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Les églises, les chapelles et les oratoires à Rennes

Dossier IA35022554 réalisé en 1998

Fiche

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Selon Guillotin de Corson, la tradition fondé par A. du Paz situe l'introduction du christitanisme, à Rennes, au début du 1er siècle. La chapelle Notre-Dame de la Cité aurait été aménagée dans un ancien temple dédié à Thétis, au début du 1er siècle, par Maximus, évêque présumé et disciple de saint Philippe et de saint Luc. L'édifice, qui aurait servi de cathédrale jusqu'au 4e siècle, conservait en effet une statue de saint Maximin, qui confirmerait, tout au moins, l'ancienneté du sanctuaire. Un oratoire, aménagé dans un ancien temple dédié à Isis, à la fin du 1er siècle, serait le premier sanctuaire hors les murs. C'et à l'emplacement que sera construite l'abbaye Saint-Melaine. Enfin, une chapelle dédiée à saint Just, détruite au 18e siècle mais dont le toponyme Barre-Saint-Just conserve la trace, aurait été construite à la fin du 2e siècle. Les églises Saint-Martin et Saint-Jean, construites dans d'anciennes nécropoles gallo-romaines, pourraient faire partie de ce corpus originel, bien qu'on en trouve des mentions plus tardives.

Le premier évêque, est attesté avec certitude par sa participation au concile de Fréjus, en 439. La première cathédrale et la première église Saint-Melaine ont été construites au 6e siècle.

Les dates de fondation des chapelles et des églises sont le plus souvent inconnues avant le 11e siècle, durant lequel se situent la fondation de l'abbaye Saint-Georges, en 1032, et la reconstruction de l'abbaye Saint-Melaine, auxquelles appartiennent la plupart des sanctuaires. Les églises paroissiales construites hors les murs et attestées au 11e siècle sont l'église Saint-Pierre-du-Marché, en 1030, Saint-Hélier, en 1080, Saint-Jean, en 1081. Au 12e siècle, on trouve mention de l'église Toussaints, en 1164, des églises Saint-Aubin et Saint-Martin, qui appartiennent à l'abbaye Saint-Melaine en 1158, des églises Saint-Germain et Saint-Etienne, appartenant aux chanoines, enfin, dans la Cité, de l'église Saint-Sauveur, appartenant au Chapitre. La mention la plus tardive concerne l'église Saint-Laurent, attestée au 13e siècle. La plupart des églises paroissiale seront reconstruites aux 15e et 16e siècles.

L'ancienne église Toussaints sera détruite à la fin du 18e siècle et le culte transféré dans la chapelle de l'ancien collège de Jésuites, construite au 17e siècle.

Après la Révolution, plusieurs églises paroissiales disparaissent, l'église Saint-Martin, l'église Saint-Jean, alors que l'église Saint-Etienne sera désaffectée et le culte transféré dans la chapelle de l'ancien couvent d'Augustins.

Au 19e siècle, la nouvelle église Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, qui constitue un exemple unique par son ambition monumentale et les projets urbains qui lui sont associés, est elle aussi destinée à remplacer l'église Saint-Aubin, détruite au début du siècle. Elle atteste également du goût prononcé pour le style néo-gothique, style officiel qui marque les constructions du dernier quart du 19e siècle, dans le département et dont le prototype est la chapelle des Missionnaires aujourd'hui détruite. Quelques chapelles ou oratoires sont construits au19e siècle, l'oratoire Notre-Dame des Brûlons et la chapelle du Bon-Pasteur, au nord de la ville. Dans le quartier Jeanne-d'Arc, subsiste également la chapelle construite au milieu du 19e siècle dans l'ancien domaine de Bellevue. Enfin, la chapelle funéraire construite sur les plans de Charles Millardet, en 1829, est un exemple unique, à Rennes, par son style néo-classique et sa destination.

Selon Philippe Rivoirard, l'entre-deux-guerres apparaît comme une période prolifique dans le domaine de l'architecture religieuse en France, même si celle-ci reste mal connue et souvent mal perçue. Son importance est due à l'accroissement des populations urbanisées, comme c'est le cas à Rennes où cinq nouvelles églises sont construites entre 1911 et 1933, et aux destructions de la Première Guerre mondiale, dans le nord et l'est de la France. Leur financement, souvent difficile, explique la longueur des chantiers, réalisés en plusieurs tranches, voire abandonnés. A Rennes, l'église des Sacrés-Coeurs (1911 et 1960) et l'église Jeanne-d'Arc (1914-1924 et 1953-1955) illustrent ce phénomène qui s'accompagne de l'intervention de plusieurs architectes.

La typologie de ces édifices est fortement conditionnée par leur implantation. Dans les secteurs périurbains, les terrains disponibles permettent de conserver le principe d'édifices indépendants et symétriques, à l'exemple de Rennes ; plus proche du centre, l'adaptation au parcellaire oblige les architectes à imaginer des solutions originales. Le vaisseau unique et le plan centré sont cependant les plus fréquents. L'utilisation de matériaux nouveaux (fer et/ou béton), destinée à réduire les coûts, est souvent mal perçu. C'est également la raison qui oblige les architectes à simplifier leur projet. Si l'église Saint-Martin de Rennes illustre cette simplification du plan comme du décor, les églises Jeanne-d'Arc et Sainte-Thérèse offrent des exemples d'édifices à plan centré, qui s'accompagne à Sainte-Thérèse (1933) de la présence d'un décor important.

