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Les demeures, manoirs ou châteaux sur la commune de Châteauneuf-d'Ille-et-Vilaine

Dossier IA35044884 réalisé en 2007

Fiche

Le château de Châteauneuf-d'Ille-et-Vilaine :

Les différentes phases de constructions connues par le château sont intimement liées aux propriétaires des lieux et à leurs rangs. C'est pourquoi, il semble nécessaire, avant même d'évoquer l'architecture des différents bâtiments, de dresser la liste des différents propriétaires des lieux.

L'un des premiers seigneurs connus de Châteauneuf, vers 1250, est Thébaud de Rochefort. Cette famille possède la seigneurie jusqu'en 1371. En 1374, l'héritière de la maison de Rochefort épouse Jean II de Rieux ; à partir de cette date, le château devient donc la propriété de la famille de Rieux qui le conserve jusqu'à la date de 1681. Cette année correspond à une vente judiciaire au cours de laquelle la seigneurie de Châteauneuf est acquise par la famille Béringhen, originaire des Pays-Bas.

En 1723, Jacques-Louis de Béringhen meurt en ayant pour seule héritière une fille qui devient religieuse, le marquisat passe donc successivement à ses deux frères, puis, en 1740, il est vendu à Etienne-Auguste Baude de la Vieuville, François Magon et Henri Baude. Les Baude appartiennent aux grandes dynasties marchandes de Saint-Malo.

En 1858, la famille Baude vend le château et les terres à Monsieur Latimier du Clésieux. En 1921, une nouvelle vente intervient à la faveur du colonel Fouche qui revend la propriété en 1954 à la famille Notta de Coatgoureden.

Le château primitif :

Dès le début du 11e siècle, il existait vraisemblablement une motte féodale sur le site de Châteauneuf-d'Ille-et-Vilaine. Au 12e siècle, le château portait le nom de château de Bure ; la première mention de la forteresse remonte à 1181. Ensuite, il prend le nom de Châteauneuf la Noë, le mot "noë" signifiant lieu marécageux.

Autour du château primitif, il existait un réseau d'anciennes fortifications : la Motte Rogon, la Motte Billy, la Basse Motte, Licastel. Les vestiges de la motte féodale de la Motte Rogon existent toujours actuellement, toutefois, ils se trouvent sur le territoire de la commune voisine de Saint-Père-Marc-en Poulet.

Au début du 12e siècle, le château consistait en un donjon construit en schiste et en granite. Il s'agissait d'une construction quadrangulaire, couverte d'une terrasse, flanquée de contreforts aux angles et s'élevant sur quatre niveaux.

Le château a subi des remaniements au cours du 15e siècle. En effet, au cours de la seconde moitié du 15e siècle, l'enceinte du château s'étend vers le nord-est. Cette enceinte était composée de trois tours rondes, de trois tours carrées et de courtines. A cette époque, l'accès à la cour se faisait par une barbacane. Il existait peut-être un pont-levis et un châtelet. Au 15e siècle, le donjon se trouvait toujours au milieu de l'enceinte. Seule la tour nord de cette époque subsiste encore aujourd'hui. Elle fait 12 mètres de diamètre et s'élève sur quatre niveaux. Les étages sont desservis par un escalier en vis logé dans l'épaisseur du mur. Il existe des éléments défensifs sur cette tour : meurtrières et canonnières. La tour nord-ouest est arasée à environ 6 mètres du sol. Un logis seigneurial avait vraisemblablement été construit le long de la courtine nord-ouest ; il joignait probablement la tour nord.

En 1589, dans le contexte des guerres de Religion entre catholiques et protestants, le château est pris par les troupes de Mercoeur (chef de la Ligue). Par conséquent, pendant un an, les pillages sont nombreux dans la région.

En 1592, le château est de nouveau pris, mais cette fois, par les troupes d'Henri IV. Cependant, le lieu est repris par Mercoeur en 1592 qui ordonne la destruction du donjon. Le démantèlement de la forteresse s'achève en 1594, sur ordre d'Henri IV.

Le château au début du 17e siècle :

Pau Banéat a relevé l'inscription suivante dans l'église (elle n'existe plus aujourd'hui) : "Lan 1596 fut cômêne-cet accroissemêt-deglise-et parachevé-par Mre Thomas Poussin architecte du Roy". Cet architecte, issu d'une famille de maîtres-architectes de Dinan, a travaillé sur le chantier du parlement de Bretagne. Il est fort probable que cet architecte ait également travaillé à la reconstruction du château de Châteauneuf.

