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Inventaire du patrimoine culturel maritime des estuaires de Tréguier et du Trieux (dossier thématique)

Dossier IA22133414 réalisé en 2018

Fiche

L’aire d’étude : un Inventaire des patrimoines maritimes et estuariens du Pays de Tréguier

- Le territoire étudié fait partie du Trégor maritime et jouxte deux presqu’îles : la presqu’île de Plougrescant (canton de Tréguier) et la presqu’île de Pleubian (canton de Lézardrieux), séparées par la rivière de Tréguier et la rivière du Trieux, trait d’union entre le Trégor et le Goëlo.

- Il s’agit d’un territoire inégalement exploré par l'Inventaire du patrimoine des communes littorales, réalisé par le Département des Côtes d’Armor (en convention avec le Service Régional de l’Inventaire), entre 2002 et 2010, mais sans prendre en compte les communes de fond d’estuaire (Tréguier, Minihy-Tréguier, La Roche-Derrien, Trédarzec, Pouldouran).

Le territoire inventorié inclut en priorité les communes littorales suivantes : Plouguiel, Tréguier, Minihy-Tréguier, Pouldouran, La Roche-Derrien, Troguéry, Pommerit-Jaudy, Trédarzec, Pleudaniel, Pleubian, Kerbors, Plougrescant et Lézardrieux.

La présente opération d'inventaire permet de montrer les composantes identitaires de ce territoire et de mettre en exergue des identités culturelles et des thématiques communes à l'ensemble du territoire de Lannion-Trégor Communauté. Elle prend en compte les précédentes études d'inventaire en intégrant et en complétant les dossiers existants du service de l’Inventaire sur les communes de Tréguier, La Roche-Derrien, Pommerit-Jaudy, Pouldouran et Troguéry.

Les champs d'investigation spécifiques de l'étude d'inventaire

-Un territoire littoral qui s'articule sur une interpénétration terre / mer.

- Une définition ouverte du patrimoine maritime, prenant en compte toutes expressions des identités maritimes locales (dont les identités sonores maritimes, la tradition orale, les savoir-faire, les usages, les représentations culturelles, l’ethnologie maritime, et le patrimoine bâti littoral et maritime (ouvrages maritimes de génie civil, ouvrages d’art portuaire, aménagements portuaires, constructions littorales, signalisation maritime, ouvrages de défense militaire, ouvrage de défense contre la mer, routoirs, pêcheries, artisanat maritime, entreprises liées à la mer, ressources marines, etc.), les objets mobiliers témoins, signifiants de l’histoire maritime (les bateaux, les outils et apparaux de pêche). Un corpus de données à la fois matérielles et immatérielles qui définit le paysage culturel maritime de ce territoire.

Enjeux et objectifs : un inventaire à projets. Inventorier pour protéger, transmettre, partager, valoriser

En dépit de leur intérêt, ces patrimoines sont aujourd'hui menacés du fait de l'absence de reconversion de certains secteurs maritimes (port de fond d’estuaire en déshérence comme Pouldouran ou Camarel), de la pression foncière, des risques naturels (érosion) et humains (désaffection, manque d'entretien, destruction), d'une méconnaissance de la part des différents acteurs mais également de l'absence de protection juridique (patrimoine non protégé, pour les cimetières marins, les pêcheries, les petits ouvrages littoraux).

Cet Inventaire a donc pour but de constituer une base de connaissances sur la nature, la quantité, la qualité, la répartition géographique, les usages actuels et l'état de conservation de ces patrimoines. Il intègre également les enjeux et les ambitions de la démarche GIZC (Gestion intégrée des Zones Côtières) du Pays du Trégor (mouillages d’intérêt patrimonial, développement d’un tourisme Terre-Mer par la voie des estuaires, maintien des activités primaires, plaisance durable, prise en compte du changement climatique dans les usages littoraux, la gestion du GR34, etc.).

Le partage d’une culture littorale commune, l’analyse de l’évolution des identités maritimes, des espaces côtiers et des usages littoraux participent d’une meilleure compréhension des enjeux du littoral, de la zone côtière et en particulier des estuaires, dont les ports ont de tout temps structuré l’économie rurale et maritime en Bretagne (les anciens ports de fond d’estuaire). Les estuaires sont aussi des lieux d’échange terre-mer, du point de vue tant écologique qu’économique.

Pour ce faire, l’association organise des causeries, des conférences, des balades commentées sur les sites, édite des documents historiques et projette l’édition d’un ouvrage sur le cabotage à la voile et un guide découverte des estuaires.

La constitution de ce corpus de connaissances vise à permettre à la communauté de d’agglomération de Lannion Trégor communauté et aux communes adhérentes de définir des orientations en matière de conservation et de valorisation de ces patrimoines, dans les politiques locales en matière d'aménagement du territoire (SCOT du Trégor) et de tourisme culturel (port d’intérêt patrimonial, circuit d’interprétation, label Pays d‘art et d’histoire).

