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Les maisons et fermes sur la commune de La Guerche-de-Bretagne

Dossier IA35034751 réalisé en 2004

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L'inventaire du patrimoine architectural de la commune de La Guerche-de-Bretagne a pris en compte la totalité des bâtiments antérieurs au milieu du 20e siècle. Cependant, même si la plupart des maisons et des fermes de la commune font l'objet d'une fiche individuelle, certaines (233), trop remaniées et devenues non interprétables, sont seulement regroupées dans un dossier collectif.

Il existe 396 dossiers concernant les maisons et fermes de La Guerche-de-Bretagne. Parmi ces 396 dossiers, 36 concernent les fermes et 360, les maisons.

Les fermes :

Il existe donc 36 fiches individuelles concernant les fermes antérieures au milieu du 20e siècle de la commune de La Guerche-de-Bretagne.

Composition :

Même si certaines fermes de la commune ont perdu leur fonction d'origine et sont actuellement devenues des maisons, les anciennes fermes sont encore généralement composées d'un logis et de dépendances. La dépendance la plus fréquemment rencontrée dans les cas recensés est l'étable. En effet, elle est encore présente dans 80 % des fermes guerchaises inventoriées. Les étables d'une des fermes des Fontaines et de la Templerie sont par exemple représentatives de ce type de dépendance. Ces deux étables datent de la fin du 19e siècle. Les secondes dépendances les plus fréquentes sont les porcheries et les celliers. Ils sont en effet encore présents dans 50 % des cas inventoriés. Les porcheries sont en réalité plutôt des soues, c'est-à-dire des porcheries destinées à un ou deux porcs seulement, le but étant d'élever ces animaux pour nourrir les habitants de la ferme. Dans ce cas, il s'agit de subvenir aux besoins des habitants du lieu. Des exemples de soues à cochons sont encore visibles dans certaines fermes de la commune, notamment dans l'ancienne ferme du numéro 29 de la rue du Portail, à la Martinière, à la Chenaie ou encore à la Pinelière. Les celliers sont également présents dans 50 % des fermes inventoriées ; ils servaient à la conservation des denrées, notamment le cidre produit dans la région. Il existe plusieurs types de cellier dans les fermes de la commune. Il est souvent situé dans un appentis postérieur, c'est le cas par exemple sur le logis de la ferme de la Pinelière et de la Haute Hairie. Cependant, à la Haute Hairie, une partie du cellier est en torchis, ce qui constitue un exemple unique sur le territoire de la commune ; la majorité des celliers étant plutôt en pierre habituellement. Par ailleurs, un type de cellier particulier a été rencontré dans cette commune. Il s'agit d'un cellier "intégré" au logis c'est-à-dire compris dans la profondeur du logis, comme si le logis était double en profondeur. Dans ce type de disposition, il existe une porte sur le pignon donnant accès au cellier ; de plus, les pignons sont, dans ce cas, très larges. Ce type de cellier est présent dans les fermes suivantes : le Bois Bougemont, l'Aubinière, la Fontaine, les Grands-Champs. Ces logis datent tous de la fin du 19e siècle ; cette disposition correspond donc à cette époque car aucun exemple n'est antérieur au milieu du 19e siècle. D'autres dépendances sont assez fréquentes dans les fermes de la Guerche-de-Bretagne, c'est le cas des écuries (présentes dans 47 % des cas), de la remise (3 % des cas rencontrés), du four, de la grange...

Dans un secteur précis de la commune, l'Est, il existe des dépendances en torchis, c'est le cas dans les fermes de la Martinière et de la Paverie. Il s'agit d'une particularité de ce secteur de la commune car aucune autre dépendance en torchis n'a été trouvée sur le territoire de la commune.

Cependant, il ne faut pas oublier que nombreuses sont les dépendances qui ont disparu au cours des siècles. Ainsi, il est probable que de nombreux fours ont été détruits ; en effet, ce genre de bâtiment était devenu inutile et gênait bien souvent le passage des machines agricoles notamment.