En 1611, le château est reconstruit par Guy II de Rieux suite aux destructions liées aux guerres de Religion. Le château était déjà en cours de reconstruction en 1610. Ainsi, le 1er juin 1610, les habitants de Châteauneuf formulent un arrêté contre leur seigneur à propos de la reconstruction de son château "par corvées et vexations qu'il exerce sur le pauvre peuple". Il est possible que suite à cet arrêt, le seigneur de Châteauneuf ait été condamné à stopper la reconstruction du bâtiment. Ainsi, une question se pose, ce bâtiment a-t-il réellement été achevé un jour ?

Une description du château à la fin du 17e siècle nous apprend que l'enceinte de plan trapézoïdal était flanquée de trois tours circulaires ; une tour carrée défendait la courtine nord-ouest et deux tours carrées se trouvaient sur la courtine sud-est. L'entrée se faisait au sud-est, par une barbacane possédant un pont-levis. Un portail d'entrée se trouvait dans l'une des deux tours carrées sud-est ; il était surmonté d'un toit en dôme. Au milieu de la cour, le donjon était à moitié en ruines. Le logis de 14 mètres de long se trouvait au fond de la cour, face au portail d'entrée. Il s'élevait sur trois niveaux et était couvert d'un toit en pavillon. L'accès à la porte d'entrée de ce logis se faisait par un perron. Les encadrements de baies étaient réalisés en pierre calcaire de la baie de Seine. La cage d'escalier, abritant un escalier droit à quatre volées et quatre repos, était probablement couverte d'un toit à l'impériale. Des morceaux de marbre rouge ont été retrouvés dans cet ancien logis, ce qui témoigne de la nature et de la qualité des matériaux utilisés lors de la construction de ce bâtiment. L'architecture de ce château témoignait d'une absence de symétrie vraisemblablement due au fait qu'il était construit à partir d'un château plus ancien.

Le château à la fin du 17e siècle et au 18e siècle :

Le "Petit Château" fut construit entre l'église et l'ancien château au cours de la première moitié du 17e siècle, probablement vers 1620. Il fut agrandi au cours des années 1730 par Henri-Camille de Béringhen. Ce petit château est décrit à la fin du 17e siècle ; à cette époque, il faisait 16 mètres de long sur 9, 32 mètres de large. Il était composé de trois pavillons possédant trois niveaux chacun : au rez-de-chaussée, se trouvaient une salle, un office et une cuisine, au premier étage, il existait une salle et une chapelle au-dessus de la salle, au second, se trouvaient les chambres et les cabinets. Ce petit château avait été construit par la famille de Rieux ; l'ancien château fut par conséquent progressivement abandonné au profit de celui-ci.

Vers 1740-1750, la famille Baude fit installer des lambris de style Louis XV dans certaines pièces de la malouinière ; ils firent également refaire des cheminées en marbre et ouvrir quelques fenêtres dans le corps central de la partie datant du 17e siècle.

Au 18e siècle, la famille Baude de la Vieuville entreprit de transformer un site féodal en lieu de villégiature à la mode de l'époque. Entre 1747 et 1748, le donjon et le châtelet furent détruits. Les pierres issues des démolitions servirent à l'édification des écuries. La cour fut surélevée de trois mètres et deux bâtiments de communs furent construits pour encadrer l'ancien château. L'un de ces bâtiments abritait les écuries et l'orangerie, l'autre servait de logement, vers 1750-1760, au sénéchal de la juridiction de Châteauneuf qui avait un rôle de régisseur. Ce sénéchal était Monsieur Joseph Normant, sieur de Faradon. Il a laissé son titre au bâtiment, qui porte toujours ce nom actuellement. Ce bâtiment était composé, à la fin du 18e siècle, d'une salle, d'un office, d'une grande remise, d'une écurie, d'un cabinet de latrines et de quatre chambres au rez-de-chaussée et, à l'étage, de quatre chambres également, de deux cabinets et d'un grenier. Il existait une cave sous ce bâtiment. Le bâtiment qui abritait l'orangerie s'est écroulé en 1976.

