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L'ostréiculture dans les estuaires de Tréguier et du Trieux

Dossier IA22133435 réalisé en 2018

Les estuaires du Trieux et du Jaudy ou rivière de Tréguier sont particulièrement adaptés à l’élevage des huîtres. Les gisements naturels d’huîtres plates dans ces deux rias ont permis de capter du naissain et de commencer des élevages sur le sol sablo-vaseux, des dépôts, puis de commencer les élevages sur sol de la Portugaise et enfin de la Japonaise. Les ostréiculteurs du Morbihan ont remplacé les locaux dans les années 1950, encouragés par le capitaine armateur au cabotage, Henry de Lanmodez, associé à la famille Rouzic. D’autres familles se sont installées par la suite : Libouban, Mahéo, Percevaut en faisant souche dans ce nouveau terroir maritime.

L’évolution des techniques dans le 3ème moitié du 20ème siècle [?] a favorisé la culture en poches.

L’ostréiculture s’est développée autour des îles et des chenaux.

Cette activité a également permis une forme de pluriactivité aux marins-pêcheurs locaux, petits parqueurs après avoir dragué les huîtres sauvages dans la rivière de Tréguier. Cependant, l’ostréiculture s’est développée par la suite de façon intensive et sur des concessions plus importante.

Nous avons repéré deux petites dragues à huîtres traditionnelles en rivière de Tréguier, qui pouvaient également être utilisées dans la rivière du Trieux entre la seconde moitié du 19e siècle et la 2e moitié du 20e siècle, pour la drague des huîtres sauvages sur les gisements de ces deux rivières.

Un certain nombre de dessins aquarellés du peintre douanier Louis-Marie Faudacq illustrent la pêche des huîtres en rivière de Tréguier. Des cartes postales illustrent également cette pêche, des extraits du journal de Tréguier fin 19e siècle et l’affiche de l’entreprise Mahéo à Lézardrieux en 1970.

Aires d'études Bretagne

L’ostréiculture en Trégor-Goëlo (d’après les recherches de G. Prigent, André Le Person et Olivier Levasseur)

Sous l’Ancien Régime

Les huîtres sont appréciées depuis des millénaires. A l’époque gallo-romaine les bancs naturels d’huîtres sont en pleine expansion, les huîtres servent alors à la fabrication d’un condiment très apprécié : le garum.

La présence des gallos-romains sur nos côtes et l’implantation de villas gallo-romaines (sur le Lédano en rivière du Trieux) a pu favoriser la collecte de ces coquillages sur les bancs d’huîtres plates sauvages. Mais c’est surtout au 16e siècle que le commerce des huîtres se développe. L’ordonnance de la marine de 1681 laisse libre la pêche aux coquillages. En 1746, Vallin écrit que cette pêche "procure au menu peuple des villes maritimes [...] une ressource abondante non seulement pour la nourriture et celle de leurs familles mais encore pour le paiement d’une partie de leurs subsides [[...] si le pouvoir maintient cette liberté c’est qu’elle est sans danger car le fond du coquillage est vraiment inépuisable". Duhamel de Monceau rédige en 1769 un "exposé des pesches qui se font sur les différentes côtes", et indique que la pratique de ces pêches est vraiment générale dans tous les départements de Saint-Malo à Brest, qu’il s’agisse de ramassage "à mer basse, à la main ou avec un croc" ou de pêche en bateau "à la drague". Pour la pêche embarquée les avis sont unanimes, le dragage des huîtres apparaît comme la pratique la plus courante à Cancale, Tréguier, dans la rade de Brest...

Contrebande avec la Grande-Bretagne et réglementation

Mais très vite l’évolution de la pêche des huîtres conduira les autorités, devant la menace d’épuisement des gisements à édicter des règlements particuliers : en 1755, le Parlement de Bretagne rend un arrêt qui interdit de draguer des huîtres sur le banc de Tréguier hors toutefois le temps de Carême. Vingt ans plus tard une limitation de la saison de pêche est fixée (du 1er février au 1er mai), et il est défendu de ramasser des huîtres à la main pendant les basses marées dans les mois ou la pêche est prohibée. Il défend aussi de faire des amas d’huîtres sur les berges et grèves depuis La Roche-Derrien jusqu'à l’Ile d’Er. Il interdit également les exportations frauduleuses vers l’Angleterre qui entrepose dans ses propres eaux ces huîtres de contrebande, un commerce interlope qui fait vivre près de 60 personnes à Lézardrieux en 1817.