Implantation :

Il existe trois types d'implantation des fermes ; elles peuvent être isolées, en écart ou bien en ville. La majorité des fermes répertoriées correspond à des fermes isolées. En effet, elles représentent 47 % des cas ; les fermes de la Bouillère, de Monlige, de la Haie Nouvelle sont des fermes isolées. Par contre, dans 36 % des cas, les fermes sont situées dans des écarts, c'est-à-dire des groupes de constructions. L'Aubinière, les Fontaines ou encore Montflon sont des exemples d'écarts où se situent des fermes. Enfin, il existe quelques exemples de fermes en ville, c'est le cas de l'ancienne ferme du numéro 36 du faubourg de Nantes ou encore de celle de Guinefolle. Cependant, si ces fermes sont aujourd'hui en ville, originellement, elles étaient situées à la périphérie de la ville et ont depuis été intégrées à cette dernière lors de son expansion.

Matériaux :

Quelle que soit l'époque de construction, la plupart des fermes de la Guerche-de-Bretagne présente une maçonnerie de moellon de microdiorite de quartz et de schiste. Ainsi, plus de la moitié des fermes recensées possède des bâtiments en moellon de schiste et de microdiorite quatzique. 36 % des bâtiments de fermes sont uniquement en moellon de microdiorite quartzique. La fréquence de l'usage de la microdiorite de quartz s'explique par le fait qu'il s'agisse du matériau local. Il est donc vraisemblable qu'il ait été extrait directement du sous-sol lors de la construction des bâtiments. Dans certaines fermes, un bâtiment de dépendance est entièrement construit en bois et en torchis, c'est le cas à la Martinière et à la Paverie qui sont deux fermes voisines. Dans ces deux cas, les bâtiments ont été construits lors de la seconde moitié du 19e siècle, en effet, ni l'un ni l'autre n'est figuré sur le cadastre de 1827.

Par ailleurs, en ce qui concerne la couverture des bâtiments de ferme, une large majorité est couverte d'ardoise, cependant, il existe certaines fermes où les constructions sont couvertes de tuiles mécaniques. C'est le cas des fermes des Grands-Champs, du Bois Bougemont ou encore des dépendances du Temple. Ces bâtiments appartenaient tous à la même famille de propriétaires et il est probable que cette famille ait fait recouvrir ces bâtiments à la fin du 19e siècle ou bien au début du 20e siècle avec de la tuile mécanique.

Typologie :

Les logis des fermes de la Guerche-de-Bretagne sont de plusieurs types ; ils peuvent être composés d'une seule pièce surmontée d'un grenier, ou bien de deux pièces juxtaposées possédant chacune une cheminée sur le pignon ou encore abriter plusieurs fonctions différentes sous le même toit (habitation et cellier, habitation et étable...). Le cas de figure le plus souvent rencontré est le cas où le logis est composé de deux pièces à feu juxtaposées ; cette organisation est fréquente dans les logis de la seconde moitié du 19e siècle. Les logis du Bois Bougemont, de l'Aubinière ou encore de la Billière illustrent ce cas. Dans certains cas, sur les logis les plus anciens, il n'existe qu'une seule pièce à feu surmontée d'un grenier ; le logis de la Lande correspond à ce type de disposition. Enfin, le logis de la Templerie ou de la Paverie étaient des logis à fonctions combinées puisqu'ils abritaient, sous le même toit, une dépendance et des pièces d'habitation.

Datation :

Comme dans les autres communes du département d'Ille-et-Vilaine, les fermes de la Guerche-de-Bretagne datent majoritairement de la seconde moitié du 19e siècle. En effet, cette époque de construction correspond à plus de la moitié des cas inventoriés. Les fermes de l'écart des Fontaines ont été construites à cette époque ; cet écart s'est en effet developpé à proximité de la voie ferrée nouvellement créée. Les fermes des Grands-Champs ou de la Bilière sont également des constructions de la seconde moitié du 19e siècle. Il existe également quelques fermes plus anciennes, du 17e ou bien du 18e siècle comme la petite ferme de la Lande qui semble avoir été construite au 17e siècle ou encore celle de la Haute Hairie qui remonte vraisemblablement à la seconde moitié du 18e siècle. Enfin, deux anciennes fermes présentent des vestiges pouvant remonter au 16e siècle, il s'agit de Monlige où il existe des bustes sculptés et une coquille Saint-Jacques sur le logis et de Guinefolle où subsistent un escalier en vis, une porte surmontée d'une accolade.

Les maisons :

Il existe 360 fiches individuelles concernant des maisons antérieures au milieu du 20e siècle à La Guerche-de-Bretagne.

