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La ville de Plouescat

Dossier IA00006457 réalisé en 1985

Fiche

Sur le territoire de la commune, de nombreux monuments témoignent de l’époque mégalithique, du néolithique (3000 av. J. C.) ou du bronze moyen (1000 av. J. C.). On y retrouve également des traces de l’occupation romaine (établissement de bains de Gorré-Bloué).

Le nom de Plouescat se décline sous différentes formes à partir de 1282 : on trouve alors la paroisse de "Ploerez-gat", Pleuréesquet en 1308, Ploerezcat vers 1330 et en 1426, puis Ploezcat, en 1467, dans le Pouillé de Tours. Cette paroisse a compté jusqu’à six chapelles, dont seulement deux subsistent maintenant : celle de Kerzéan et celle du cimetière. La chapelle Saint-Eden, du 13e siècle, était encore visible au début du 20e siècle, de même que la chapelle Sainte-Anne, au manoir de la Lande. La chapelle Saint-Julien, près de l’église et la chapelle du manoir Saint-Georges ont disparu.

Plouescat est devenu peu à peu un bourg important, dont les habitations sont regroupées autour de son église, et à partir du 16e siècle, de sa "cohue". À la fin du 18e siècle, le géographe Ogée nous apprend que la commune compte 1800 habitants ; comme on le voit sur le cadastre de 1837, trois rues principales sont formées, bordées sans discontinuer de parcelles bâties et partant en étoile à partir de ce noyau central. Au début du 19e siècle, des maisons de notables ont rejoint sur la place l’ancien manoir de Gorrékéar (du 16e siècle ?), construit en pierre de taille de granite, et qui présente encore aujourd'hui son mur-pignon, et son échauguette percée d'une meurtrière. La mairie est construite en 1855 et l’église Saint-Pierre reconstruite à partir de 1863.

L’urbanisation de la côte débute avant la première guerre mondiale. Une des premières « maisons », une cabane en bois en fait, nommée Ty-Socrate sur construite autour de 1905 par un pharmacien, Anatole Theven de Gueleran. La Maison des Rochers « Ty-Roc’hou » lui succède, construite en 1911, pour le juge de paix Yves Le Febvre, et la Villa Les Mouettes est construite en 1914, au-dessus de la plage de Menfig.

Les activités liées à la terre

Les environs de Plouescat, bien cultivés, s'échelonnent sur de petits vallons dont l’altitude ne dépasse pas 40 mètres, jusqu'aux dunes qui bordent le nord de la commune. La culture du lin a participé à la richesse de la cité : Plouescat se trouve dans la zone entre Morlaix et Landerneau, où sont produites des toiles de lin appelées crées, dont la production est à son sommet aux 16e et 17e siècles et commence à décliner à partir du 18e siècle.

Quant à la culture des céréales et des plantes fourragères, liées à l'élevage, durant la première moitié du 20e siècle, elles perdent de l'importance à partir de la première moitié du 20e siècle. Cependant, la "Ceinture dorée" dans laquelle elle se situe, permet à Plouescat de diversifier ses nouvelles cultures de primeurs : choux-fleurs, oignons, artichauts... Et cette activité amène à construire, en 1926, un magasin de conditionnement d’où partent légumes et primeurs, surtout destinés à l'exportation.

Les chevaux ont longtemps été élevés à Plouescat non seulement pour servir d’animal de trait, mais aussi pour la vente. Ils assurent le transport terrestre des hommes et des marchandises et font vivre maréchaux-ferrants, bourreliers, charrons ou voituriers. Une Société des Courses Hippiques est créée en 1883 et un concours agricole en 1951.

Les activités liées à la mer

* la pêche

C’est une activité très peu pratiquée au 18e siècle par les Plouescatais. En 1726, les quelques bateaux recensés servent pour le goémon et le sable. Il faudra attendre le 20e siècle pour que la pêche se développe.

* La récolte du goémon, en revanche, est très appréciée, car cette algue constitue l’amendement principal des sols et contribue grandement à l’amélioration des récoltes de légumes.

# Les fours à goémon : on en connaît un à Kerfissien (vestiges, 18e siècle) ; un à Cam-Louis, un au Gored, dont on distingue encore les pierres qui séparaient les différentes cases.

# Une usine d’iode, la Société Maritime de Produits Chimiques (S. M. P. C.), est créée en 1919 à Pont-Christ, qui prend le relai des fours à goémon pour extraire l'iode et d'autres dérivés, de la soude ; elle fermera en 1959.

# Création d’un chantier de construction navale à Lannerien par Baptiste Roudault qui fournit les bateaux adaptés à la pêche et au ramassage du goémon.

# Les maisons de marins-pécheurs-goémoniers constituaient un type d’habitation à part, plus près du rivage et protégées par les dunes. Le logis à pièce unique, dont le rez-de-chaussée est surmonté d’un étage de comble, s’accompagne de petites dépendances agricoles (étable, écurie, grange, soue…). Elles ont pratiquement toutes été transformées.