Mais la Révolution, en supprimant les amirautés, détruit le cadre de cette surveillance et de la police des pêches.

Les débuts de l’ostréiculture

En 1859, l’inspecteur de la marine Victor Coste interdit le colportage des coquillages pendant le temps de leur reproduction. Il met en œuvre les premiers collectages de naissain en baie de Saint-Brieuc et plus tard en rivière de Tréguier afin de reconstituer les huîtrières en rance et en baie de Cancale. Il fixe les modes extensifs d’exploitation et de récolte, expérimente des parcs modèles et propose une gestion collective avec un plan cadastral des huîtrières.

En 1860, le biologiste Bon expérimente l’élevage des huîtres sur des terrains émergés et le passage des huîtres en bassin d’épuration.

La création des premiers parcs à huîtres dans les estuaires du Jaudy et du Trieux

Les premières demandes d’établissement des parcs à huîtres dans les rivières du Jaudy et du Trieux se font au début du 19e siècle : une demande en 1820, deux en 1846, et celles-ci se font croissantes au fil du siècle alors que certaines communes riveraines du canton de Lézardrieux refuseront cette concurrence et cette forme de privatisation des nouveaux concessionnaires sur l’estran, en raison de la collecte du goémon (Lanmodez, 1845).

Les parcs ou dépôts sont dénommés "parcs, claires, réservoirs". Les parcs doivent être blisés.

Les premiers propriétaires de parc sur le littoral du quartier de Tréguier et de Lézardrieux sont généralement négociants ou encore armateurs. En 1848, la branche industrielle la plus développée du canton de Paimpol : l’ostréiculture sur la commune de Plouézec. Les détenteurs sont privés

[?]

armateurs Morand, Disseaux et Héron de Paimpol. 8 parcs en baie de Paimpol afin de repeupler les bancs de Cancale et de Marennes, surexploités.

Les concessions de dépôt varient suivant la surface de la propriété, le nombre de parcs et le type d’établissement huîtrier mis en place. Sont autorisés les parcs et réservoirs à huîtres flottants qui doivent répondre à des critères très précis. Ainsi l’article 2 d’un arrêté du préfet des Côtes du Nord du 6 Janvier 1888, précise que "le parc sera limité à la partie supérieure par un mur ayant 0,8 mètre de hauteur et 0,6 mètre de longueur [...] Il sera balisé à sa partie supérieure par des pieux, dépassant de 2,5 mètres au moins les plus fortes marées, peints en blanc et terminés par un écriteau également peint de la même couleur et portant en caractère noir le numéro du parc à sa partie inférieure". Quant au réservoir flottant, il doit être formé d’une caisse rectangulaire retenue au fond à l’aide de chaînes d’amarres. Ainsi Auguste Le Goaster, obtient l’autorisation de créer un parc à huîtres (30 m x 12 m) sur la pointe de Beg Melen, en la commune de Plouguiel. Il doit pour cela une redevance annuelle de 13 F à l’ Plouguiel. Il doit pour cela une redevance annuelle de 13 F à l’État.

La nécessité d’une étroite surveillance face à la menace d’épuisement du gisement huîtrier

Dès les années 1830 on constate de nombreuses infractions aux règles établies pour la conservation de l’huîtrière et les autorités maritimes estiment que des mesures urgentes doivent être prises.

En 1832 l’Amiral, préfet maritime de Brest, établit un rapport suite à la formation d’une commission. Il demande, vu l’état nécessiteux des familles, de permettre la pêche en bateau six jours par semaine (la pêche à pied étant interdite) et que sa clôture soit fixée à la fin du Carême (22 avril). De même, il veut désigner au quai un point unique où tous les bateaux pêcheurs seraient tenus de décharger leurs huîtres ; et si celles-ci sont inférieures à cinq centimètres (taille minimale des huîtres marchandes) obligation leur est faite de les rapporter immédiatement sur le banc : pour cela un gendarme doit être présent. Le préfet note de plus :

"l’effet désastreux de la pêche à pied qui a lieu toutes les fois qu’en raison des basses mers l’huîtrière se trouve découverte. Cette pêche formellement interdite par le règlement est sans doute la raison principale de l’épuisement de l’huîtrière". Mais il constate que "la répression est difficile car le centre de l’huîtrière est placée devant le quai même de la ville, donc les huîtres sont à portée immédiate de la population".

Mais il est difficile d’empêcher les gens nécessiteux de ramasser les huîtres sur la grève. Cependant la commission réclame un règlement plus strict car "ces infractions sont préjudiciables à la conservation huîtrière mais aussi aux intérêts de la population du pays pour qui l’huîtrière est une source de bien-être".

