Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Les maisons et les fermes sur la commune de Saint-Jouan-des-Guérets

Dossier IA35046669 réalisé en 2007

Fiche

Voir

L'habitat traditionnel de ce secteur du département est souvent représenté par un bâtiment composé d'un rez-de-chaussée, surmonté d'un grenier, possédant des pignons débordants (chevronnière : rampant de pierres très fréquent sur les bâtiments du 17e et 18e siècle ; son but est de protéger la toiture du vent et de la pluie) et parfois des coyaux qui rappellent leurs anciennes toitures en chaume. Les pignons et le mur gouttereau nord sont le plus souvent aveugles, alors que la façade sud est largement ouverte.

Un appentis se trouve fréquemment au nord de la construction ; il permet ainsi d'agrandir le bâtiment, tout en l'isolant.

Avant le 18e siècle, les portes et fenêtres étaient très rarement vitrées ; ainsi, les portes étaient pleines, en bois, et les fenêtres étaient fermées par deux volets en bois.

A partir du milieu du 19e siècle, l'architecture des maisons de bourg commence à se différencier de celle des maisons rurales, alors que ce n'était pas le cas précédemment.

Les maisons :

Cette base de données est composée de 129 notices relatives à des maisons de la commune de Saint-Jouan-des-Guérets.

Implantation :

Une large majorité des maisons recensées lors de cet inventaire est située dans le village de Saint-Jouan-des-Guérets. Certaines maisons, une vingtaine environ, sont implantées dans des écarts, c'est-à-dire des groupes de constructions. Toutefois, dans ce cas, ces maisons font souvent aujourd'hui partie du village car les anciens écarts dans lesquels elles se trouvaient ont été "engloblés" dans le village actuel. Il existe tout de même certaines maisons dans des écarts, dans ce cas, elles peuvent avoir une fonction particulière comme celle de commerce, c'est le cas à la Chapelle de la Lande par exemple. Dans l'écart du Val-ès-Bouillis, il existe également plusieurs maisons, dans ce cas, la situation géographique de ce lieu laisse supposer qu'il s'agissait de maisons de pêcheurs.

Quelques maisons sont isolées sur le territoire de la commune, il s'agit principalement de constructions importantes datant de la fin du 19e ou du début du 20e siècle, les maisons de Roche Blanche et de la Petite Bellevue en attestent.

Matériaux :

Les deux matériaux utilisés dans la construction des maisons de la commune sont le granite et le schiste. Le gros-oeuvre est composé de moellon ; il était souvent enduit à l'origine. Le granite, sous la forme de pierre de taille, est réservé aux encadrements de baies, chaînages d'angle et bandeaux.

Le granite et le schiste sont les deux matériaux locaux ; ils proviennent par conséquent du sous-sol de ce territoire.

Les toitures sont couvertes d'ardoise en majorité, pourtant, certaines maisons possèdent encore des toits de chaume (le Val-ès-Bouillis). Par ailleurs, d'après la tradition orale, il existait, jusqu'au milieu du 20e siècle, de nombreuses toitures de chaume sur les maisons de la commune ; de plus, les fortes pentes de toitures et la présence de pignons débordants sur certaines maisons attestent de l'existence de ce type de couverture dans de nombreux cas.

Typologie :

Le type le plus modeste de maison rencontré dans la commune est celui de la maison composée uniquement d'un pièce à feu au rez-de-chaussée et d'un grenier accessible par une gerbière au-dessus. Ce type de maison se rencontre aussi bien dans le village (rue de Rennes, rue du Fougeray) qu'en campagne (la Chapelle de la Lande, la Ville-ès-Brèts).

Il existe également quelques maisons à deux foyers juxtaposés dans la commune ; il s'agit de maisons composées de deux pièces à feu au rez-de-chaussée, surmontées d'un simple niveau de grenier. Ces maisons se trouvent principalement dans le village (8 rue du Fougeray par exemple) et datent majoritairement de la fin du 19e et du début du 20e siècle (6 Grande Rue). Dans certains cas, la maison est également composée de deux pièces à feu, toutefois, elles sont superposées. Ces maisons sont donc beaucoup plus hautes que les précédentes car elles possèdent un véritable étage carré, au-dessus duquel se trouve un grenier. Des exemples de maisons de ce type se trouvent au 16bis de la rue de Rennes ou bien encore au 5 rue Sainte.

Enfin, le type de la maison à travées est relativement fréquent dans la commune, ainsi, ces maisons possèdent des façades rythmées par deux ou trois travées formées par les baies, ce qui donne une grande régularité à ces façades. Des maisons de ce type existent principalement dans le village et particulièrement dans la Grande Rue.

Certaines maisons possèdent un type proche de celui de la villa balnéaire et font figure d'exception dans le paysage architectural de la commune, c'est le cas d'une maison située sur le bord Est de l'avenue des Français Libres.

Datation :

Plus l'époque de construction des maisons de la commune est récente, plus le nombre d'exemples est important ; au contraire, plus l'époque de réalisation est ancienne, plus le nombre d'exemples est restreint.

