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Le patrimoine archéologique au Castel Du (Brasparts)

Dossier IA29003291 réalisé en 2008

Fiche

Á rapprocher de

Les prospections réalisées dans le cadre de la recherche sur le Mésolithique en Basse-Bretagne ont révélé l´existence de plusieurs sites de surface dont deux principaux à Doulven et au Favot, avec une industrie réalisée sur silex, mais aussi à partir de quartzite calcédonieux, de grès lustré et de grès armoricain. Si certaines pièces, comme une armature de flèche, sont suffisamment caractéristiques pour être attribuées au Néolithique, d´autres seraient davantage à placer dans le Mésolithique. Il manque cependant la mise au jour de certaines armatures pour affirmer la présence de groupes mésolithiques sur le territoire de Brasparts.

Selon Georges Guénin, qui collecta un grand nombre de légendes mais qui réalisa aussi d´intéressantes observations sur des mégalithes, il existait non loin du bourg, sur la route du Faou, un menhir du nom de Roc´h-Bras (la grande roche) que les korrigans prenaient comme lieu de rendez-vous les nuits de pleine lune pour y venir danser tandis que les fées venaient s´y promener deux par deux. Qu´est-il advenu de ce menhir près duquel, toujours selon la légende, se trouverait un trésor ?

Dominant le Yeun Ellez, se trouve l´alignement mégalithique connu sous le nom de « an Eured Vein », la noce de pierres, constitué de 88 menhirs de taille très modeste, le plus grand mesurant 1,80 m de hauteur, et qui est orienté ouest-est. La hauteur des blocs de quartzite et de quartz est croissante lorsque l´on se dirige vers l´est. Au centre se trouve une petite enceinte fossoyée sub-circulaire matérialisée par une différence de végétation. Quelques pierres s´écartent de la file principale formant de petites sécantes. Une prospection réalisée en 1978 a livré une industrie lithique qui permet de dater l´occupation du site du Néolithique, tandis qu´une légende fait de cet alignement une noce pétrifiée pour ne pas s´être recueillie au passage d´un prêtre qui allait porter l´extrême onction à un moribond (Le Goffic, 2005).

De l´âge du bronze nous connaissons une brève relation d´une fouille qui aurait eu lieu dans le tumulus de Goaremm an Digui, près de Ty-ar-Moal au début du XXe siècle. La tombe contenait un vase qui fut brisé par les ouvriers et un galet creusé et calciné (Pérennes, 1929). Une autre information est due à la plume de Paul Du Chatellier qui signale un tumulus fouillé anciennement entre la chapelle Saint-Michel et l´alignement de an Eured Vein. Ces sépultures ont aujourd´hui disparu, cependant un petit tumulus est encore visible sur le versant sud des Monts d´Arrée à Saint-Caduan et, 200 m au nord-ouest, dans un bois d´épicéas sont trois autres petits tumulus (Briard et al., 1994)

Castel Du était une enceinte quadrangulaire formée par un talus et un fossé extérieur, visitée par le baron de la Pylaie au début du XIXe siècle. Il est difficile de localiser aujourd´hui l´endroit précis visité par le baron, cependant les parcelles H 487 et 488 livrent de nombreux fragments de tegulae et d´imbrices (tuiles romaines) ainsi que des petits moellons de grès et de granite à grain très fin qui témoignent de la présence d´un établissement gallo-romain. Une dépression dans la parcelle H 483 pourrait correspondre à une ancienne exploitation d´argile.

Découverte sur le site de Castel Du, une plaquette de schiste gravée fut donnée au Musée départemental breton (Pérennes, 1929). Elle figure le portrait d´un personnage antique et son nom. Il est possible qu´il y ait une relation entre ce site antique et l´exploitation du minerai de fer local dont les traces de bas fourneau sont manifestes à l´est du village où la parcelle H 516 recèle quantité de scories de fer.

Du bas moyen-âge date la motte castrale à flanc de colline, au lieu-dit La Motte. Le tertre, d´un diamètre d´une trentaine de mètres est encore élevé d´environ cinq mètres. Appelée « an Duchen » sur le cadastre de 1812, la légende en faisait la tombe de Conomore.

BIBLIOGRAPHIE :

BRIARD J., LE GOFFIC M., ONNEE Y. 1994 - Les tumulus de l'Age du Bronze des Monts d'Arrée. Ed. Institut Culturel de Bretagne-Skol-Huel ar Vro - Laboratoire d'Anthropologie-Préhistoire (U.P.R. C.N.R.S. 403) Université de Rennes I C.N.R.S., 96 p.

BACHELOT DE LA PYLAIE, J.-M. Etudes archéologiques et géographiques mêlées d'observations et de notices diverses. Bruxelles, 1850. Réédition : Société Archéologique du Finistère, Quimper, 1970.

DU CHATELLIER P. 1907. Les époques préhistoriques et gauloises dans le Finistère, 2ème édition, Paris, Rennes, 347 p.

GUENIN G. 1936. Pierres à légendes de la Bretagne. Paris, éd. Nourry, 263 p, p. 55-56.

LE GOFFIC M. 2005. An Eured Vein, la noce de pierres de Brasparts (Finistère). Bulletin de la Société archéologique du Finistère, CXXXIV, p. 37-47.

PERENNES H., 1929. Procès verbal de séance du 30 mai 1929. Bulletin de la Société archéologique du Finistère, XXII, p. XXII.

Dénominations menhir, camp
Aire d'étude et canton Parc Naturel Régional d'Armorique - Pleyben
Adresse Commune : Brasparts
Lieu-dit : Castel Du
Période(s) Principale : Mésolithique
Principale : Néolithique
Principale : Age du bronze
Principale : Gallo-romain
Principale : Milieu du Moyen Age

Site des Monts d'Arrée (site pluricommunal), site inscrit (arrêté du 10/01/1966).

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • 20072908230NUCB : Archives départementales du Finistère, 2 Fi 16.