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Les moulins à eau du Guindy (Plouguiel)

Dossier IA22011756 réalisé en 2008

Á rapprocher de

Dossiers de synthèse

Destinations maison
Dénominations moulin, logis, dépendance, pont, maison
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Tréguier
Hydrographies Le Guindy
Adresse Commune : Plouguiel
Lieu-dit : Le Guindy
Cadastre : 1834 D 2ème feuille, 3ème feuille
Adresse Commune : Minihy-Tréguier
Lieu-dit : Le Guindy

En 1974, il existait encore 55 moulins à eau sur l'ensemble du cours du Guindy. Dans le Trégor, le teillage mécanique et hydraulique faisait vivre 1500 ouvriers qui travaillaient dans environ 70 teillages, alimentés par les récoltes en lin de 5000 cultivateurs.

Les sept moulins du cours d'eau du Guindy, encore existants (au niveau des bâtiments), situés sur les communes de Minihy-Tréguier et de Plouguiel, sont datés au moins du 1er quart du 19ème siècle en raison de leur relevé sur le cadastre de 1834. On trouve en aval :

- le moulin l'Evêque à Pierre Le Corre (teillage),

- le moulin de Kerouzy à Le Du (teillage),

- le moulin du Pont à Couadou (teillage),

- le moulin de Keraliou, encore appelé "moulin Bourva" (minoterie, Pierre Conan, meunier),

- le moulin à 2 deux roues de Troguindy à Jean-Baptiste Le Calvez (teillage),

- le moulin du Pont-Neuf à Geffrroy (le dernier teillage sur Minihy)

- le moulin de Pont ar Scoul (teillage), qui a cessé de fonctionner en 1960.

Le dernier meunier de Pont Scoul était Jean-Pierre Le Mennec.

Seul l'ancien moulin à teillage de Kérousy, qui a conservé sa mécanique complète, a été étudié.

Le moulin à eau de Kerzehan (ancien teillage), est indiqué sur le cadastre de Minihy-Tréguier. Il est situé à l'écart des voies de communication, il a été restauré et aurait conservé sa mécanique (témoignage oral).

Les moulins cités et repérés (sur la commune de Plouguiel et de Minihy-Tréguier) ont tous été transformés en habitations, cependant les vannes et autres ouvrages régulateurs (règlement d'eau) doivent être maintenus encore aujourd'hui en état par les propriétaires de ces moulins.

L'arrêt de fonctionnement des moulins a fait cesser le curage des biefs et des étangs qui avait pour but d'augmenter leur capacité de rétention de l'eau. Les courants furent atténués, en raison de la disparition des 'chasses d'eau' qui entraînaient les détritus de toute sorte (Guy Prigent, 2008).

Période(s) Principale : Moyen Age, 17e siècle, 18e siècle
Principale : 19e siècle

Ces moulins sont construits avec une maçonnerie en moellons de schiste de granite (pour les encadrements). Les toitures sont à longs pans ou en croupe. Ils sont tous situés sur la rive droite du Guindy, sauf le moulin de Kerousy (Guy Prigent, 2008).

Énergies énergie hydraulique
États conservations désaffecté
Techniques maçonnerie

Les moulins du Guindy méritent d'être étudiés pour leur intérêt documentaire et ethnographique. Associés aux ouvrages régulateurs de la rivière, Ils représentent aussi les derniers bâtiments, témoins d'une proto-industrie locale autour de l'économie linière (Guy Prigent, 2008).

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à étudier

Annexes

  • Les moulins du Guindy : retranscription du témoignage de Anne-Marie Bourva

    L'essentiel des activités du village du Guindy, gravitait autour des cinq moulins à eau.

    Le moulin du Pont était exploité en teillage au début du 20e siècle par Monsieur Coadou. Ce teillage était à six spatules. Cette habitation abrita aussi une quincaillerie et une boulangerie.

    Le moulin de Keralio était tenu par la famille Bourva et fonctionnait exclusivement en minoterie. Il a d'abord fonctionné avec des meules avant d'être agencé de cylindres. Parfois, lors des basses eaux, en période d'étiage, après la moisson, le Guindy ne disposait pas d'assez d'eau pour le faire tourner, aussi devait-on utiliser la locomobile de la batteuse à vapeur pour actionner le moulin. Le blé était pris à la ferme et on livrait en retour la farine et le son. Chaque commune avait sa journée de tournée en charrette attelée, la plus importante d'entre elles, était celle de Pleubian. La mouture était payée en nature. Pour faire moudre 100 litres de blé, le cultivateur en livrait 110 littres. Les 5 kg supplémentaires étaient destinés à rétribuer la façon. A de tels moulins adjoint une exploitation agricole afin de pouvoir au fourrage des chevaux et à la nourriture des hommes. Une telle entreprise employait à cette époque environ une douzaine de personnes soit pour la ferme, pour le moulin, ou pour le portage.

    Le troisième moulin se trouvait plus loin en amont. Au début du siècle, il était exploité par Madame Le Dû. Celui-ci présentait la particularité de fonctionner simultanément au teillage et en minoterie. Le portage était assuré par le père de Mathurin le Calvez de Ty Ruguel.

    Le moulin de Kerousy sur Plouguiel était exploité en teillage par la famille Le Dû.

    Au pied de l'aqueduc, le moulin L’Évêque, appelé "Milin Lescop" était aussi exploité en teillage par son dernier propriétaire Monsieur Le Corre.

    D'immenses meules de lin recouvertes de chaume se remarquaient en descendant la côte de Tréguier. Le lin était emmagasiné dans les teillages dés le début de l'automne. Les teilleurs achetaient eux-mêmes leur matière première auprès des cultivateurs du secteur. Le teillage durait donc tout l'hiver. Les ouvriers des teillages des moulins étaient employés pendant l'été dans les fermes pour les moissons et les foins ; au printemps, ils partaient presque tous à Jersey arracher les pommes de terre.

    Les employés au teillage avaient droit aux déchets du lin le "Kalach", qui leur servait de combustible pour cuire les aliments ou pour se chauffer. Le "kallach" était entassé sur l'âtre selon un procédé particulier qui consistait à placer dans le tas 2 bouteilles vides, l'une placée horizontalement et l'autre verticalement. Celles-ci étaient enlevées au moment de la mise à feu et leur retrait laissait un vide qui favorisait l'aération du brasier.

    Par l'intermédiaire des moulins, l'eau vive du Guindy entretenait ici au moins une soixantaine d'emplois presque tous masculins. Les autres emplois induits étaient celui des laveuses. Celles-ci travaillaient sur plusieurs lavoirs et habitaient toutes le village de Troguindy.

    Guy Prigent, 2008.

  • Témoignage oral (Le Mennec - STE-000)

Références documentaires

Documents figurés
  • AD Côtes-d'Armor : 4 num 1/43, plans cadastraux parcellaires de 1834.

    Archives départementales des Côtes-d'Armor
Bibliographie
  • GIRAUDON, Daniel. ANDRIEUX, Jean-Yves. Teilleurs de lin du Trégor : 1850-1950. Morlaix : Skol Vreizh, 1990.