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Les fontaines, lavoirs, routoirs et abreuvoirs sur la commune de Plouha

Dossier IA22005672 réalisé en 2006
Aires d'étudesCommunes littorales des Côtes-d'Armor
Dénominationsfontaine, lavoir, abreuvoir
AdresseCommune : Plouha
Lieu-dit : Saint-Laurent le Dernier Sou Kermaria-An-Isquit la Trinité Kerouziel Coray Saint-Samson Saint-Georges

Les fontaines, lavoirs, routoirs et abreuvoirs de la commune de Plouha sont datés de la 2ème moitié du 19ème siècle et de la 1ère moitié du 20ème siècle. L'association "Autour des lavoirs de Plouha" a repéré 35 lavoirs sur la commune, souvent associés à des fontaines ou à des routoirs (Dossen-Ruz et Saint-Georges), dont l'un d'entre ces lavoirs (Kerousiel) est complété par une fontaine et un abreuvoir. Nous avons étudié et repéré 10 lavoirs, associés éventuellement à d'autres édicules : - Dossen-Ruz (lavoir-routoir-fontaine) - Saint-Laurent (lavoir-fontaine) - Kermaria-An-Isquit (lavoir-fontaine) - La Trinité (lavoir-fontaine) - Kerouziel (lavoir-fontaine-abreuvoir) - Coray (lavoir) - Saint-Georges (lavoir-routoir-fontaine) - Saint-Samson (fontaine). - Beaugouyen (lavoir-fontaine) - Grand Etang (lavoir-fontaine) Certaines fontaines peuvent être qualifiées de fontaines votives (Kermaria, Samson) ; cependant l'étude historique de ces fontaines reste à faire avec celle des usages autour des lavoirs (Odette Leroux, lavandière) et des routoirs. La plupart des lavoirs recensés ont été cimentés et les pierres mobiles qui servaient pour laver le linge ont disparu. Nous avons pu cependant le fonctionnement des lavoirs et les aménagements nécessaires, étudier la caisse des lavandières et comprendre son utilisation et celle du battoir. Selon la tradition orale des lavandières, on pouvait aussi laver le linge sur un cours d'eau en utilisant ces "fameuses" pierres à battre le linge.

Période(s)Principale : 1ère moitié 20e siècle

Certains de ces lavoirs sont encore sous la terre ou totalement recouverts par la végétation. La plupart de ces lavoirs et fontaines sont nettoyés et entretenus par les habitants des hameaux (écarts), avec l'aide des services techniques de la commune.

Décompte des œuvres repérées 35
étudiées 9

Annexes

  • Témoignage enregistré de Odette Leroux, ancienne lavandière Plouha, 22 mars 2006.

    Odette Leroux, 82 ans, née en 1924 à Plouha, a commencé à travailler à la ferme et en même temps au lavoir de St-Laurent, pour le compte du fermier et de sa famille. A l'âge de 36 ans, veuve, elle va quotidiennement au lavoir, après avoir fait bouillir le linge pendant 2 heures dans une lessiveuse sous le feu de cheminée d'un trépied. Le matin, elle lave le blanc (les draps), l'après-midi les couleurs, avec une brosse, et entre-temps, elle va tremper son linge dans le lavoir, qu'elle bat avec le battoir, qu'elle savonne, rince ensuite, toujours à genoux dans sa caisse, sur une pierre et plus tard sur le bord cimenté du lavoir. Le "caillou" de forme plate, disposé dans un trou creusé au bord du lavoir, avec une certaine quête, devait être à fleur d'eau, pour travailler avec aisance et jeter l'eau à la main, sans trop avoir besoin de s'incliner pour toucher l'eau froide.

    Odette va aussi chercher le linge avec sa brouette auprès des particuliers, avant de disposer d'une petite remorque tractée. Le linge qui était amené au lavoir était encore chaud ; ce qui facilitait le travail de la lavandière souvent très pénible par temps froid, de neige ou de vent. Les lavoirs de Plouha ne sont pas couverts. Il fallait jeter le linge à la surface et éviter qu'il ne coule dans le fond vaseux du lavoir (60 cm de profondeur) ; lequel était vidé tous les mois par le fermier le plus proche. En 1949, il y avait encore de ces pierres plates près des lavoirs, qui "marquaient" la place de chacun ; plus tard, les lavoirs ont tous été cimentés. Odette avait un fils qui faisait la pêche à Terre-Neuve avec d'autres voisins de son âge ; lorsqu'il revenait de campagne tous les trois mois pendant 15 jours, il fallait se dépêcher de laver ce linge graisseux, sentant la saumure de poisson et difficile à nettoyer... Le lavoir était bien sûr le lieu de rencontre et d'échanges des nouvelles du pays, petites et grandes, où les rires des unes et des autres lavandières fusaient, à côté de la vieille fontaine et de la chapelle de St-Laurent.

    Odette Leroux a arrêté d'aller au lavoir en 1994, après l'achat de sa première machine à laver et une retraite bien méritée. Ce fut la dernière lavandière professionnelle de Plouha.

  • Liste des lavoirs restaurés et entretenus par les habitants des quartiers et/ou l'association "Autour des lavoirs de Plouha"

    - Beaugouven

    - Camblac'h

    - Coray

    - "Dossen-Ruz", Le Dernier Sou

    - Kerlévenez

    - Kermaria

    - Kerouziel

    - Keruzeau

    - La Trinité

    - Run Fantan

    - Saint-Georges

    - Saint-Laurent

    - Saint-Yves.

  • Liste non exhaustives des lavoirs situés sur la commune de Plouha

    - Barac'h (privé)

    - Beaugouyen

    - Bon Repos

    - Camblac'h

    - Coray

    - Goasmeur

    - Goas Vian (privé)

    - Grand Etang

    - Keradic

    - Keraoul (en cours de restauration)

    - Kerautret

    - Keregal

    - Kerjean

    - Kerjolis (privé ?)

    - Kerlévénez

    - Kermaria

    - Kerouziel

    - Keruro (privé)

    - Keruzeau

    - Kersalic

    - Kerverzio (privé)

    - La Trinité

    - Le Dernier Sou (Dossen Ruz)

    - Le Guly Furet

    - Le Harnio

    - Le Loc

    - Le Scanv

    - Rue de la Motte (privé)

    - Rue Pen Ker

    - Rue Fantan

    - Saint Edern

    - Saint-Georges

    - Saint-Laurent

    - Saint-Yves

    - Trévros.

Références documentaires

Bibliographie
  • GIRAUDON, Daniel. Lavandières de jour, lavandières de nuit. In Fontaines, puits, lavoirs en Bretagne. Brest : Centre de Recherche Bretonne et Celtique, Université de Bretagne Ouest, 1998, p. 89-130.

Documents audio
  • LEROUX, Odette. Témoignage d'une ancienne lavandière de Plouha. Plouha : 22 mars 2006.