Implantation :

Tout comme les fermes, les maisons de la Guerche-de-Bretagne peuvent être implantées en ville ou bien en écart ou être isolées. Cependant, le cas le plus fréquent est celui où la maison est implantée en ville, il représente 95 % des maisons inventoriées lors de cette étude. Il existe assez peu de maison dans les écarts, en effet, généralement les constructions des écarts sont plutôt des fermes. Certaines maisons existent tout de même dans l'écart des Grands-Champs ou bien au Portail. Enfin, la maison de garde-barrière de la Porterie est un exemple de maison isolée, cependant, elle n'est pas représentative car sa fonction induit qu'elle soit isolée.

Matériaux :

Comme pour la construction des bâtiments de ferme, le matériau le plus utilisé pour la construction des maisons de la Guerche-de-Bretagne est la microdiorite de quartz sous forme de moellon. Plus de 50 % des maisons de la commune présentent une maçonnerie de microdiorite quartzique. Ainsi, quelle que soit l'époque de construction de la maison, ce matériau local est utilisé. Il est aussi bien présent sur des constructions du 18e siècle comme le numéro 7 rue du Portail que sur des maisons de la fin du 19e siècle comme celles de l'avenue de la République. Par ailleurs, comme pour les fermes, certaines maisons sont construites en moellon de schiste et de microdiorite de quartz. Dans ce cas, le schiste est souvent utilisé pour les chaînages d'angles et les appuis de fenêtre ; il s'agit le plus souvent de schiste ardoisier. Les maisons du numéro 4 bis de la rue J. Théard ou du 27 rue de Rennes illustrent ce cas. De plus, quelque fois, le schiste est utilisé en bandeaux dans la maçonnerie, comme sur la maison du numéro 30 du faubourg d'Anjou datée 1848.

La pierre est également associée à d'autres matériaux : le torchis et le bois sur certaines maisons de la ville. En effet, les maisons à porches de la ville de la Guerche-de-Bretagne présentent une partie arrière élevée en pierre alors que le porche est en pans de bois. Cette différence de matériaux était peut-être relative à une interdiction de construire sur la voie publique en pierre. Le cas échéant, cette partie, empiétant sur la rue, était facile à détruire. Ces maisons à porches en pierre et en torchis étaient concentrées dans le centre ville, autour de l'ancienne halle. Il en subsiste quelque unes rue d'Anjou et du Cheval Blanc notamment. L'intérêt de la construction à pans de bois est qu'elle était très bon marché par rapport à une construction en pierre ; de plus, le torchis était un matériaux très isolant et plus performant que la pierre en la matière. Cependant, en cas d'incendie, ces maisons brûlaient très rapidement.

Pour en terminer avec les matériaux de gros-oeuvre utilisés, parlons de la brique qui est utilisée majoritairement à partir du milieu du 19e siècle. Il existait deux briqueteries à Janzé et une à Châteaugiron ; l'accès à ce matériau était donc aisé. Les constructions de la Guerche-de-Bretagne sur lesquelles on la trouve datent d'ailleurs majoritairement de la seconde moitié du 19e siècle. Ces constructions sont situées avenue du Général Leclerc ou encore faubourg de Nantes.

Enfin, en ce qui concerne les matériaux de couverture, il s'agit principalement de l'ardoise et quelquefois de la tuile mécanique sur des maisons du début du 20e siècle comme celles du 34 ou du 39 faubourg de Vitré.

Typologie :

Les maisons recensées sont organisées de manière différente ; elles correspondent à différents types renvoyant à des époques ou à des moyens financiers divers. Certaines maisons ne sont composées que d'une seule pièce ; preuves en sont les maisons du numéro 11 et 9 du faubourg de Rennes qui remontent au 18e siècle. De plus, ces maisons élémentaires sont très souvent en alignement les unes avec les autres, c'est le cas de l'exemple cité précédemment, mais aussi des maisons élémentaires des 21 et 23 faubourg de Rennes ou encore de celles des 33-37 faubourg de Vitré. A l'instar des fermes, à la fin du 19e siècle, de nombreuses maisons sont composées de deux pièces en rez-de-chaussée, chacune possédant une cheminée sur le pignon. Le numéro 12 et le numéro 30 faubourg d'Anjou, le numéro 54 faubourg de Rennes..., en sont des exemples. Il existe également de nombreuses maisons dont la façade est percée de travées, c'est le cas dans l'avenue du général Leclerc où beaucoup de maisons sont de type ternaire ; elles ont toutes été construites durant la seconde moitié du 19e siècle.

