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Les maisons et les fermes sur la commune de Chelun

Dossier IA35033041 réalisé en 2004

Fiche

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Les fermes :

Cette base de données comprend 37 fiches individuelles concernant les fermes antérieures au milieu du 20e siècle de la commune de Chelun.

Composition :

Ces fermes possèdent encore dans la majorité des cas leurs dépendances bien que nombre d'entre-elles soient devenues des maisons ces dernières années. A l'instar des fermes situées dans les autres cantons du département, la dépendance la plus fréquente est l'étable, ce type de dépendance est en effet présent dans plus de 75 % des cas recensés. Par ailleurs, dans un peu plus de la moitié des cas, il existe un cellier, celui-ci est souvent situé dans un appentis postérieur au logis. Il existe également encore de nombreuses écuries dans les fermes de la commune de Chelun, celles-ci sont en effet aisément identifiables puisqu'elles possèdent toujours un sol pavé, contrairement aux étables qui ont fréquemment un sol en terre battue. Les fours, les porcheries et les granges sont encore assez nombreux dans les fermes de la commune de Chelun. Enfin, il existe une ferme présentant des dépendances particulières, il s'agit de la ferme de la Croix ayant appartenu aux frères Bellier. Dans la cour de cette ferme s'élèvent une croix et un moulin. Il est par ailleurs intéressant de noter que les deux fermes (la Lardais et la Croix) sur lesquelles existent des sculptures de Joseph Bellier possèdent une laiterie. Il s'agit des deux seules identifiées dans la commune ; cependant, ce type de dépendance résulte aussi de l'époque de construction des logis. En effet, les logis de fermes comprenant une laiterie datent du début du 20e siècle en règle générale.

Le constat actuel concernant les dépendances n'est pas forcément représentatif de l'état originel des fermes car de nombreuses dépendances devenues inutiles ou encombrantes ont disparu avec le temps. C'est le cas des fours notamment qui n'ont plus d'utilité aujourd'hui.

Implantation :

La majeure partie des fermes de la commune se situe dans des hameaux. Ainsi, cette implantation représente environ 65% des cas. Les écarts sont en effet assez nombreux dans la commune (11 au total) et assez important, c'est-à-dire qu'ils comptent en moyenne 4 constructions. Par ailleurs, il existe assez peu de fermes isolées parmi les exemples recensés ; la commune en compte seulement 7. Enfin, le dernier type d'implantation pour les fermes est l'implantation en village, c'est le cas de 5 fermes à Chelun.

Matériaux :

En ce qui concerne les matériaux de construction des bâtiments de ferme, il s'agit le plus souvent d'un mélange de moellon de schiste et de microdiorite de quartz. Les constructions les plus anciennes sont souvent élevées en moellon de schiste (par exemple sur les bâtiments du hameau de Lambaudière) alors que les constructions du début du 20e siècle utilisent plutôt la microdiorite de quartz et le grès. Le schiste utilisé dans cette commune est souvent du schiste pourpre. Un autre type de pierre non identifié est quelquefois utilisé sur des bâtiments de la commune, il s'agit peut-être d'une pierre volcanique. On en trouve à la Pungerie ou également sur l'église. Les encadrements de baies présentent un usage important de la brique dès la fin du 19e siècle. De plus, certaines fermes de la fin du 19e siècle possèdent des logis dont les baies sont encadrées de granite, c'est le cas à la Trécouillère ou bien au Bois Lambert par exemple. Le schiste pourpre est quelquefois marié à la brique pour les encadrements de baies, sur le logis de la Moignerie ou bien sur un des logis du hameau de la Terrinière par exemple. Le décor de brique est aussi abondant sur certains logis de ferme du début du 20e siècle ; le logis de la Croix illustre ce cas. Par ailleurs, les fermes de la commune possèdent toute une couverture d'ardoise, aucune n'est couverte de tuile mécanique.

