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La signalisation, la surveillance des côtes et du domaine maritime (Parc naturel régional du Golfe du Morbihan)

Dossier IA56132140 réalisé en 2017

Fiche

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La thématique “signalisation, surveillance des côtes et du domaine maritime” regroupe plusieurs typologies de bâti.

Sur le territoire du Parc naturel régional du Golfe du Morbihan, pour informer et orienter les navigateurs sur le domaine maritime, de jour comme de nuit, plusieurs ouvrages ont été recensés sur le littoral et sur le Domaine Public Maritime tels que les feux, les phares, les amers, les balises ou tourelles, etc.

D’autres dispositifs de surveillance et de communication plus complexes, les sémaphores, se multiplient au XIXe siècle sur le littoral.

L’importance de la fonction douanière au début du XIXe siècle, a également engendré la construction d’un nombre conséquent de bâtis sur le territoire pour l’organisation des services des douanes.

(Christelle NICOLAS ; Marianna FUSTEC)

Aires d'études PNR Golfe du Mobihan

Signalisation maritime

Les amers

Se repérer en mer a toujours été une nécessité pour les gens de mer. Ainsi, les populations maritimes ont désigné ou aménagé des amers sur terre ou en mer permettant, par leur alignement avec le navire ou d’autres amers, de se situer et de s’orienter en navigation. L’amer est un repère, de toute nature, identifié dans le paysage. Cela peut être un élément naturel (rocher, arbre, falaise, etc.), parfois rehaussé de peinture (comme le rocher peint en blanc à Arzon, dit le Faucheur), un élément construit à d’autres fins (chapelle, clocher, bâtiment, mégalithe, etc) -nous pouvons citer, par exemple, la maison rose et la chapelle de Boëdic à Séné-, ou édifié spécifiquement pour servir de repère ou d’alignement, comme c’est le cas sur la commune d’Ambon, au lieu-dit Cromenac’h. Ces amers se situent sur le trait de côte, ou en retrait du trait de côte.

Les balises

La balise est un dispositif de signalisation fixe ou flottant, servant de point de repère, indiquant la voie à suivre ou un danger en mer. Les premières balises (perches en bois) apparaissent, en Europe, dès l'Antiquité pour signaler les dangers (rochers, bancs de sables, etc.). Les tourelles maçonnées, en pierre de taille et mortier, apparaissent en Europe au XIIème siècle, mais il faudra attendre le XIXème siècle pour que ces ouvrages de signalisation se répandent massivement sur les côtes françaises.

Les tourelles recensées sur le territoire d’étude sont en pierre de taille maçonnées ou en béton. Elles portent toutes un nom, associé au nom d’un courant, d’une île, d’une pointe, etc. (ex : la Truie d’Arradon, Holavre, Roguédas, Kerpenhir, Goemorent, basse de Kervoyal, etc.). Les couleurs et leur organisation correspondent aux règles du balisage en vigueur sur le territoire français. Ainsi, une balise cardinale (jaune et noire) indique l’orientation à suivre pour éviter un danger. Dans un chenal, les balises (verte ou rouge) définissent la voie à suivre. Enfin, une balise (noire et rouge) signale un danger isolé.

Les phares et les feux de signalisation

Les phares et les feux sont également des amers dont la fonction est d’être visible la nuit. Chaque phare a sa propre signature lumineuse, permettant son identification.

Depuis l’Antiquité des feux sont allumés sur le littoral pour guider les navigateurs à l’approche des côtes ou des ports principaux. Des ouvrages bâtis peuvent accueillir ces feux. La tour de Pénerf (édifiée au XVIème siècle), aurait rempli, entre autres fonctions, celle de porte-feux1. Plusieurs phares ont été recensés sur le territoire d’étude. Le phare de Kernevest à Saint Philibert, construit en 1855, permettait de guider les navigateurs dans le chenal du port de la Trinité-sur-Mer. Tout d’abord à feu fixe, il fut ensuite à feu tournant. Son dernier gardien était une femme, Anna Le Bail, qui a œuvré pendant 40 ans jusqu’en 1965 et qui avait pris la suite de sa sœur, elle même ayant succédé à son père et son grand-père, premier gardien dès l’édification. Aujourd’hui, un feu à secteurs, situé à la pointe de Kernevest, permet d’orienter les navigateurs dans le chenal de la Trinité-sur-Mer et un feu directionnel est établi -en face du port de la Trinité-sur-Mer- au lieu-dit “Les presses”.

