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Les châteaux et les manoirs d'Antrain communauté

Dossier IA35050099 réalisé en 2012

Fiche

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Les manoirs d'Antrain communauté :

Jusqu'à la fin du Moyen Age et au rattachement définitif de la Bretagne à la France en 1532, ce territoire correspondait à une zone de frontière entre la Bretagne indépendante et la France. Cette situation justifie le nombre important de manoirs et de châteaux qui existaient et qui existent encore sur ce territoire. Un nombre important de manoirs a aujourd'hui disparu et nombreux sont ceux qui ont été déclassés en ferme suite à la Révolution française. La situation ne reflète donc pas nécessairement la réalité des 15e et 16e siècles.

En premier lieu, il convient de définir le mot manoir, qui peut recouvrir des réalités très différentes. Le mot « manoir » viendrait de « manere » ou de « manerium » qui implique une idée de résidence ; le manoir est donc un bâtiment qui répond, prioritairement, à une exigence d'habitation.

Dans le manoir, il existe quatre programmes principaux : l´habitat, la défense, l´exercice de fonctions féodales et l´exploitation agricole.

Les manoirs sont donc constitués de plusieurs bâtiments, chacun répondant à l´un de ces programmes. Le manoir se distingue du château fort par le fait que l´aspect résidentiel est privilégié par rapport à l´aspect défensif. Toutefois, le manoir se différencie de la simple ferme par les quelques éléments défensifs qu´il possède, par le décor, le soin et le confort accordés à son logis.

Les anciens manoirs sont relativement nombreux sur le territoire d'Antrain Communauté, en effet, une quarantaine d'anciens manoirs avérés ont été recensés, 41 édifices ont fait l'objet d'une étude. Un certain nombre de bâtiments étudiés correspond à des bâtiments intermédiaires entre le manoir et la ferme. Ces bâtiments, comme Launay à Rimou ou le Clos Boutlande à Bazouges-la-Pérouse par exemple, présentent des caractéristiques architecturales proches de celles des manoirs (décor abondant en façade, pièce d'habitation à l'étage...) sans pour autant être cités parmi les lieux nobles de la commune.

Les manoirs sont composés d'un logis, qui constitue l'élément principal, ainsi que de dépendances que l'on trouve aussi dans les fermes : étables, écuries et de dépendances qui leurs sont propres telles que les pigeonniers ou encore les chapelles. Les dépendances ou bâtiments annexes aux logis nobles sont donc constitués d'écuries et d'étables, des exemples de ce type existent encore à Martigné à Bazouges-la-Pérouse. Toutefois, il existe

d'autres types de bâtiments annexes qui sont propres aux manoirs et qui représentaient les privilèges accordés à leurs propriétaires nobles dans la mesure où seuls ces derniers étaient autorisés à les faire ériger. Ces bâtiments annexes sont entre autres les pigeonniers et les chapelles. Toutefois, ces deux types de bâtiments ont fréquemment disparu ou bien on été déclassés pendant la période révolutionnaire car ils représentaient les

privilèges accordés à la noblesse. Peu de chapelles de manoirs ont subsisté sur ce territoire.

La grande majorité des manoirs étudiés datent du 16e siècle et du début du 17e siècle, époque de prédilection de la construction de ce type de bâtiment. Les manoirs les plus anciens repérés sur ce territoire datent du 15e siècle : le manoir de l'Angle et le château de Bonnefontaine à Antrain, la partie ancienne du manoir de Martigné à Bazouges-la-Pérouse et le manoir de Brimblin à Chauvigné.

De même que pour les autres types de bâtiments construits dans cette zone, la maçonnerie des logis et dépendances composant les manoirs est constituée de granite ou de schiste, sous la forme de moellon et de pierre de taille.

Les manoirs étudiés sont dans la majorité des cas situés en milieu isolé et non dans des hameaux ou des villages c'est d'ailleurs ce qui les dissocie des fermes qui sont souvent implantées dans des groupes de constructions. Cette implantation est caractéristique des manoirs dans la mesure où, le plus souvent, sur un même site, se trouvent un logis noble, une ferme, des dépendances, une chapelle qui constituent autant d'éléments permettant de vivre en "autarcie". Le site d'implantation des manoirs n'est par ailleurs jamais choisi de manière aléatoire, ainsi, ces bâtiments sont très souvent implantés à proximité d'un point d'eau et d'un bois (matériau de construction et de chauffage et réserve de gibier).