Les thématiques

Toutes ces thématiques sont traitées de façon non exhaustive, avec des textes historiques et descriptifs, une bibliographie, des illustrations, des collectes orales

- Les ouvrages d’art du génie civil (ponts, viaducs, aqueducs, chemin de fer, infrastructures portuaires)

- Les murets littoraux

- Les pêcheries

- Les ports et mouillages d’intérêt patrimonial

- Ouvrages de défense littorale (corps de garde, batteries, postes de guet, douanes, etc.)

- Éléments de signalisation maritime (balisage, phares)

- Activités de production, commerciales et/artisanales ou industrielles (fours à chaux, moulins, usines à gaz et électricité, commerce de charbon, lin, chanvre, huile, de bois et matériaux, usine de goémon, etc.)

- Constructions navales et bateaux traditionnels

- Cabotage, bornage

- Pêches côtières

- Pêches d’estran (coquillages, huîtres, algues, sable, maërl)

- Ostréiculture

- Traditions goémonières

- Les estuaires du Trieux et de la rivière de Tréguier

- Grande pêche et long cours

- Pilotage et instructions nautiques, naufrages et fortunes de mer à Tréguier

- Chapelles votives, ex-voto, croix, fontaines votives

- Régates et fêtes maritimes

- Objets témoins de l’histoire maritime locale, maquettes, apparaux, matériel

- Documents matricules

- Armoiries

- Photos, illustrations, portraits de bateaux

- Peintres, illustrateurs, chroniqueurs de la vie littorale et maritime (L. M. Faudacq, peintre douanier référent)

Restitution et valorisation de l’inventaire

L’association"Océanide" organise et anime régulièrement depuis le début de l’inventaire des "causeries" et des conférences sur les thèmes maritimes étudiés, auprès d’un large public et en partenariat avec les établissements scolaires, les médiathèques les EPHAD, les associations locales (ARSSAT, L’Image qui parle à Paimpol). Elle accompagne des randonnées thématiques (ouvrages d’art du génie civil et militaire, découverte du patrimoine littoral) à terre et en estuaire et a participé en 2018 aux journées européennes du patrimoine sur le pays de Tréguier. L’association fait également itinérer son exposition sur le cabotage à la voile sur le territoire de Lannion Trégor Communauté (LTC) et en été 2019 à Cardiff au pays de Galles. Elle se propose d’éditer un ouvrage collectif sur les goélettes bretonnes, voiliers caboteurs du Trégor-Goëlo 1920-1940.

(Guy Prigent, 2019).

Annexes

  • Les thématiques de recherche

    Le recensement du patrimoine maritime bâti et des héritages culturels maritimes du pays de Tréguier, tant matériels qu’immatériels, a fait ressortir un certain nombre de thématiques que nous avons développées selon leurs particularités dans des dossiers de recensement et des dossiers d’étude. Cette étude se veut complémentaire de l’inventaire du patrimoine des communes littorales des Côtes d’Armor réalisé entre 2002 et 2010, dont certains dossiers ont pu être réactualisés et enrichis de nouvelles illustrations et de témoignages oraux. Nous avons également fait des liens avec une partie des dossiers existants. Ce recensement fait aussi l’objet de dossiers d’étude.

    Les pêcheries

    Les pêcheries repérées et/ou étudiées sont datées entre l’Age du Fer et la 2ème moitié du 20ème siècle. Les plus nombreuses sont datées du 19ème siècle. Une cinquantaine ont pu être dénombrées. Ces pièges à poissons, en pierre, sont nombreuses sur l’ensemble du territoire, en estuaire et en bord des côtes rocheuses, dans les lagunes des îles, entre les sillons de galets et les deux presqu’îles de Pleubian et de Plougrescant. Ces pêcheries ont pu être réutilisées de façon contemporaine par des poseurs de filets ou de lignes de fond et par des ostréiculteurs pour introduire leurs parcs sur-élevés dans ses reliefs protégés de la houle du large par ces talus empierrés.

    Pêcherie des Moines, île d'Er (Plougrescant)

    Réservoirs : les pêcheries de l'Île d'Er (Plougrescant)

    Réservoirs : pêcheries sur la commune de Lézardrieux

    Réservoirs : pêcheries sur la commune de Pleubian

    Réservoir : pêcherie de l'île Maudez (Lanmodez)

    Réservoir : la pêcherie de Enez Covec (Kerbors)

    Les ports et mouillages d’intérêt patrimonial

    Nous avons repéré et étudié en complément de l’inventaire déjà réalisé sur les communes de Plougrescant, de Plouguiel, de Pleubian et de Lézardrieux, un certain nombre de sites portuaires datés du 19ème siècle. Ces sites portuaires méritent d’être redynamisés, revalorisés et réinvestis afin d’accueillir des voiliers traditionnels (en hivernage ou en site d’attente) et de se doter de petits équipements (mobilier portuaire, équipements de service, rampe d’accès à la mer) :

    - le port de la Roche-Jaune et l’anse de Palamos, Beg Mélen en Plouguiel

    - le port de Pouldouran

    - le site portuaire de Camarel en Pleudaniel

    - Port-Béni en Pleubian

    - Le port de Laneros en Pleubian

    - le port de Tréguier

    - Le Castel et Porz Hir en Plougrescant

    Ces sites portuaires pourraient aussi faire l‘objet d’un plan d’interprétation sur leur histoire maritime et l’évolution de leurs activités (ancien port sablier-goémonier, de cabotage).