Typologie :

En terme de type de logis, il existe de nombreux logis de ferme qui possèdent deux foyers juxtaposés. Dans ce cas, la façade est souvent symétrique, c'est-à-dire qu'il existe deux fenêtres et deux portes en partie centrale ou bien deux fenêtres et une porte centrale. Le logis est alors composé de deux pièces à feu, les cheminées étant sur les pignons ; le logis de la Croix est représentatif de ce type. Ce type de plan est à mettre en relation avec une époque de construction, en effet, les logis à deux foyers juxtaposés correspondent à des logis de la fin du 19e ou bien du début du 20e siècle. D'autre part, l'autre type de logis très fréquemment rencontré est le logis à pièce unique, c'est-à-dire que le logis est composé d'une pièce à feu surmontée d'un grenier et derrière laquelle se trouve souvent un cellier dans un appentis postérieur. Ce type de logis de ferme est plus ancien que le logis à deux foyers juxtaposés, il date plutôt du 18e ou bien du début du 19e siècle. Contrairement à d'autres communes où les logis à fonctions combinées sont très nombreux, à Chelun, seuls trois exemples ont été répertoriés, notamment à la Baillerie et à la Hibaudière. Ces logis regroupent, sous un même toit, un logis et une étable le plus souvent ; il peut aussi s'agir d'un logis/cellier. Il existe un exemple de logis de ferme de type ternaire à la Lande. Dans ce cas, le logis possède un étage et la façade est percée de trois travées.

Dans les fermes, à partir de la fin du 19e siècle, l'adoption des modèles urbains entraîne une séparation des fonctions d'habitation et d'exploitation.

Datation :

Enfin, concernant la datation des fermes de la commune, il est intéressant de noter que la majorité des constructions de ferme a eu lieu entre 1850 et 1950. La ferme de la Forterie illustre ce cas puisqu'elle a été construite en 1884 à l'emplacement de l'ancien prieuré du même nom. Les constructions les plus anciennes remontent au 17e siècle ; les fermes de la Redelière, de la Besnière ou bien encore de Lambaudière en sont des illustrations. En effet, les logis de fermes de cette époque possèdent souvent des baies grillées et chanfreinées et des portes en plein cintre. Il existe encore quelques fermes dont les logis remontent au 18e siècle, c'est le cas de la Hibaudière ou de Lambaudière par exemple. Ces logis possèdent des baies de taille réduite, le linteau est parfois cintré ou en arc surbaissé ; de plus, les toitures présentent encore des coyaux (égout du toit) marqués. Ce coyau disparaît d'ailleurs vers 1850 seulement.

Les maisons :

Il existe 58 fiches individuelles concernant des maisons antérieures au milieu du 20e siècle à Chelun. De plus, 11 fiches concernent des alignements de plusieurs maisons.

Implantation :

En terme d'implantation, les maisons de la commune de Chelun sont bien évidemment majoritairement situées dans le village. En effet, un peu plus de la moitié des 58 maisons recensées se situe dans le bourg ; 16 maisons se trouvent aujourd'hui dans des hameaux (Roches, la Besnière...) et 8 sont isolées. Les maisons de Mauchamp ou du Bois du Liet par exemple sont isolées. En ce qui concerne les maisons, il faut signaler un autre type d'implantation, il s'agit de l'alignement. Le Boulay est en effet un alignement de quatre petites maisons.

Matériaux :

Tout comme pour les fermes, les matériaux les plus fréquents dans la construction des maisons de la commune sont le schiste et la microdiorite de quartz. Il s'agit des matériaux locaux ; il existait en effet des sites d'extraction de la pierre locale, notamment près de l'étang de Roches, près de la Hibaudière ou encore près de la ferme des Prés. Le schiste pourpre est assez fréquemment utilisé sur des constructions du 18e ou du début du 19e siècle ; preuves en sont les maisons situées dans l'écart de Roches par exemple. De plus, certaines maisons de l'impasse du Bourg sont également totalement construites en moellon de schiste pourpre. Les constructions plus récentes, de la fin du 19e ou du début du 20e siècle présentent principalement une maçonnerie de moellon de microdiorite de quartz et de grès. Dans le bourg, il existe un exemple unique de construction en brique, il s'agit d'une maison située sur la route d'Eancé qui date probablement de la fin du 19e siècle. Concernant les matériaux utilisés pour les encadrements de baies, à l'instar des fermes, l'usage de la brique se généralise à partir de la fin du 19e siècle. De nombreuses maisons autour de l'église possèdent des encadrements de brique. Parfois, la brique est associée au schiste pourpre, comme sur la maison située au nord de la route de Forges-la-Forêt. Par ailleurs, certaines maisons plus "cossues" possèdent des encadrements de baies en tuffeau, preuve en est une maison située au sud de la route de Forges-la-Forêt. Enfin, la maison située à l'ouest de la route d'Eancé présente la particularité d'être couverte en tuile mécanique et non en ardoise comme la majorité des maisons de la commune.

