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Lotissement concerté, dit Lotissement Marinier ou de la Garde (Saint-Cast-le-Guildo)

Dossier IA22000508 inclus dans Station balnéaire de Saint-Cast-le-Guildo réalisé en 1998

Fiche

Œuvres contenues

Ensemble stratégique à l'origine du développement de la station balnéaire, le lotissement de La Garde-Saint-Cast s'étend sur les terrains acquis, en 1884, par le peintre Alfred Marinier dans un but spéculatif, comme le confirment les publicités nombreuses dans lesquelles il propose la vente de terrains et de villa sur plans, relayées par les guides Alix, son gendre. Ses associés possèdent également des terrains à Dinard, référence implicite suggérée par la première appellation de l'actuelle rue Alix, le boulevard des Villas-de-la-Mer, nom du célèbre lotissement de Saint-Enogat réalisé par l'éditeur de Victor Hugo, Albert Lacroix.

L'hôtel de voyageurs, sa digue et ses cabines de bains constituent, ici aussi, le pôle structurant du lotissement qui forme à l'origine un pôle isolé au sud de la plage.

Dans ces vastes terrains vallonnés où il construit sa propre demeure, Alfred Marinier va ouvrir plusieurs axes de circulation et faire planter de nombreux arbres, dont certains proviennent semble-t-il de la générosité du baron de Kerpédron, qui possède alors une villa à Saint-Lunaire. A ce titre également, le lotissement Marinier est un exemple particulièrement intéressant par la qualité de sa végétation (chênes, pins et acacias) qui le distingue des lotissements contemporains de la Malouine, à Dinard, ou de Saint-Lunaire.

Ce lotissement à trame paysagère, unique sur la côte d'Emeraude, conçu comme un vaste parc paysager autour de sa propre demeure, restera un modèle de référence pour les stations balnéaires comme le montre le projet d´aménagement de 1932 pour la pointe de Saint-Cast. Aux rues qui serpentent à flan de coteau sont liés des cheminements piétons en escalier, qui permettent de ménager un espace de promenade dans ce site boisé.

Bien que le plan de 1886 figure 41 lots vendus, l'opération s'est avérée un échec financier pour le promoteur. A partir de 1907, l'ouverture de la ligne de chemin de fer va permettre la relance du site, comme l'indique la documentation relative au nouveau cahier des charges du lotissement rédigé en 1926, qui précise que de nombreuses ventes ont lieu entre 1904 et 1925. C'est en effet le projet de voie ferrée qui incite le gendre d'Alfred Marinier à demander l'ouverture d'une voie reliant le lotissement aux Mielles. La rénovation de l'hôtel Ar-Vro, à la fin des années vingt, contribuera au regain d'intérêt pour le site dont témoignent plusieurs villas construites entre les deux guerres. Les parcelles restées vides sont cependant nombreuses, au lendemain de la guerre comme le montre l'importance des maisons de la deuxième moitié du 20e siècle présentes dans le lotissement.

Parties constituantes non étudiées hôtel de voyageurs, tennis, digue, établissement nautique, maison
Dénominations lotissement concerté
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Matignon
Adresse Commune : Saint-Cast-le-Guildo
Lieu-dit : pointe de la Garde
Cadastre : 1983 AM, AL, AN

L'acquisition des terrains par le peintre Alfred Marinier, Jean-Baptiste Lacroix et M. Gaiffe est déclarée dans les matrices cadastrales en 1884. L'année suivante l'artiste fait l'acquisition d'une seconde parcelle de terrain, en son nom propre. Il fait construire une villa pour lui-même, un hôtel de voyageurs disposant de cabines de plage et quelques villas qu´il propose à la location, notamment la villa Jeanne-d´Arc, la villa Les Sapins et la Villa-Eugénie. En 1890, le promoteur propose des terrains et des villas sur plan, avec vue sur mer, qui disposent de 6 ou 7 pièces : un hall, une salle-à-manger, une cuisine, un WC, 5 ou 6 chambres, un bûcher, une cave et un puits ou une citerne. Les variantes portent uniquement sur le nombre de chambres et sur la surface du terrain de 300 ou de 500 m2. Le plan qui accompagne la publicité figure 5 villas et l'hôtel de la Mer ; 5 villas supplémentaires sont visibles sur le plan de la station de 1902, bien que 41 lots soient présentés comme vendus sur le plan précédent. Les documents conservés aux archives communales indiquent que la société civile des Terrains de La Garde-Saint-Cast est formée en 1903. Les terrains appartiennent alors en indivision à Alfred Marinier et à ses trois filles : Mmes Alix, Martineau et Morault (Marinier fait donation à ses enfants de l´usufruit de la part de sa femme, après la mort de celle-ci, en 1902). Le cahier des charges rédigé à cette occasion stipule que la villa Marinier et l´hôtel de la Plage sont désormais placés hors lotissement. Selon l'ouvrage d'Alfred Marinier publié en 1886 et le cahier des charges de 1903, le peintre y a fait de nombreux aménagements concernant la voirie et les plantations. En 1904, M. Alix propose cependant l´aménagement de voies de communication reliant la pointe de la Garde aux Mielles, le lotissement desservi par de nombreux boulevards n'étant accessible que depuis le village de la Garde, au sud. Le lotissement est approuvé en 1925, après les modifications imposées par la loi de 1919. Il donne lieu à une nouveau cahier des charges, rédigé en 1926, qui n´apporte pas de modifications significatives concernant les règles édilitaires mais qui est assorti d'un plan figurant les villas construites entre 1903 et 1925. En 1938 a lieu le partage des terrains entre les héritiers du peintre. En 1947, M. Alix propose à la commune la construction de la digue d´Ar Vro, puis en 1951, celle d´un yacht-club, suivie par la modification du carrefour, en 1953. En 1954, Madame Alix demande sans succès la subdivision des terrains pour accélérer l´urbanisation de La Garde. Trois ans plus tard, la commune fait l´acquisition des terrains non lotis sur lesquels elle fait aménager une aire de stationnement, au bout du boulevard de la Garde. En 1988 est créée l´association des propriétaires du Lotissement de la Garde.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Principale : 2e quart 20e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle
Dates 1903, daté par source
1926, daté par source
1947, daté par source
1951, daté par tradition orale
1957, daté par source
Auteur(s) Auteur : Marinier Alfred, maître de l'oeuvre, auteur commanditaire, attribution par source
Personnalité : Marinier Alfred, commanditaire, attribution par source
Personnalité : Alix, commanditaire, attribution par source