    Le front de mer de la rivière de Tréguier, le Jaudy (Plouguiel)

    Le port de la Roche-Jaune (Plouguiel)

    Front de mer du Trieux (Lézardrieux)

    Front de mer du Trieux (Ploubazlanec)

    Front de mer du Trieux (Lézardrieux)

    Port-Béni (Pleubian)

    Écart dit village de Lanneros (Pleubian)

    Port : Port du Castel (Plougrescant)

    Pors Hir : Pors an heol (Plougrescant)

    Éléments de signalisation maritime (balisage, phares)

    Le balisage monumental des estuaires du Trieux et du Jaudy est daté de la seconde moitié du 19e siècle, complété et modernisé au cours du 20ème siècle par des bouées, des perches et de nouveaux dispositifs technologiques pour leur autonomie énergétique. Les balises tourelles maçonnées sont nombreuses (en particulier sur le Trieux) à côté des trois principaux phares en mer : le phare des Héaux de Bréhat (1840), le phare de la Corne (1876) et le phare de la Croix (1865-1949). Le balisage de la rivière de Tréguier en 1886 était assuré par un petit sloop de 1, 8 t, Il servait à la remise en place des balises et à la peinture des tourelles, secondé par le canot creux "Auguste-Marie", construit en 1859 pour le roulement des gardiens et l’approvisionnement du phare de la Corne, allumé en 1876. Il faudra attendre 1906 pour qu’un grand vapeur neuf "Léonord Fresnel" prenne la relève pour l’ensemble du balisage des Côtes du Nord.

    Balises et phares sur la commune de Lézardrieux

    Phares et balises sur la commune de Pleubian

    Les phares et les balises sur la commune de Lanmodez

    La balise-amer de Roc'h Skeiviec (Kerbors)

    Activités de production, commerciales et/artisanales ou industrielles

    Nous avons repéré et/ou étudié de nombreuses activités industrielles et artisanales liées aux commerces du port de Tréguier, dont la plupart ont disparu ou ont été désaffectés (magasin pour les céréales, scierie pour le bois, usine à gaz). Les moulins à marée ont été transformés en habitation (moulin à marée de Pleudaniel), en commerce (moulin à marée de Trédarzec ou ont disparu, à l’été de vestiges (moulin mer de Lézardrieux), alors que leurs biefs existent encore mais sont très envasés. Le four à chaux du kestellic sur la rive gauche du Jaudy en Plouguiel, propriété privée a conservé son bâti et ses murs de quai. L’ancien dépôt (remise à machines et voitures) de la gare de Tréguier a été transformé en brasserie. Les hangars Guézennec servent aujourd’hui de hangars à bateaux pour la réparation de plaisance.

    L’ancienne usine de Goémon de Pen Lan en l’Armor-Pleubian, 1898-1982 (Usine Maton puis CECA) a été remplacé par un centre de recherche en algologie. Nous avons pu compléter la documentation sur cette ancienne usine (photographie et collectage oral).

    Dossier IA22014794

    Dossier IA22014302

    Bateaux traditionnels et constructions navales

    Nous avons repéré plusieurs bateaux traditionnels de plaisance dans le pays de Tréguier, dont le canot « Louiten » de Yves Monfort, dont la coque est inspirée des canots misainiers de la rivière de Tréguier. Ce canot mériterait un relevé de plan. Nous avons également repéré le voilier de plaisance « Girl Joyce » de Yvon Le Corre daté de 1855, ancien pilote de Jersey en 1934 et le smack « Edith » daté de 1890. Un autre bateau, ancien goémonier de 1959, passé en plaisance « La Madeleine » a été restauré par une association de bénévoles à Pleubian et navigue aujourd’hui. Ces voiliers mériteraient d’être conservés dans des mouillages naturels du type « mouillages d’intérêt patrimonial ».

    Nous avons également fait des recherches sur des bateaux traditionnels aujourd’hui disparus (bateaux goémoniers et bateaux sabliers de la rivière de Tréguier).

