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Les maisons et fermes sur la commune de Baye

Dossier IA29000412 réalisé en 2001

La proximité de Quimperlé n'est pas restée sans conséquences sur l'architecture civile de la commune largement reconstruite dans la seconde moitié du 19e siècle, période d´un important renouveau rural dans ce secteur, marqué par l´enseignement agricole dispensé par l´école du Lézardeau fondée en 1859 par Louis-Corentin Du Couëdic.

Le déclassement des logis anciens en dépendances agricoles, suite à la construction de nouveaux logis, est une constante, encore bien visible à Kerhuel et dans le bourg, lui-même composé de plusieurs fermes. L'influence de modèles issus des traités théoriques et pratiques de construction, largement diffusés entre 1850 et 1900, est perceptible à Kerhuel, Kerrestou ou Kercapucher. Parmi les entrepreneurs, maîtres maçons et maîtres d'oeuvre encore mal connus, on peut supposer que les entreprises Gourier, Kerhervé et Collober, actives autour de Quimperlé à la fin du 19e et au début du 20e siècle, assuraient également une partie des chantiers à Baye. C´est sans doute le fils de Jean-Marie Berthelot, maître d´oeuvre du porche de l´église de Baye en 1849, qui signe son chantier en 1860 à Kercapucher (linteau de porte).

Sur un total de 20 maisons et fermes repérées, quatre ont été sélectionnées pour étude. Comme dans les autres communes autour de Quimperlé, peu de bâtiments ruraux antérieurs au 19e siècle ont été conservés et si c'est le cas, il s'agit de demeures aux statuts non agricoles, comme c´est le cas pour un logis du 17e siècle conservé à Locquillec, village où devait se situer également un manoir et une demeure de prêtre.

Composition d'ensemble

Le regroupement de plusieurs petites exploitations en hameaux plus ou moins structurés est encore bien décelable à Locquillec et, dans une moindre mesure, à Kerhuel. Contrairement aux communes voisines, les fours à pain sont rares ou dénaturés. Quelques puits ont été repérés : de structure carrée, ils datent, pour l´essentiel, du 19e siècle. Particularisme local, seul le puits de Kerhuel 2 se situe à l´intérieur d´un appentis qui communique directement avec le logis.

On notera également l´absence de granges, soit isolées, soit formant alignement avec le logis et percées de grandes portes d'accès en plein cintre.

Matériaux

La plupart des bâtiments sont construits en moellons de granite mélangés, par endroits, au schiste ; les encadrements des baies sont en granite, matériau extrait dans les environs (Pont-Aven). L'enduit s'est généralisé à partir du milieu du 19e siècle. Les couvertures en chaume ont progressivement disparu, sauf à Kerhuel où subsistent quelques traces. La mémoire des habitants et les traces archéologiques visibles sur les édifices eux-mêmes (pignons découverts à forte pente) témoignent de l'omniprésence de ces couvertures végétales. Si l´ardoise est le matériau prédominant pour les couvertures, le recours aux tuiles mécaniques n´est pas exceptionnel, surtout pour les édifices construits entre 1900 et 1930.

Structure, élévations, couvertures

Le classement en deux grandes catégories, " l'habitat mixte ", caractérisé par la cohabitation des hommes et du bétail sous le même toit, et le "logis indépendant ", défini par l'absence de la cohabitation entre hommes et animaux, peut être appliqué au territoire de Baye. L'habitat mixte, propre aux périodes les plus anciennes, ne subsiste qu'à l'état de vestiges. Les transformations successives occultent le plus souvent l'état d'origine du bâti. Kerhuel 1 est un des exemples rares d'un ancien habitat mixte de type logis-étable sans étage. La dissociation du logis des parties agricoles est le principe le plus répandu, variant entre la formule la plus simple, à pièce unique, et le logis à étage éclairé par une ou deux lucarnes-frontons comme dans plusieurs maisons du bourg, Tachen Vern ou Lande de Baye.

La présence de lucarnes en forme de pignon (ou lucarnes-frontons) est récurrente dans une grande partie du secteur, surtout à partir de la fin du 19e siècle (Lande de Baye daté 1898, Kerlouret 1912), et même au-delà de la Première Guerre mondiale comme en témoigne le logis de Kerambris construit en 1932.

Distributions intérieures

Peu d'édifices ont gardé intactes leurs distributions ou aménagements d'origine. Les plans simples en profondeur, avec une ou deux pièces par niveau, prédominent. L'accès aux combles se faisait par un escalier dans œuvre enchâssé entre deux cloisons ou une échelle extérieure.

Les linteaux et les corbelets des cheminées sont généralement en bois. Une seule cheminée avec coffrage lambrissé a été repérée (maison Carer, route de Quimperlé). Dans certains grands logis, le recours au plan double en profondeur s'inspire des modèles urbains, comme en témoignent la maison Carer au bourg et le logis de Kerhuel 2.

Liste des édifices repérés

(avec données cadastrales et renvoi aux illustrations)

BOURG. Rue Jean-Marie Carer (A2, 487)

Fig. 1

BOURG. Impasse Saint-Eloi (A2, 476)

Fig. 2

BOURG. 140, impasse Saint-Eloi (A2, 1182)

Fig. 3, 4

BOURG. 124, route de l'Isle (A2, 442)

Fig. 5

BOURG. 74, route de l'Isle (A2, 874)

Fig. 6

BOURG. Route de Riec (A2, 504)

Fig. 7

BOURG. Route de Riec (A2, 768)

Fig. 8

KERHUEL (A 1, 298)

Fig. 9, 10, 11

KERBRIS (B2, 355)

Fig. 12, 13

KERCAPUCHER 1 (B1, 700)

Fig. 14, 15

KERCAPUCHER 2 (B1, 699)

Fig. 16, 17

KERLOURET (A1, 279)

Fig. 18

KERRESTOU (B1, 104)

Fig. 19

LANDE DE BAYE 1 (B2, 639)

Fig. 20

LANDE DE BAYE 2 (B2, 412)

Fig. 21

TACHEN VERN (A2, 948)

Fig. 22, 23.

Aires d'études Quimperlé
Dénominations maison, ferme
Adresse Commune : Baye

Dates relevées sur les édifices : 1855, 1860, 1868, 1898, 1904, 1912, 1929, 1932.

Période(s) Principale : 2e moitié 19e siècle
Principale : 1ère moitié 20e siècle
Auteur(s) Auteur : Berthelot, maître maçon
Décompte des œuvres bâti INSEE 397
repérées 20
étudiées 4

Références documentaires

Bibliographie
  • OGEE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. 1ère édition 1778-1780. Nouvelle édition, revue et augmentée par MM. A. Marteville, et P. Varin, avec la collaboration principale de MM. De Blois, Ducrest de Villeneuve, Guépin de Nantes et Lehuérou. Rennes, 1843, p. 73.

  • BELLANCOURT, Yves. Quelques notes sur la paroisse de Baye. Dans Société d'histoire du pays de Quimperlé , N° 8-9, Quimperlé, mars 1993.