Logo ={0} - Retour à l'accueil

Les croix monumentales et calvaires sur la commune de Guénin

Dossier IA56001630 réalisé en 2002

Observations générales croix et calvaires

- Dénombrement et emplacement

L´enquête sur le terrain a permis de repérer 15 croix et un calvaire, parmi lesquelles la moitié (8) ont été étudiées. Par rapport à la superficie de la commune, c´est un nombre très important, comparable à celui de Pluméliau, beaucoup plus grande. 10 d´entre elles sont isolées, généralement sur le bord d´une route ou d´un chemin. Trois autres sont au village, le calvaire devant l´église, une croix dans le cimetière et une autre rue du presbytère jouxtant une chapelle disparue.

- Datation, historique, auteurs

Les périodes d´érection de ces croix sont très diverses et s´étalent de la Préhistoire et Antiquité au début du 20e siècle. La plus ancienne (près de Télléné) se compose d´un monolithe préhistorique christianisé par une croix d´époque médiévale. Le monolithe est aujourd´hui inclus dans un soubassement moderne en moellon. Dans un autre cas, une borne milliaire (romaine ?) aurait été christianisée au début du 20e siècle. On compte encore une croix médiévale à Keroffret (protégée au titre des Monuments historiques), une croix datant peut-être du 16e siècle (sa forme la rend difficile à dater). Le croisillon du calvaire date de la 1ère moitié du 17e siècle, mais a été remonté dans un soubassement datant sans doute de la 2e moitié du 18e siècle, peut-être au moment de la reconstruction de l´église. Deux croix à et près de Kergroix sont datées de la 2e moitié du 18e siècle (1762 et 1773). On compte une autre croix de la même période, deux de la 1ère moitié du 19e siècle, dont l´une restaurée à la fin du siècle. Enfin, quatre croix sont de la fin du 19e siècle ou du début du 20e siècle, dont celle du cimetière datée 1886 et signé de Yves Hernot, célèbre sculpteur de croix de Lannion (22). C´est le seul nom d´auteur recensé, mais nous connaissons par contre les commanditaires de deux des croix, par inscription (entre Guergoric et Kergroix, Julienne Lecunne et René Guyomar son époux ; à Koh Koed, Olivier Le Toquin et Julite Janne Gueguin). Celle de Guergoric porte curieusement un calice, ce qui révèle une croix de prêtre, en contradiction avec l´inscription ; cette même contradiction se voit sur une croix de Pluméliau, à Kerbrégent. Un calice figure également sur une croix au bourg.

- Matériaux

Les croix sont toutes réalisées en granite. Le soubassement est en pierre de taille sauf dans quatre cas où il s´agit de moellon, au pont de Guénin, à la Villeneuve, à Tenuel, à Kertrépir et au Château.

- Dimensions

Comme habituellement, les croix grandissent à mesure que l´on se rapproche de la période actuelle. Ainsi, les croix médiévales sont les plus petites (1,16m de hauteur pour la croix de Keroffret à laquelle il manque le sommet, 1,41m pour celle de Telléné) et la plus grande est la croix du cimetière, de Hernot, de 6, 20m de hauteur. Cependant deux autres croix anciennes atteignent des dimensions respectables, en particulier la croix du 16e siècle au Pont de Guénin, de près de 4 mètres, et la croix de Koh Koed, de 1825, de 5,70m de hauteur. Quant au calvaire, on ne peut déduire ses dimensions initiales (actuellement de 5,88m de hauteur) puisque son soubassement date du 18e siècle.

- Structure

La structure des différentes croix est relativement récurrente à l´exception des croix médiévales. L´une d´elles à Keroffret était fichée directement en terre, sa base étant visiblement récente. Quant à la seconde, à Telléné, elle christianise un monolithe qui lui sert de base.

Les autres croix ont toutes un soubassement maçonné, en pierre de taille pour 6 d´entre elles, le plus souvent de plan rectangulaire (4 sont de plan carré, un de plan circulaire), parfois posé sur un emmarchement. On mettra en évidence deux des soubassements en forme d´autel galbé, une spécificité morbihannaise qui permettait l´utilisation pour messe en plein-air (missions, pardons) : il s´agit du calvaire du bourg (remontage) et de la croix de Koh Koed, le premier devant l´une église, le second près de la chapelle du lieu-dit. Pour le calvaire, l´utilisation est confirmée par le présence d´un faux tabernacle et d´un retable monolithe en granite.

Entre soubassement et fût, le socle, toujours monolithe n´est pas toujours présent. Deux d´entre eux font d´ailleurs corps avec le soubassement, simple de dalle de même dimensions que ce dernier posé directement.

Une seule croix, suite à un remontage ne possède pas de fût : il s´agit de la croix située entre Guergoric et Kergroix, dont le croisillon a été emplanté directement dans le socle. Les fûts sont monolithes pour la plupart (9 cas, y compris le croisillon). Leur section est circulaire dans six cas, généralement les plus récentes, à l´exception du calvaire. Le fût des croix médiévales est irrégulier. Deux des croix seulement ont un fût de plan carré chanfreiné (Koh Koed, 1825 et Kergroix, 1762). Quant à la croix de la Villeneuve, très simple, fût et croix monolithes sont de section carrée.

- Représentation

Seules six croix et le calvaire sont ornés d´un décor sculpté. Le plus complet est celui du calvaire qui sur le croisillon et sur le support d´une traverse intermédiaire met en scène côté avers la crucifixion (le Christ en croix encadré de la Vierge et de saint Jean). Un ange recueillant le sang du Christ figure à la base du croisillon. Au revers, la Vierge à l´Enfant est encadrée de saint Pierre et de Madeleine. Les angelots en pied formant amortissement au-dessus des personnages latéraux sont étonnants. Les calvaires sont plutôt rares en Morbihan, par rapport au Finistère voisin, et celui-ci est d´une qualité remarquable.

Les autres croix présentent un décor plus modeste. Seules deux d´entre elles présentent un Christ en croix (la croix du cimetière de 1914 et la croix de Koh Koëd de 1825) ; la croix de Tallenay est ornée de larmes à la base du fût : dans la mesure où le croisillon et une partie du fût ont été remplacés, on peut supposer qu´un Christ en croix figurait sur le croisillon d´origine. On remarque plusieurs calices signalant des croix construites par un prêtre (entre Guergoric et Kergroix et une croix au village). Enfin, la croix médiévale de Keroffret est ornée de motifes géométriques sur le fût et une croix au bourg de la fin du 19e siècle montre une couronne au centre du croisillon et un coeur à la base du fût.

Conclusion

Si la plus remarquable de ces croix est le calvaire de l´église, plusieurs croix de grand intérêt émergent de la sélection, en particulier la croix du Pont de Guénin, la croix de Keroffret, malgré son réaménagement sur une base moderne, ou encore la croix de prêtre de Guergoric.

Aires d'étudesBaud
Dénominationscroix monumentale, calvaire
AdresseCommune : Guénin
Période(s)Principale : Antiquité
Principale : Moyen Age
Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Décompte des œuvres repérées 16
étudiées 8