 1958 -

Architecte, 6 rue de Rosmadec, puis 6 rue Joseph Halleguen, Quimper, puis associé à Véronique Stéphan, 6 rue Joseph Halleguen – 29000 Quimper


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architecte attribution par source

Situation, environnement urbain et paysager :

Le lycée Benjamin Franklin est implanté en périphérie est d'Auray, entre la ville et un méandre de la rivière d'Auray, sur les anciens terrains bocagers d'une ferme. Il est aujourd'hui bordé d'un bois, d'un lotissement, d'un hôtel et d'une gendarmerie, construite par le même architecte, Yves Guillou. Un gymnase et un stade sont accessibles, à quelques encablures.

Description :

Lors de l'inauguration du lycée, le 4 décembre 1980, le maire Michel Naël rendait hommage à l'architecte, en ces mots :"La première préoccupation du maître d’œuvre a été de conserver au maximum la richesse de ce site naturel.

Sa deuxième préoccupation a été d'animer les façades par des décrochés, qui donnent plus de souplesse à l'ensemble, mis en valeur par une gamme de couleurs douces : du jaune-paille au bleu-nuit, en passant par l'ocre et le fauve.M. Guillou, soyez remercié pour votre imagination et votre créativité.

"De fait, le plan du lycée, qui occupe une grande partie de la parcelle de 2ha, marque une étape importante dans l'évolution des constructions scolaires d'Yves Guillou. Les moyens dont il dispose, et la liberté nouvelle que procure l'abandon du plan type des barres scolaires, lui permettent de proposer une œuvre originale. L'urbanisation des différentes fonctions de l'établissement (externat, administration, infirmerie, CDI, demi-pension...) se fait à l'intérieur d'un seul espace. Elle est moins lisible de l'extérieur, mais elle offre des circulations à l'abri des intempéries.

Le plan d'origine accole à un carré de près de 40 m de côté, placé au centre de la composition, éclairé par un patio, plusieurs modules plus petits de plan, carré, rectangulaire ou en L, ouvrant sur des patios semi-ouverts. (Les plans des différents niveaux peuvent être consultés dans la rubrique "annexes", en pdf, pour des raisons de lisibilité).

L'architecte revisite quelques uns des classiques de son architecture privée et de son vocabulaire à la fois moderne et régionaliste : organisation du plan autour d'un patio, utilisation du béton armé et de l'ardoise.

Il joue sur la variété des élévations de un ou deux niveaux ainsi que sur l'alternance des toits terrasses et des bâtières ardoisées. La modénature des façades est composée par l'alternance de panneaux de grès bleu et de surface peinte en blanc, ainsi que par les moulages concaves des poteaux de la structure en béton armé, soulignés de touches de couleur douce.

Ce type de plan autorise des extensions par adjonction de nouveaux modules. La première extension de 6 classes (1983-1984), au sud-est, n'a pas bouleversé l'équilibre d'ensemble. La simplicité du plan rectangulaire, les décrochements de toitures, les verrières portent la signature d'Yves Guillou.

Une extension ultérieure, de même volumétrie, reprend peu ou prou les mêmes principes. Cet ajout, comportant un préau, bouleverse cependant le plan masse en créant une petite cour au sud-est, trop grande pour être un simple patio semi-ouvert. Elle renforce en outre la place de l'ardoise, bien plus discrète à l'origine. Cette dernière est même de plus en plus prégnante, compte-tenu de la surélévation du bâtiment A3 qui a vu le remplacement de toits-terrasses par des bâtières ardoisées.

Yves Guillou a également donné les plans des logements de fonction implantés à l'ouest de la parcelle. Leur implantation, sur une partie du terrain en pente, lui permet de jouer avec deux niveaux de rez-de-chaussée, haut et bas. Ces maisons ressemblent plus à la production sérielle de l'architecte, à destination des lotissements, qu'à ses villas commandées par des propriétaires aisés.

En 2011, un nouveau service de restauration, dû à l'architecte quimpérois Michel Grignou, a été implanté à l'est de l'entrée de l'établissement. Le plan de ce dernier reprend le principe de juxtaposition de géométries simples : le carré pour le réfectoire et le rectangle pour les cuisines et services.Un soin particulier est apporté à l’acoustique, à l'éclairage et aux matériaux. L'alternance du verre des immenses baies et du bois des bardages marquent la modénature.

Œuvre du 1% artistique :

Un bas-relief de Martine Kerbaol, intitulé "Découverte", daté de 1982, est fixé au mur à droite de l'entrée de l'administration. Un dossier spécifique lui est consacré.

Le crédit disponible au titre du 1% était de 84140 francs, au titre de la subvention de l’État, auxquels s'ajoutaient 865 francs au titre de la subvention de la Ville.

Collections pédagogiques :

Le lycée conserve peu de collections pédagogiques qui ne peuvent, de fait, pas être très anciennes. A noter la présence d'un original "simulaphone".

Mursbéton

Annexes

  • AURAY_LYCEE BENJAMIN FRANKLIN_PLAN-Topo_2018
  • AD56_110J1081_Plan RDC bas_1978
  • AD56_110J1081_Plan RDC haut_1978
  • AD56_110J1081_Plan_logements-RDC Bas_1978
  • AD56_110J1081_Plan extension 6 classes_1983
  • AD56_110J1081_Plan extension de 6 classes_aménagement des cuisines_1983

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives Nationales : 19880466/13, Dossier du 1% artistique du lycée polyvalent d'Auray, 1980-1981

    Archives Nationales : 19880466/13
Bibliographie
  • BRANCHEREAU, Jean-Pierre, CROIX, Alain, GUYVARC'H, Didier, PANFILI, Didier. Dictionnaire des lycées publics de Bretagne. Geriadur liseoù publik Breizh. Histoire, culture, patrimoine. Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2012. 656 p.

  • Le Couédic [Daniel], Yves Guillou, architecte d'une nouvelle Bretagne, Bulletin de liaison de l'AMAB (Archives Modernes d'Architecture de Bretagne), N° 12, juin 2004, pp. 3 à 12.

  • Bonnet [Philippe], Une amitié artistique : Yves Guillou et Francis Pellerin, Bulletin de liaison de l'AMAB (Archives Modernes d'Architecture de Bretagne), N° 12, juin 2004, p. 13.

  • Hottin [Christian] Et Roullier [Clothilde], Un art d’État ? Commandes publiques aux artistes plasticiens, 1945-1965, Rennes, PUR, 2017, 257p.

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