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Les hôtels de voyageurs sur la commune de Saint-Cast-le-Guildo

Dossier IA22000782 réalisé en 1998

Fiche

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Le corpus recensé en 1998, dans le cadre de l'étude du patrimoine balnéaire de la Côte d'Emeraude, est formé de 28 hôtels de voyageurs situés dans la station et dans ses abords immédiats, correspondant aux sections AB, AC, AD, AE, AH, AI, AK, AL, AM, AN et AO du cadastre actuel.

L'importance du corpus recensé constitue une particularité de Saint-Cast à l'échelle de la Côte d'Emeraude, notamment par rapport à Saint-Lunaire ou Dinard, où ils sont proportionnellement moins nombreux.

La plupart des établissements sont construits entre 1885 et 1914, principalement aux Mielles, puis dans le village de l'Isle, après 1900. Les années vingt et trente marquent la période de consolidation de la station et de son parc hôtelier avec 6 hôtels construits aux Mielles et 3 à la Garde, dont le Celtic-Hôtel, qui doit contribuer au lancement de la plage des Callots, mais également les nombreux chantiers de rénovation de l'ensemble des hôtels de la station.

Le corpus recensé est un indice de la fréquentation de la station mais également du mode de vie des touristes entre 1890 et 1940, en particulier des loisirs dont témoignent les équipements des hôtels, qui rivalisent de confort et de signes tangibles de modernité. Les premiers équipements sont les établissements de bain et plus particulièrement les cabines de bains, mises à la disposition des estivants (Hôtel Bellevue, aux Mielles, et Hôtel de la Plage, à la Garde). Plusieurs hôtels disposent également d'un tennis, dès la fin du 19e siècle (Hôtel de la Plage, Galeries Duponchel, Hôtel d'Angleterre et Hôtel des Pins) alors que le golf est ouvert à Saint-Cast en 1927, contemporain de la construction du Celtic-Hôtel. Les jeux de plage, toboggan et plongeoirs, apparaissent entre les deux guerres (Hôtel Royal-Bellevue), tout comme le kayak, ils précèdent les club de plage qui se généralisent après la Seconde Guerre. Enfin, dès les années 1900, les hôtels annoncent la présence de garages et de pompe à essence, certains recommandés par le Sporting-Club (Grand-Hôtel). Les excursions proposées par les hôtels sont nombreuses, l'Hôtel de la Plage, à la Garde, est cependant le seul à mentionner la présence d'un atelier de peinture et d'une chambre noire pour la pratique de la photographie.

L'importance du corpus permet de dégager une typologie en distinguant les édifices dont le programme est définitif et ceux qui sont conçus de manière évolutive.

Seuls quelques hôtels de Saint-Cast répondent à la première catégorie (Grand-Hôtel, Hôtel Julia, Galeries Duponchel), on peut rattacher à ce groupe certains hôtels des Mielles (Hôtel de France) et de l'Isle (Hôtel du Centre et des Plages). Leur mode d'extension passe par la construction ou la transformation d'une maison existante en annexe mais la structure du bâtiment d'origine n'est pas conçue pour évoluer. Plusieurs hôtels de Saint-Cast illustrent les cas de construction à changement de parti successifs. Un pavillon ou une maison constitue le point d'ancrage de l'édifice auquel on rajoute un corps de bâtiment allongé et moins élevé, aboutissant à une composition asymétrique (Hôtel de la Plage, Hôtel Bellevue, Hôtel des Bains). Cet assemblage peut être réalisé à plusieurs échelles, il est également utilisé pour la création de pensions de famille, le plus souvent réalisées à partir de maisons agrandies. L'Hôtel Bon-Abri, à l'Isle, reprend la composition inversée avec la construction d'un pavillon accolé à une maison existante.

La distinction des espaces de la station est également lisible dans la morphologie des édifices, qui sont concentrés dans deux pôles, l'Isle et les Mielles à l'ouest, La Garde et Pen-Guen, à l'est. On peut en effet remarquer qu'un seul hôtel est construit dans le bourg, qui est resté à l'écart du développement de la villégiature.

Les hôtels empruntent aux formes traditionnelles, celles de l'auberge ou du petit immeuble, qu'on observe au bourg, à l'Isle et aux Mielles, jusqu'en 1910. Les Galeries Duponchel constituent le premier exemple en rupture avec l'architecture traditionnelle, dans le site, avec l'Hôtel Julia. L'Hôtel Beauséjour et l'Hôtel de la Falaise, construits en site escarpé à l'extrémité de la plage se distinguent par des étages de soubassement, typologie qu'on observe également à Dinard, au Bec-de-la-Vallée.

Les hôtels construits sur la plage, aux Mielles et à la Garde, ont à l'origine une morphologie combinée qui traduit un style pittoresque inspiré des villas (Hôtel Bellevue, Hôtel des Bains, Hôtel de la Plage). L'hôtel est comme une grande villa. La symétrie des compositions est un phénomène plus tardif qui traduit l'influence de la typologie du Grand-Hôtel, dont Saint-Lunaire et Paramé offrent des exemples. A ce pittoresque succède celui des styles régionaliste et Art Déco (Hôtel d'Armorique, Hôtel Ker Louis).

La modernisation est une autre caractéristique du corpus. C'est un processus de mutation nécessaire, soit par adjonction d'une salle à manger (Hôtel des Bains, Hôtel de la Marine, Hôtel Bon-Abri), soit par agrandissement et rhabillage (Hôtel d'Angleterre, Hôtel Ar Vro).

Jouant un rôle moteur dans le lancement des plages, comme le montrent les hôtels fondateurs de la station (Hôtel Royal-Bellevue, Hôtel de la Plage, puis Ar Vro, Celtic Hôtel), les hôtels de voyageurs accompagnent le développement de la station dont ils font la renommée. Ils forment, comme les villas, une richesse architecturale de la station. L'influence du style Ar Vro sur les villas de la Garde et plus largement de la station le confirme.

Aires d'études Communes littorales des Côtes-d'Armor
Dénominations hôtel de voyageurs
Adresse Commune : Saint-Cast-le-Guildo
Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 1ère moitié 20e siècle
Décompte des œuvres repérées 29
étudiées 9