Lotissement à trame paysagère divisé en deux secteurs : l'un sur la hauteur de la pointe de La Garde, l'autre à flan de coteau rejoignant le bois de la Vieuxville.

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Le règlement édilitaire du cahier des charges de 1903 (A. C. Saint-Cast)

    Le cahier des charges fait obligation aux acquéreurs de clore leur terrain, dans un délai de trois mois, selon des conditions précisées à l´article VII : une haie vive ou un mur d´une hauteur maximum de 1 m, surmonté de grilles ou de palissades à jour, sur la rue, des haies ou des palissades n´excédant pas 1.50 m pour les côtés adjacents. Une porte-grille en fer ou en bois ouvragé, doit constituer l'accès au terrain.

    Le cahier des charges précise ensuite, que les constructions « ne devront servir qu´à l´habitation bourgeoise et à l´exercice de commerces ou industries nécessaires aux besoins domestiques », ces conditions d´intérêt général « facilitant à tous les acquéreurs l´accès à la plage » et déterminant « à quelle distance de l´alignement à la digue seront édifiées les constructions en bordure de plage » (art. IX).

    « La société voulant, dans l´intérêt commun de tous les acquéreurs, conserver à la plage de la Garde Saint-Cast un ensemble d´habitations convenables et éviter l´édification de constructions qui la dépareraient, impose à ses acquéreurs l´obligation de donner aux maisons d´habitation qu´ils construiront l´aspect extérieur de villas. » Ces constructions ne pourront excéder deux étages carrés et un étage mansardé (art. XII).

    L´implantation en retrait d´au moins 2.50 par rapport à la rue est obligatoire, sauf pour les édicules susceptibles d´embellir l´aspect général de la plage (kiosques, berceaux, serres, belvédères élégants), cet espace libre pourra être conservé à l´état de cour sablée ou aménagé de parterres ou d´un jardin d´agrément (art. XIII).

Références documentaires

Documents d'archives
  • BARDET. Plages de la Manche. Paris : Dentu, 1890.

    p.165-174
  • BARDET. Plages de Bretagne. Paris : Dentu, 1898.

    p. 105-120
  • Bretagne Ouest : la Côte de Granville à Brest. (Guide pratique Conty), Paris, Conty, 1904.

    p. 99-145
  • Le golfe de Saint-Malo, nouveau guide du touriste aux plages bretonnes de Cancale au Cap-Fréhel et sur les bords de la Rance. Guide Coni, s.l., s.é., s.d.

    p. 108-193
  • JOANNE. La Bretagne et les bords de Loire. (Guide Diamant), Paris : Hachette, 1890-91.

    p.74, 80, 145, 150
  • JOANNE. Bretagne. (Guide Diamant), Paris : Hachette, 1894.

    p. 78-85
  • MARINIER, Alfred. La baie de Saint-Malo, de Cancale au cap Fréhel. (Guides artistiques Simons), Paris, 1886.

    p. 195
  • Normandie, Bretagne et Iles anglaises de la Manche. (Guide Auto-Diamant), Paris : Hachette, 1937.

    p. 300-305
Documents figurés
  • Saint-Cast - La Garde, carte postale, début 20e siècle (A. P.).

  • Saint-Cast. Plage de la Garde, carte postale, 1er quart 20e siècle (A. P.).

  • Saint-Cast. La Garde. Un groupe de villas, carte postale, 1er quart 20e siècle (A. P.).

  • Saint-Cast. L'hôtel Ar Vro vu de la pointe de la Garde, carte postale, 1er quart 20e siècle (A. P.).

  • Saint-Cast. La Garde. Un groupe de villas, carte postale, 1er quart 20e siècle (A. P.).

  • Saint-Cast. La Garde. Un groupe de villas, carte postale, 1er quart 20e siècle (A. P.).

  • Saint-Cast. Les tennis, carte postale, 1er quart 20e siècle (A. P.).

Bibliographie
  • BARBEDOR, Isabelle. Le lotissement-paysage du peintre Alfred Marinier. In La Côte d'Emeraude. La villégiature balnéaire autour de Dinard et Saint-Malo. Dir. Bernard Toulier, Francis Muel ; réd. Isabelle Barbedor, Gaëlle Delignon, Véronique Orain, Jean-Jacques Rioult ; photogr. Guy Artur, Norbert Lambart. Paris : Centre des monuments nationaux/Monum, Cahiers du Patrimoine, 2001.

    p. 137
  • BIHR, Jean-Pierre. Regards d'Emeraude. Saint-Jacut-de-la-Mer : J.-P. Bihr, 1992.

    p. 317