Une maison de la commune pourrait avoir été construite au 16e siècle ; il s'agit de la maison située à l'entrée de la cour de Launay Trochard. Cette maison possède certains éléments architecturaux qui permettent d'avancer cette datation, il s'agit par exemple de la porte en arc brisé du rez-de-chaussée ou encore de la présence d'un escalier en vis desservant l'étage.

Au 17e siècle, les maisons de la commune possédaient de très fortes pentes de toiture ; ces toitures étaient couvertes de chaume et ont été remplacées par de l'ardoise par la suite. Par ailleurs, les pignons des maisons de cette époque sont débordants et il existe fréquemment un coyau ; de plus, les baies sont généralement de taille réduite. Les portes en plein cintre sont très fréquentes à cette époque de construction. Des maisons situées à la Briantais et à la Rairie datent de cette époque.

Plusieurs maisons du village ont été construites au cours du 18e siècle, elles portent d'ailleurs, pour quelques unes d'entre elles, leur date de construction. Ces maisons (14, 20, 38 Grande Rue) possèdent des caractéristiques architecturales communes : présence d'un étage carré, façade rytmée par des percements réguliers. A cette époque, les linteaux des baies sont souvent en arcs segmentaires (76 et 78 rue de Rennes). De plus, les pignons débordants et la forte pente de toiture sont également des éléments propres à l'architecture de cette époque.

Au cours de la première moitié du 19e siècle, les maisons de la commune présentaient les caractéristiques architecturales suivantes : pente de toit relativement forte, baies de tailles réduites, poutraison de forte section. Une des maisons de la Ville-ès-Du témoigne de cette époque de construction. Toutefois, dans la commune, la plupart des maisons de cette époque ont été très remaniées par la suite (percements transformés avec encadrements en brique du début du 20e siècle par exemple).

Les maisons élevées au cours de la seconde moitié du 19e siècle présentent des pentes de toiture relativement faibles, des percements réguliers et symétriques en façade et souvent, des encadrements de baies en pierre de taille de granite. Des maisons de cette époque se trouvent à la Chapelle de la Lande mais aussi dans la rue de Saint-Malo et dans la Grande Rue, dans le village.

Ainsi, plus de la moitié des maisons de la commune recensées lors de cet inventaire date du début du 20e siècle ou bien a été transformé à cette époque (reprise des ouvertures...). Les maisons construites à cette époque sont généralement composées de plusieurs pièces d'habitation, leur façade est souvent régulière et symétrique, de plus, les encadrements de baies et les souches de cheminée sont généralement réalisés en brique. Des exemples intéressants de maisons de cette époque se trouvent par exemple aux numéros 12 et 15 de la Grande Rue ou encore au 2 rue du Moulin de Quinard.

Les fermes :

Cette base de données est composée de 42 notices relatives à des fermes de la commune de Saint-Jouan-des-Guérets.

Implantation :

Les fermes de la commune sont majoritairement isolées, en effet, il existe de nombreuses fermes assez importantes, qui possédaient de nombreuses dépendances dès l'origine leur permettant ainsi une activité autonome. C'est le cas des fermes des Rues, des Landes Grêles, du Paradis.

Les fermes implantées en écart sont moins nombreuses dans la commune (la Chapelle de la Lande). Par ailleurs, il s'agit souvent de fermes de taille plus réduite ; dans ce cas, des regroupements de plusieurs fermes permettent de bénéficier d'équipements communs : puits, fournils. Par ailleurs, certaines fermes sont implantées en écart car il s'agit des fermes de certains châteaux ou manoirs de la commune, c'est le cas par exemple du Val-ès-Bouillis ou de Launay Quinard.

Composition :

La dépendance la plus fréquente dans les fermes de la commune demeure l'étable. En effet, même dans les exemples les plus modestes, elle est souvent fréquente ; elle est parfois directement accolée à la pièce à feu, sous le même toit. Certaines fermes de la commune, plus importantes, possèdent de nombreuses dépendances : étable, écurie, porcherie, cellier, grange. C'est le cas des fermes de la Plussinais, du Paradis ou encore des Rues. Ces fermes dépendaient toutes d'un lieu noble, le manoir de la Plussinais pour la première et le château de la Ville-aux-Oiseaux pour les deux dernières.

En ce qui concerne les logis, dans les exemples les plus anciens, ils sont fréquemment composé d'une seule pièce à feu et localisés dans le même bâtiment que les dépendances ; une des fermes de la Briantais ainsi que la ferme des Rues sont des exemples de ce type.

Le plus souvent, le logis est composé d'une pièce de vie au rez-de-chaussée avec un niveau de stockage des réserves alimentaires au-dessus. Parfois, il existe un grenier à porte qui permet de distinguer le foin des autres denrées. Un "jour de souffrance" est destiné à l'aération du foin stocké.

