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La parcelle de Park ar Justice (Plufur)

Dossier IA22132377 réalisé en 2015

Fiche

"Park ar Justice" à Plufur

Park ar Justice (du latin parricus qui signifie le champ clos ou l'enclos) vers Kerzello et Fifac'h était l'endroit où l'on rendait la justice seigneuriale. Issue de la féodalité, la justice seigneuriale se caractérisait par une délégation du pouvoir royal aux seigneurs locaux. Dans le cas de la haute justice, le seigneur pouvait juger toutes les affaires et prononcer toutes les peines, dont la peine capitale par pendaison. La possession du pouvoir de haute justice constituait un important élément de prestige.

Dans sa seigneurie, le seigneur plantait des poteaux ou piliers de justice (deux pour le simple justicier, trois ou quatre fourches patibulaires selon le rang dans la noblesse). Ces piliers de justice ou gibet étaient le plus souvent implantés sur une hauteur comme à Tonquédec (au-lieu dit Crec'h Cludic), isolés dans la campagne mais le long d'un chemin, à un endroit de passage, pour qu'ils puissent servir d'exemple à ne pas suivre. L'échelle patibulaire qui était également un signe de haute justice seigneuriale, ne servait pas à mettre à mort le condamné mais à l'exposer publiquement en l'attachant à un pilori (poteau en bois ou colonne de pierre) : ces échelles se dressaient alors dans les bourgs.

Dans la cour d'une ferme de Plufur (Goasven), subsistent quelques éléments d'une colonne en granite identifiée comme l'un des poteaux de justice. D'autres éléments en granite seraient conservés dans un jardin à Plouégat-Guérrand (5 rue du Stade : ?). Dans ce champ nommé Park ar Justice on trouvait également la "chaise de justice", Kador ar barn en breton, sorte de siège en granite où s'asseyait le seigneur ou son représentant (prévôt, bailli, sénéchal) pour faire appliquer la sentence. Cette pierre a été déplacée dans le jardin d'un particulier habitant à Plufur (Roz ar Baron).

Selon Yannick Botrel (Les justices seigneuriales de l'évêché de Tréguier), la seigneurie de Keranroux s'étendait dans les paroisses de Plufur, Plestin(-les-Grèves), Trémel et Plounévez-Moëdec. Elle possédait une cour, un droit de haute justice "à quatre piliers dont la potence se dresse dans un champ appelé Parc Bastil" et "un poteau armorié des armes de Keranroux avec collier et chaînes de fer pour exposer les délinquants". Les archives différencient ainsi les piliers de justice, du pilori ou échelle patibulaire. Cette juridiction (littéralement en latin "l'action de dire ce qui est juste") était rendue au bourg de Plufur où se trouvaient l'auditoire et la prison (édifices détruits pendant les Guerre de la Ligue). Les vestiges identifiés appartiendraient donc vraisemblablement à la seigneurie de Keranroux (hypothèse). En Bretagne, "fief et justice sont un" ce qui aboutit le plus souvent à une ou deux justices seigneuriales par paroisse.

L'étude du nom des parcelles à partir du cadastre ancien de Plufur a cependant montré que 4 sites pouvaient être liés à l'exercice de la justice seigneuriale (du nord au sud) :

- Coat Criminal (2 parcelles) vers Kerviniou / ar Riviéro ;

- Crech justice (2 parcelles) au nord du bourg vers Kertanguy ;

- Parc justice et Land justice (4 parcelles) vers Kerzello et Fifac'h ;

- Parc justice (2 parcelles) vers Keramono Braz.

La Révolution française a supprimé les justices seigneuriales.

Des piliers de justice seigneuriale en granite sont visibles au château de Kerjean dans la commune de Saint-Vougay (3 piliers) et à Plourin-Ploudalmézeau (4 piliers) liés à la seigneurie de Kergroadès (29).

Dénominations gibet
Aire d'étude et canton Schéma de cohérence territoriale du Trégor - Plestin-les-Grèves
Adresse Commune : Plufur
Lieu-dit : Park ar Justice, Adresse : ,
Cadastre :
Période(s) Principale : Moyen Age, 16e siècle, 17e siècle, 18e siècle