Si le rejet du néogothique est définitif, après 1914, les architectes puisent leur inspiration dans le style byzantin et roman. A Rennes, l'église des Sacrés-Coeurs (1911) fait exception. L'architecte Arthur Regnault, connu pour les nombreux édifices de style romano-byzantin qu'il dessine pour la reconstruction des églises du département d'Ille-et-Vilaine, dès 1875, fait ici le choix d'une référence au gothique, qui incarne une tradition régionale et plus particulièrement l'église des Iffs (35), dont le porche est une "copie interprétée".

La référence aux édifices byzantins et romans, qui explique le retour à la construction de cloché accolés, reste d'actualité dans les années trente où les formes sont cependant plus cubiques. Le décor de la structure architecturale se traduit par la sculpture et la fresque, comme c'est le cas à Sainte-Thérèse où l'architecte Hyacinthe Perrin travaille avec le mosaïste Odorico et le peintre Louis Garin, mais également par des ressauts de briques et des claustras de béton, à l'exemple de l'église Saint-Martin.

Comme l'écrit Gilles Ragot, la problématique de l'architecture religieuses après la Seconde Guerre mondiale ne se différencie pas de celle de la reconstruction. C'est le Ministère de la Reconstruction qui étudie la question de la reconstruction des 4000 églises sinistrées, financée dans le cadre des dommages de guerre. Le contrôle de l'Etat s'exerce par le biais des commissions d'Art Sacré mises en place en 1945, qui supervisent près de 60% des 2500 églises construites entre 1945 et 1970.

Bien que la reconstruction des églises soit soumise aux mêmes impératifs de réduction des coûts, recourant aux matériaux préfabriqués ou peu coûteux, elle commence dans un contexte d'hostilité à l'introduction de l'art contemporain dans les églises. On observe la construction de quelques édifices de plans centrés mais le plan basilical est dominant entre 1950 et 1955, son extrême simplicité confine le plus souvent au stéréotype. A Rennes, la reconstruction de l'église Saint-Martin (1950) offre l'exemple tardif encore emprunt de régionalisme, comme celle de la chapelle de la Sainte-Famille (1950), sur les plans de Louis Chouinard, qui s'inscrit encore dans l'esthétique de l'avant-garde des années trente. Celle de l'église Saint-Yves (1956), sur les plans des architectes rennais Perrin et Martin, inaugure l'introduction de l'architecture moderne dans la ville.

Les recherches des ingénieurs et des architectes sur les voiles minces et les structures en béton précontraint, les voûtes, doivent répondre à la question de l'image de la nouvelle église. Le rejet du pastiche pose alors la question de la ressemblance avec l'architecture profane. Cette question délicate est illustrée par l'église Saint-Joseph (1957), dessinée par les architectes Labesse et Beauchamp, dont la présence d'une croix sur la façade et celle d'une tour de clocher, accolée au nord-est, suggèrent la fonction de l'édifice.

Entre 1955 et 1975, la population urbanisée passe de 58 à 73%. L'Eglise accompagne cette croissance dans les ZUP et les villes nouvelles, où la paroisse est désormais fixée à 10 000 habitants. Ces églises ont une capacité d'accueil qui varie de 800 à 1000 places. A Rennes, 10 églises sont construites dans les nouveaux quartiers des ZUP, entre 1957 et 1972, sur les plans des architectes Perrin et Martin, pour six d'entre elles.

Ces constructions économiques, à l'exemple du modèle d'église préfabriquée de Prouvé exposé au salon d'Art Sacré de 1958, expriment la modestie et la pauvreté évangélique de rigueur mais traduisent un glissement vers le centre spirituel, qui comprend une église, une salle de réunion, un parking, etc. Le concile de Vatican II (1962-1965) entérine ce modèle de référence qui, au dépend de la spiritualité, s'apparente à la salle de spectacle. Les quelques oeuvres exceptionnelles restent marginales au sein d'une production de qualité moyenne. "Les caractères et les tendances de l'architecture moderne de l'après-guerre s'y retrouvent intactes : formalisme, faiblesse des programmes, consommation abusive des matériaux, des couleurs et des formes servies, ou desservies par une fascination excessive pour les techniques nouvelles."

C'est en partie ce que montre le corpus rennais qui s'inscrit dans deux séries types auxquelles échappe, par son plan octogonal, l'église Saint-Paul (1965) dessinée par Chevalier et Le Roux ; seul le clocher centré distingue l'édifice d'un centre commercial ou d'une salle polyvalente .

Le corpus est essentiellement composé d'édifices à clocher isolé ou accolé qu'on retrouve chez Labesse et Beauchamps pour Saint-Joseph (1957), Saint-Jean-Marie Vianney (1960) et Saint-Augustin (1968), chez Derrouch à Saint-Luc (1967) mais également chez Perrin et Martin à Saint-Clément (1957), Saint-Yves (1957) et Saint-Laurent (1964). Cette dernière constitue l'exemple les plus intéressant dans l'implantation comme dans la structure de l'édifice avec son mur captant la lumière et son chevet à éclairage indirect. Les architectes conçoivent ensuite la série dite alvéolaire, inaugurée à Redon en 1965, avec les églises Saint-Marcel (1968), Saint-Benoît (1971), Sainte-Elisabeth (1971) et Saint-Marc (1972).

Quelques édifices du culte orthodoxe ou protestant ont été recensés ; on signalera tout particulièrement le temple, construit boulevard de la Liberté, sur les plans de l'architecte brestois Abel Chabal.

Aires d'études Rennes ville
Dénominations église, chapelle
Adresse Commune : Rennes
Période(s) Principale : 12e siècle
Principale : 15e siècle
Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Décompte des œuvres repérées 33
étudiées 0

Références documentaires

Bibliographie
  • [EXPOSITION]. L'art sacré du XXe siècle en France. Musée municipal de Boulogne-Billancourt/Centre culturel de Boulogne-Billancourt, 1993.