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Les maisons et les fermes sur la commune de Tinténiac

Dossier IA35043084 réalisé en 2006

Fiche

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Le recensement de l'ensemble du patrimoine bâti antérieur au milieu du 20e siècle a permis l'établissement de 288 dossiers individuels concernant des maisons et des fermes ; celles-ci sont appréhendées de manière globale, leurs parties constituantes, les parties agricoles, les puits ou les fours, par exemples, ne sont pas traités séparément. Leur nombre représente environ 64 % des immeubles recensés à Tinténiac par l'Insee en 1946. Ces bâtiments ont fait l'objet d'une analyse typologique dont les résultats permettent de dégager un certain nombre d'observations générales présentées ci-après. Les édifices restants (131) sont traités collectivement dans le dossier intitulé Maisons et fermes non analysées.

Dans la campagne, l'habitat est implanté de manière assez lâche dans les écarts, de nombreuses fermes étant également isolées. L'analyse succincte du corpus des fermes permet de constater une importante proportion d'édifices remontant à la seconde moitié du 16e siècle et au 17e siècle, environ 40 %. Ces édifices ont souvent été remaniés aux 19e et 20e siècles mais l'approche typologique du bâti met en avant une majorité de logis à fonctions combinées. Un premier type est composé par deux pièces en rez-de-chaussée (salle / dépendance ou salle / étable) surmontées d'un à deux niveaux de stockage (greniers ou fenils) disposés dans un étage de comble à haut surcroît ou dans un étage carré et un niveau sous le comble du toit. Un type plus rare, mais néanmoins bien représenté sur la commune, comprend deux pièces à feu et une pièce de dépendance en rez-de-chaussée, et peut également abriter, en plus des espaces de stockage, une chambre à l'étage. Ces édifices se caractérisent par un plan allongé et un puissant volume accentué par la forte pente du toit. La proportion de fermes du 18e siècle est plus faible, avec environ 20 % de leur nombre total. Il s'agit généralement de logis à fonctions combinées à une seule pièce à feu, mais l'on peut remarquer, dans la 2e moitié du siècle, la disparition des deux niveaux de stockage superposés (un seul niveau de grenier dans le comble à surcroît) engendrant un bâti plus bas et l'amenuisement de la pente du toit. De cette période également, sont conservées des logis de ferme à pièce unique, les dépendances agricoles étant alors construites dans le même alignement. Le reste du corpus est composé par des fermes construites au 19e siècle. La typologie est alors plus diversifiée avec des corps de logis à pièce unique, à deux pièces ou encore des logis à fonctions combinées avec ou sans étage. Tandis que la distribution du rez-de-chaussée se complexifie (salle, chambre, laiterie, écuries), la présence de deux niveaux de stockage (greniers, fenils) au-dessus du rez-de-chaussée est très fréquente, en particulier au cours de la 2e moitié du 19e siècle. Les parties agricoles destinées aux animaux (étables à vaches) sont construites en alignement, en appentis, ou encore à l'écart du corps de bâtiment principal, ceci étant généralement le cas pour les porcheries.

Si l'agglomération du village compte un nombre important de maisons, quelques anciennes fermes étaient implantées à sa périphérie au 19e siècle et sont encore visibles aujourd'hui. La grande majorité du corpus des maisons anciennes du bourg a subi d'importants remaniements à l'époque contemporaine et il est difficile d'opérer une analyse typologique sur les édifices antérieures à la Révolution.

Il convient néanmoins de signaler la présence de plusieurs anciennes maisons à porche dans le bourg. Connues grâce à des documents d'archives, elles sont pour la plupart implantées sur la place centrale du village où se trouvaient les halles et étaient liées à une activité commerciale. Le corps de bâtiment principal, de plan très allongé, est construit en granite et est généralement implanté perpendiculairement à la rue ; il était précédé de ce côté par un porche construit en matériaux plus léger (pan de bois, torchis). Un seul exemple est conservé avec son porche (10 rue des Dames) ; il présente la particularité d'offrir au regard l'ensemble de son volume (place de l'Auditoire) grâce à une implantation en angle. Après la destruction de ces porches, les façades ont été plus ou moins remaniées, celle du 6 place André Ferré, offrant un exemple bien conservé.

Les édifices du 19e siècle se caractérisent par une élévation ordonnancée, le plus souvent à trois travées, et comportent un étage carré et un étage de comble. Plusieurs d'entre eux sont augmentés d'une travée latérale avec passage charretier ouvrant sur une cour en rez-de-chaussée. Au centre du village, les maisons à boutique se caractérisent par la présence d'un commerce ouvrant sur la rue et d'un accès différencié à la partie habitation située à l'étage.

Les matériaux et leur mise en oeuvre

Les matériaux de gros-oeuvre utilisés pour la construction des maisons et des fermes de Tinténiac sont le granite et la terre crue mise en oeuvre selon la technique de la bauge, la mixité de ces deux matériaux étant prédominante. D'une manière générale, les bâtiment les plus anciens (16e siècle) sont construit en pierre ; cependant l'usage de la terre apparaît dès le début du 17e siècle dans la partie supérieure des murs, au-dessus d'un niveau de rez-de-chaussée en moellon, avec encadrements de baies en pierre de taille, ou d'un soubassement ; les bâtiments des 17e et 18e siècles utilisent donc majoritairement la terre, le granite ne s'élevant à peine jusqu'au un tiers des murs, compte tenu de la hauteur de ces derniers due à la présence d'un à deux niveaux de stockage. Cette forte présence de la terre s'explique par la nature du sous-sol, alluvions modernes ou limons.

L'utilisation exclusive du granite redevient plus courante au cours du 19e siècle et au début du 20e siècle, peut-être grâce à l'ouverture de carrières dans la commune voisine de Québriac. Le granite est mis en oeuvre sous la forme de moellon, avec ou sans chaînes d'angle, mais le plus souvent avec encadrements de baies en pierre de taille.

Bien que la tuile ait autrefois été utilisée comme matériau de couverture, il ne subsiste qu'un exemple conservé sur l'ensemble de la commune, l'ardoise l'ayant aujourd'hui remplacée.

Aires d'étudesIlle-et-Vilaine
Dénominationsmaison, ferme
AdresseCommune : Tinténiac
Période(s)Principale : Fin du Moyen Age
Principale : Temps modernes
Principale : Epoque contemporaine
Décompte des œuvres repérées 278
étudiées 0

Annexes

  • 20063500874NUC : Archives privées

    20063500875NUC : Archives privées

    20063500578NUCAB : Archives privées

Références documentaires

Documents figurés
  • [Maison]. Photographie ancienne, cliché anonyme. (Archives privées).

Bibliographie
  • BARDEL, Philippe, MAILLARD Jean-Luc. Architecture de terre en Ille-et-Vilaine. Rennes : Apogée, Écomusée du Pays de Rennes, 2002.

  • BOSSARD, Pierre (abbé). Tinténiac. Essai de monographie paroissiale et communale. Rennes : Edition de l'association Rue de Scribes, 1986.

    p. 114-121, fig.
  • LELOUP, Daniel. Les dernières maisons à porche. Ar Men, la Bretagne un monde à découvrir. Douarnenez : Le Chasse-Marée, août 1997, n° 87.

    p. 40-51