    Il y avait peu de chantier naval sous abri dans le Trégor au 19e et dans la 1ère moitié du 20e siècle hors le chantier Bernard à Pors Skaff en Plougrescant (construction à rablure ronde) et le chantier Urbain à Buguéles, qui contruisait à rablure droite (Île Balanec) avant la seconde guerre mondiale. Les canots goémoniers construits à Plougrescant et à Buguéles pour la pêche et le goémon mesuraient entre 13 et 18 pieds de quille, tous gréés en misainier. Quelques charpentiers itinérants intervenaient en plein air sur les coques des bateaux (Briand, kerleau).

    Il n’existe plus aujourd’hui de chantier traditionnel en activité sur le pays de Tréguier après la fermeture du chantier Clochet début des années 2000.

    Dossier IA22012074

    Dossier IM22005824

    Dossier IM22005975

    Dossier IM22005973

    Cabotage, bornage

    Tréguier et Lézardrieux furent des ports de bornage et de cabotage, Tréguier a pu armer un peu pour la Grande pêche fin 19e siècle, mais surtout au cabotage trans-Manche pour l’exportation des poteaux de mine et des pommes de terre primeurs (la Duke) en Grande-Bretagne de la Cornouaille au Pays de Galles, en ramenant du charbon. On peut citer les capitaines Nicolas et Kervisic de Tréguier (goélettes « Océanide » et « Hermann »), les capitaines Eléazar et Fanch Meudal (dundees « Dixi » et « « Idéal »). La Roche-Derrien et Pouldouran furent également un port d’escale pour les sabliers et goémoniers, et Pont-Rod (Pommerit-Jaudy) plus en aval. Il faudrait aussi signaler le quai du Moulin de la Flèche à Langoat. De nombreux petits ports d’échouage de la côte de Pleubian (Port-Béni- le port de Talbert, de Laneros) ont pratiqué le bornage et favorisé des vocations maritimes. Les fameux capitaines de Pleubian ont créé une filière de mains de commerce au début du 20ème siècle, que cite le cdt Lacroix dans son ouvrage « les écraseurs de crabes », et que complète l’inventaire des marins et des bateaux du canton de Lézardrieux de M° Bohée près et fils.

    Témoignages de L’Hégarrat, Y.M. Croajou, Yves Le Saux et Yves Le Guen. Un jeu de poulies simples ayant appartenu au sloop goemonier Louis-Marie de L’Armor-Pleubian.

    Dossier IM22005995

    Dossier IM22005399

    Grande Pêche

    Le port de Tréguier a armé quelques goélettes fin 19e siècle à la Grande pêche, cependant ce sont davantage des bateaux chasseurs qui ont pratiqué le commerce triangulaire (sel au Portugal pour l’Islande, retour avec la 1ère pêche et vente de la morue à Bordeaux et Marseille).

    Les éléments suivants témoins de la grande pêche ont été recensés :

    - Compas de doris

    - Statuette en bois sculpté "Pêcheur d'Islande"

    - Plombs de pêche à la morue

    - Un jeu de poulies simples ayant appartenu au sloop goemonier Louis-Marie de L’Armor-Pleubian.

    Les pêches côtières

    Les pêches côtières sont peu représentées sur le Pays de Tréguier. Il n’y a pas véritablement aujourd’hui de port de pêche hors quelques havres qui abritent à La Roche-Jaune en Plouguiel et Port-Béni en Pleubian un ou deux bateaux de pêche polyvalents (lignes, filets, casiers). Cependant, au cours du 19e siècle et jusqu’à la 1ère moitié du 20ème siècle, ces petits ports, dont Pouldouran et Lézardrieux étaient fréquentés par une flottille plus nombreuse de canots de moins de 7 mètres armés l’hiver au goémon (avec un gréement de misainier) et l’été (avec un gréement à corne) aux arts traînants (filets, dragues) et aux lignes et casiers. La famille Monfort en particulier de Pont-Rod en Pommerit-Jaudy pratiquait la pêche au saumon (à la cisaille) et autres espèces (huîtres à la drague et crevettes au casier) en amont du pont Canada, et les arts dormants (filets de pose, sennes) dans la baie de l’Enfer et jusqu’aux îles d’Er (la grande Île Verte). Il faut aussi évoquer la pluri-activité de la population littorale du Trégor, marins-paysans, tel que le cite l’inspecteur des pêches Le Masson du Parc au 18ème siècle, « pêcheurs de pied-laboureurs », une caractéristique qui va perdurer au 19ème siècle et jusqu’au au 1er quart du 20e siècle (témoignage Yves et René Monfort).

    L’un des derniers canots de pêche, reconvertis à la plaisance le « Goéland » a changé de quartier maritime.

