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Les manoirs et maisons de maître de la commune de Pleudihen-sur-Rance

Dossier IA22133208 réalisé en 2016

Fiche

Manoirs,"sieuries"

En dehors des écarts ou le bâti est regroupé, la carte ci-dessous dévoile une “poussière” de maisons nobles isolées et de «sieuries» aux abords des ruisseaux. La plupart de ces logis ont disparu ou ont été transformés. Les plus anciennes maisons nobles encore existantes, le Gué, Saint-Meleuc sont des 15e et 16e siècles, les autres manoirs ont été reconstruits sur des sites anciens, la Haute Motte en 1670, la Touche Bégasse en 1678, la Malouinière de la Touche Porée vers 1750.

A partir du 17e siècle se développe une bourgeoisie rurale, hommes de loi ou d'affaires, qualifiés de «maître», «sieur», «noble homme» d'un lieu de naissance ou de résidence, comme Jean Bouvet qualifié de «sieur» de la Maison Neuve, marchand de bois à Mordreuc qui fait montre de son aisance par la construction d'un logis neuf aux abords de ses chantiers ou encore Jacques Michel, procureur fiscal de la seigneurie de la Bellière qui affiche sur son logis de la Ville Ger en 1754 des armoiries toutes personnelles : deux sceptres en fleur de lys posés en sautoir, le pied terminé par une moucheture d'hermine.

Maisons de retenue

La particularité de «la retenue » provient de sa double affectation : à la fois villégiature et ferme. Dans un domaine qui lui appartient, le propriétaire qui habite Saint-Malo ou Dinan s'en réserve une partie pour des séjours temporaires. La maison de retenue peut dès lors prendre des formes différentes selon que le logis soit partagé ou non avec le métayer. Quelques exemples peuvent être cités sur la commune, la Haute Motte au 17e siècle, Pontlivard au 18e siècle et le Pas de Pierre au 19e siècle.

La "Malouinière", une référence architecturale

Le manoir de la Touche-aux-Bégasse repris en 1678 puis réaménagé dans la première moitié du 18e siècle rend compte de l'influence des premières villégiatures malouines. Si les baies du rez-de-chaussée sont disposées d'une façon irrégulière, celles de l'étage sont agencées avec une volonté d'ordonnancement. L'enduit à la chaux avec son bandeau d'étage en trompe l’œil évoque une pratique ou une mode propre au Pays de Saint-Malo et ses alentours. Quant à la Touche Porée édifiée vers 1750, elle s'apparente au modèle type de la « malouinière » à trois travées avec léger avant-corps central. La modélisation de cette maison de plaisance induit une maîtrise d'ouvrage, architecte, ingénieur ou entrepreneur formé sur les chantiers des accroissements de Saint-Malo.

La villa-Château

Cette terminologie évoque une grande habitation du 19e siècle inscrite dans une parcelle très étendue avec parc, jardins, vues paysagères sur la campagne ou sur la Rance. Son style diffère et rend compte de différentes tendances historicistes nationales : style néo classique à la Ville au Bel, style néo Louis XIII à Quincoubre, style troubadour à La Ville Bodin, Cette architecture qualifiée d'éclectique peut combiner plusieurs références de style.

La maison bourgeoise

Principalement située dans le bourg ou dans les écarts importants comme à Mordreuc, la maison bourgeoise est le reflet d'une certaine aisance. L'abbé Eugène Brebel mentionne en 1916, dans son essai historique sur la commune, que Pleudihen fait partie des plus grosses paroisses rurales de la Rance maritime. On y trouve des notaires, magistrats, experts, hommes d'affaires, médecins, un pharmacien. Leurs vastes maisons possèdent toutes une cour et un jardin ce qui contribue à les distinguer de la maison de ville courante à l'aplomb de la rue. Leurs façades à deux et trois travées sont couvertes d'une haute toiture à croupes. Certaines rappellent les maisons de capitaine avec leurs deux étages habitables surmontées d'un étage de comble.

Aires d'études Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude
Dénominations manoir, demeure
Adresse Commune : Pleudihen-sur-Rance
Période(s) Principale : 15e siècle, 16e siècle, 17e siècle, 18e siècle, 19e siècle, 20e siècle

Annexes

  • Mention de quelques manoirs et de sieuries à l'état de vestiges

    - Le Pont de Cieux, la Pépinière

    - La Motte Pilandelle

    - La Touche Québriac

    - Quincoubre, (ancien manoir)

    - Le Clos Fautrel

    - La Tourniole

    - Pontpée.

Références documentaires

Bibliographie
  • BREBEL Eugène, abbé. Pleudihen-sur-Rance. Monographies des villes et villages de France. Le Livre d'histoire, Paris, 2003 (réédition d'un ouvrage paru en 1916).