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Lotissement Vaudois-Amiot, rue de Villeneuve ; rue Marcelin-Berthelot ; rue Auguste-Comte ; rue Alain-Bouchard ; rue Lobineau ; boulevard Jacques-Cartier (Rennes)

Dossier IA35024695 inclus dans Quartier Villeneuve (Rennes) réalisé en 2000

Fiche

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  • Parties constituantes

    • maison
    • immeuble
    • église
    • école
    • maison
    • rue
    • garderie d'enfants

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Réalisé entre 1872 et 1914, le projet des entrepreneurs Vaudois et Amiot inaugure le lotissement des domaines agricoles, au sud de la voie ferrée, contemporain des opérations lancées par Dubosq et Charles Jaillard, au nord-est de la ville.

Le projet est ici remarquable dans la mesure ou il intègre la construction d´une église, c´est-à-dire qu´il se propose comme un nouveau quartier de la ville. L´emplacement proposé est critiqué par l´ingénieur de la ville.

La qualité de la trame viaire est le résultat d´un projet avalisé et soutenu par la municipalité, qui ne fait dans un premier temps qu´en conduire indirectement l´exécution. Les voies construites suivant les normes réglementaires par l´entrepreneur Amiot sont cédées en échange de leur entretien.

Il ne subsiste qu´une partie des tracés projetés par J. Vaudois, en 1872, les voies ouvertes depuis des réseaux existant formant à l´origine des poches isolées ceinturant l´ancien faubourg de la Madeleine, à l´ouest (boulevard Jacques-Cartier, rue Lobineau) et aux abords de la nouvelle maison centrale (rue Ange-Blaise).

Le projet de René Amiot prolonge celui de J. Vaudois (rue Lobineau, rue Louis-Tiercelin) mais inaugure une utilisation plus rationnelle de l´espace divisé en îlots réguliers par des voies parallèles. Partiellement réalisé (rue Alain-Bouchard et rue André-Désilles), le projet sera modifié par le projet de construction d´une église, dont l´îlot détermine le tracé des voies, et par l´ouverture de la rue Général-Margueritte, qui doit offrir un accès direct à la nouvelle caserne, depuis la gare.

Comme c´est également le cas dans le quartier Abattoir-Redon, le lotissement est ici le résultat de plusieurs facteurs, les réseaux existants, la nouvelle prison, et de l´action conjuguée de l´initiative privée et publique.

Parties constituantes non étudiées maison, immeuble, église, école, maison, rue, garderie d'enfants
Dénominations lotissement
Aire d'étude et canton Rennes ville - Rennes ville
Adresse Commune : Rennes
Adresse : rue de Villeneuve , rue Marcelin-Berthelot , rue Auguste-Comte , rue Alain-Bouchard , rue Lobineau , boulevard Jacques-Cartier

