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Les anciennes mines de plomb et d'argent de la commune de Locmaria-Berrien (fusionnée en Poullaouen en 2019)

Dossier IA29003960 réalisé en 2009

Fiche

Á rapprocher de

Parties constituantes non étudiéesmine, puits, logement patronal, logement de contremaître, logement d'ouvriers
Dénominationsmine
Aire d'étude et cantonParc Naturel Régional d'Armorique - Huelgoat
AdresseCommune : Poullaouen
Lieu-dit : Locmaria-Berrien
Précisionscommune fusionnée après inventaire Commune inventoriée sous le nom de Locmaria-Berrien

L'existance de mines est probablement antérieure au 15e - 16e siècle (dès l´âge du Bronze, puis à l´époque gallo-romaine, mais de manière sporadique). Ce n´est qu´à l´époque moderne, mais surtout après 1732, que s´organise une véritable exploitation des mines du secteur, en lien avec la création de la Compagnie des Mines de Basse Bretagne fondée par Guillonou de Kerever, négociant-armateur à Morlaix. Il obtient alors une concession de 36 lieues carrés (soit 547 km²) qui s´étend sur 13 paroisses dont Huelgoat et Locmaria-Berrien. Dés lors, la Compagnie fait appel à une main d´oeuvre étrangère, anglaise puis allemande, dont le savoir-faire en développement et exploitation minière était alors reconnu en Europe, surtout pour l´encadrement des mines. La Compagnie passe ensuite rapidement entre les mains de banquiers protestants dont les plus connus sont les Trochin. En 1749, l´ingénieur allemand Koenig, directeur des mines de Poullaouen, redécouvre la mine de Huelgoat-Locmaria. Dés lors, il procède à de nombreux aménagements du site, notamment à la mise en place de machines hydrauliques pour l´exhaure (évacuation des eaux d´infiltration souterraines des puits de mine) en place à Locmaria-Berrien en 1762, la réalisation de réserves et de canaux pour alimenter ces machines en eau (deux réserves d´eau en 1755 et 1765, ainsi que deux canaux, inférieur et supérieur, en 1761 et 1774), le fonçage de nouveaux puits d´extraction et la multiplication des galeries. En quelques années, la mine, comprenant également le site de Poullaouën, devient la plus importante du royaume. Plusieurs puits de Locmaria sont construits à cette époque : le puits inférieur (1783), celui de Poullaba (1786), celui de Humboldt (1786 - 1787), celui de la Molette. Entre 1766 et 1778, la production annuelle des deux mines, à leur apogée, étaient en moyenne de 650 tonnes de plomb marchand et 1750 kg d'argent. La mine d'Huelgoat-Locmaria donnait 2,105 kg d'argent par tonne de plomb. Leur production globale durant un siècle et demi d'activité a été d'environ 65 000 tonnes de plomb et 100 tonnes d'argent. Fin 1770, la compagnie emploie 1300 personnes sur les sites, et 400 à l'extérieur (transport du minerai, travail du bois en forêt pour les galeries et carbonisation pour les fourneaux des fonderies). La main d´oeuvre, concernant les emplois qualifiés, est essentiellement étrangère ; pour les postes de journaliers, laveuses et autres, elle est paysanne et provient des campagnes environnantes (Huelgoat, Berrien, Locmaria) et non régulière (en complément de l´activité agricole). En 1794, suite à une importante révolte ouvrière, les mines sont nationalisées. Au 19e siècle, avec la multiplication du nombre de galeries, les machines hydrauliques ne suffisent plus pour l´exhaure. A partir de 1831, c´est la machine à colonne d´eau dite « la machine de Juncker » du nom de l´ingénieur alsacien qui l´a perfectionné et adapté à la mine de Locmaria-Huelgoat, qui assure l´évacuation des eaux souterraines d´infiltration. Cet ingénieux système utilise l´eau du canal supérieur (six kilomètres de long depuis le lac d´Huelgoat) via la galerie de l´aqueduc « comme force motrice, et, agissant à la manière de la vapeur dans un cylindre de machine à vapeur, elle communique un mouvement de va-et-vient rectiligne à un piston » (Jean Monot). L´activité de la mine cesse en 1866 (liquidation de la compagnie pour des raisons financières). L´exploitation reprendra à partir de 1897 par la société Malfidano puis la Métalfra, mais les résultats sont faibles et l´activité cesse définitivement en 1934.