    Dossier IM22005973

    Dossier IM22005843

    Dossier IM22005824

    Pêches d’estran (coquillages, huîtres, algues, sable, maërl)

    Les pêches d’estran à pied représentaient une pratique vivrière majeure en Trégor depuis les temps anciens jusqu’à une période récente. Les ressources minérales, végétales et fruits de mer ont nourri la terre mais aussi les hommes. Les techniques de pêche à pied sont nombreuses et différentiées. La pêche des coquillages, des huîtres en particulier sur les gisements naturels des estuaires avant de se transformer en élevage, a été fructueuse jusqu’au 1er quart du 20ème siècle. Les pêches à la main (plies et autres poissons plats), ou au croc (ormeaux), à la senne et au havenet (crevettes) sont toujours pratiquées sur les estrans sablo-vaseux et les grands platiers rocheux au large du Sillon de Talbert.

    Témoignages de Bernard Padel, Marcel Queiniec, chanson « An tamm tro an aod » de Eugène Turnier.

    - Casier à homards traditionnel

    - Hotte de pêcheur à pied traditionnelle

    - Dragues

    - Havenet

    Dossier IM22005996

    Dossier IM22005988

    Dossier IM22005982

    Dossier IM22005980

    Dossier IM22005984

    Les sabliers et goémoniers de la rivière de Tréguier, à partir des photos et des dessins du fonds Faudacq

    La collecte du sable et du maërl à l’embouchure de la rivière de Tréguier sur le banc de la Pie et des algues autour des îles d’Er et du Sillon de Talbert a été une source d’inspiration et de chroniques ethnographiques pour le peintre douanier Louis-Marie Faudacq (1840-1916). La richesse de ce fond de dessins et de photos (collection privée) a permis de faire découvrir des types de bateaux misainiers armés au sable et au goémon, dont il n’existait aucune iconographie.

    En1941, Yves Monfort raconte avoir remonté à la voile la rivière de Tréguier jusqu’à Pouldouran avec cinquante autres goémoniers. Les misainiers à tableau ont remplacé les culs pointus. Ces bateaux sabliers et goémoniers disposaient d’un treuil en avant du mât pour serrer le guindant (spécificité locale).

    Témoignage de Yves Monfort et Jean Kerleau.

    Les sabliers « modernes », motorisés et équipés d’un crapaud, qui fréquentaient régulièrement les deux estuaires ont aussi été étudiés, dont l’armement Jolu (« Azalée) et Perrot « 17 août), ainsi que les navires de la CAN (Groupe Roullier), qui approvisionnent encore aujourd’hui le port de Tréguier.

    Dossier IM22005824

    Paysages culturels maritimes des estuaires de la rivière du Trieux et de Tréguier

    Les estuaires du Trieux et de la rivière de Tréguier (Jaudy et Guindy) sont à la fois des rias aux paysages vallonnés, aux versantsb parfois boisés (comme le Trieux) ou cultivés (Le Jaudy), que les peintres ont su dessiner et décrire comme Louis-Marie Faudacq. Nous avons croisé leur histoire maritime avec les dessins de L. M. Faudacq.

    Régates et fêtes maritimes

    Les régates en série de bateaux de pêche et de voiliers de plaisance ont été particulièrement actives à Tréguier, relayées par les régates de la Roche Jaune aujourd’hui (elles existaient déjà fin 19ème siècle).

    D’autres petites régates locales ont existé entre pêcheurs locaux : dans la Baie de Laneros en Pleubian et à Plougrescant entre misainiers.

    Si l’on s’attarde sur les dessins que Faudacq publie entre 1884 et 1894 dans la revue Le Yacht, on reconnaît certains des navires appartenant à des membres de l’Union des yachts français : Le yacht de Le Goëland, cotre de 6,6 tonneaux, dont le port d’attache est Tréguier et qui appartient à M. Poulain de Saint-Père, sera représenté à plusieurs reprises, notamment lors de sa construction en 1887, en mer puis lors de sa seconde place aux régates de Brest cette même année. Nous avons relevé les régates de Tréguier de 1890 à 1936 dans le Journal de Tréguier.

    Traditions goémonières entre Pouldouran et Pleubian

    Le goémon est lié à l’identité locale des deux presqu’îles de Pleubian et de Plougrescant, avec un vocabulaire spécifique en breton pour chaque algue et son utilisation (kaolaj ru et kaolaj daze). Le port de Pouldouran abritait une dizaine de misainiers qui pouvaient démâter pour passer sous le pont Canada : « Vénus » à Marcel Fortune, immatriculé n° 976 de 8 m de long, construit chez Bernard en 1931 à Plougrescant, le « St-Yves » à Gabit Cloarec et celui de Jo Ropers. Les marins de Pouldouran faisaient la grande pêche à Islande de février à septembre et armaient au goémon pendant l’hiver.

