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Les maisons, fermes et immeubles sur la commune de Châteaugiron

Dossier IA35032396 réalisé en 2004

Fiche

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Nombre total de dossiers maisons ou immeubles : 245

Nombre total de dossiers fermes : 23

L´architecture domestique se résume à un corpus urbain, la partie rurale de la commune étant peu étendue et récemment adjointe au territoire communal. Les maisons situées dans le centre ville sont implantées sur un ancien parcellaire médiéval de type laniéré. Ce maillage serré constitue une particularité du centre de Châteaugiron qui a peu subi de transformations aux 19e et 20e siècles.

Sur les 245 maisons repérées, 49 sont en pans de bois ; certaines restent encore à découvrir, car leurs structures sont recouvertes d´un enduit. Ce nombre relativement important, pour une ville moyenne, constitue un corpus d´étude varié datable de la fin du 15e siècle au 18e siècle.

La maison en pan de bois, un corpus d´étude varié

La maison urbaine des 15e et 16e siècles

Hormis quelques exemples notables, comme la maison dite la Corne de Cerf, qui présente une large façade sur la rue en pierre, la maison urbaine des 15e et 16e siècles s´identifie à Châteaugiron à une architecture en pans de bois de structure apparente. La technique utilisée est celle dite «à bois courts ». En Bretagne, les modèles les plus anciens sont tous construits selon ce principe qui s´oppose à un concept antérieur dit « à bois longs » utilisant des pièces de structure montant de fond jusqu´aux combles. Ce type d´élévation à bois courts permet de réaliser des constructions étage par étage. La liaison des niveaux étant résolue par l´invention de l´encorbellement. Grâce à cette technique les façades peuvent être préfabriquées au sol, levées et assemblées facilement aux solives et aux maîtresses poutres. 14 maisons dans la ville présentent des encorbellements prononcés. Deux types peuvent être observés, l´encorbellement sur hourdis et le plus couramment utilisé, l´encorbellement sur entretoises. Dans l´encorbellement sur hourdis, (voir figure 7, 1 rue de la Rouairie), les solives sont en saillie supportées par la sablière haute de l´étage inférieur. Elles reçoivent à leur extrémité la sablière basse de l´étage suivant. Les poutres ou les solives laissent entre elles un espace qui est rempli par un hourdis, enduit à la chaux.

Dans l´encorbellement sur entretoises, le hourdis est remplacé par des pièces de bois ou entretoises. Plus qu´un simple remplissage, elles forment comme un étrésillon horizontal entre les solives pour les empêcher de se déplacer. L´entretoise est très souvent moulurée. En dehors, des guettes qui forment un décor simple, croix de Saint-André, losanges et feuilles de fougères, il existe peu de témoins d´éléments sculptés. Quelques consoles ou pigeâtes rendent compte d´un vocabulaire renaissant, bagues et feuilles d´acanthe. La maison du Grand Veneur, située 20 rue de la Madeleine fait figure d´exception avec sa tête de cerf sculptée en demi-relief sur une console de l´étage. (Figures 1 à 10)

La maison urbaine des 17e et 18e siècles

L´architecture en pan de bois se maintient aux17e et 18e siècles. Contrairement aux périodes précédentes, l´encorbellement tend à diminuer, et les structures sont pour la plupart du temps enduites. Lorsque celles-ci sont visibles, le décor des guettes est plus simple. Il s´agit majoritairement de pièces de bois verticales et quelques décharges obliques. La silhouette générale tend à se modifier par l´adoption d´une toiture à croupe et à longs pans brisés. Le comble est éclairé par une lucarne. Un modèle de lucarne à huisseries courbes semble faire son apparition et caractérise un bon nombre de logis castelgironnais. (Figures 11 à 15)

Des typologies particulières

La maison porche

La maison porche est évoquée, à Châteaugiron, uniquement dans les sources et par l´appellation d´une rue, la rue du Porche. Cette ancienne artère de la ville possédait, semble t-il, une suite de demeures dont l´étage, en saillie permettait de circuler à l´abri des intempéries.

