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Le bourg de Trémel

Dossier IA22132328 réalisé en 2014

Fiche

Á rapprocher de

Œuvres contenues

Trémel : évolution historique d'un bourg de morphologie linéaire

Sous l'Ancien Régime, Trémel était une trève de la paroisse de Plestin. L'actuelle église était à l'origine une chapelle ou église tréviale. En 1814, le bourg de Trémel ne compte qu'une trentaine de bâtiments : fermes et dépendances, maisons et magasins de commerce. Ces bâtiments sont établis de deux manières :

- de manière lâche autour de l’église et de son cimetière : 5 ensembles bâtis - des fermes - dont les logis sont orientés grossièrement vers le sud. A l'est immédiat de l'église, en contrebas, une fontaine alimente un bassin dont le trop-plein se déverse dans un petit ruisseau filant vers l'est-nord-est. Aucune croix ne marque cette petite agglomération.

- de manière linéaire et ordonnée, à l'ouest et le long de la route : 16 bâtis dont certains, mitoyens, forment des alignements. Cette implantation géographique privilégie la lumière du matin à celle du soir et reflète une vie tournée vers la route qui devient en 1836 "route de grande communication de Toul an Hery [port à Plestin-les-Grèves] au Ponthou".

Les hameaux les plus proches du bourg sont :

- au nord-est : Kerantraon (littéralement, le lieu habité de la vallée) composé d'une ferme (au sud : une fontaine alimente 2 bassins) ;

- au nord : Kerniet izellan (Izellan : d'en bas ; le plus bas) et Kerniet bras (Bras : le grand) composés d'au moins 3 fermes. Au centre, se dresse une maison de prêtre ou un presbytère daté 1625 ;

- au sud : Le Mein (qui signifie littéralement les pierres) composé d'au moins une ferme.

Développé en marge, le cadastre de 1848 du bourg de Trémel est plus précis que celui de 1814. Plusieurs bâtiments ont été construits entre 1814 et 1848 à l'est de la route sur des terres agricoles. De petits chemins sont qualifiés de venelles. L'habitat s'est développé autour de l'église tréviale, des carrefours et le long de la principale voie de communication. En raison de la prépondérance des activités agricoles dans l’économie traditionnelle, l'habitat groupé est peu développé.

Le développement du bourg de Trémel n'intervient réellement que dans la seconde moitié du 19e siècle avec l'installation d'activités commerciales et artisanales. L'habitat recensé sur le terrain date du 19e siècle même si certains éléments anciens ont pu être réemployées (portes et fenêtres anciennes notamment). Le puits dit Marie Le Chevoir semble également dater de cette période. Un nouveau presbytère a été construit dans la deuxième moitié du 19e siècle à l'entrée du bourg au sud. Près de l'église, l'ossuaire a été rasé laissant sa place au monument aux morts construit au début des années 1920. La croix de mission (calvaire ou croix historiée d'après la typologie) – vraisemblablement réalisée par la famille Hernot – est datée 1865.

Plusieurs édifices sont datés dans le bourg :

à l'ouest de la route,

- au nord du bourg : une ferme (1820) ;

- 4 anciens magasins de commerce (1834 ; 1841 ; 1865 et 1880).

à l'est,

- le logis de l'ancienne ferme rue de l’Église (1844) ;

- un ancien magasin de commerce (1853) ;

Plusieurs cartes postales montrent le bourg de Trémel au cours du 20e siècle :

- la présence de devantures et d'enseignes permet d'identifier de nombreux magasins de commerce et des débits de boissons ;

- les façades en moellon étaient à l'origine enduites.

Une carte postale couleur des années 1960-1970 recense les "trésors" de la commune de Trémel à savoir : la rue principale du bourg et ses commerces, l'église, la chapelle de la mission protestante d'Uzel, la chapelle Saint-Nicolas (en réalité située sur la commune de Plufur), les manoirs de Trébriant, Kermerzit et Coat Tromarc'h.

La place de l’Église marquait autrefois le centre du bourg qui concentrait les activités commerciales, religieuses et administratives. Le premier quart du 20e siècle marque la construction de nouvelles maisons aux entrées du bourg et l'édification d'une nouvelle école communale. Des constructions des années 1930-1960 (habitats et commerces) ont également rempli les dents creuses. Dans les années 1970, le cimetière a été repoussé - toujours dans l'enclos - mais au nord de l'église.