Les documents conservés aux archives municipales (série O) indiquent qu'en 1875, l'entrepreneur J. Vaudois soumet un projet de lotissement du domaine de Villeneuve, dont il est propriétaire (annexe 1). Le plan figure un réseau de voies (tracées à l´encre) ouvertes depuis des chemins existants (rue de Puits-Jacob et route de Nantes, à l´ouest, rue de l´Alma, à l´est) correspondant aux actuelles rues Lobineau et Louis-Tiercelin, et à l´extrémité est de la rue Ange-Blaise, ainsi qu´à l´extrémité ouest du boulevard Jacques-Cartier, dont le prolongement jusqu´à l´ancien chemin de la Boulais (actuelle rue Rabelais) apparaît en pointillé. D´autres tracés en pointillé indiquent un projet de place, où une église pourrait être construite, à proximité de l´ancien manoir, d´un carrefour à voies rayonnantes, auquel aboutit l´avenue projetée dans l´axe du manoir. C´est encore l´orientation de la propriété qui détermine l´ensemble du réseau projeté. Une demande d'alignement du 3 août 1876, relative à la construction d'une maison à l'angle de l'actuelle rue de l'Alma, indique qu'une voie en impasse est ouverte dans une parcelle isolée, appartenant à J. Vaudois. Un relevé des terrains déjà vendus en 1880 indique que 55 terrains le sont entre 1872 et 1880, 18 sur la parcelle 174 (rue Ange-Blaise), 18 sur la parcelle 3 (rue Lobineau), 6 sur la parcelle 183 (boulevard Jacques-Cartier), 9 sur la parcelle 2 (rue Vaudois). Le plan de Rennes publié en 1877 figure le chemin du pavé de Villeneuve (partie du boulevard Jacques-Cartier comprise entre la route de Nantes et la rue Leguen-de-Kérangal) et une voie ouverte depuis l´extrémité de la rue du Puits-Jacob (actuelle rue Lobineau) ; cette dernière est comprise dans les limites de l´octroi, pour les parcelles de la rive ouest déjà bâties. En 1885, l'entrepreneur brestois René Amiot, neveu de J. Vaudois, soumet un nouveau plan de lotissement. Le courrier joint indique que les rues Lobineau et Vaudois (rue Louis-Tiercelin) sont effectivement construites (annexe 3). Le plan figure un projet constitué de 5 voies parallèles à égale distance les unes des autres, suivant l´orientation de la rue Lobineau, déjà construite, croisant des voies est-ouest au tracé moins régulier (rues Paul-Féval, Ginguené, Ange-Blaise et Jacques-Cartier), qui seront classées dans la voirie urbaine, en 1887. Un plan non daté, dessiné entre 1909 (date de nomination des voies) et 1911 (date du projet de création de la rue du Général-Margueritte), figure le tracé des nouvelles voies ouvertes par René Amiot (rues Alain-Bouchard, André-Désilles), au nord de l'ancien manoir, et dénommées en 1909, et des voies en projet à l'est (rues de Villeneuve, Bernard-Palissy, Marcelin-Berthelot, Auguste-Comte), enfin au nord (rue Hector-Berlioz), dont la dénomination est fixée par la ville en avril 1913. La rue Etienne-Dolet est également visible sur ce plan ; son tracé, différent du projet de René Amiot, est déterminé par la construction d´une nouvelle église, projetée en 1908, à laquelle elle offre une perspective. Elle sera classée dans la voirie urbaine en 1914, comme la rue André-Désilles, achevée en 1909 par l'entrepreneur Hogrel. La rue Alain-Bouchard est classée dans la voirie urbaine en 1908. Au sud-ouest de l´ancien manoir, des terrains sont acquis par la Ruche-Ouvrière en bordure de la rue Lobineau et de la rue Alain-Bouchard, pour favoriser la construction de maisons à Bon-Marché. Au sud du boulevard Jacques-Cartier, dans l´îlot bordant la prison départementale, la société civile du Manège crée un lotissement (3 lots), en 1927.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Principale : 2e quart 20e siècle
Dates 1872, daté par source
1875, daté par source
1885, daté par source
1909, daté par source
Auteur(s) Auteur : Vaudois J., entrepreneur, auteur commanditaire, attribution par source
Auteur : Amiot René, entrepreneur, auteur commanditaire, attribution par source
Auteur : Hogrel, entrepreneur, attribution par source
Personnalité : Vaudois, promoteur, attribution par source
Personnalité : Amiot, promoteur, attribution par source
Personnalité : Société Civile Immobilière du Manège,
Société Civile Immobilière du Manège
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promoteur, attribution par source

Le lotissement est actuellement formé de près de 400 lots, dont 29, isolés, à l'extrémité de la rue Ange-Blaise. Il est structuré par 4 voies secondaires est-ouest, par 3 voies secondaires nord-sud et par 7 voies de desserte interne. L'implantation du bâti, en rangée discontinue, est faite à l'aplomb de la voie, puis en retrait d'une cour plantée, à partir de 1930. Les maisons disposent de jardins en fond de parcelle. La typologie du bâti se caractérise par des maisons à Bon Marché, maisons immeubles, maisons élémentaires, maisons de type ternaire et maisons d'étage, à partir des années trente. Quelques immeubles, en rupture de gabarit, ont été construits après la guerre. Les traitements d'angle sont inégaux. Des angles droits subsistent à l'intersection de la rue Ange-Blaise et de la rue Etienne-Dolet, à l'intersection de la rue Ange-Blaise et de la rue Alain-Bouchard, enfin rue Lobineau. Le traitement d'angle est intégré à la composition du bâti, quand il est postérieur à la création de la voie (angle rue Paul-Féval et rue Etienne-Dolet) mais souvent ignoré, sauf dans le cas de maison ou d'immeuble avec commerce au rez-de-chaussée. Les constructions postérieures à la guerre introduisent des traitement d'angle en creux.