    La Roche Jaune en Plouguiel armait également au goémon de coupe et d’échouage (avec la faucille à pied ou avec la guillotine à bord). Les frères Le Guen allaient au goémon jusqu’à l’Île Bono et remontaient la rivière jusqu’au Moulin de la Flèche à La Roche-Derrien. Les anses portuaires de Laneros et de Talbert (Pleubian) abritaient aussi des goémoniers sabliers. Les dessins de Faudacq montrent ces différents types de bateaux, qui avaient la particularité de ne pas béquiller mais d’échouer sur un billot de bois. Ces bateaux étaient tous mâtés sur l’arrière et haubanés (sans gambeyer) et disposaient de deux voiles différentes selon la saison, à 3 fils pendant l’hiver et plus légères pendant l’été, à deux fils.

    Le goémon de coupe était souvent réservé aux femmes. Les algues pouvaient être mises à sécher sur la dune de galets à Plougrescant, dans les îles d’Er (où les goémoniers finistériens venaient travailler) ou au Sillon de Talbert. On peut encore remarquer des fours à goémon à l’Île d’Er. Si les dromes (radeaux de goémons) ne se font plus, il existe encore un vestige de pieu en chêne pour amarrer ces dromes à terre au bout du chemin de Bonne Nouvelle à Lanmodez. Aujourd’hui une dizaine de goémoniers à pied (les tracteurs ont remplacé les attelages traditionnels) collecte encore le goémon.

    Témoignages d’Eugénie Le Merrer, Jean Le Ner, Pierre Kerleau, Jean B. Kerambrun, Arthur Rémond.

    Dossier IA22012076

    Dossier IM22005997

    Dossier IA22014794

    Dossier IA22013952

    Dossier IM22005992

    L’ostréiculture

    L’ostréiculture a démarré au milieu du 19ème siècle dans la rivière de Tréguier sur des petites concessions en dépôt sur l’estran (dans des enclos), avant de se développer en aval après le déclassement de l’huîtrière en 1926, à la limite de salubrité, après le Rohou, entre la Crêpière et le Dip.

    Nous avons repéré des vestiges de ces enclos dont le parc dit Napoléon, le parc Brisset et les cabanes de surveillances de ces parcs. Les parcs ostréicoles se sont implantés sur le DPM de Plougrescant au phare de la Corne sur les deux rives avec des ostréiculteurs originaires du Morbihan. Les parcs d’élevage ostréicoles ont été plus tardifs en rivière du Trieux à la fin du 19e siècle sous l’impulsion de Madame Guézennec et d’un armateur Paimpolais Morand. Aujourd’hui, les dépôts s’arrêtent dans le Trieux au lieu dit Le Passage en Pleudaniel et la culture s’étend sur tables du rivage de Pleubian à l’île à Bois et de la Roche Noire sur Lézardrieux. L’huître creuse (la Portugaise puis la Japonaise) a remplacé l’huître plate indigène après la disparition des gisements naturels au début du 20e siècle.

    Témoignages de Brigitte Guérin-Mahéo, de Simone et Alain Rouzic.

    Dossier IA22014305

    Dossier IA22011749

    Dossier IA22014795

    Dossier IA22012067

    Dossier IA22013950

    Pilotage et instructions nautiques, naufrages

    Le pilote de Tomassin publié en 1875 nous renseigne sur les stations maritimes de pilotage de Tréguier et de Lézardrieux. La rivière de Tréguier n’offre d’abri aux grands navires qu’à partir de quatre heures de flot. Il n’ y a que 5 mètres d’eau à l’entrée, dans le sud-est de Men Noblance, aux grandes marées, mais plus en dedans, la rivière est barrée par le banc de la Pie et par celui du Taureau qui affleure, et qui rendent impossible l’entrée de nuit, à marée basse. La rivière peut se remonter par presque tous les vents. En profitant des 3 nœuds de courant de flot, les bricks-goélettes louvoient presque jusqu’au port de Tréguier. Les sabliers viennent s’échouer à l’abri du Paluden.

    André Le Person nous livre l’historique de la station de Tréguier et des naufrages entre 1825 et 1865.

    Fortifications littorales des 18e et 20e siècle

    Les défenses littorales de la rivière de Tréguier et du Trieux ont été particulièrement étudiées.

    - Six corps de garde repérés datés du 18ème siècle, et le site défensif de l’île à Bois (dossier d’étude)

    - 1 batterie d’artillerie française de la Grande Guerre 1914-1919.

    - 1 batterie d’artillerie du 18ème siècle (Pleubian)

    - Fortifications allemandes de la seconde guerre mondiale sur la commune de Plouguiel.

    - Mur de l’Atlantique : 1 abri douche, 1 isthme et une jetée (Lîle à bois Lézardrieux); 1 batterie d’artillerie sous béton (Pleumeur-Gautier), 1 point d’appui et une station de radio goniométrie (Pleubian), 1 poste de défense contre les sous-marins (Plougrescant), Une station RANA de radio navigation (Pleumeur-Gautier), le centre de navigation de Tréguier en Plouguiel.