Le phare de Port-Navalo marque l’entrée du Golfe du Morbihan depuis le Mor Braz. Construit en 1895, il est toujours en fonctionnement. Il mesure une hauteur de 19 mètres et présente une forme très simple caractéristique des phares construits après 1820. Sur le même site, on observe un second ouvrage -une "maison-phare"- construit en 1840. L’ouvrage, qui a donc précédé le phare actuel, présente une tourelle ronde (ancien phare) centrée dans le pignon de la maison. La maison servait à loger le gardien du phare.

Le phare du port du Crouesty est une tour cylindrique de 28 mètres de hauteur, construit en béton armé en 1982.

Échelle à marée

En dehors des amers et des balises, il existe d’autres ouvrages de signalisation. Une échelle à marée maçonnée en pierre a été recensée sur la commune de Séné, au niveau du goulet de Conleau à Port-Anna. Elle ne porte plus d’indications (couleur, graduation). Cette échelle à marée permettait de renseigner les navigateurs sur la hauteur d’eau avant de s’engager dans le chenal du port de Vannes.

Les sémaphores

Au XIXe siècle, à la demande de Napoléon Ier, les premiers sémaphores sont créés sur les côtes françaises. Ils permettent de surveiller le domaine maritime. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, sous Napoléon III, le dispositif du sémaphore est perfectionné et on multiplie leur nombre sur l’ensemble du littoral. Les sémaphores sont notamment complétés par un système performant de télécommunication pour communiquer entre la terre et les navires en mer. À cette période un modèle architectural de sémaphore est diffusé. Le bâtiment présente une forme en T. Il est identifiable à sa chambre de veille dotée de larges baies vitrées ainsi que par l’imposant mât de signaux. Ce modèle correspond à l’architecture des deux sémaphores recensés sur le territoire d’étude : le sémaphore situé sur le pointe de Kerpenhir à Locmariaquer, côte ouest du goulet formant l’entrée du Golfe, et, à l’est, le sémaphore de Saint-Gildas de Rhuys situé à la pointe du Grand-Mont. Ces sémaphores constituent un réseau de surveillance très étendu. Situés sur un point culminant de la côte, ils dominent l’espace maritime.

Le patrimoine des douanes

Au début du XIXe siècle, sous l’Empire, le service des Douanes connaît une période de réorganisation et de développement, la Bretagne n'échappant pas à la règle. En effet, en 1806, Napoléon Ier instaure l’impôt sur le sel au niveau national dont la Bretagne était, jusque là, exemptée.

Les Douanes se divisent en deux services. Un service chargé de la taxation de l’impôt et un service chargé de la surveillance des côtes et du trafic maritime pour éviter la contrebande.

Afin d’organiser les services, de loger et d’abriter les douaniers, de nombreux édifices sont construits dans la première moitié du XIXe siècle sur le littoral et notamment près des zones de production salicole. Il existe plusieurs typologies de bâti : casernes, bureaux, poste d’observation. On recense plusieurs casernes : Pen-er-Men à Arradon, les Quatre-Vents à Séné (1809), Port-Navalo et Bilouris (terrain acheté en 1852 par l'administration des Douanes) à Arzon. Certaines casernes sont construites selon un modèle architectural identique. Elles possèdent un plan allongé, formé d’une succession de pièces uniques surmontées de soupentes éclairées par une lucarne. La toiture à long pans est couverte d’ardoises. Chaque pièce possède une cheminée. Cette organisation est notamment utilisée pour la construction douanière des casernes de Bilouris à Arzon et de Pen-er-Men à Arradon.

Un important dispositif de surveillance est également mis en place sur le littoral. Ces édifices étaient donc souvent situés à proximité des marais salants et des axes de circulation maritime. Plusieurs édifices recensés ont surement eu une fonction d’abri et de poste de surveillance : poste de La Garenne (Séné), poste de Bellevue (Séné), etc. Certains édifices recensés, dont la fonction n’est pas identifiée, ont pu remplir aussi la fonction de poste de surveillance comme par exemple la tour Ténéro à Séné. Nombre de ces édifices ont été détruits ou remaniés. Ainsi, au lieu-dit le Dendec à Damgan, un poste de douane aurait préexisté à l'édifice actuel, non loin des marais salants.

Note de bas de page :

1. Fichou Jean-Christophe, Le Hénaff Noël, Mével Xavier, Phares : histoire du balisage et de l'éclairage des côtes de France, Douarnenez : Chasse-marée-ArMen, 1999

(Christelle NICOLAS ; Marianna FUSTEC)

Période(s) Principale
Auteur(s) Auteur : Nicolas Christelle
Auteur : Fustec Marianna

Références documentaires

Bibliographie
  • Fichou Jean-Christophe, Le Hénaff Noël, Mével Xavier, Phares : histoire du balisage et de l'éclairage des côtes de France, Douarnenez : Chasse-marée-ArMen, 1999