Cependant les règlements ne sont pas assez précis et la police de Tréguier ne sait plus comment agir quand en 1844, elle est menacée par des pêcheurs : "Des injures et des menaces ont été proférées contre les matelots des services espacés sur la grève, des pierres ont été lancées à un d’entre eux sans qu’il en est été atteint". D’autres plaintes sont formulées car des huîtres sont détruites du fait des pierres lancées, ou encore car le gisement huîtrier s’épuise à la suite de nombreux pillages.

Le maire constate qu’il n’y a aucun respect de la part de certains habitants de sa commune qui ramassent les huîtres au-delà des limites autorisées et ne pensent pas aux conséquences que cela peut entraîner pour le banc naturel. En 1841, il estime que cela élève outre mesure le prix des huîtres et menace d’en tarir la source reproductive.

La pêche à pied, interdite, s’est accrue au fil du siècle vu le nombre de contraventions. La pêche en bateau qui commence normalement en décembre s’ouvre en octobre, date à laquelle les huîtres n’ont pas atteint leur complet développement. Il n’y a pas de triage, et la taille des huîtres n’est pas respectée ce qui est un préjudice énorme pour la reproduction du coquillage.

La pêche en bateau : la ruée vers un gisement très convoité

Pour la pêche en bateau, le règlement se fait également plus strict et se clarifie. En 1860, il est bien fixé : l’exploitation de l’huître dite de Toul an Houillet est autorisée depuis la pointe de Gollu jusqu'à la pointe sud de Min Guen à partir du 22 février jusqu’au 10 avril, le nombre de bateaux étant fixé à vingt et chacun ne pêchant que deux fois par semaine, le lundi et le mercredi.

A Tréguier, en 1860, la pêche des huîtres est autorisée dans la rivière du Jaudy depuis le Bec Mez Even jusqu'à la pointe dite de Saint-Yves, et dans la rivière du Guindy depuis son embouchure jusqu’au pont Saint-François. Elle commence le 22 février jusqu’au 10 avril, le nombre de bateaux ne doit pas excéder quatre-vingt et ils sont divisés en deux séries pêchant alternativement le mardi, mercredi, jeudi et vendredi. Ils doivent appartenir au sous quartier de Tréguier. Le commissaire de l’inscription maritime à Paimpol détermine les lieux où se font le triage et le débarquement des huîtres, et veille à ce que les huîtres de dimensions non réglementaires soient rejetées sur les bancs où elles ont été pêchées.

Le quartier maritime de Paimpol établit un bilan en 1848 :

"L’huîtrière de Toul an Houillet donne des huîtres à peu près d’égales dimensions mais qui restent beaucoup en-dessous de la grandeur de celles qui se consomment à Paris sous la dénomination de marchandes, les meilleures n’entrent dans la consommation de la capitale que comme bonnes moyennes, transportées dans des parcs qui ne sont alimentés que par eau de mer vive, elles ont généralement vite dépéri, ce qui fait croire qu’un mélange d’eau douce serait nécessaire à leur espèce".

En 1845, 57 bateaux avec 171 hommes ont dragué 5 millions d’huîtres

En 1846, 70 bateaux avec 210 hommes ont dragué 2,1 millions d’huîtres

En 1848, 74 bateaux avec 222 hommes ont dragué 2,5 millions d’huîtres

Le produit de la pêche est essentiellement destiné à la consommation locale et environnante de même qu’aux propriétaires de parcs, mais également à l’exportation vers l’Angleterre. Des plaintes sont d’ailleurs formulées contre ces dépôts d’huîtres sur les quais en attente de la livraison. La population se plaint aussi que la vente de ces huîtres soit plus avantageuse pour les étrangers.

En 1848, le banc d’huîtres de Tréguier s’étend sur une lieue et demie (de la pointe Beg Mez Even à la Roche Jaune). Au début du siècle, la pêche en bateau n’est plus autorisée que deux jours par semaine : en 1907 on peut pêcher "le 14 mars de 8 heures à 11 heures le matin sur toute l’étendue de l’huîtrière c’est-à-dire dans le Guindy et le Jaudy depuis la rivière de Pouldouran jusqu’au four à chaux, le 25octobre de 7 heures 30 à 10 heures et le 26 de 8 heures à 11 heures dans le Jaudy entre les limites fixées par la rivière de Pouldouran et une ligne traversant perpendiculairement la rivière à hauteur de la maison des Guézennec".

