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Les châteaux et manoirs sur la commune de Cesson-Sévigné

Dossier IA35027873 réalisé en 2003

Fiche

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Dans ce dossier collectif sont regroupées des demeures notables de volume, d´organisation et d´époques très différentes. Les mottes féodales n´ont pas fait l´objet d´un dossier particulier car elles n´ont pas été repérées sur le terrain. Michel Brand´honneur mentionne trois mottes médiévales sur le territoire cessonnais à Châtillon dite butte de la Justice, à Moucon et au Bas Sévigné.

1 château

18 manoirs

10 demeures

8 maisons de maître

Du château à la maison de maître

Le château de Cucé, une oeuvre méconnue

Construit sur un ancien domaine appartenant à l´origine à une famille du même nom, le château de Cucé est une oeuvre grandiose, due à l´architecte rennais Philippe Binet pour le cardinal Raymond de Boisgelin. Commencé dans la 2e moitié du 18e siècle, le château est achevé un siècle plus tard pour la famille Conen de Saint-Luc qui lui donne sa silhouette actuelle. Ce château composé de plusieurs volumes articulés autour d´un dôme central devait s´apparenter au château de Laillé construit à la même période par le même architecte.

Une étude monographique s´impose sur ce somptueux édifice encore très peu connu.

Les manoirs, lieux d´une résidence seigneuriale et d´une exploitation agricole

Sur les 33 manoirs mentionnés par Paul Banéat, 18 ont été repérés. Ils ont perdu leurs attributs seigneuriaux, les chapelles ont été toutes détruites et seul un colombier subsiste au Haut Sévigné. Les cours étaient fermées comme à Champagné, aux grandes Cours de Coëmes et à Pont Briand. La plupart des métairies sont en place, mais très peu sont anciennes car elles ont été modifiées voir reconstruites au 19e siècle. A la Monniais, en 1652, le manoir est décrit comme étant "avisagé à l´occident" avec salle, chambre basse, office, trois chambres hautes avec cheminées, galerie derrière la maison, jardin seigneurial, pavillon et refuge à pigeons, bois de futaie, vivier, étang, rabine et une métairie. Ce logis qui remonte au 15e siècle, est le plus ancien de la commune, il a perdu sa galerie arrière qui a été par contre maintenue au manoir de la Chalotais. Les manoirs de Bouriande et de Pontbriant dont la construction remonte à la fin du 15e siècle ou au début du 16e siècle conservent, en rez-de-chaussée, des vestiges d'une vaste salle d'apparat autrefois recouverte d'une charpente apparente. Cette disposition détermine une silhouette caractéristique de deux niveaux décalés. Le manoir de Grippé avec sa tour d´escalier arrière, hors oeuvre, est quant à lui représentatif des manoirs bretons des 16e et 17e siècles. L´ancien logis de Cucé dont on ne sait pas encore s´il s´agit de l´ancien manoir ou de la métairie conserve, entre autre, un très beau décor de le seconde renaissance avec des pilastres bagués. Quant aux logis de Champ Oury, du Verger, du Bois de Laval et de Belle Fontaine dont la construction remonte au 17e siècle, leur distribution n´est pas sans rappelée la maison de retenue. L´ordonnance classique et le raffinement de la grille d´entrée de Bourgchevreuil témoignent de l´élégance des décors au 18e siècle.

La maison de retenue, un lieu de séjour temporaire

Contrairement au manoir, la maison de retenue est un lieu de résidence temporaire avec des parties réservées au maître des lieux. Ces parties réservées ou « retenues » sont différentes selon les exploitations. Sur son domaine agricole, le propriétaire peut se construire un logis indépendant comme à la Rochelle, à la Petite Lande ou il peut cohabiter avec les exploitants comme à la Frinière. Dans ce cas, une pièce lui est souvent aménagée à l´étage. La distribution de cet espace privé peut-être indépendante et une porte secondaire est souvent visible en façade principale. Noblesse et bourgeoisie d´affaires, membres du parlement de Bretagne se partagent les plus anciennes retenues de Cesson. Celle de la Frinière, récemment restaurée, remonte au 16e siècle. Cet usage attesté à Cesson dès la fin du Moyen Age se confirme surtout aux 17e et 18e siècles. Durant cette période, plusieurs maisons nobles, mentionnées comme étant des manoirs, sont transformées « en retenue » à la Bretonnière, au Haut Sévigné et au Bois de Laval. Cette pratique de mêler sur un même site une exploitation agricole et une résidence de villégiature tend à se maintenir au début du 19e siècle. En 1838, à la Petite Lande, un nouveau logis de retenue est édifié dans la cour de la ferme. L´étage de ce dernier était encore très récemment réservé aux propriétaires.

Villas et maisons de maître, des villégiatures champêtres

A la Hublais, en 1838, François Aubry fait partie des premiers riches propriétaires à se faire construire une résidence de villégiature aux portes de Rennes. Il fait appel à un architecte connu, Louis Richelot, architecte de la ville de Rennes et auteur dans cette même ville de nombreux hôtels particuliers. Le logis est implanté dans un vaste parc qui sera réaménagé quelques années plus tard pour la famille Oberthur par les frères Bulher. L´intérêt de cette clientèle aisée pour l´art des jardins se manifeste dans toutes les demeures construites au 19e siècle. De même que l´on choisit l´architecte de sa maison, on fait également appel à un architecte paysagiste pour créer un nouvel environnement. La plupart de ces parcs sont encore aujourd´hui en place et forment des enclaves préservées. Les logis sont quant à eux de styles différents, dans la continuité des demeures de l´ancien Régime à la Vallée, avec une ordonnance très classique à la Hublais, à la Moinerie et à la Fleuriais, et sous l´influence du cottage anglais au Taillis et à la Monniais.

Aires d'études Ille-et-Vilaine
Dénominations château, manoir
Adresse Commune : Cesson-Sévigné
Période(s) Principale : 15e siècle
Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Décompte des œuvres repérées 37
étudiées 0

Références documentaires

Documents figurés
  • Situation des principales terres nobles au 18e siècle. In : BERTONNEAU, Jacky. La vie quotidienne à Cesson sous l'Ancien Régime. Rennes : GMC, 1991.

    p. 90
Bibliographie
  • BRAND'HONNEUR, Michel. Les mottes médiévales d'Ille-et-Vilaine. Saint-Malo : Les dossiers du Ce.R.A.A., 1990.

  • GANDREUIL, Pascale. Les manoirs péri-urbains de Rennes de la guerre de Succession à 1600. Mém. maîtrise : Hist. Art : Rennes 2, Université de Haute-Bretagne : 1989.

  • PELERIN, Joseph, REMY, Sophie. Voyage dans le temps. Cesson-Sévigné. Dinard : éditions Danclau, 1996.

    p. 85-104
  • BERTONNEAU, Jacky. La vie quotidienne à Cesson sous l'Ancien Régime. Rennes : GMC, 1991.

    p. 141 et suiv.
  • RIOULT, Jean-Jacques. Les logis à salle basse sous charpente. In : Le Manoir en Bretagne : 1380-1600. Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France. Région Bretagne ; par Christel Douard, Jean-Pierre Ducouret, Marie-Dominique Menant.. [et al.] ; photogr. Guy Artur, Norbert Lambart, François Dagorn. - Paris : Imprimerie nationale ; Bretagne. Direction régionale des affaires culturelles, 1993. (Cahiers du patrimoine ; 028).

    p. 103-117