Période(s)Principale : 2e quart 18e siècle
Principale : 2e moitié 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 1ère moitié 20e siècle

Malgré l´abandon du site depuis 1934 et le pillage de pierres de construction, de nombreux vestiges de l'ancienne mine subsistent. Cependant, sans une signalétique efficace et plusieurs panneau d´interprétation nécessaires, il est difficile d´appréhender et de comprendre le site sans visite guidée. Les vestiges : - Laverie et vieux Bocard alimenté en eau par le canal inférieur au 18e siècle (lieu du lavage et concassage du minerai brut). - De nombreux entrées ou sorties de galeries et de puits de mine (grillagées par le BRGM). - Plusieurs terrils résultant de l´accumulation de déchets d´extraction. - La maison du directeur (en ruine) du début 20e siècle sur le carreau minier du côteau. - La roue hydraulique et le chevalement d´un puits reconstitués sur le carreau minier du côteau. - Les maisons des ingénieurs (en ruine) du début du 20e siècle. - Le canal supérieur et la galerie de l´aqueduc amenant l´eau jusqu´à la machine de Juncker (galerie grillagée par le BRGM). - La cité de la mine au lieu-dit « La Molette » : les corons, probablement de la fin du premier quart du 20e siècle, composés de six bâtiments (deux alignements de trois bâtiments) servant de logements aux mineurs ainsi qu´une cantine, probablement de la même période.

Ce site majeur de l'architecture industrielle en Bretagne, à fait l'objet de nombreuses recherches scientifiques au niveau régional et national qui n'ont pas pu être prises en compte dans le cadre de cette enquête qui se base essentiellement sur les travaux de l'ASAM et la localisation des éléments encore en place. Site des Monts d'Arrée (site pluricommunal), site inscrit (arrêté du 10/01/1966).

Annexes

  • Les réalisations de l'ASAM (Association de Sauvegarde de l´Ancienne Mine) :

    Le site, abandonné depuis l´entre-deux-guerres, a servi de carrière depuis les années 1950 avant que l'association ne se crée et décide de réinvestir les lieux. Les réalisations de l´association depuis 1991 sont multiples :

    - Débroussaillage et nettoyage complet du site (la première année).

    - Nettoyage et creusement des trois derniers kilomètres du canal supérieur (du dégrilleur au site).

    - Pose de trois grands panneaux explicatifs à l´entrée du site

    - Installation d´une roue hydraulique à augets de six mètres de diamètre (réplique à l´échelle un demi).

    - Pose d´un chevalement de puits de mine en bois (réplique à l´échelle un cinquième).

    - Réalisation d´une monographie « L´ancienne mine de plomb et d´argent de Locmaria-Berrien Huelgoat – Regard sur l´ancienne mine de Poullaouën » par Jean MONOT pour l´ASAM.

    - Mise en place de visites guidées du site.

  • 20092905592NUCB : Archives départementales du Finistère, 3 P 130.

    20092905593NUCB : Archives départementales du Finistère, 3 P 130.

    20092905594NUCB : , 2 O 887.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A.D. Finistère, 93 J 1-359 (Fonds de la compagnie d´exploitation des mines de plomb argentifère d´Huelgoat et Poullaouen, 1539-1869).

  • A.D. Finistère, 2 O 887.

Bibliographie
  • LE MEUR, Emmanuel. Les mines de Poullaouen et du Huelgoat sous la Restauration (1815-1830). Mémoire de maîtrise d´histoire. Université de Bretagne occidentale. Centre de recherche bretonne et celtique, Brest, 1994.

  • MONANGE, Edmond. Une entreprise industrielle au XVIIIe siècle. Les mines de Poullaouen et du Huelgoat (1732-1791). Thèse de doctorat. Brest, Université de Bretagne Occidentale, 1972.

  • MONOT Jean. L'ancienne mine de plomb et d'argent de Locmaria-Berrien Huelgoat - Regard sur l'ancienne mine de Poullaouën. Association pour la sauvegarde de l'ancienne mine (A.S.A.M.). 2000.