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La ville de Dol-de-Bretagne

Dossier IA35001485 réalisé en 1998

Historique

Siège de l´évêché, la ville de Dol se développe autour du monastère fondé au 6e siècle puis de la cathédrale et du château. Elle apparaît, sur les cartes de la Bretagne de 1594, 1711 et 1760, parmi les agglomérations les plus importantes de Haute-Bretagne.

Entre 1790 et 1794, les paroisses de l´Abbaye-sous-Dol et de Carfantin sont rattachées à celle de Dol pour former la commune actuelle. La confusion avec la ville de Dôle, dans le Jura, aboutit en 1793 à la proposition de modifier le nom de la commune en Dol-Mer, qui n'eut aucun succès (Duine).

Les 12e et 13e siècles semblent être une période très prospère pour la ville, comme l'attestent les maisons romanes qui subsistent, suivie au 14e siècle de l'intensification de l'autorité ducale et de la participation des citoyens qui est à son apogée à la fin du 16e siècle.

La ville restera cependant très dépendante de l'évêché : les nobles y sont peu présents, comme le montre la faible représentation des hôtels particuliers ; malgré l'arrivée du chemin de fer et le développement des activités industrielles qu'elle encourage, son extension est faible, au cours du 19e siècle. Au milieu du 19e siècle, Marteville la décrit comme la ville de Bretagne qui a le mieux conservé son cachet médiéval. Cette opinion ne semble plus partagée à la fin du siècle, comme le suggère le commentaire publié dans Zig-zags en Bretagne en 1894 : "On s'attend à trouver dans cette rue de vieilles maisons de bois [...] Lorsqu'on parle de Dol, on se représente le Dol de Hugo, de Mérimée, de Taylor. Hélas ! quelle désillusion pour l'artiste et pour le poète !

L'antique cité prend, de jour en jour, une physionomie bourgeoise, elle "s'embellit". Une grande halle en fer remplace le hangar pittoresque [...] Les maisons de la grand'rue font place à des bâtisses sans caractère.

Seule la "boucherie" a gardé un cachet original (...]. Quant à la maison des Plaids [...] elle n'est plus qu'un souvenir".

Evolution de la forme urbaine

Selon un processus observé dans de nombreuses villes, notamment à Rennes, la ville de Dol se développe au pied de la cité et du château, dès le 12e siècle. Elle est close de remparts au 14e siècle. Son développement par cernes est encore lisible sur le plan cadastral. A la ville marchande, établie au sud du complexe château/cité, succède un second accroissement principalement occupé par les communautés religieuses protégées par les remparts. C'est dans la partie Est de la ville que se trouvait l'église paroissiale Notre-Dame, remplacée au 19e siècle par une halle construite à son emplacement.

Hors la ville se développent les faubourgs, à l'est, le faubourg de la Chaussée, dans l'axe de la porte des Carmes protégée par un éperon, à l'ouest les faubourgs de la Lavanderie et de l'Evêque, dans l'axe de la porte Notre-Dame, elle aussi protégée par un éperon. Les activités artisanales sont alors regroupées à l'arrière de ces faubourgs (rue des Tanneries), à proximité du Guyoult.

Le passage à la ville ouverte s'amorce à la fin du 18e siècle avec la destruction des portes et la rénovation des faubourgs. Il faut cependant attendre l'arrivée du chemin de fer pour observer une extension sensible du tissu, au sud, entre la vieille ville et la nouvelle gare. L'aménagement de la place de la Mairie, associée à cet édifice à double orientation, constituait un espace de jonction entre la ville close et la ville neuve. Les places aménagées depuis la fin du 18e siècle jouaient également un rôle important dans l'effort d'ouverture de la ville sur ses faubourgs.

L'arrivée du chemin de fer, qui provoque une extension du tissu urbain, n'aura cependant qu'un effet mesuré sur l'évolution de la forme urbaine. La création d'un réseau essentiel (un boulevard de contournement et un axe de liaison avec la gare) n'est pas suffisante pour enclencher le développement de la ville, freinée par ailleurs par l'implantation d'établissements industriels et artisanaux au coeur de ce nouveau quartier.

Le désenclavement de la ville close qui se manifeste par l'élargissement des voies d'accès n'est pas appuyé par la création d'un réseau de rues qui auraient soudé, à terme, le faubourg de l'Abbaye, le chemin de Legeard et le nouvel axe (Victor Planson/Aristide Briand). Le développement de l'agglomération, qui n'a pas été soutenu par l'architecture publique, s'est produit sur le mode du faubourg, c'est à dire qu'il s'est limité en bordure d'un axe de circulation, lié à une "porte" de ville, la place de la Mairie. La ville est restée fermée sur elle-même ; son extension, dans la deuxième moitié du 20e siècle avec les lotissements autour de la Belle-Lande, est elle aussi marginalisé par la voie ferrée. Trois édifices jouent cependant un rôle déterminant dans le développement de la ville : la cathédrale, la mairie et la gare.

