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Les maisons et les fermes sur la commune de Saint-Jacques-de-la-Lande

Dossier IA35040723 réalisé en 2006

Fiche

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Les fermes :

Cette base de données est composée de 17 notices relatives à des fermes de la commune de Saint-Jacques-de-la-Lande. Les principales cultures de la commune étaient peut-être le lin et le chanvre (le nom du hameau de la "Teillais" viendrait d'ailleurs de cette activité) ; toutefois la culture du lin aurait disparu dès le milieu du 19e siècle. Les cultures maraîchères étaient également présentes dans la commune, particulièrement dans l'actuel quartier du Pigeon Blanc. Dans ce quartier, se trouvaient donc de nombreuses fermes aujourd'hui disparues : la Croix Verte, la Rablais, le Temple de Blosne...

Avant la seconde guerre mondiale, il existait environ 50 fermes sur le territoire de la commune. Parmi celles-ci, il existait des fermes importantes comme celles de la Gautrais ou du Haut-Bois. Pendant la seconde guerre mondiale, les allemands avaient une ferme modèle près du château du Haut-Bois.

Composition :

Les fermes sont composées d'un logis et de dépendances. La dépendance la plus fréquente est l'étable ; elle est encore présente dans la moitié des cas recensés. Dans certains cas, comme à la Reuzerais, l'étable est sous le même toit que le logis. Dans d'autres cas, comme à la Piblais, l'étable est logée dans un bâtiment indépendant du logis. Cette disposition témoigne souvent de l'importance de la ferme ; ainsi, dans les fermes les plus modestes, l'étable est sous le même toit que le logis, alors que dans les plus grandes fermes, elle se trouve dans un bâtiment destiné exclusivement à cette fonction et construit à cette fin.

Dans certaines anciennes fermes, comme à la Haute Bouvrais, il existe encore des écuries. A la Piblais, il existe encore également une ancienne écurie située dans un bâtiment indépendant du logis. Lorsqu'il existe un cellier, il est le plus souvent situé dans un appentis postérieur au logis, c'est le cas à la Morinais ou encore aux Maffeys.

Il subsiste cinq fours ou fournils sur le territoire de la commune. L'un des mieux conservé se trouve à la Morinais. A la Gautrais, c'est l'ancienne chapelle du manoir qui a été transformée en fournil vers 1860.

Implantation :

La moitié des fermes recensées dans la commune est située au milieu d'un ensemble de constructions. Lorsque les fermes sont situées dans un hameau, il s'agit souvent de fermes relativement modestes telles que celles de la Calvenais. L'autre moitié se trouve en milieu isolé ; les fermes isolées comme celles des Maffeys ou de la Haute-Bouvrais sont généralement de grandes fermes possédant de nombreuses dépendances et qui, par conséquent, sont indépendantes. Ainsi, elles possèdent une étable, une écurie, une grange, un cellier et, la plupart du temps, un puits pour disposer d'eau sur le site et un fournil destiné, entre autres, à la cuisson du pain.

Matériaux :

Les fermes de la commune sont construites avec du moellon de schiste et de la terre. Lorsque la terre est utilisée, on a recours à la technique de la bauge qui consiste à construire des levées de terre successives, les unes au-dessus des autres, sans utiliser de coffrage. Ces levées font entre 50 et 80 centimètres de hauteur. A la ferme du Haut-Bois, le bâtiment principal est construit en moellon, alors que les dépendances, plus récentes (grange et porcheries) sont élevées en bauge. A la Morinais, le bâtiment d'habitation de l'ancienne ferme est construit en bauge enduite sur un solin de moellon de schiste pourpre. Ce solin est toujours présent afin d'éviter les problèmes de remontées d'humidité dans les murs en terre. Aux Maffeys, la majorité des bâtiments est également construite en terre, toutefois, le cellier en appentis postérieur au logis est construit en moellon car il est plus récent que le logis. A la Haute Teillais, il existe une ferme où l'ancien logis est construit en bauge alors que la grange (transformée depuis en habitation) est construite en moellon de schiste pourpre. Cette grange date du début du 20e siècle, contrairement au logis qui est datable du 18e siècle. Ces deux exemples tendent à montrer que le moellon de schiste est plutôt utilisé à la fin du 19e et au début du 20e siècle, alors que les constructions antérieures sont plutôt élevées en terre. De plus, le développement des moyens de transport tels que le chemin de fer, qui traverse le territoire de la commune, a contribué à faciliter l'acheminement de matériaux non locaux dans la commune à la fin du 19e et au 20e siècle.

Typologie :

Parmi les exemples recensés, le type de ferme le plus fréquent est celui du logis à fonctions combinées, c'est-à-dire que, sous un même toit, se trouvent le logis et une ou plusieurs dépendances. Les fermes de la Reuzerais ou de la Petite Maltière correspondent à ce type. En effet, à la Petite Maltière par exemple, il existait une pièce à feu unique et une dépendance, sans doute une étable, sous un même toit.

