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Les régates en pays Trégor-Goëlo

Dossier IA22133422 réalisé en 2018
Aires d'études Bretagne

Le yachting, activité initiée en Grande-Bretagne, resta discrète jusque dans les années 1880. La première société des régates française vit le jour au Havre en 1839. La plus ancienne société nautique bretonne est la société des régates de Cancale, créée en 1849, suivie en 1854 par la Société nautique de Paimpol : deux ports de pêche où Faudacq fut en poste comme douanier au milieu du 19e siècle. Au plan national, le Second Empire connaît plusieurs tentatives de création d’associations de promotion de la navigation de plaisance : la Société d’encouragement pour la navigation de plaisance,fondée le 15 juin 1867. Le 11 novembre 1867, elle prit le nom de Yacht club de France, patronné par Napoléon III. Suite à des tensions entre membres, une scission intervient et l’Union des yachts français naquit le 23 juin 1891. Les deux sociétés fusionneront finalement en 1898, sous le nom d’Union des yachts français (UYF), avant de reprendre le nom initial de Yacht club de France (YCF).

Le 16 mars 1878 paraît le premier numéro d’un hebdomadaire intitulé Le Yacht, journal de la navigation de plaisance. Le bulletin officiel du Yacht club de France y est inséré jusqu’en 1902. Celui-ci est une source importante pour l’histoire maritime à la fin du 19e siècle. La revue traite aussi bien de marine militaire que de pêche ou de plaisance. À une époque où la photographie d’actualité nautique n’existe pas encore, on fait appel pour illustrer les articles à des collaborateurs comme Léon Haffner ou Louis-Marie Faudacq, qui collabore à cette revue de 1884 à 1894. Il livre alors des dessins au trait qui sont gravés dans des officines parisiennes spécialisées avant d’être publiés. Cette collaboration cesse en 1895, la revue préférant alors la photographie à la gravure. Les gravures de Faudacq publiées dans Le Yacht et ses carnets de croquis souvent aquarellés constituent jusqu’à aujourd’hui la partie la plus accessible de son œuvre. Ce sont des descriptions précises de ce qu’il observe dans son cadre professionnel : ses œuvres décrivent les navires de pêche, mais aussi les caboteurs, les goélettes. Il représente de la même façon la pêche des huîtres en baie de Paimpol ou de Tréguier, le déchargement du sable de mer, le départ des islandais et les fêtes foraines, et surtout les manœuvres des navires en mer ou à quai... Comme reporter journaliste, il chronique les régates entre Perros-Guirec et Paimpol. Sa connaissance intime des patrons de ces voiliers, qu’il soient armateurs, simples matelots, marins à la pêche, lui permet de décrire ces scènes maritimes sportives où chaque bateau concoure selon sa taille et sa série : sloops, misainiers, cotre à corne, bateau de pêche ou de plaisance, à la voile et/ou aux avirons. C’est le travail d’un observateur inlassable et attentif, qui travaille le plus souvent sur le motif.

Les gestes et les attitudes des gens de mer sont croqués sur le vif avec beaucoup d'humour et de caractère, qui font parfois apparenter son œuvre au travail de la bande dessinée. Si l’on s’attarde sur les dessins que Faudacq publie entre 1884 et 1894 dans la revue Le Yacht, on reconnaît certains des navires appartenant à des membres de l’Union des yachts français :

Le yacht de Le Goëland, cotre de 6,6 tonneaux, dont le port d’attache est Tréguier et qui appartient à M. Poulain de Saint-Père, sera représenté à plusieurs reprises, notamment lors de sa construction en 1887, en mer puis lors de sa seconde place aux régates de Brest cette même année. Le Goëlo est un yawl de 52 tonneaux, certes construit aux chantiers Normand du Havre, mais armé à Paimpol. Il appartient alors à M. Mandrot. Faudacq va aussi dessiner un type particulier, les « yachts-bisquines » qui sont en fait des bateaux de travail armés par des particuliers qui les utilisent comme yachts, telle l’Hirondelle. Ces navires ne concernent qu’une minorité des personnes qui font partie de la haute société.

Faudacq n’oublie pas de représenter également un spectacle beaucoup plus populaire, les régates, qui se multiplient sur les côtes bretonnes depuis le milieu du 19e siècle. Généralement organisées en été, elles permettent à des navires de s’affronter dans différentes catégories. Ainsi pour celles de Paimpol, on dénombre une course pour les bateaux sabliers, les bateaux de pêche, les bateaux pilotes, les embarcations à voiles appartenant à diverses administrations (douanes, ponts et chaussées, marine nationale…), diverses catégories de yachts classés suivant leur tonnage… Ces régates de bateaux de travail séduisent manifestement le public des communes du littoral, attiré par la confrontation de navires et d’hommes qui leur sont familiers. Parmi les régates représentées, les plus fréquentes sont celles de Paimpol (août 1886, 1887, 1889, 1890, 1892, 1894), de Perros-Guirec (1886, 1887, 1890, 1891), de Tréguier (1888, 1889), de Bréhat (1891, 1892) ou du Légué (1890).

Renouvelant la composition de ses dessins et choisissant de nouveaux lieux, Louis Faudacq prend soin de faire publier des dessins aussi bien sur les régates de bateaux de travail que de navires de plaisance : on relève par exemple « Les régates de Paimpol du 25 août 1889 : les bateaux de pêche se préparant à la course » ou « la régate des bateaux-pêcheurs à Paimpol » (1890) comme « Régates de yachts à Paimpol » (1890).

Cependant, les régates ne sont pas le seul fait des société de plaisanciers, les groupements de marins pêcheurs locaux orgnisent également des régates et des fêtes maritimes locales de Pleubian à Plougrescant et Penvénan. Ces régates ont souvent lieu au printemps ou pendant l’été, comme à Laneros en l’Armor-Pleubian jusqu’à une période récente. Les fêtes de la Roche-Jaune en Plouguiel ont su renouveller ces régates populaires chaque été avec des séries différentes. La régate des Lilas Blancs à Loguivy de la Mer poursuit cette initative initiée par le centre nautique des Glénans et les marins-pêcheurs locaux. Une nouvelle fête de la mer à Lanmodez renoue depuis quelques années avec ces pratiques festives.

Période(s) Principale : Epoque contemporaine

Références documentaires

Documents figurés
  • Faudacq : carnets et dessin aquarellés.

Bibliographie
  • PRIGENT, Guy. LEVASSEUR, Olivier, BOELL, Denis-Michel. Faudacq, œuvres marines. Éditions Apogée, 2003, 111 p.

Périodiques
  • Extraits du Journal de Tréguier entre 1886 et 1936.

  • Le Yacht, n° 446, 25 septembre 1886.

  • Le Yacht, n° 549, 15 septembre 1888.

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