Dès la seconde moitié du 18e siècle, l'étage, ancien niveau de stockage évolue ; en effet, on juxtapose une chambre à l'espace réservé au stockage des céréales (la Riaudais). Ce phénomène vient de l'imitation des modèles urbains et se prolonge tout au long du 19e siècle.

Au cours de la seconde moitié du 19e siècle, les aspects traditionnels comme la porte-gerbière médiane et la juxtaposition de deux portes au rez-de-chaussée sont conservés (la Chaise).

Matériaux :

Comme pour les maisons de la commune les deux matériaux les plus utilisés dans la construction des fermes sont les matériaux locaux que constituent le granite et le schiste.

Au 19e siècle, le granite était exploité dans les carrières de Saint-Pierre de Plesguen, de Lanhélin ou du Hinglé. Des carrières de schiste se trouvaient également à la Gaîté à Saint-Guinoux, au Petit-Fort à Châteauneuf d'Ille-et-Vilaine.

Le granite utilisé aux 17e et 18e siècles est un granite gris-roux car les exploitations du matériau à cette époque ne se faisaient pas en profondeur mais seulement en surface. Au contraire, le granite bleuté du 19e siècle correspond à une exploitation du matériau en profondeur.

Cette exploitation en profondeur des carrières de Lanhélin, Saint-Pierre de Plesguin, du Hinglé a permis un renouvellement du patrimoine bâti à la fin du 19e siècle. Ces granites, exploités en profondeur, ont donc des teintes gris-bleu ou bien beige ; les blocs sont taillés à la machine de façon très régulière.

En ce qui concerne les couvertures, elles sont majoritairement réalisées en ardoise, toutefois, certains bâtiments sont toujours couverts en chaume, comme lorsqu'ils ont été construits. Deux dépendances de la ferme de la Chaise et des Rues témoignent de la persistance de ce type de couverture.

Datation :

Comme dans la majorité des communes du département, les fermes de cette commune datent principalement du 19e siècle. Pourtant, rares sont les exemples uniformes qui témoignent d'une seule époque de construction. En effet, il est fréquent que des bâtiments anciens aient été repris à la fin du 19e ou bien au début du 20e siècle.

Les bâtiments de fermes construits au 17e siècle se distinguent des autres car ils possèdent souvent de très fortes pentes de toitures (50°), des pignons débordants, un coyau, des baies de petite taille ainsi que des portes en plein cintre. Les ferme de Launay Trochard et des Rues sont des exemples de cette époque, même si leur architecture a subi quelques remaniements postérieurs.

L'ancienne ferme du Domaine est un bon exemple des constructions du 18e siècle, même si elle a subi quelques transformations au début du 20e siècle. Ainsi, ce bâtiment possède toujours une forte pente de toiture, des pignons débordants et les linteaux des baies sont en arcs segmentaires.

Au 19e siècle, les pentes de toiture des fermes s'abaissent (40-45°), les baies du logis s'agrandissent et leur percement devient régulier. Le logis de ferme de la Ville-ès-Du est à ce titre caractéristique de l'architecture de la fin du 19e siècle (vers 1870).

La ferme de la Chaise est l'archétype de la ferme du début du 20e siècle : logis indépendant des dépendances, régularité des percements du logis, encadrements des baies en brique.

Le presbytère :

L'ancien presbytère se trouvait au sud de l'église jusqu'en 1898, date d'un échange entre la commune et Madame de Porcaro. Cet échange visait à céder la propriété de la Motte, dont Madame de Porcaro était propriétaire, à la commune de Saint-Jouan-des-Guérets en échange de l'ancien presbytère et de son terrain. C'est suite à cet échange que le presbytère de la commune a été installé dans le bâtiment dans lequel il se trouve toujours actuellement et qui n'est autre que l'ancien manoir de la Motte. L'ancien presbytère fut donc vraisemblablement détruit quelque temps après cet échange et la maison du numéro 1-3 place de l'Eglise fut construite à son emplacement.

Aires d'études Ille-et-Vilaine
Dénominations maison, ferme
Adresse Commune : Saint-Jouan-des-Guérets
Période(s) Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Décompte des œuvres repérées 172
étudiées 0

Références documentaires

Bibliographie
  • BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1929.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • CHATENET Monique, MIGNOT, Claude (dir.). Le manoir en Bretagne. 1380-1600. Paris, Caisse nationale des monuments historiques et des sites/Editions du patrimoine/Imprimerie nationale Editions, 1999.

  • FOUCQUERON, Gilles, BAILHACHE, Alain. Au pays de Saint-Malo. L'épopée des Malouinières. Saint-Malo : Editions Cristel, 2007.

  • OGÉE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Nlle éd. [1778-1780] rev. et augm. Rennes : Molliex, 1845.

  • PEROUSE DE MONTCLOS, Jean-Marie. Architecture, méthode et vocabulaire. Paris : Inventaire Général des monuments et des richesses artistiques de la France, Centre des monuments nationaux/Editions du patrimoine, 2000.

  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic éditions 2000, 2 tomes, (Le patrimoine des communes de France).