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Les sites archéologiques du Yaudet sur la commune de Ploulec'h

Dossier IA22002465 réalisé en 2004
Aires d'études Communes littorales des Côtes-d'Armor
Dénominations site archéologique
Adresse Commune : Ploulec'h
Lieu-dit : le Yaudet

Le promontoire du Yaudet contrôle depuis plus de 2000 ans l'une des voies d'accès principales à l'intérieur de la Bretagne, comme le montrent les traces d'activité préhistoriques. Les fouilles opérées depuis 1935 ont permis de découvrir des monnaies gauloises et carthaginoises, du mobilier archéologique de l'époque romaine, des tessons de céramiques médiévales. Ces fouilles ont été l'oeuvre du laboratoire du CRBC (Centre de recherche bretonne et celtique) et de l'Institut d'archéologie de l'université de Bretagne occidentale, soutenus par la direction des Antiquités de Bretagne (DRAC), encouragés par le Conseil général des Côtes-d'Armor et par la mairie de Ploulec'h. Actuellement, ces fouilles sont menées par l'UBO et l'université d'Oxford, en collaboration avec l'Association pour la Recherche et la Sauvegarde des Sites du Trégor (ARSSAT). Les dernières campagnes de fouilles ont permis de conforter la présence d'un monastère aux 6ème-7ème siècles, sans doute fondé par les "Bretons ultramarins". Elles ont permis encore de situer des fortifications romaines élevées à la fin du 3ème siècle, qui ont été précédées d'un rempart datant de la fin de l'Âge du Fer. Le site de Beaumanoir a été le lieu d'une occupation complexe de l'Âge du Fer au Moyen-Âge. La présence de deux fours a pu y être constatée. Plusieurs maisons ont été construites sur ce site au 11ème siècle et 12ème siècle, puis détruites en 1400-1600. Des murs de pierres sèches construits à cette époque sont encore visibles aujourd'hui. Le site archéologique proche du corps de garde de 1845 révèle un "murus gallicus" de l'Âge du Fer, transformé à l'époque de la Guerre des Gaules par les armées de Jules César.

Période(s) Principale : Mésolithique
Principale : Protohistoire
Principale : Néolithique
Principale : Antiquité
Décompte des œuvres repérées 4
étudiées 4

Annexes

  • Les premiers peuplements du site du Yaudet :

    En l´état actuel des connaissances, il semble que le promontoire du site du Yaudet ait commencé d´être fréquenté pendant la période du Mésolithique (entre 10 000 et 5000 ans av. J.-C.) et du Néolithique (entre 5000 et 2200 ans av. J.-C.) comme le montrent les outils de silex et les fragments de poterie recueillis lors des fouilles menées en ces lieux depuis 1991 et les haches polies ramassées à plusieurs reprises dans les parages. Ces premières fréquentations paraissent s´être intensifiées à l´Age du Bronze, ainsi qu´en témoignent les épées de cette période draguées dans le Léguer. Au pied du Yaudet, fut même découverte une pointe de flèche du Bronze Ancien (vers-2000 av. J.-C.), exhumée dans les fouilles d´un monument funéraire aujourd´hui masqué par le parking.

    Si ces divers objets attestent de l´utilisation du promontoire du Yaudet au cours de la Préhistoire, rien dans l´état des recherches, ne permet encore d'affirmer que des communautés humaines s´y installèrent de façon permanente avant la fin du millénaire avant notre ère, bien que le site domine un vaste estran riche en coquillages et contrôle l´entrée du Léguer.

    L´époque Romaine :

    Après que la Gaule eut été conquise et pacifiée, la vie continua sur le site, sans changement majeur dans la nature de l´occupation. Une borne milliaire, se dressant auprès d´une voie menant au Yaudet (elle est aujourd´hui incluse dans le mur d´enclos de l´église de Ploulec´h), atteste de l´intégration de cette petite agglomération, dont nous ignorons le nom, dans les structures politiques et économiques de l´empire Romain. Il est probable que durant toute cette période, le Yaudet ne fut guère plus que l´un des deux petits ports de pêche et de commerce qui émaillaient alors les côtes de l´Armorique. C'est à cette époque que le vieux rempart gaulois qui ceinturait le promontoire est renforcé face aux pirates venus de la mer du Nord.

    Jules César dira, dans ses commentaires sur la Guerre des Gaules, ses difficultés pour abattre la puissance des peuples de l'Armorique, qui avaient pour habitude en bâtissant leurs forteresses et leurs villages, de choisir les extrémités des langues de terre et des promontoires, de manière qu'elles fussent inaccessibles aux troupes de terre à la marée montante, ce qui arrive deux fois dans l'espace de douze heures, et inabordables aux navires qui s'abimaient dans les sables à marée basse.

    Le Moyen-Age :

    Les fouilles récentes ont montré que le Yaudet continua d´être occupé dans les premiers siècles du Moyen-Age, ses remparts et ses défenses naturelles fournissant un abri en des temps difficiles et troublés. D´abondants vestiges de cultures en bandes étroites montrent en effet que le sommet du promontoire fut exploité entre le 5ème et 11ème siècle par des communautés d´agriculteurs, dont nous ne connaissons pas encore le type d´habitat. Rien ne prouve cependant, que le Yaudet ait été à cette époque le siège d´un des évêchés primitifs de Bretagne, comme on l´a longtemps cru.

    Au 11ème siècle et au 12ème siècles se développa dans cette même zone un modeste village constitué de maisons aux murs de pierres sèches et de torchis, à la toiture de chaume, caractéristiques de cette période du Moyen Age breton. Les champs qui leur étaient associés, les ossements d´animaux, les nombreux coquillages consommés montrent bien qu´elles étaient les bases de l´alimentation de cette petite communauté. Il est possible que le gros mur qui barre l´anse de la Vierge, et dont l´usage précis est encore incertain (mur de pêcherie, système de moulin à marée, port phénicien) ait été élevé au cours de cette période, ou antérieurement, car il est mentionné dans la vie de saint Efflam (12e siècle).

    Ces maisons furent abattues ultérieurement et servirent de carrières pour l´édification de nouveaux bâtiments que nous ne connaissons encore qu´incomplètement. Puis, au 15ème siècle ou au 16ème siècle, l´habitat abandonna définitivement le sommet du promontoire pour se fixer là où il se trouve aujourd´hui, autour de l´église.

    D'après les recherches historiques effectuées par l'Association de sauvegarde du patrimoine de Ploulec'h, les service des Espaces naturels du département.

  • 20042203484NUCB : Collection particulière

    20042203445NUCB : Collection particulière

Références documentaires

Bibliographie
  • GALLIOU, Patrick, CUNLIFFE, Barry. Le Yaudet, un site majeur de l´archéologie armoricaine. In Armen, 1997, n° 82. Douarnenez : Editions Le Chasse-Marée-Armen.

    p. 16-25
  • GALLIOU, Patrick. Le Yaudet et le Trégor à l´époque romaine. In Bulletin de l´Association bretonne et URB, tome CIX, 127ème congrès, Guingamp 2000. Bannalec : Association Bretonne, URB, 2001.

  • LE CLEC´H, Louis, Abbé. Le Yaudet. Paris : Editions Montsouris, 1956.

  • SECLEN (Service des espaces naturels du Conseil général des Côtes d'Armor). Le site historique du Yaudet. Saint-Brieuc : Conseil général des Côtes d'Armor, 1990.