L'étang appelé le Miroir couvrait une surface de plus de 3300 mètres carrés et le grand canal mesurait 580 mètres de long. Il existait également deux autres étangs : l'étang du Tertre et l'étang au Chancre. Deux bustes en marbre, qui ornaient les jardins du château, sont aujourd'hui conservés au château du Bois-Bide à Pocé-les-Bois. L'ouverture du parc du château au public remonte à 1890. Les jardins s'étendaient sur plus d'un kilomètre jusqu'à la Rance et étaient les plus importants de Haute-Bretagne au 18e siècle.

Le château possédait un colombier qui est mentionné sur le cadastre de 1809 ; il se trouvait au sud-ouest des bâtiments.

La construction de la Métairie pourrait également être attribuée à la famille Baude.

Un chantier de fouilles a eu lieu sur le site entre 1981 et 1983. Ces fouilles ont permis de dégager la base du donjon remontant probablement au 12e siècle. L'entrée du donjon se trouvait au centre de la face nord-ouest. Un petit bâtiment accolé au donjon avait été construit pendant les guerres de Religion vraisemblablement (fin du 16e siècle). Il comportait un escalier et servait peut-être de corps de garde.

Les éléments bâtis du château et les terrains qui correspondent à l'ancien jardin ont été classés au titre des Monuments Historiques le 2 octobre 1992.

Les manoirs :

D'après Paul Banéat, un manoir se trouvait au sud-est de la ville, le Clos Hublot. Sa fuie existe toujours et fait partie de l'ancienne ferme de la Brindoire actuellement.

Aires d'étudesIlle-et-Vilaine
Dénominationschâteau, manoir, demeure, villa
AdresseCommune : Châteauneuf-d'Ille-et-Vilaine
Période(s)Principale : 12e siècle
Principale : 15e siècle
Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Décompte des œuvres repérées 3
étudiées 0

Annexes

  • 20063513925NUCB : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 6 Fi.

    20063513921NUCB : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 6Fi.

    20063513926NUCB : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 6 Fi.

    20063513929NUCB : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 6Fi.

Références documentaires

Documents figurés
  • Châteauneuf. Le Château et le Parc. Carte postale, éditions J. Sorel [s. d.] (A.D. Ille-et-Vilaine 6 Fi19).

  • En avion au-dessus de Châteauneuf. Le Château. Carte postale, tirage photographique, éditions Lapie Service Aérien St-Maur [s. d.] (A.D. Ille-et-Vilaine 6 Fi21).

  • CHATEAUNEUF. Le Château et le Parc. Carte postale, ND photographe, [s. d.] (A.D. Ille-et-Vilaine 6 Fi17).

Bibliographie
  • BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1929.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • BARRIE, Roger, RIOULT, Jean-Jacques, INVENTAIRE GÉNÉRAL DES MONUMENTS ET DES RICHESSES ARTISTIQUES DE LA FRANCE. Région Bretagne. Les malouinières - Ille-et-Vilaine. Rennes : Association pour l'Inventaire Bretagne, 1997, (Images du patrimoine, n°8).

  • DECAUX, Amélie. Evolution architecturale du site castral de Châteauneuf-d'Ille-et-Vilaine du Xe au XXe siècle. Mémoire de Maîtrise d'Histoire de l'art, Université de Haute Bretagne Rennes I, sous la direction de Monsieur Jean-Yves ANDRIEUX, 1998-1999, 3 volumes.

  • GUILLOTIN DE CORSON, Amédée. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. Rennes : Fougeray, Paris : René Haton, 1884.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • LE MINTIER, Anne-France. Châteauneuf-d'Ille-et-Vilaine. Mémoire de maîtrise F2 sous la direction de B. Merdrignac, 1997-1998.

  • OGÉE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Nlle éd. [1778-1780] rev. et augm. Rennes : Molliex, 1845.

  • PEROUSE DE MONTCLOS, Jean-Marie. Architecture, méthode et vocabulaire. Paris : Inventaire Général des monuments et des richesses artistiques de la France, Centre des monuments nationaux/Éditions du patrimoine, 2000.

  • POTTIER, Louis. L'église Saint-Nicolas de Châteauneuf-d'Ille-et-Vilaine. Châteauneuf-d'Ille-et-Vilaine, Imprimerie IBL, juillet 1993.

  • YVON, Pierre-Jean. Malouinères. Manoirs et demeures du Clos Poulet. Brest, Editions Le Télégramme, 2005. ISBN 2-84833-140-2.

  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic éditions 2000, 2 tomes, (Le patrimoine des communes de France).