Typologies type structurant

Données complémentaire architecture Rennes

HYPO type structurant
SCLE1 1910 vers
IAUT typicum
ICHR typicum
IESP typicum aire d'étude
ICONTX structurant
ITOPO site de périphérie
POS 3
SEL étudié
PART maisons;immeubles;église;école;crèche
NATURE mixte
RESEAU réseau existant : réseau secondaire
MORPHO réseau généré : réseau secondaire en rues orthogonales
IMPBA en rangée rectiligne alternée
LOTS 300
VOIES 14
Statut de la propriété propriété publique
propriété privée

Annexes

  • Projet d'ouverture de rues à l'ouest de la nouvelle maison centrale, [1875] (A. C. Rennes 1 0)

    "Le nouveau propriétaire du domaine de Villeneuve, situé entre l'avenue de Beaumont et le faubourg de Nantes, se propose pour mettre en valeur cette vaste étendue de terrain, d'y créer un certain nombre de rues dont la largeur varierait entre 6 et 11 mètres. Il m'a prié de mettre sous vos yeux le plan sur lequel il a tracé la direction qui lui semble devoir être donnée à ces rues, avec le désir d'avoir votre avis et vos conseils au sujet de celles de ces voies qui pourraient plus tard, à raison de leur caractère d'utilité publique, obtenir la faveur d'être admises dans le réseau municipal.

    J'ai dû faire observer tout d'abord à l'auteur du projet, M. Vaudois, que vous avez adopté pour règle de donner désormais à toute voie nouvelle une largeur minima de 12 mètres et de n'admettre, par conséquent, au compte de la ville, pour l'entretien [...] de ces rues ouvertes par les particuliers, que celles qui se trouveraient dans ces conditions. M. Vaudois m'a répondu qu'une des rues projetées par lui, celle qui présenterait plus particulièrement un caractère d'utilité publique [...] aura une largeur de 11 mètres mais qu'il lui serait difficile de porter cette largeur à 12 mètres, parce qu'il a déjà fait plusieurs ventes de terrain. Nous ne doutons pas qu'il ne soit facile à cet entrepreneur de modifier à cet égard les conditions de traités qu'il a pu faire, car les acquéreurs comprendront qu'il est de leur intérêt de se prêter à une combinaison qui aura pour résultat de les mettre ultérieurement sur le bord d'une voie publique. Il y aurait donc lieu de maintenir la règle générale et d'insister auprès du sieur Vaudois, pour qu'il s'y conforme, s'il veut espérer pourvoir obtenir plus tard que la ville se charge de l'entretien d'une ou de plusieurs de ces rues qu'il se propose d'ouvrir.

    Je vous propose donc de renvoyer à votre commission des Travaux Publics l'examen du plan de M. Vaudois. Il est bien entendu que cet examen, le résultat en fut-il favorable, n'aura pas pour effet de lier la Commune vis-à-vis de lui.".

  • Extrait de la lettre adressée à l'entrepreneur M. Vaudois, 26 mai 1875, A. C. Rennes 1 0

    "Il m'a semblé tout d'abord que ce réseau si compliqué, et morcelant à l'infini votre domaine, pourra être plus défavorable qu'avantageux pour la spéculation [...], il absorbera une grande superficie de terrain mais il accroîtra singulièrement les dépenses d'entretien qui auront à se répartir dans un très grand nombre de voies. Enfin, j'ai constaté que l'intersection de presque tous les alignements s'opère à angle aigu, disposition très désavantageuse pour les constructions futures.

    Bien qu'il ne soit ni en mon pouvoir, ni dans mon désir, de prendre aucun engagement au nom de la ville, relativement à la confection pas plus qu'à l'entretien d'aucun des percés projetés, je vais, puisque vous m'avez demandé mon avis, vous désigner ceux qui me sembleraient le mieux répondre à un intérêt public. Mais comme je vous l'ai déjà fait connaître, ce caractère ne sera jamais reconnu à des voies qui auront moins de 12 mètres de largeur et qui n'auraient pas des pentes convenablement réglées.

    Les tracés qui pourraient offrir un intérêt communal seraient donc :

    1- les rues passant par les lettres M, N, O, P (tracées à l'encre rouge)

    2- la rue R-O-S-T ou à défaut R-O-U-V.

    En ce qui concerne l'emplacement proposé pour l'église, il ne me paraît pas heureusement choisi, car il faudrait ouvrir aux frais de la ville, la rue destinée à en dégager la façade, rue que vous avez tracée en ligne ponctuée, à travers des propriétés nouvellement bâties.

    L'emplacement le plus convenable, le plus accessible pour le public serait sans conteste, le prolongement désigné par la lettre Z, dans le côté occidental aspecté et bordé par la route de Nantes.

    Vous apprécierez, Monsieur, dans quelle mesure vous devez, au point de vue de vos intérêts particuliers, avoir égard aux observations qui précèdent, étant entendu que l'administration ne vous impose nullement ses idées, puisqu'elle ne peut prendre aucun engagement formel à l'égard des percés indiqués.".