Parties constituantes non étudiéessecteur urbain, faubourg, rue
Dénominationsville
Aire d'étude et cantonIlle-et-Vilaine - Dol-de-Bretagne
AdresseCommune : Dol-de-Bretagne
Période(s)Principale : 12e siècle
Principale : 13e siècle
Principale : 14e siècle
Principale : 15e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle

Références documentaires

Documents figurés
  • Atlas national de France. Département d'Ille-et-Vilaine. Décrété le 30 janvier 1790 par l'Assemblée Nationale, divisé en 9 discricts et 79 cantons. An II. (A.D. Ille-et-Vilaine : 24 Fi 31).

  • Britannia. Carte par Philippe Galle, géographe, 1590. (A.D. Ille-et-Vilaine : 24 Fi 3).

  • Plan de l'enceinte de la ville et château de Dol, en Bretagne. Dessin, vers 1756. In : ROBIEN, Christophe-Paul de, Histoire ancienne et naturelle de la province de Bretagne. Mayenne : Editions régionales de l'ouest, 1974.

    p. 190
  • Plan de l'enceinte de la ville et château de Dol, en Bretagne. Dessin, vers 1756. In : ROBIEN, Christophe-Paul de, Histoire ancienne et naturelle de la province de Bretagne. Mayenne : Editions régionales de l'ouest, 1974.

  • Plan de l'enceinte de la ville et de son château, levé par l'ingénieur Picot, 1693 (A. D. d'Ille-et-Vilaine : C 364, Fonds de l'Intendance).

  • Neustria, Britanniae et Normandiae Typus. Carte par Ortélius Abraham (géographe), 1594 (A. D. Ille-et-Vilaine : 24 FI 1).

  • Britannia et Normandia cum confinibus regionibus. Carte par Mercator Gérard (géographe), 1585 (A. D. Ille-et-Vilaine : 24 FI 2).

  • Description du pays Armorique, à présent Bretaigne. Carte extraite du premier atlas français des provinces de France : le Théâtre français, Bouguereau Maurice (imprimeur libraire), 1594 (A. D. Ille-et-Vilaine : 24 FI 4).

  • Carte itinéraire. Carte de 1760. (A. D. Ille-et-Vilaine : 24 FI 18).

  • Gouvernement général du duché de Bretagne, divisé en Haute et Basse. Dressé sur Divers Mémoires par Nicolas de Fer... gravée par P. Starkman, 1711 (A. D. Ille-et-Vilaine : 24 FI 17).

Bibliographie
  • BANÉAT, Paul. Le Département d'Ille-et-Vilaine. Histoire - Archéologie - Monuments. Rennes : Librairie Moderne J. Larcher, 1927-1929.

    t.1
  • OGÉE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. nlle éd. [1778-1780] rev. et augm. Rennes : Molliex, 1845.

    t. 1, p. 231-252
  • AMIOT, Patrick. Dol-de-Bretagne d'hier à aujourd'hui. Tome 1 : Regard sur son histoire à travers ses rues. Dinan : Patrick Amiot, 1984, rééd. 1990.

  • Etrennes bretonnes, géographiques, historiques, ecclésiastiques, civiles, etc. Rennes : Vatar imprimeur, 1771.

Périodiques
  • LELOUP, Daniel. Les dernières maisons à porches. Armen, 1997, n° 87.

    p. 41-51
  • MARION, Patrice. L'éclairage public à Dol -1- . Le Rouget de Dol. 1988, n° 54.

    p. 94-116
  • MARION, Patrice. Commerces, artisanats, entreprises... Dol 1906. Le Rouget de Dol, 1987, n° 51.

    p. 107-126
  • LE MONTREER, Tony. Dol vu par Stendhal. In : Le Rouget de Dol, décembre 1977, n° 20.

  • DUVAL, Michel.La démilitarisation des forteresses au lendemain des guerres de la Ligue (1593-1628) . In : Mémoires de la société d'histoire et d'archéologie de Bretagne. Actes du congrès de Brest. Bannalec : Imprimerie Régionale, 1992.

    t. 69, p. 283-305
  • REVERT, Jean-François. Maisons en pans de bois. Le Rouget de Dol, 1989, n° 55.

    p. 85-94