* Le port de Porsguen, dont on construit la première partie (93 m sur 163 m) du brise-lames en 1909, est d’abord destiné à abriter des petits bateaux de pêcheurs et de goémoniers. Le développement de la pêche amène le Conseil municipal à agrandir le port : en 1945, la digue est prolongée, avec la participation de l’État et du Département. En 1950, une autre extension du môle est prévue, à cause de la multiplication du nombre des bateaux de plaisance ; puis vient la création de l’École de voile en 1959, du Club nautique… tout cela entraînant la construction de quais, de débarcadères…

En 1958, création des Viviers de Porsguen par Francis Prigent, pour commercialiser les produits de la pêche locale. Peu à peu, à travers ces deux activités de la pêche et de la plaisance, Porsguen devient un quartier très animé de Plouescat.

* La baie du Kernic servait essentiellement pour le commerce ou le transport de marchandises : des caboteurs chargés de charbon, sel, vin, bois y entraient et en repartaient avec du blé, des légumes ou des filasses de lin vers Brest ou Morlaix. En 1763, on y débarque de la chaux pour la reconstruction de l’église et en 1770, de grandes pierres plates pour son dallage. Sa surface fut largement diminuée à deux reprises : en 1829 Paul Testard y crée des prairies à l’abri d’un remblai entre Pont-Christ et Kerdézant ; en 1849, un entrepreneur de travaux public, Camille Michel, y dresse une digue (la digue Michel) entre le Kernic et Pont-Christ.

En 1882, ont lieu les premières courses de chevaux, directement sur le sable de la baie ; l’année suivante, 1883, voit la création de la Société des Courses Hippiques de Plouescat, qui perdurent chaque année jusqu’à maintenant.

1934 y voit naître un aérodrome, une école de pilotage et des manifestations aériennes, jusqu’à l’occupation allemande.

Actuellement, les sports nautiques et autres chars à voiles occupent le terrain.

Dénominations ville
Aire d'étude et canton Plouescat - Plouescat
Adresse Commune : Plouescat

Sur le territoire de la commune, de nombreux monuments témoignent de l’époque mégalithique, du néolithique (3000 av. J. C.) ou du bronze moyen (1000 av. J. C.). On y retrouve également des traces de l’occupation romaine (établissement de bains de Gorré-Bloué).

Le nom de Plouescat se décline sous différentes formes à partir de 1282 : on trouve alors la paroisse de "Ploerez-gat", Pleuréesquet en 1308, Ploerezcat vers 1330 et en 1426, puis Ploezcat, en 1467, dans le Pouillé de Tours. Cette paroisse a compté jusqu’à six chapelles, dont seulement deux subsistent maintenant : celle de Kerzéan et celle du cimetière. La chapelle Saint-Eden, du 13e siècle, était encore visible au début du 20e siècle, de même que la chapelle Sainte-Anne, au manoir de la Lande. La chapelle Saint-Julien, près de l’église et la chapelle du manoir Saint-Georges ont disparu.

Plouescat est devenu peu à peu un bourg important, dont les habitations sont regroupées autour de son église, et à partir du 16e siècle, de sa "cohue". À la fin du 18e siècle, le géographe Ogée nous apprend que la commune compte 1800 habitants ; comme on le voit sur le cadastre de 1837, trois rues principales sont formées, bordées sans discontinuer de parcelles bâties et partant en étoile à partir de ce noyau central. Au début du 19e siècle, des maisons de notables ont rejoint sur la place l’ancien manoir de Gorrékéar (du 16e siècle ?), construit en pierre de taille de granite, et qui présente encore aujourd'hui son mur-pignon, et son échauguette percée d'une meurtrière. La mairie est construite en 1855 et l’église Saint-Pierre reconstruite à partir de 1863.

L’urbanisation de la côte débute avant la première guerre mondiale. Une des premières « maisons », une cabane en bois en fait, nommée Ty-Socrate sur construite autour de 1905 par un pharmacien, Anatole Theven de Gueleran. La Maison des Rochers « Ty-Roc’hou » lui succède, construite en 1911, pour le juge de paix Yves Le Febvre, et la Villa Les Mouettes est construite en 1914, au-dessus de la plage de Menfig.

Les activités liées à la terre

Les environs de Plouescat, bien cultivés, s'échelonnent sur de petits vallons dont l’altitude ne dépasse pas 40 mètres, jusqu'aux dunes qui bordent le nord de la commune. La culture du lin a participé à la richesse de la cité : Plouescat se trouve dans la zone entre Morlaix et Landerneau, où sont produites des toiles de lin appelées crées, dont la production est à son sommet aux 16e et 17e siècles et commence à décliner à partir du 18e siècle.