Par ailleurs, il existe également des fermes dont le plan est un peu plus élaboré, c'est-à-dire que le logis est composé de deux pièces à feu et que les dépendances sont "rejetées" dans des bâtiments indépendants. C'est le cas de l'ancienne ferme de la Morinais par exemple.

Datation :

Une des fermes recensées les plus anciennes de la commune est probablement celle du Haut-Bois qui date partiellement du 17e siècle (notamment le décor des lucarnes). Toutefois, cette ancienne ferme n'est pas très représentative des constructions du 17e siècle car, d'une part il s'agissait de la ferme du château, par conséquent, son architecture était beaucoup plus soignée et "savante" que celle des autres fermes et, d'autre part, elle a été remaniée. Les caractéristiques principales des fermes construites au 17e siècle sont les suivantes : forte pente de toit, présence d'un coyau (petite pièce oblique d'un versant de toit, portant sur le bas des chevrons et adoucissant la pente du versant dans sa partie basse), baies de taille réduite, tête de pignon en pan de bois, poutraison de forte section... Une des fermes de la Petite Maltière présente certaines de ces caractéristiques : forte pente de toit, coyau, tête de pignon en pan de bois... Les dépendances de la ferme de la Piblais remontent vraisemblablement au 17e siècle car elles possèdent également une très forte pente de toit et un coyau.

Les fermes construites au 19e siècle, comme celle de la Morinais, sont généralement plus hautes, le surcroît du comble étant plus important, le toit possède une pente plus réduite et les baies sont plus grandes, régulières et symétriques.

Les maisons :

Cette base de données est composée de 80 notices relatives à des maisons de la commune de Saint-Jacques-de-la-Lande.

Implantation :

Les maisons recensées dans cette base de données sont principalement implantées dans des ensembles agglomérés ; il existe en effet très peu de maisons isolées. Les principales zones de construction des maisons recensées sont l'ancien village de Saint-Jacques-de-la-Lande d'une part, et le quartier du Pigeon Blanc d'autre part. Dans ce quartier, se trouvent de nombreuses maisons du début du 20e siècle, puisque c'est précisément à cette époque que cette zone s'est développée.

Matériaux :

Contrairement aux fermes, les maisons construites en bauge sont très rares sur le territoire de la commune, les matériaux les plus utilisés sont le moellon de schiste pourpre et le grès. Le moellon de schiste pourpre est le matériau local, par contre, il semble que le grès puisse provenir des carrières de Melesse et Saint-Germain-sur-Ille. De plus, l'utilisation de cette pierre est aisément datable puisqu'on la trouve sur des constructions des années 1930 majoritairement. Par ailleurs, ces carrières de la Ville en Bois notamment à Melesse étaient exploitées au début du 20e siècle et on sait que la pierre extraite était, dans les années 1930, acheminée par voie d'eau jusqu'à Rennes pour la construction de pavillons. Certaines maisons de la rue des 25 fusillés, de la rue de Nantes ou de la rue Jean Mermoz sont construites avec ce matériau. Il arrive également que cette pierre ne soit utilisée que pour la construction de la façade sur rue et que les autres murs soient construits en moellon de schiste pourpre. La maison du 87 rue Jean Mermoz est une illustration de cette mise en oeuvre de matériaux de construction différents.

D'autre part, il existe aussi des constructions totalement édifiées en moellon de schiste pourpre, c'est le cas de la maison du 96 rue du Temple de Blosne.

Typologie :

Certaines maisons possédaient, dès leur construction, une boutique au rez-de-chaussée ; ainsi, dans ce cas, le rez-de-chaussée était commerçant, alors que l'étage correspondait à la partie habitation. Des exemples de maisons de ce type se trouvent place J. Vallès, avenue J. Le Brix ou encore rue de Nantes.

Il existe également certaines maisons de la commune qui possèdent des façades sur rue rythmées par des travées composées de baies. La maison du 27-29 rue de la Pommerais possède par exemple une façade sur rue percée de trois travées de baies. Ces maisons aux percements symétriques et ordonnancés datent souvent de la fin du 19e ou du début du 20e siècle.

Sur le territoire de la commune, existent également, comme c'est le cas de l'une des maisons de l'avenue J. Le Brix, des maisons relativement modestes mais composées de deux pièces à feu tout de même.

Toutefois, le type de maison le plus fréquent à Saint-Jacques-de-la-Lande est ce que l'on appelle communément la maison de ville. Ces maisons possèdent souvent une toiture à demi-croupes, un avant-corps formant pignon sur la rue, une cave ou un garage... Il existe de nombreuses maisons de ce type rue Jules Vallès et rue de Nantes.

Datation :

La maison recensée la plus ancienne de la commune est probablement celle qui se trouve au 5 impasse de la Rivière. Pourtant, la construction ayant été remaniée, il est difficile de la dater avec précision. La plupart des maisons de la commune datent du début du 20e siècle ; il existe quelques constructions, telles celle du numéro 274 de la rue de Nantes, qui datent de l'extrême fin du 19e siècle (1898).

