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Les maisons, fermes et immeubles sur la commune de Montfort-sur-Meu

Dossier IA35029885 réalisé en 2003

Fiche

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Les maisons et les fermes :

Contrairement à ce que pourraient laisser croire les importants vestiges des murailles médiévales et la conservation du plan ancien de la ville, la commune de Montfort conserve peu de maisons antérieures au 17e siècle.

Dans la cité, on ne trouve que des vestiges de baies du 16e siècle (rue de l'Horloge et de la Saulnerie) et un pavillon en partie en pan de bois (rue de la Saulnerie). Il est probable que de nombreuses maisons ont été détruites lors des guerres de Religion, comme le suppose le Père Sibold dans son ouvrage, mais il faut aussi tenir compte de la vitalité économique de la cité, notamment au 19e siècle, où la réussite sociale était validée par des travaux souvent importants sur les maisons. Le passage au rang de sous-préfecture a induit de nombreuses constructions publiques (tribunal, gendarmerie, sous-préfecture...) au début du 19e siècle, relayées par la reconstruction de l'église paroissiale, puis d'une partie de l'hôpital à la fin de ce siècle. Ce climat d'intense activité constructive suscite chez les particuliers des projets aux formes architecturales en rupture avec la tradition, et l'usage de la brique et du tuffeau se généralise, ainsi que de nouveaux modes de taille de la pierre locale. Par exemple, les entourages de baies du tribunal, dotés d'un bandeau en relief, sont imités par plusieurs maisons du boulevard des Douves et de la rue de la Saulnerie. Autour de 1900, la destruction de la porte Saint Nicolas va de pair avec la construction de très belles maisons à boutiques dans la vieille ville (rue de l'Horloge et de la Saulnerie) et des maisons du 17e siècle sont frappées d'alignement et démolies (rue de la Saulnerie, place du Tribunal...). Enfin, les bombardements de juin 1944 ont presque totalement détruit le quartier Saint Nicolas qui abritait, selon le cadastre ancien et les témoignages de riverains, de nombreuses maisons à pan de bois et à pignon sur rue.

En campagne, la situation est assez différente, et les hameaux situés à l'écart des routes principales présentent de nombreuses maisons du 17e siècle très bien conservées, qu'il s'agisse d'anciens lieux nobles ou religieux (les Grippeaux, le Manoir, Presbytère de coulon, Saint Lazare...) ou de simples fermes (Beaumont, la Roche, le Petit Buisson, Galardon, Coulon...). Comme en ville, des vestiges de la fin du Moyen Age ont pu être repérés, mais seulement en remploi ou partiellement conservés (la Pinelais, le Manoir, les Grippeaux...). Comme dans le reste du canton, le 17e siècle est une période importante de construction en milieu rural. Les logis de ferme comprennent une pièce à feu et une étable ou une chambre sans feu. Des maisons de retenue sont attestées par les archives, et suggérées par la présence de plusieurs jardins sur quelques propriétés. Il s'agit d'une pratique fréquente en milieu péri-urbain, qui consiste à réserver au propriétaire une partie du logis de ferme.

La famille Lemoyne, l'une des plus importantes à cette époque sur le secteur, était propriétaire entre autre des Grippeaux et du Manoir. On y trouve un type particulier de maisons, associant une salle doublée d'une chambre et des dépendances. Ce type tout à fait insolite se retrouve à la Chapellenie, comme sur la commune d'Iffendic, ou à Pleumeleuc dans l'ancienne demeure du littérateur Noël du Fail.

Le 18e siècle ne voit pas d'évolution notable de l'architecture, excepté l'apparition du type ternaire à la Croix Huchard et au 1, rue de Coulon. Les logis de ferme restent partagés entre hommes et animaux. Comme dans le reste du canton, le 18e siècle n'est pas une période faste pour la construction, mais plutôt de rénovation plus ou moins importante d'édifices plus anciens. Dans les faubourgs et dans la ville close, sont construites quelques maisons à pan de bois enduit, dont il est difficile de définir l'ascendance, puisqu'aucune construction en pan de bois du 17e siècle ne nous est parvenu. La grande maison à façade sur rue du 1, boulevard Villebois Mareuil, présente un pan de bois d'étage, dans une construction en majorité en pierre, comme devait aussi l'être la maison du 21, rue de la Saulnerie. Ces constructions utilisent le pan de bois décoratif, très différent du pan de bois utilitaire et enduit des maisons du 18e et du 19e siècle. Les maisons détruites de la rue Saint-Nicolas nous font défaut pour comprendre parfaitement ce groupe architectural.

L'intense activité constructive du 19e siècle donne le jour à de nouveaux quartiers : place de la gare, rue de Rennes, boulevard Carnot, rue de Plélan et de Talensac, rue de Gaël. Les constructions sont principalement des commerces, et des demeures de négociants ou d'avocats, mais il faut noter les hôtels de voyageurs de la place de la gare, et la concentration de maisons de marchands de grain rue de Rennes.

En campagne, l'usage de la terre se développe, et permet le réhaussement des maisons le plus modestes (la Roche). De belles longères sont aussi construites avec ce matériau (39, boulevard Villebois Mareuil ; boulevard de l'Abbaye ; la Ville au Manoir ; la Poulanière ; le Bout des landes...), ou avec un surcroît en terre sur un rez-de-chaussée en pierre (la Prise, Saint-Lazare, la Roche...). Il faut noter aussi la présence d'une ferme modèle à la Heurtebise.

Les maisons construites suite aux bombardements de la seconde guerre mondiale présentent quelques particularités communes. En effet, elles ont très souvent une maçonnerie composée de schiste et de poudingue, les baies possèdent régulièrement des linteaux en béton. De plus, certains éléments tels l'oculus ou bien la souche de cheminée à épaulement sont également récurrents sur ces constructions.

Aires d'études Ille-et-Vilaine
Dénominations maison, immeuble, ferme
Adresse Commune : Montfort-sur-Meu
Période(s) Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Décompte des œuvres repérées 305
étudiées 0

Références documentaires

Bibliographie
  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Collection : Le patrimoine des communes de France. Paris : Flohic éditions 2000, 2 tomes.

    p. 982-990
  • BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1929.

    p. 438-453 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • OGÉE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Nouvelle édition [1778-1780] revue et augmentée, Rennes : Molliex, 1845.

    p. 48-53
  • VIGOLAND, Edouard. Montfort-sur-Meu, son histoire et ses souvenirs. Rennes : Hiacynthe Caillière, Libraire-éditeur, 1895.

  • ORESVE, F.L.-E. Histoire de Montfort. Paris : Res Universis, 1989.

  • Syndicat Mixte du Pays de Montfort. Etude d'ensemble. Rennes : PACT-ARIM d'Ille et Vilaine, février 1986.

  • Roches et pierres du pays de Montfort. Ecomusée du pays de Montfort, 1985.

  • BARDEL, Philippe, MAILLARD Jean-Luc. Architecture de terre en Ille-et-Vilaine. Editions Apogée, Ecomusée du Pays de Rennes, Rennes, 2002.

  • SIBOLD, Marcel. Le sang des Grignion : la nature et la grâce. Rome : Centre International montfortain, 1987, 2 tomes.

  • LEFRAND, Mélanie. L'habitat au XVIIIe siècle à Montfort et dans sa région. Mémoire de maîtrise d'histoire, Rennes 2, Université de Haute Bretagne, 2001.