Il existe plusieurs typologies de logis nobles sur ce territoire qui sont d'ailleurs assez représentative des grands types de manoirs en Bretagne. Le manoir le plus ancien sur ce territoire est vraisemblablement l'Angle à Antrain. La construction de ce bâtiment, même s'il a été fortement remanié à la suite d'un incendie, remonte à la première moitié du 15e siècle. Il s'agit d'un ancien manoir à salle basse sous charpente, d'ailleurs le bâtiment a conservé sa charpente d'origine. La disposition de la salle, en partie centrale du logis, ainsi que le positionnement de la cheminée de cette dernière sur le mur gouttereau ou encore la présence de chambres latérales à la salle au premier étage sont des éléments tout à fait typiques des salles basses sous charpentes. Ce type de manoir à salle basse sous charpente, dont la période de construction florissante se situe entre la fin du 14e et le milieu du 15e siècle, est assez difficile à identifier car ces salles n'ont pas conservé leur disposition d'origine et ont le plus souvent reçu un plafond dès le 16e siècle.

La majorité du corpus correspond au type classique de logis noble des 16e et 17e siècles, c'est-à-dire un logis de deux ou trois pièces à feu par niveau, équipé d'un escalier en vis desservant les étages et logé dans une tour

d'escalier. Parmi ces bâtiments, certains sont relativement modestes, et d'autres sont au contraire plus élaborés et témoignent déjà d'un certain art de vivre : par exemple, la présence des équipements de confort tels que des latrines, dont l'accès se fait souvent par l'escalier en vis ; un passe-plat entre la salle et la cuisine, des fenêtres à coussièges.

La majorité de ces logis, construits au cours des 16e et 17e siècles, témoigne encore du style gothique, toutefois, certains éléments de décor attestent d'une période de transition entre le style gothique et le style Renaissance puisque les portes de certains manoirs associent un décor d'accolade gothique à une forme de porte en anse panier, plutôt caractéristique de la Renaissance. Certains manoirs, plus tardifs présentent un décor tout à fait propre à l'architecture de la Rennaissance (portes quadrangulaires, oculus, lucarne à fronton et pilastres cannelés.). Les manoirs de Beauvais et de la Bourcharderie à Bazouges-la-Pérouse témoignent de ce type de décor.

Les châteaux d'Antrain communauté :

Le territoire possède quatre châteaux datant de l´époque moderne faisant l´objet d´une étude individuelle et situés sur trois communes. Ces châteaux sont bien connus et documentés, néanmoins ils constituent un patrimoine exceptionnel pour le territoire. Il s'agit des châteaux de Bonnefontaine à Antrain (2e moitié du 15e siècle/ milieu 16e siècle), de la Ballue à Bazouges-la-Pérouse et de la Rouërie à Saint-Ouen-la-Rouërie du 17e siècle et de Maison Neuve à Chauvigné du 18e siècle.

Trois châteaux furent construits au cours du 19e siècle : les Blosses à Saint-Ouen-la-Rouërie (1898-1890), le château de Bellevue (1836) et le château de Boutlande (2e moitié 19e siècle) à Bazouges-la-Pérouse.

Les exemples de châteaux du 19e siècle rencontrés dans le territoire sont intéressants car ils présentent tous une architecture et un style très différents les uns des autres.

Aires d'études Pays de Fougères, Antrain
Dénominations manoir, château

Chronogrammes : 1584, 1624, 1634, 1639, 1710, 1790, 1836, 1895-1890

Période(s) Principale : 15e siècle, 16e siècle, 17e siècle, 18e siècle, 19e siècle
Décompte des œuvres étudié 41

Références documentaires

Bibliographie
  • BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1929

  • CHATENET Monique, MIGNOT, Claude (dir.). Le manoir en Bretagne. 1380-1600. Paris, Caisse nationale des monuments historiques et des sites/Editions du patrimoine/Imprimerie nationale Editions, 1999.

  • GUILLOTIN DE CORSON, abbé. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. Rennes : Fougeray, Paris : René Haton, 1884.

  • FROTIER DE LA MESSELIERE, Henri. Le guide de l'Ille-et-Vilaine. Plouagat : GP Impressions-Kervaux, 1994.

  • OGÉE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Nlle éd. [1778-1780] rev. et augm. Rennes : Molliex, 1845.

  • ORAIN, Adolphe. Petite géographie pittoresque du département d'Ille-et-Vilaine pour servir de guide aux voyageurs dans Rennes et le Département. Rennes : P. Dubois Libraire-éditeur, 1884.

  • BADAULT, Dominique. CHEVRINAIS, Jean-Claude. ANTRAIN et son canton. Chronique de la vie quotidienne 1880-1950. Editions Danclau, 1996.

  • L'architecture traditionnelle dans le canton d'Antrain. Association pour la Promotion du Patrimoine d'Antrain et de son Canton, 1985.

  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic éditions 2000, 2 tomes, (Le patrimoine des communes de France).