Suivant les années et pour ne pas menacer le gisement huîtrier, on fixe d’autres limites et d’autres périodes pour pêcher. Il est également souligné que "la pêche en bateau ne doit être exercée qu’à l’aviron et par des bateaux immatriculés à Tréguier, montés par des inscrits de Tréguier". Le poids de la drague y compris le sac, ne doit pas excéder dix kilos et chaque bateau ne doit avoir à son bord qu’une seule drague. Les navires borneurs et caboteurs immatriculés au quartier et présents à Tréguier ainsi que les bateaux de pêche jaugeant au moins sept tonneaux, sont autorisés à draguer avec une annexe qui ne sera montée que par des hommes figurants au rôle de bateau principal. Tout bateau qui n’aura pas armé pendant trois mois au moins à la pêche et au bornage depuis la drague précédente ne pourra prendre part à la pêche des huîtres. Tout inscrit qui n’aura pas figuré sur un rôle pendant la même durée ne pourra pas être embarqué, exception faite en faveur des inscrits demi-soldiers ou retraités des équipages de la flotte.

L’article 6 stipule que deux femmes pourront être embarquées au maximum dans chaque bateau pour faciliter le triage mais elles devront se borner à faire le triage, et il leur est interdit de tenir l’aviron ou la drague. L’article 7 concerne la taille des huîtres : toutes celles inférieures à cinq centimètres devront être rejetées immédiatement sur les bancs. Mais les bateaux dragueurs seront tenus de conserver à bord des fragments d’écaille, poussiers, graviers et autres détritus ramenés par la drague. Ces produits devront être jetés à la mer dans la partie aval du banc Beg Mez Even, soit pendant la durée de la pêche soit après le signal de clôture.

L’article 8 souligne que toute fraude ou tentative de fraude commis pendant la pêche, relativement au jet à la mer après chaque coup de drague des huîtres inférieures à cinq centimètres, sera punie de l’interdiction de pêche. La drague sera immédiatement retirée aux délinquants. L’article 10 indique qu’un signal donné par le bâtiment garde-pêche présent sur les lieux annoncera l’ouverture et la clôture de chaque pêche. A la fin de chaque pêche, tous les pêcheurs devront rallier les points qui seront indiqués par l’autorité maritime locale pour la visite. Ils ne pourront disposer du produit de leur pêche avant cette visite. Enfin l’article 11 souligne que tout parqueur, tout acheteur qui prendra livraison d’huîtres n’ayant pas les dimensions réglementaires sera tenu de faire procéder à un nouveau triage et de faire reporter à ses frais sur le banc désigné à cet effet les huîtres dont la pêche est prohibée sans préjudices de poursuites. En 1891, les parcs seront réservés aux seuls inscrits maritimes.

Ces règlements sont identiques d’une année sur l’autre, du moins jusqu'à la première guerre mondiale, seule la pêche à pied étant susceptible de certaines modifications comme en 1911 où elle n’est pas évoquée dans les règlements et en 1913 où elle est absolument interdite toute l’année et sur toute l’étendue de l’huîtrière.

En 1929, le conseil municipal de Tréguier demande le déclassement d’une partie de l’huîtrière (entre le pont de Canada et le pont de chemin de fer ), "car le maintien de cette réserve insignifiante empêche la circulation et la pêche à pied sur toute l’étendue de la rivière". Le sous-secrétaire d’état au ministère des travaux publics refuse le déclassement car après examen, il estime que l’existence de ce banc n’est susceptible d’apporter aucune entrave à la circulation sur le Jaudy, et "il risquerait de tarir rapidement une source de profits très appréciable pour les pêcheurs de profession". Par contre, il rappelle que la pêche à pied y est effectivement interdite et pour la protection même du gisement coquillier.

Le développement de l’ostréiculture

Jusqu'à la dernière guerre, l’ostréiculture est restée lente, le centre de Tréguier plus attaché à sa tradition de pêche a manifesté un réveil tardif. Au début du siècle, l’huître plate (ostrea edulis : bon à manger) cohabite désormais avec l’huître creuse ou portugaise dont l’importation a été autorisée par le gouvernement de Napoléon III pour repeupler les gisements côtiers. En 1920, une maladie anéantit presque totalement l’huître plate mais épargne la portugaise qui va alors assurer l’expansion de l’ostréiculture pendant une cinquantaine d’années ; en 1967 elle disparaît du fait d’une autre maladie et est remplacée par la japonaise (crassostrea gigas : géant), l’huître creuse que nous pouvons déguster aujourd’hui. L’huître plate existe toujours mais du fait de sa fragilité par rapport à l’huître creuse et de sa moindre abondance, elle se vend un peu plus cher.

