Logo ={0} - Retour à l'accueil

L'architecture religieuse de Noyal-sous-Bazouges

Dossier IA35049589 réalisé en 2012

Fiche

Aires d'étudesPays de Fougères
Dénominationscroix monumentale, oratoire
AdresseCommune : Noyal-sous-Bazouges

Chronogrammes : 1665, 1674, 1746, 1772, 1780, 1785, 1812, 1813, 1830, 1831, 1847, 1860. Outre l´église - qui fait l´objet d´une étude individuelle -, le patrimoine religieux de Noyal-sous-Bazouges se caractérise par la présence de l´oratoire de saint Nicolas et surtout par une forte densité de croix de chemin. L´oratoire de saint Nicolas, situé au bord d´une route à mi-chemin entre l´écart de Loup Pendu et les Bouillons, est constitué d´une niche en pierre construite récemment, dans laquelle est conservée une statue ancienne représentant saint Nicolas. Saint Nicolas, à l´origine évêque de Myre en Asie Mineure, est connu pour sa bonté envers les pauvres et les enfants et pour être le patron des marchands et des écoliers. Situé au carrefour des anciennes routes gauloises, il serait vénéré en cet endroit depuis le Moyen-âge et est connu pour ses nombreuses guérisons, notamment de maladies infantiles. Aujourd´hui encore, des parents déposent autour de la statue des objets appartenant à leurs enfants pour demander leur guérison. La légende raconte que l´oratoire a été entretenu par un mystérieux mendiant, inconnu de la population, portant toujours sur son épaule une corneille. Des paysans l´auraient vu rendre son dernier soupir aux côtés de saint Nicolas et sa corneille se serait envolée en emportant l´âme de son maître au Paradis. Les croix Il existe sur la commune de Noyal-sous-Bazouges, une quarantaine de croix de chemin, visibles sur le bord des routes, aux croisements de chemins et dans les écarts. La plupart des croix ont été érigées à la fin du 18e siècle et au 19e siècle, mais il y a aussi quelques exemples de croix datant du 17e siècle. Toutes les croix qui nous sont parvenues sont taillées dans du granite, matériau que l´on trouve en quantité dans le sol de la commune. Les croix du 17e siècle présentent un décor caractéristique. Les hampes et les bras sont chanfreinés et le bas de la croix est souvent orné de boules taillées dans le granite. On peut voir ce type de croix sur la route menant à Lalaire, à la Sainte-Bertière, à la Fosse Poisson, au Rocher ou sur un chemin de terre aux Méserais. La croix se trouvant au Rocher porte sur le fût et les bras le nom du commanditaire et la date 1665. Plusieurs croix datant de la fin du 18e siècle et de la première moitié du 19e siècle, reprenant une même typologie, nous sont parvenues. Ainsi, on trouve de nombreuses croix pattées, c'est-à-dire dont les bras de la croix vont en s´élargissant. Les fûts sont souvent chanfreinés et peuvent avoir une niche à statuette, même si de nos jours les statuettes ont majoritairement disparu. Le fût est décoré de boules de granite, notamment dans sa partie basse et porte parfois l´inscription INRI (acronyme latin signifiant Jésus de Nazareth, roi des juifs). Une croix de ce type se trouve aux Trois Croix, au niveau de la petite chapelle privée. Elle porte une inscription sur son socle et surtout la date 1772 sculptée sur le bas du fût. Non loin de là, couchée sur un talus entre la Bécanière et la Ville Cohin, une croix identique porte sur son socle la date 1841, de même à Jaunet avec une croix datée de 1812. Ces trois croix nous permettent de dater les autres croix de ce style de la deuxième moitié du 18e siècle et de la première moitié du 19e siècle. Deux autres croix sont visibles dans un champ à la Ville Bigot et sur le chemin menant au Polygone. D´autres croix similaires n´ont pas de niche mais sont ornées d´un christ en granite taillé dans la masse. C´est le cas aux Cours Coupées, à la Ville Bigot, à la Ville Cohin. Ce type de croix pattée est une particularité de la commune où on en trouve en grand nombre. Les autres croix que l´on voit sur la commune datent de la deuxième moitié du 19e siècle et du début du 20e siècle, période la plus prolifique en la matière. A cette époque, les croix sont standardisées et réalisées dans du granite issu des carrières. Extraite en profondeur, la pierre présente une couleur bleutée, d´où le nom de « granite bleu ». Les fûts des croix sont droits, de section carrée ou décorés d´un léger chanfrein. De silhouette plus élancée, elles disposent le plus souvent d´une niche à statuette. La plupart des socles portent une inscription gravée dans la pierre indiquant le nom de la famille qui a fait élever la croix et l´année. Par exemple à la Fosse Poisson, on peut lire sur le socle de la croix « ELEVEE PAR LOUIS LERAY ET MARIE COBAS SON EPOUSE 1860 » ou encore au nord du bourg, le long de la RD87, « ELEVEE EN MEMOIRE DE PIERRE POIRIER PAR MARIE ROUSSEL ET LEURS ENFANTS 1872 ». Un autre type de croix apparaît à la limite du 19e siècle et du 20e siècle. Il s´agit de croix dont les bras sont trilobés. Il y en a plusieurs exemplaires sur la commune, comme dans le bourg ou à la Bécanière. On trouve également des croix du début du 20e siècle, de section circulaire, sans décor ni niche, comme à la Jaunet, couchée sur un talus. Cas particuliers La Croix Hampin Dans un carrefour peu après le Quartier, sur la route de la Grettais, une petite croix est disposée à l´entrée d´un champ. Il s´agit de la Croix Hampin, dont le nom fait référence à son fondateur. La particularité de cette croix est qu´elle est ornée sur son fût d´un écusson portant quatre fleurs de lys. Ce décor est le même que sur la cheminée d´une maison de maître située au Pont. La croix de Chalonge La croix dite "de Chalonge" est en réalité la croix ornée d'un Christ qui se trouve aux Cours Coupées. Celle qui se trouve à l´entrée du Chalonge a été amenée à cet emplacement au début du 21e siècle pour remplacer une croix plus ancienne qui avait disparu. La légende raconte que l´oratoire a été entretenu par un mystérieux mendiant, inconnu de la population, portant toujours sur son épaule une corneille. Des paysans l´auraient vu rendre son dernier soupir aux côtés de saint Nicolas et sa corneille se serait envolée en emportant l´âme de son maître au Paradis. Les chapelles Il y avait sur la commune deux chapelles qui ont aujourd´hui disparu. Il reste quelques vestiges de la Chapelle du Rocher-Blot près de la Corbinière et une porte de l´ancienne chapelle du manoir du Quartier, qui a été transférée au château de Beauvais. La chapelle du Rocher-Blot La chapelle Notre-Dame de Bon-Secours dépendait du manoir de la Corbinière qui est aujourd´hui détruit et remplacé par une étable. Dans son ouvrage sur Noyal-sous-Bazouges en 1939, Théodore Chalmel décrit cette chapelle, qui est déjà « à l´état squelettique » : « Le bâtiment de forme rectangulaire, construit en moellon, mesure 8m sur 7m. Sa charpente supporte un toit couvert d´essaves. A l´intérieur on voit des murs passés au lait de chaux, un autel et d´antiques statues. Le linteau de l´entrée principale contient cette inscription Fondée par François Bôcher et Jeanne Ménard, 1670 ». Les fondateurs sont les anciens propriétaires de la maison noble de la Corbinière.