La maison à pignon sur rue

L´archétype de la maison médiévale se définit en ville comme étant une maison à pignon sur rue. Les quelques exemples conservés à Châteaugiron se situent au 25 et 28 rue de la Madeleine et au 27 rue Dorel. Elles peuvent dater de la fin du 15e siècle ou du début du 16e siècle et font parties des maisons les plus anciennes de la ville. Leurs volumes, relativement importants, se détachent de l´ensemble de la rue malgré qu´ils aient été amputés d´une moitié de façade. (Figure 1)

Une variante du modèle rennais

La maison située au 2 rue de la Madeleine présente une élévation sur la rue similaire à de nombreuses maisons rennaises du 16e siècle. Le développement du comble formant une vaste lucarne se retrouve notamment dans les maisons situées sur la place Sainte Anne. (Figure 6)

La maison à large façade

La maison du Grand Veneur située au 20 rue de la Madeleine fait partie des édifices notables du centre de Châteaugiron. La façade à mur gouttereau sur rue se détache de l´ensemble de la rue et du corpus. La plupart des maisons en pan de bois du centre possèdent une, voir deux travées en façade. (Figure 8)

Les maisons de marchands de toile

Trois maisons situées au 25, 28 et 35 rue de la Madeleine possèdent d´étranges insignes sculptés dans des blasons. Celui située au 28 rue de la Madeleine très lisible représente un blason bi partite avec à sénestre le monogramme du christ IHS et à dextre les initiales gothiques A et M de Marie. Le monogramme du christ très stylisé fait également penser à l´entrelacement d´une chaîne de fils. Le pays de Châteaugiron était réputé pour sa production de toiles à voiles, appelés « les Noyales ». Cette marque de marchand ou de confrérie se retrouve par ailleurs, à la même période, à la fin du 15e siècle ou au du début du 16e siècle, dans d´autres villes de tisserands et de marchands toiliers. Une console, du portail de l´enclos de l´église de la Martyre dans le Finistère reprend ce même monogramme stylisé. (Figures 1 à 4)

Le 19e siècle, l´apparition de nouveaux matériaux

Le 19e siècle est comme partout ailleurs, une période de profonds remaniements et de nouvelles constructions. Si le centre ancien n´a pas été bouleversé dans son urbanisme, la plupart des anciennes maisons ont été néanmoins reprises à cette période. La construction en pan de bois semble abandonnée. Les logis qui se construisent après 1849, date de l´ancien cadastre sont en pierre. Ceux élevés autour des halles à partir de 1858 sont en moellons de schiste et de grès. Les encadrements des ouvertures sont en brique. Le parti uniforme des ces habitations s´intègre à un programme de rénovation du quartier, avec un cahier des charges défini. Les logis neufs qui bordent la rue de la Poterie présentent quant à eux des élévations plus variées. Le schiste seul est plus couramment utilisé avec des encadrements d´ouverture et des chaînages d´angle en brique. L´installation en 1864 d´une briqueterie à la Croix bénite, à l´Ouest de la ville, a inciter les maîtres d´oeuvre à utiliser ce matériau produit sur place. Quelques façades entièrement en brique crue ou émaillée sont élevées entre 1870 et 1880 dans la ruelle du Puits Rigault, actuellement rue Francis Guérault et dans le quartier du Bas-Noyal. (Figures 16 à 26)

Les datations des maisons sont liées à la façade ostensible qui a pu être transformée ou modernisée. Une étude des intérieurs permettrait de découvrir les mutations successives et d´affiner la chronologie proposée.

Aires d'étudesIlle-et-Vilaine
Dénominationsmaison, ferme
AdresseCommune : Châteaugiron
Période(s)Principale : Moyen Age
Principale : Temps modernes
Principale : Epoque contemporaine
Décompte des œuvres repérées 240
étudiées 0

Références documentaires

Documents d'archives
  • Etude d'ensemble, canton de Châteaugiron, Pact Arim d'Ille-et-Vilaine, octobre 1985.

Bibliographie
  • LEGOUX, Jean, MERIL, Joseph. Histoire de châteaugiron, images d'hier et d'aujourd'hui, imprimerie Simon : Rennes, 1975.

  • MAUNY, Michel de. Histoire de Châteaugiron (Contribution à l'Histoire de la Bretagne) , Dalc'homp Sonj, imprimerie Keltia Graphic : Spézet, 1989.

  • Le Patrimoine des Communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic Editions, 2000. (Le Patrimoine des Communes de France).

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • MARTINIAUX J.C. Châteaugiron à l'époque révolutionnaire : topographie, population et vie quotidienne, Le Castelgironnais, numéro spécial, février 1990.

  • David, TIPHAINE.Toutes toiles sur Châteaugiron. Industrie toilière et apports artistiques du XVIIème au XIXème siècle, mémoire de maîtrise d'histoire de l'Art, UH.B, Rennes II, 1997..

  • LELOUP, Daniel.Maisons en pans-de-bois de Bretagne. Histoire d'un type d'architecture urbaine, Rennes : éditions Ouest-France, 2002.

  • MAUGER, Michel. Architecture. Châteaugiron d'hier et d'aujourd'hui. Le Castelgironnais, numéro spécial, avril 2000..