Datation :

Les maisons les plus anciennes de la commune remontent au 16e siècle. En effet, il s'agit des maisons du centre ville, originellement situées autour de la halle. Ce sont des maisons à pans de bois comme la maison à pignon sur rue du 34 rue de Nantes par exemple. Certains vestiges comme des sculptures semblent également remonter au 16e siècle, c'est le cas des bustes situés sur une maison en fond de cour, rue d'Anjou par exemple. Certaines maisons à porches datent du 17e siècle, celle du numéro 2 de la rue d'Anjou date de 1619. De plus, une maison de la rue Neuve porte la date de 1636. Ces constructions du 16e et 17e siècles sont majoritairement des constructions à pans de bois ; elles représentent environ 10 % des maisons inventoriées.

11 % des maisons guerchaises recensées ont été construites au 18e siècle. Leurs caractéristiques sont les suivantes : toit assez pentu, ouvertures de taille réduite, linteaux cintrés, corniche composée de corbelets au décor particulier... Il existe des maisons du 18e siècle faubourg de Rennes, rue du 14 Juillet...

Pourtant, la majorité des constructions de la Guerche de Bretagne remonte au 19e siècle (45 % des maisons recensées datent de ce siècle). En effet, à cette époque de nouveaux quartiers se développent ; c'est le cas de l'avenue du Général Leclerc qui se développe devant la gare. Les faubourgs voient la construction de maisons bourgeoises disposant de cours et de jardins, chose difficile dans l'ancienne ville close. En effet, de nombreuses maisons sont construites au 19e siècle faubourg de Nantes ou encore faubourg d'Anjou.

Enfin, des maisons sont aussi élevées au cours de la première moitié du 20e siècle (15 % des cas recensés). Les rues Joffre, des Fontaines et l'avenue de la République sont des rues où les maisons de cette époque sont nombreuses.

Aires d'études Ille-et-Vilaine
Dénominations maison, ferme
Adresse Commune : Guerche-de-Bretagne (La)
Période(s) Principale : Moyen Age
Principale : Temps modernes
Principale : Epoque contemporaine
Décompte des œuvres repérées 426
étudiées 0

Références documentaires

Documents figurés
  • LA GUERCHE-de-BRETAGNE (I.-et-V.). Les Porches. Carte postale, Rennes : J. Sorel, édit., [s.d.]. (A.D. Ille-et-Vilaine : 6 Fi).

  • LA GUERCHE-de-BRETAGNE (I.-et-V.). La Place du Marché. Carte postale, Rennes : J. Sorel, édit., [s.d.]. (A.D. Ille-et-Vilaine : 6 Fi).

  • La Guerche-de-Bretagne (I.-et-V.). Place de la Mairie.. Carte postale, Châteaubriant : [s.n.], Coll. Lacroix, photographe, [s.d.]. (Coll. part. M. Goisbault, Visseiche).

  • La Guerche-de-Bretagne (I.-et-V.). Les Porches.. Carte postale, Rennes : Gribier et Coconnier, édit., [s.d.]. (Coll. part. M. Goisbault, Visseiche).

Bibliographie
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    p. 133-149 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
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    p. 419-421
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    p. 660-667
  • BARDEL, Philippe, MAILLARD Jean-Luc. Architecture de terre en Ille-et-Vilaine. Rennes : Apogée, Ecomusée du Pays de Rennes, 2002.

  • FROTIER DE LA MESSELIERE, Henri. Le guide de l'Ille-et-Vilaine. Plouagat : GP Impressions-Kervaux, 1994.

  • PEROUSE DE MONTCLOS, Jean-Marie. Architecture, méthode et vocabulaire. Paris : Inventaire Général des monuments et des richesses artistiques de la France, Centre des monuments nationaux/Editions du patrimoine, 2000.

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  • La Guerche hier et aujourd'hui. Images de la ville du début du siècle à 1989. La Guerche de Bretagne : Patrimoine et Culture en Pays Guerchais, Mairie de La Guerche, 1990.

  • LESACHER, Alain-François. La Guerche de Bretagne et son pays. Secalib, 1983.

  • MEURET Jean-Claude. Peuplement, pouvoir et paysage sur la marche Anjou-Bretagne (des origines au Moyen-Age) . Société d'Archéologie et d'Histoire de la Mayenne, 1992.

  • LEMOINE Jean, STEFF Yves, TANGUY-SCHROER Judith, MARESCHAL Loïc. Le pays de Vitré. Rennes : Editions Apogée, 1996.