La Chapelle Sainte-Suzanne

La chapelle du 15e siècle était érigée au manoir du Quartier. Il n’en reste aucun vestige in situ, mais une de ses portes de style gothique a été transférée au château de Beauvais. D’autres éléments ont pris place dans le manoir lui-même dont une statue en bois.

Par ailleurs, dans l’écart des Cours Coupées, la présence sur une maison d’un décor de calice sculpté sur une pierre de réemploi laisse

supposer qu’il y avait dans ce secteur une maison de prêtre, dont les pierres ont été réutilisées pour la construction d’autres maisons.

Période(s)Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Mursgranite
Décompte des œuvres repérés 50
étudiés 6

Annexes

Références documentaires

Bibliographie
  • BADAULT, Dominique. CHEVRINAIS, Jean-Claude. ANTRAIN et son canton. Chronique de la vie quotidienne 1880-1950. Editions Danclau, 1996.

  • BANÉAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine. Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1927 ; reprint, Mayenne : Editions Régionales de l´Ouest, 1994.

    t. 2, p. 508-510
  • CHALMEL, Théodore. Monographie de la commune de Noyal-sous-Bazouges, Anciennes familles. Rennes, Imprimerie Simon, 1908.

  • CHALMEL, Théodore. Noyal-sous-Bazouges, Ille-et-Vilaine Rennes, 1939.

  • GUILLOTIN DE CORSON, Amédée. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. Rennes : Fougeray, Paris : René Haton, 1883, 1884, 1886.

    p. 357 à 361
  • L'architecture traditionnelle dans le canton d'Antrain. Association pour la Promotion du Patrimoine d'Antrain et de son Canton, 1985.

  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic Editions, 2000. (Le patrimoine des communes de France).

    p. 62-66