Quant à la culture des céréales et des plantes fourragères, liées à l'élevage, durant la première moitié du 20e siècle, elles perdent de l'importance à partir de la première moitié du 20e siècle. Cependant, la "Ceinture dorée" dans laquelle elle se situe, permet à Plouescat de diversifier ses nouvelles cultures de primeurs : choux-fleurs, oignons, artichauts... Et cette activité amène à construire, en 1926, un magasin de conditionnement d’où partent légumes et primeurs, surtout destinés à l'exportation.

Les chevaux ont longtemps été élevés à Plouescat non seulement pour servir d’animal de trait, mais aussi pour la vente. Ils assurent le transport terrestre des hommes et des marchandises et font vivre maréchaux-ferrants, bourreliers, charrons ou voituriers. Une Société des Courses Hippiques est créée en 1883 et un concours agricole en 1951.

Les activités liées à la mer

* la pêche

C’est une activité très peu pratiquée au 18e siècle par les Plouescatais. En 1726, les quelques bateaux recensés servent pour le goémon et le sable. Il faudra attendre le 20e siècle pour que la pêche se développe.

* La récolte du goémon, en revanche, est très appréciée, car cette algue constitue l’amendement principal des sols et contribue grandement à l’amélioration des récoltes de légumes.

# Les fours à goémon : on en connaît un à Kerfissien (vestiges, 18e siècle) ; un à Cam-Louis, un au Gored, dont on distingue encore les pierres qui séparaient les différentes cases.

# Une usine d’iode, la Société Maritime de Produits Chimiques (S. M. P. C.), est créée en 1919 à Pont-Christ, qui prend le relai des fours à goémon pour extraire l'iode et d'autres dérivés, de la soude ; elle fermera en 1959.

# Création d’un chantier de construction navale à Lannerien par Baptiste Roudault qui fournit les bateaux adaptés à la pêche et au ramassage du goémon.

# Les maisons de marins-pécheurs-goémoniers constituaient un type d’habitation à part, plus près du rivage et protégées par les dunes. Le logis à pièce unique, dont le rez-de-chaussée est surmonté d’un étage de comble, s’accompagne de petites dépendances agricoles (étable, écurie, grange, soue…). Elles ont pratiquement toutes été transformées.

* Le port de Porsguen, dont on construit la première partie (93 m sur 163 m) du brise-lames en 1909, est d’abord destiné à abriter des petits bateaux de pêcheurs et de goémoniers. Le développement de la pêche amène le Conseil municipal à agrandir le port : en 1945, la digue est prolongée, avec la participation de l’État et du Département. En 1950, une autre extension du môle est prévue, à cause de la multiplication du nombre des bateaux de plaisance ; puis vient la création de l’École de voile en 1959, du Club nautique… tout cela entraînant la construction de quais, de débarcadères…

En 1958, création des Viviers de Porsguen par Francis Prigent, pour commercialiser les produits de la pêche locale. Peu à peu, à travers ces deux activités de la pêche et de la plaisance, Porsguen devient un quartier très animé de Plouescat.

* La baie du Kernic servait essentiellement pour le commerce ou le transport de marchandises : des caboteurs chargés de charbon, sel, vin, bois y entraient et en repartaient avec du blé, des légumes ou des filasses de lin vers Brest ou Morlaix. En 1763, on y débarque de la chaux pour la reconstruction de l’église et en 1770, de grandes pierres plates pour son dallage. Sa surface fut largement diminuée à deux reprises : en 1829 Paul Testard y crée des prairies à l’abri d’un remblai entre Pont-Christ et Kerdézant ; en 1849, un entrepreneur de travaux public, Camille Michel, y dresse une digue (la digue Michel) entre le Kernic et Pont-Christ.

En 1882, ont lieu les premières courses de chevaux, directement sur le sable de la baie ; l’année suivante, 1883, voit la création de la Société des Courses Hippiques de Plouescat, qui perdurent chaque année jusqu’à maintenant.

1934 y voit naître un aérodrome, une école de pilotage et des manifestations aériennes, jusqu’à l’occupation allemande.

Actuellement, les sports nautiques et autres chars à voiles occupent le terrain.

Période(s) Principale : Moyen Age, Temps modernes, Epoque contemporaine

Références documentaires

Documents figurés
  • Plouescat. Cadastre napoléonien, section C3 de la Ville. Levée par M. Grillot, géomètre, 1837, échelle 1/1250 e.

    Archives départementales du Finistère : 3 P 185/7
Bibliographie
  • PÉRENNÈS, Henri. Plouescat. Notice sur la paroisse. 1941. Reprint : Le livre d'histoire-Lorisse éd., 2003.

    passim Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • Le patrimoine des communes du Finistère. Paris : Flohic, éditions, 1998. (Le patrimoine des communes de France).

    p. 1014-1024, fig. Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • GRIJOL, Paul, MERCIER, Bernard. Plouescat et son patrimoine. Morlaix : Imprimerie de Bretagne, 2001.

    passim Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)