    Dossier IA22014805

    Dossier IA22014299

    Dossier IA22012081

    Dossier IA22014329

    Dossier IA22014330

    Dossier IA22014332

    Dossier IA22014331

    Dossier IA22014333

    Maquettes de navires

    De nombreuses maquettes de navires, réalisées par d’anciens marins de Pleubian, ont été repérées qui évoquent le cabotage à la voile.

    1 canot breton (à voile) , 1 sloupe, 3 goélettes à hunier, 1 x 3 mâts goélette, 1 x 3 mâts de 74 canons, 1 vaisseau rapide (voiles et vapeur) de 90 canons (Pleubian)

    Maquette d'une frégate de 24 canons (Tréguier)

    Dossier IM22005993

    Dossier IM22005989

    Dossier IM22005995

    Dossier IM22005974

    Dossier IM22005977

    Dossier IM22005978

    Dossier IM22005987

    Dossier IM22005400

    Dossier IM22005884

    Phares et Balises du 20e siècle

    - 3 ancres, 1 cache d’optique de phare.

    Dossier IA22014297

    Patrimoine archéologique

    - Un alignement mégalithique de menhirs. Une gravure cabalistique.

    Dossier IA22013845

    Dossier IA22013825

    Patrimoine religieux

    - 2 plaques ex-voto 19e et 20e siècle, 1 plaque commémorative 19e siècle, 1 tombe individuelle du 20e siècle.

    Chapelles et fontaines votives

    Commune de Lanmodez :

    - Lavoir de Kermassac'h

    - Chapelle de Kermassac'h

    - Fontaine de Kermassac'h

    - Fontaine et lavoir à Troguerat

    - Chapelle de Boan “Prajou Meur”

    - Fontaine de Boan

    - Fontaine de Pors-Guyon

    - Ex-voto maritime (tableau), chapelle de Kermassac'h

    4 ex-voto maritimes Chapelle de Bonne Nouvelle

    Commune de Trédarzec :

    - Ex-voto maritime chapelle Saint Nicolas de Kerhir

    Commune de Tréguier :

    Tombeau de Saint-Yves : blasons à caractère maritime

    Chapelle Saint-Marc le long du Guindy

    Verrière de la cathédrale

    Saint-Tugdual représentant un naufrage

    - Ex-voto maritime (maquette de bateau)

    - Plaques funéraires au cimetière

    Commune de Lézardrieux :

    - Ex-voto maritime Chapelle de Kermouster

    - Ex-voto maritime (diorama) chapelle de Kermouster

    Commune de Pleubian :

    - Ex-voto maritime.Maquette de

    - bateau dans l'église de Pleubian

    - Ex-voto maritime maquette de bateau dans l'église de Pleubian

    - Ex-voto maritime maquette de bateau dans l'église paroissiale Notre Dame de l'Armor

    - Plaque funéraire au cimetière

    Commune de Trédarzec :

    - Ex-voto maritime chapelle Saint Nicolas de Kerhir

    Dossier IA22013857

    Dossier IA22013840

    Dossier IA22013915

    Dossier IA22013855

    Dossier IA22014510

    Dossier IM22005963

    Dossier IM22001799

    Patrimoine commémoratif du 20e siècle

    - 2 stèles (Kerbors et pleubian)

    - Plaque commémorative au cimetière de Pleubian

    Patrimoine industriel du 20e siècle

    - 1 local pour locomotive à Tréguier (aujourd’hui brasserie Philomenn), 1 pressoir à cidre, 1 four à soude (Île d’Er Plougrescant), station de pompage de Troguerat (Lanmodez), un garage pour locomotive à Pleubian. Le dossier de l’ancienne usine d’algues de Pleubian a été complété avec des photos anciennes inédites et des témoignages oraux.

    Dossier IA22014794

    Un patrimoine agronomique

    - La Duke : une pomme de terre primeur, qui a une longue histoire en Trégor

    Murets littoraux et talus murs

    Les murets littoraux de défense du littoral, aux formes sinusoïdales, en pierres sèches protègent la côte. Les chemins creux sont également bordés de talus murs.

    - Murets de protection littoral (Lezandini, L'Armor-Pleubian)

    - Murets de protection littoral (Celandine, L’Armor-Pleubian)

    - Murets de protection littoral (Lezandini, L’Armor-Pleubian)

    - Murets de protection littoral rue des Goélettes (l’Armor-Pleubian)

    - Murets de protection littoral à Rhun-Traou (L’Armor-Pleubian)

    - Murets littoraux de Lanmodez (Chemin du Moulin à vent)

    Dossier IA22013844

    Dossier IA22014814

    Lavoirs et fontaines-abreuvoirs

    Lavoir de Prad Ouern (Pleubian)

    Lavoir en limite de l'estran (Pleubian)

    Fontaine-abreuvoir marin (Pleubian)

    Fontaine et lavoir Saint-Yves au bord du Guindy (Tréguier)

    Fontaine de Saint-Marc (Tréguier)