Datation :

La maison la plus ancienne de Chelun est peut-être une maison située dans un alignement de logis au Boulay. Elle pourrait remonter à la fin du 16e ou bien au début du 17e siècle ; l'arc brisé de la porte, les coussièges de la fenêtre chanfreinée, le forte section des poutres et la forme des corbeaux de la cheminée semblent l'indiquer. Il existe quelques maisons dont la construction remonte vraisemblablement au 17e siècle en campagne, à la Redelière par exemple. De plus, dans l'impasse du Bourg, existe une construction avec une fenêtre chanfreinée et grillée au pignon qui semble dater du 17e siècle. Il existe également de nombreuses maisons du 18e siècle dans le bourg, notamment dans cette impasse du bourg. L'alignement du Boulay comporte une maison du 18e siècle ; la cheminée porte en effet la date de 1740. Toutefois, la majorité des maisons recensées construites à Chelun l'ont été entre 1850 et 1950, exactement comme pour les fermes. Il peut s'agir de maisons modestes comme de constructions beaucoup plus importantes telles que la maison de type ternaire au sud de la route de Forges-la-Forêt ou bien celle couverte en tuile mécanique située à l'ouest de la route d'Eancé.

Typologie :

Enfin, à propos des types de logis, la majorité des maisons recensées sont des maisons élémentaires à une pièce. Ces maisons sont des constructions assez anciennes, majoritairement du 17e et 18e siècles. Les maisons situées dans l'écart de la Besnière, de la Lande correspondent à ce type. Comme pour les logis de ferme, il existe également un certain nombre de maisons à deux foyers juxtaposés. Ce type de maison remonte plutôt à la fin du 19e siècle ; elles sont majoritairement situées dans le village. Par ailleurs, il existe également des maisons a travées, principalement construites au milieu ou à la fin du 19e siècle ; il s'agit par exemple de la maison de Bois du Liet.

Certaines maisons possèdent des parties réservées à un autre usage que l'habitation, ces parties sont généralement réservées au cellier, toutefois, il peut aussi s'agir de boutique.

Le presbytère :

En 1937, le presbytère était un vieux bâtiment inhabitable composé d'une suite de deux bâtiments se touchant de 12 mètres de long chacun. L'un des bâtiments abritait une maison et l'autre une dépendance. Cette partie du presbytère a aujourd'hui disparu et ne subsiste qu'un bâtiment construit au début des années 1940.

Aires d'études Ille-et-Vilaine
Dénominations maison, ferme, presbytère
Adresse Commune : Chelun
Période(s) Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Décompte des œuvres repérées 108
étudiées 0

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série O : Administration et comptabilité communales. Edifices publics. Monuments et établissements publics. Presbytère (1822-1940) : 2 O 78/14.

  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série T : Enseignement, affaires culturelles, sports. Chelun. Notes sur la commune de Chelun, par l'instituteur Louvel : 12 T 530.

Bibliographie
  • BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1929.

    p. 408-410 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • GUILLOTIN DE CORSON, Amédée. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. Rennes : Fougeray, Paris : René Haton, 1884.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • OGÉE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Nlle éd. [1778-1780] rev. et augm. Rennes : Molliex, 1845.

  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic éditions 2000. (Le patrimoine des communes de France).

    p. 656-657
  • BARDEL, Philippe, MAILLARD Jean-Luc. Architecture de terre en Ille-et-Vilaine. Rennes : Apogée, Ecomusée du Pays de Rennes, 2002.

  • PEROUSE DE MONTCLOS, Jean-Marie. Architecture, méthode et vocabulaire. Paris : Inventaire Général des monuments et des richesses artistiques de la France, Centre des monuments nationaux/Editions du patrimoine, 2000.

  • MEURET Jean-Claude. Peuplement, pouvoir et paysage sur la marche Anjou-Bretagne (des origines au Moyen-Age . Société d'Archéologie et d'Histoire de la Mayenne, 1992.

  • ROBERT L., HAMELOT C., TREGAROT F. Commune de Chelun. Contrat d'objectifs. Diagnostic. Atelier d'Urbanisme, d'Architecture et de Paysage, 25 mars 2002.

  • LEMOINE Jean, STEFF Yves, TANGUY-SCHROER Judith, MARESCHAL Loïc. Le pays de Vitré. Rennes : Editions Apogée, 1996.