Quant à l’expansion des exploitations, elle est surtout le fait de l’après-guerre. En 1945 deux points seulement méritent le nom de centres ostréicoles en Bretagne-Nord : Morlaix et Cancale (105 et 55 hectares). Les autres se réduisent le plus souvent à quelques parcs situés exceptionnellement dans une baie ou à l’abri des rivières comme dans le Trieux (8 ha) et le Jaudy de la Roche Jaune à Plougrescant en aval de Tréguier (8 ha). L’identité des lieux est frappante après 1960 : les exploitations sont situées à proximité des anciens bancs naturels dans la partie amont des rivières, ce sont bien souvent des vieux dépôts d’huîtres de drague, progressivement transformés en parcs de culture, ils ne sont pas ravitaillés par les gisements locaux plus ou moins épuisés mais par des apports extérieur du Morbihan et du Sud Finistère. Les entreprises sont de taille modeste et la production est d’un millier de tonnes, mais plus de la moitié relève de Morlaix.

De 1947 à 1957, les concessions passent de 200 à 1700 hectares. Après 1960, les surfaces doublent et les concessions en eau profonde remplacent les anciens parcs. Dans la rivière de Tréguier les concessions perdurent jusque dans les années 1970, mais les exploitations sont de petites tailles (5 ha) : 42 concessions couvrent 35,5 hectares ; on compte 8 pêcheurs et 5 ostréiculteurs purs. Les chantiers sont en majorité regroupés à la Roche Jaune en Plouguiel, sur la rive gauche de l’estuaire. C’est le plus petit centre ostréicole autonome de Bretagne Nord : sa production oscille entre 100 et 200 tonnes.

En 1969, un dragage a eu lieu sur le gisement de Toul an Houillet dans le Trieux : 70 bateaux ont pêché 60 tonnes d’huîtres. Le banc a été progressivement dégradé par les prélèvements de sable faits dans la rivière et la pêche a été interdite en 1970. Dans le Jaudy, 40 bateaux ont pêché 31 tonnes d’huîtres pour un jour de pêche en 1970. Depuis, la pêche y a été interdite. Ces bancs étroitement surveillés par l’administration et l’Institut Scientifique et Technique des Pêches Maritimes (ISTPM), n’ont pas fait l’objet de reconstitution comme ceux de la rade de Brest.

Période(s) Principale : Temps modernes, Epoque contemporaine

Références documentaires

Documents d'archives
  • Enquête de Le Masson Du Parc en 1723 sur les pêcheurs de basse eau dans les paroisses de l’Amirauté de St-Brieuc : noms des pêcheurs à pied (par paroisse) et caractéristiques de leur pluri-activité littorale, descriptif monographique des métiers de l’estran et de leur environnement (Archives nationales et Archives de la Marine).

  • "Voyage d’exploration de Coste en 1851 sur le littoral de la France" : extraits de son rapport sur la baie de Saint-Brieuc, avec l’introduction des fascines pour le collectage du naissain d’huîtres, pour reconstituer les bancs d’huîtres sauvages, avec le dessin des fascines...

    Archives départementales des Côtes-d'Armor
  • Pêche aux huîtres 1917 new : arrêté municipal de Pouldouran pour les autorisations de pêche aux huîtres en 1917.

Documents figurés
  • FAUDACQ, Louis-Marie. "La pêche aux huîtres en rivière de Tréguier". L’Illustration, 1873.

  • FAUDACQ, Louis-Marie. "Triage et vente des huîtres devant le quai de Tréguier”. Le Yacht, 1893.

Bibliographie
  • DARDEL, Eric. E des pêches sur les côtes de la France Occidentale d'après les rapports de Le Masson du Parc. Paris : PUF, 1941.

  • GUILLET Jacques et GUILLET Ronan, L'ostréiculture en Bretagne de 1850 à nos jours, Coop Breizh, Spézet, 2008

  • PRIGENT, Guy. LEVASSEUR, Olivier, BOELL, Denis-Michel. Faudacq, œuvres marines. Éditions Apogée, 2003, 111 p.

Périodiques
  • Pêche aux huîtres : extraits du journal de Tréguier 1886-1887.

  • Pêche aux huitres : extraits du journal de Tréguier, 1937.

  • LE PERSON, Gwenaëlle et André. "Les huîtrières du jaudy et du Trieux”. Le Chasse-Marée n° 147, novembre 2001, p. 22-35.

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