Il existe donc peu de maisons anciennes dans la commune puisqu'une grande partie de l'ancien village a été rasé lors de l'agrandissement de l'aéroport par les allemands pendant la seconde guerre mondiale. Certaines des maisons détruites en juin 1941 étaient très récentes car elles avaient été construites grâce à la loi Loucheur. De plus, une cinquantaine de bâtiments (maisons du boulevard Jean Mermoz...) furent partiellement ou totalement détruits pendant les bombardements entre avril et juillet 1944.

La majorité des maisons anciennes de la commune date donc des années 1930 ; elles sont identifiables grâce aux caractéristiques architecturales de l'époque : maçonnerie de moellon équarri, présence d'une cave ou d'un garage, encadrements de baies en brique, toit à demi-croupes...

Le presbytère :

Le premier presbytère avait été construit vers 1703 ; il avait fait l'objet de réparations vers 1750. En réalité, il s'agissait d'une reconstruction partielle ; preuve en était la pierre gravée qui portait cette inscription : rebâti par Mre J. CL. Martin recteur 1754. Ce presbytère avait été restauré en 1858 ; il fut détruit quelques années plus tard en 1898. Entre 1896 et 1898, un nouveau presbytère est édifié par l'architecte M. Regnault pour la somme de 21 000 francs.

Le presbytère est situé à l'ouest de l'église paroissiale ; il a été transformé en logement. Les deux façades du bâtiment sont percées de trois travées composées de baies ; les portes d'entrée sont précédées de petits escaliers en pierre. La travée centrale se termine par une grande lucarne en maçonnerie. Le bâtiment possède un jardin et se trouve dans un enclos construit en schiste pourpre.

Aires d'études Ille-et-Vilaine
Dénominations maison, immeuble, ferme
Adresse Commune : Saint-Jacques-de-la-Lande
Période(s) Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Décompte des œuvres repérées 98
étudiées 0

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série O : Administration et comptabilité communales. Édifices publics. Monuments et établissements publics. Presbytère : demande de restitution et de mise à disposition de la maison presbytérale pour la tenue des assemblées du conseil municipal (An X-1808) : 2 O 283/23.

  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série O : Administration et comptabilité communales. Édifices publics. Monuments et établissements publics. Presbytère : dossier de travaux de réparations et de projet de reconstruction (1859-1898) : 2 O 283/24.

Bibliographie
  • BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1929.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • BARBEDOR, Isabelle, BONNET, Philippe, CANNEVA-TETU, Odile (dir.), LAURANCEAU, Elise, RIOULT, Jean-Jacques. Rennes, mémoire et continuité d'une ville. Paris : Monum, Editions du Patrimoine, octobre 2004, (Cahiers du patrimoine).

  • BARDEL, Philippe, MAILLARD Jean-Luc. Architecture de terre en Ille-et-Vilaine. Rennes : Apogée, Écomusée du Pays de Rennes, 2002.

  • GRIMAULT, J. Ma paroisse de Saint-Jacques. Episcopale et suburbaine. Paris : Le Livre d'Histoire, 2005, (Monographies des villes et villages de France).

  • GRIMAULT, J. Ma paroisse de Saint-Jacques. La Révolution et le XIXe siècle. Paris : Le Livre d'Histoire, 2005, (Monographies des villes et villages de France).

  • LE COUEDIC, Daniel, TROCHET, Jean-René. Bretagne. L'architecture rurale française. Éditions A DIE, 1999.

  • OGÉE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Nlle éd. [1778-1780] rev. et augm. Rennes : Molliex, 1845.

  • PEROUSE DE MONTCLOS, Jean-Marie. Architecture, méthode et vocabulaire. Paris : Inventaire Général des monuments et des richesses artistiques de la France, Centre des monuments nationaux/Éditions du patrimoine, 2000.

  • "Groupe Mémoire" du Centre de la Lande. Mémoires de Saint-Jacques. Saint-Jacques-de-la-Lande, numéro 1, Mars 2004.

  • "Groupe Mémoire" du Centre de la Lande. Mémoires de Saint-Jacques. 60e anniversaire de la Libération. Saint-Jacques pendant la 2nde Guerre Mondiale. Saint-Jacques-de-la-Lande, numéro 2, Juin 2004.

  • "Groupe Mémoire" du Centre de la Lande. Mémoires de Saint-Jacques. Saint-Jacques-de-la-Lande, numéro 3, Novembre 2004.

  • "Groupe Mémoire" du Centre de la Lande. Mémoires de Saint-Jacques. Saint-Jacques-de-la-Lande, numéro 4, Mars 2005.

  • "Groupe Mémoire" du Centre de la Lande. Mémoires de Saint-Jacques. Saint-Jacques-de-la-Lande, numéro 5, Juin 2005.

  • "Groupe Mémoire" du Centre de la Lande. Mémoires de Saint-Jacques. Saint-Jacques-de-la-Lande, numéro 6, Décembre 2005.

  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic éditions 2000, 2 tomes, (Le patrimoine des communes de France).