  • Extrait de la lettre adressée au maire de Rennes par René Amiot, 17 août 1885, A. C. Rennes 1 0 321

    "J'ai l'honneur de vous soumettre ci-joint le plan de ma propriété de Villeneuve où j'ai établi le projet des rues que je désire y ouvrir ainsi que de celles déjà ouvertes.

    Je vous serais reconnaissant de vouloir soumettre à votre conseil municipal la demande que je vous prie d'accueillir favorablement, pour la prise en charge par la ville de rues entièrement terminées et bordées en très grande partie de maisons habitées.

    Ces dernières, désignées sur le plan par les lettres A [Lobineau] & B [Louis-Tiercelin] ont sur tout leur parcours une largeurs constante de 12 mètres, elles sont macadamisées, les trottoirs garnis de bordures en granit & l'écoulement des eaux se fait facilement.

    De plus, sur la demande de quelques propriétaires, la direction du gaz a posé une conduite & livre déjà le gaz à un certain nombre de maisons de la rue A [Lobineau]. Cette rue part de l'ancien octroi de Nantes pour aboutir à l'extrémité est de la ruelle du Puits-Jacob, actuellement rue classée, qui sans elle, serait une impasse.

    Cette dernière voie, qui vient d'être classée, ne présente cependant pas les conditions voulues ; elle est tortueuse et étroite & n'a ni macadam ni bordures de trottoir et, à son extrémité ouest, des propriétés bâties la maintiennent à l'état de ruelle.

    Conséquemment, je me plais à espérer, Monsieur le Maire, que ma demande de prise de possession par la ville, des deux rues A & B, recevra bon accueil et une prompte solution, impatiemment attendue par les habitants, déjà nombreux, des maisons qu'elles desservent.

    J'ai ouvert, en outre, plusieurs autres rues, indiquées au plan par les lettres C.D.E.F.G. & H.

    La première (C) [Louis-Tiercelin] en continuation de la rue B et la deuxième (D) [Ange-Blaise], part de la rue A pour aller rejoindre la rue C à une distance d'environ 160 m, où elles forment un petit carrefour triangulaire, de même que les rues A & B, elles sont macadamisées et garnies de bordures de trottoir.

    Pour les rues E. F.G. & H., les terrassements sont entièrement terminés & le macadamisage en cours d'exécution sera achevé sous peu, ainsi que la pose des bordures de trottoir.

    A partir du carrefour indiqué plus haut, une rue dont les terrassements en remblai sont terminés, jusqu'à la limite de ma propriété de ce côté, se dirige sur la rue G du plan [Ange-Blaise], ouverte dans les conditions voulues & aboutissant à la rue de l'Alma prolongée, en face de la maison centrale ; cette rue G est presque entièrement bâtie.

    Le raccordement entre ces deux dernières voies, qui établirait une communication directe des plus avantageuses, entre le faubourg de Nantes et la route de Châtillon, par la rue de l'Alma prolongée, vient se heurter à un obstacle que la ville seule peut renverser.

    Il s'agirait pour établir cette grande & utile communication, de traverser l'ancienne prairie Pâris, actuellement la propriété de M. Dubosq, mais ce dernier n'a pas voulu entendre mes propositions ni même motiver son refus.

    Ainsi que vous pourrez vous en rendre compte par l'examen des rues projetées [...], il est probable qu'une agglomération d'une certaine importance viendra se former en peu de temps dans ce nouveau quartier.

    Et si, pour répondre aux besoins de la population, vous jugez nécessaire d'établir un marché, je serais tout disposé à céder à la ville le terrain nécessaire.".

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. C. Rennes. Série O ; 1 O 295. Voirie urbaine. Canton sud-est. Rue Paul-Féval (1887-1925) .

  • A. C. Rennes. Série O ; 1 O 202. Voirie urbaine. Canton sud-est. Rue Alain-Bouchard (1901-1928) .

  • A. C. Rennes. Série O ; 1 O 210. Voirie urbaine. Canton sud-est. Rue Ange-Blaise (1887-1935) .

  • A. C. Rennes. Série O ; 1 O 208. Voirie urbaine. Canton sud-est. Rue André-Désilles (1909-1914) .

  • A. C. Rennes. Série O ; 1 O 321. Voirie urbaine. Canton sud-est. Rue de Villeneuve (1886-1938) .

  • A. C. Rennes. Série O ; 1 O 663. Voirie privée. Lotissements de terrains. Canton sud-est [A à Mé].

  • A. C. Rennes. Urbanisme : 717 W 6. Demande d'autorisation de lotissement.