Depuis les années 1970, la commune de Trémel a été urbanisée par la création de maisons individuelles : le parcellaire a été redécoupé pour répondre à ses nouveaux besoins. Au lieu de concentrer les constructions dans le bourg pour forcer un développement en étoile, le bourg a été étalé et dilué vers le nord-ouest et le long des routes existantes (vers Plufur par exemple). Au nord du bourg , un ancien logis de ferme a été réhabilité en mairie avec salle polyvalente. Le fait d'avoir excentré la mairie accentue l'impression de linéarité du bourg (la poste au sud et la mairie au nord) que l'on traverse essentiellement en voiture. La place (servant également de parking) située rue de l'École pourrait être un enjeu en terme d'aménagement du bourg en la connectant avec la place de l'Église. De même, des aménagements végétaux et paysagers pourraient permettre de briser l'impression de minéralité du bourg. L'effacement des réseaux contribuerait encore à améliorer la lecture des éléments architecturaux et à dégager l'espace urbain.

Mise en œuvre des matériaux locaux : l'omniprésence du granite

Dans les constructions du 17e au 20e siècle, le granite est omniprésent sous la forme de blocs de moellons simplement équarris ou de pierres de taille utilisées en encadrement des ouvertures, chaînages d’angle, souches de cheminées, bandeaux ou corniches... Sa couleur diffère selon qu'il s'agit de carrières littorales (granite rose ou roux) ou situées à l'intérieur des terres (granite clair, gris ou bleuté). Des affleurements de granite sont visibles en plusieurs points de la commune. Certains chaos ou amoncellements de blocs de granite situés au milieu des champs ont une origine naturelle ; d'autres correspondent à des blocs de granite qui ont été regroupés pour faciliter les labours.

L'évolution du bâti au fil du temps : les enjeux de la restauration

La très grande majorité des fermes a été transformée en maisons d’habitation, entraînant une modification des espaces intérieurs : transformation des ouvertures (élargissement pour un apport supplémentaire de lumière) ou aménagement des combles en niveau habitable. Des dépendances comme les étables, souvent proches du logis, ont été transformées en espace habitable de plain-pied. Dans la 2e moitié du 20e siècle, la majorité des magasins de commerces ou des débits de boisson ont également vu leurs façades modifiées par l'élargissement des ouvertures. Dans le bourg (ou les hameaux), ces édifices - à l'origine très nombreux - ont souvent été transformés depuis en maison. De nombreux bâtiments sont actuellement désaffectés dans le bourg.

La restitution des enduits anciens

De nombreux bâtiments de la 2e moitié du 19e siècle et du 20e siècles étaient enduits à la chaux. Elle est teintée dans la masse grâce à des sables de différentes couleurs. Les pierres d'encadrements des ouvertures (portes et fenêtres), chaînages d'angle, corniches, bandeaux soulignant l'étage ou lucarnes sont cependant laissées apparentes. Il existe ainsi un léger retrait - pour l'épaisseur de l'enduit, entre les encadrements à pierres vues et le reste du mur, le plus souvent en moellon car enduit. Dans les bourgs, et notamment pour les magasins de commerce ou les débits de boissons, les enduits sont badigeonnés a secco ou a fresco ce qui se traduit par une augmentation de la gamme des couleurs.

Dans les bourgs anciens comme à Trémel, enduits et ravalements des façades peuvent permettre de rééquilibrer les parties commerciales (utilisées ou désaffectées) et résidentielles. Tout en améliorant la lisibilité des éléments architecturaux, les enduits permettent de renforcer l'attractivité et la visibilité des commerces. Une fois restaurés, maisons et magasins de commerce du 19e siècle contribuent à donner une identité propre à chaque bourg.

Dénominations village, lotissement, maison, ferme, magasin de commerce, débit de boissons
Aire d'étude et canton Schéma de cohérence territoriale du Trégor - Plestin-les-Grèves
Adresse Commune : Trémel
Lieu-dit : Le bourg, Adresse : ,
Cadastre :

Période(s) Principale : 16e siècle, 17e siècle, 18e siècle , (?)
Secondaire : 19e siècle, 20e siècle, 1er quart 21e siècle
Dates
Statut de la propriété propriété de la commune
propriété privée
Protections