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Les carrières de Louvigné Communauté

Dossier IA35048619 réalisé en 2009

Fiche

Aires d'études Pays de Fougères
Dénominations carrière

De nombreuses carrières ont existé sur le territoire de Louvigné Communauté en raison de la nature granitique du sous-sol. Le granite breton présente une grande variété de couleurs différentes en fonction de sa composition : mica, feldspath et quartz. La majorité des sites d'extraction de granite se trouve dans le nord du département d'Ille-et-Vilaine (Louvigné-du-Désert, Saint-Brice-en-Coglès, Lanhélin...). Il existe deux modes d'exploitation dans cette région : les boules affleurantes et les carrières à ciel ouvert. Toutefois, il était fréquent que des carrières soient ouvertes à proximité des chantiers de construction. C'est la raison pour laquelle la qualité du granite utilisé n'est pas toujours la même car la facilité d'accès au matériau comptait plus que sa qualité. Au cours des époques les plus anciennes, l'exploitation du granite était plutôt "artisanale", c'est-à-dire que le granite était extrait en surface et qu'il n'existait pas vraiment de carrières. Ce granite de surface, appelé le "grison", est un granite de couleur marron-brun que a servi à l'édification des bâtiments anciens. A partir de la fin du 19e siècle, le granite utilisé provient de véritables carrières et est extrait en profondeur. Ce granite possède plutôt une couleur gris-bleu, on le retrouve dans l'architecture de la fin du 19e et particulièrement au début du 20e siècle. Bien que cette activité se développe à partir des années 1880 dans la région de Louvigné-du-Désert et du Coglais, l'apogée de cette activité se situe vers le milieu 20e siècle, l'installation de l'électricité dans les années 1920 a en effet contribué à la mécanisation de cette activité. Au milieu du 20e siècle, l'Ille-et-Vilaine est le premier département granitier de France. L'arrivée du chemin de fer en Bretagne au cours de la seconde moitié du 19e siècle a également largement contribué au développement de cette activité. En 1850, dans la région de Louvigné-du-Désert et du Coglais, on comptait un peu plus de 300 carriers alors qu'il en existait près de 700 au début du 20e siècle. En 1911, un peu plus de 6 % des actifs travaillaient dans l'industrie du granite dans le canton de Louvigné-du-Désert. Toutefois, la part que représente cette activité au sein de la population active est assez difficile à déterminer car de nombreuses personnes pratiquaient cette activité à temps partiel et possédaient par ailleurs une petite ferme. La tradition orale nous a d'ailleurs rapporté que dans de nombreux cas, à Mellé ou Villamée par exemple, la petite ferme était tenue par la femme pendant que son époux travaillait dans les carrières voisines. Par ailleurs, au début du 20e siècle, de nombreux italiens, originaires du Piémont ou du nord de la Lombardie, régions où ils existent de nombreuses carrières de marbre et de granite, travaillaient dans les carrières bretonnes. Ils constituaient en effet une main d'oeuvre qualifiée ; des photographies anciennes de ces carriers italiens nous ont été montrées au Gendril à Mellé. Le granite des carrières de la région de Louvigné-du-Désert a été utilisé dans des chantiers importants tels que ceux du métro parisien, du pont Alexandre III ou encore dans des chantiers plus locaux tels que la construction de la basilique de Pontmain. Le réseau d'adduction d'eau de la ville de Rennes a également été réalisé avec ce granite à la charnière des 19e et 20e siècles. De nombreuses carrières sont créées dans les années 1940, c'est le cas de la carrière de granite bleu de la Piochais à la Bazouge-du-Désert ou encore de la carrière de granite de Plaisance à Mellé. Les plus anciennes carrières connues semblent être celles du Val et du Rocher de Montlouvier à Louvigné-du-Désert puisqu'elles remontent à 1801. L'activité d'extraction du granite existait bien entendu avant cette date, toutefois, il ne s'agissait pas encore "d'entreprises". Il existait des carrières importantes dans certaines communes, c'est le cas de la carrière de granite de la Beurrière à Mellé qui employait environ 150 ouvriers dans les années 1950, époque durant laquelle les ouvriers avaient même entrepris la construction d'un bâtiment abritant trois logements ainsi que d'une cantine sur le site de la carrière. En 1921, la première coopérative de production de Bretagne est créée par Jean Patin, elle est nommée l'Avenir et possède à l'époque un capital de 8100 francs. Un des bâtiments emblématiques de cette activité singulière est le château de la Touche à Louvigné-du-Désert. Il a été édifié dans les années 1870, à une époque où l'activité liée au granite était en déclin. Pierre Brault, patron carrier a fait construire ce bâtiment à cette époque par les picaous (ouvriers des carrières) et les trimardeurs (ouvriers qui naviguaient d'une carrière à l'autre) en échange d'un petit salaire. Au milieu du 20e siècle, le granite de la région de Louvigné-du-Désert était surtout utilisé pour les pavés et les bordures de trottoirs. Toutefois, les importations de granite de l'étranger font décliner cette activité dans la région. De plus, malgré la création d'un centre d'apprentissage des granitiers à Louvigné-du-Désert en 1949, la main d'oeuvre se fait de plus en plus rare.

Période(s) Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Toits ardoise
Murs granite
moellon
pierre de taille
Décompte des œuvres repérés 20
étudiés 10

Annexes

  • 20093506728NUCB : Collection particulière

Références documentaires

Bibliographie
  • BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1929.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • CHATENET Monique, MIGNOT, Claude (dir.). Le manoir en Bretagne. 1380-1600. Paris, Caisse nationale des monuments historiques et des sites/Editions du patrimoine/Imprimerie nationale Editions, 1999.

  • CUCARULL, Jérôme. La saga du granit, Du Hinglé à Louvigné, le monde des picaous. Ar Men . Numéro 112, mai 2000.

  • DUCOURET, Jean-Pierre, LAISIS C., HAMON Françoise, TOSCER Catherine. L'habitat rural en Pays de Fougères.

  • FROTIER DE LA MESSELIERE, Henri. Le guide de l'Ille-et-Vilaine. Plouagat : GP Impressions-Kervaux, 1994.

  • GUILLOTIN DE CORSON, Amédée. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. Rennes : Fougeray, Paris : René Haton, 1884.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • OGÉE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Nlle éd. [1778-1780] rev. et augm. Rennes : Molliex, 1845.

  • MAUPILLE, M., L. Louvigné-du-Désert et ses environs. Reproduction en fac-similé de l'édition de Rennes : Imprimerie C. Catel, 1877, Paris : Res Universis, 1992.

  • ORAIN, Adolphe. Petite géographie pittoresque du département d'Ille-et-Vilaine pour servir de guide aux voyageurs dans Rennes et le Département. Rennes : P. Dubois Libraire-éditeur, 1884.

  • PEROUSE DE MONTCLOS, Jean-Marie. Architecture, méthode et vocabulaire. Paris : Inventaire Général des monuments et des richesses artistiques de la France, Centre des monuments nationaux/Editions du patrimoine, 2000.

  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic éditions 2000, 2 tomes, (Le patrimoine des communes de France).