    Lavoir de Saint-Marc (Tréguier)

    Petit lavoir du Guindy (Tréguier)

    Dossier IA22014780

    Représentations artistiques : dessins et représentations picturales

    Une cinquantaine de dessins aquarellés, fusains, gravures et huiles a été re pérée et étudiée, dont principalement les œuvres du douanier Louis-Marie Faudacq (1840-1916), chroniqueur de la vie rurale et maritime des deux estuaires (Trieux et Jaudy) de cet inventaire, et quelques œuvres « portraits de bateaux », représentant les voiliers de travail (portrait du côtre à tape-cul « ARIEL » et du dundee « Marie-Alice »). Il faut rajouter une peinture murale à l’Île à bois (Lézardrieux) dans un blockhaus de la seconde guerre mondiale, représentant une goélette.

    - Armoiries de la ville de Tréguier – dossier d’étude

    - Panneau indicateur de la ville de Tréguier comportant les armoiries de la ville

    - Armoiries de la ville de Tréguier dans et sur la salle de fêtes

    - Armoiries de la ville de Tréguier au plafond de l'escalier d'honneur de la mairie

    - Bas relief : armoiries de la ville de Tréguier au fronton du bureau de poste

  • Le patrimoine maritime des communes littorales du Pays de Tréguier. L’évaluation du potentiel patrimonial

    Les objectifs de l’inventaire

    L’opération d’inventaire du patrimoine des communes du pays de Tréguier doit permettre non seulement de faire l’inventaire des preuves matérielles et symboliques, culturelles de cette littoralité d’usages, mais aussi d’évaluer la qualité des liens (le niveau de relation selon une hiérarchie du souhaitable, de l’utile et du nécessaire), qui unissent les habitants de ce territoire à cette identité maritime, à cet héritage culturel.

    Il n’y a pas de déterminisme naturel lié à la présence de la mer et de ses ressources, qui entraînerait son exploitation systématique par les populations riveraines. Cependant, une commune même proche de la mer peut perdre ses caractères culturels de littoralité et de maritimité, non seulement à cause de la perte d’emplois induits par l’économie maritime proche, ripuaire ou plus lointaine (gens de mer vivant des ressources marines), par la diminution des agriculteurs côtiers, le développement du tourisme balnéaire et des activités tertiaires associées, mais aussi par une forme de divorce ethno-écologique, qui pourrait compromettre ses relations utiles avec ce milieu fragile et instable (pollution des eaux côtières).

    Méthodologie de l’inventaire : l’ethnographie

    L’enquête de terrain et le collectage oral permettent de sélectionner et de décrire du point de vue mobilier certains objets symboliques de l´activité maritime, et du point de vue immobilier les formes d´architecture littorale et portuaire spécifiques. Tout ce qui témoigne de l´héritage maritime d’une commune et du patrimoine ethnologique, doit s’exprimer de façon homogène et cohérente, dans une approche intégrée et globale de ce patrimoine et de son territoire. C’est avec cette méthode que nous pourrons réaliser un véritable diagnostic patrimonial au niveau d'un territoire communal.

    Une mémoire qu’il reste urgent de collecter pour recenser la toponymie (souvent déformée) et appréhender la construction symbolique des lieux, d’un "lieu dit", pour collecter des expressions maritimes et révéler ces liens qui unissent les littoraux à leur terroir maritime.

    Le patrimoine maritime de la commune : un héritage culturel à géométrie variable dans le temps, un patrimoine maritime identitaire

    Le paradigme du patrimoine

    Le patrimoine n’est pas acquis une fois pour toutes dans un temps de consensus touchant aux territoires, aux paysages et aux "pays", de remise en question des vocations et des affectations des espaces côtiers et des sociétés qui l’habitent, à commencer par l’enracinement dans le territoire et l’essentialité du terroir.

    L’identité d’une commune n’est pas figée une fois pour toute, dans une littoralité d’usages et une maritimité variable. Les représentations culturelles de cette maritimité et de cette littoralité évoluent, au moment où certaines communes côtières se re-fabriquent leur patrimoine, leur histoire et leur identité maritime, pour des stratégies identitaires de développement, pour des projets touristiques et économiques… (Circuit des routoirs entre Pouldouran, Trédarzec et Pleumeur-Gautier).

    Il peut exister des lieux sans histoire, mais il n’y a pas d’histoire sans lieu, même si cette histoire peut être discontinue. Le récit

    d’un lieu se construit dans la durée pour devenir un élément symbolique fort de la construction identitaire d’un lieu et faire partie de son patrimoine.

    L’histoire comme le patrimoine est le produit des représentations culturelles à la fois des autochtones et des gens extérieurs au lieu, ceux qui le fréquentent, y compris les scientifiques qui réécrivent l’histoire, l’inscrivent dans une généalogie, les développeurs qui instrumentalisent le patrimoine à leur projet, les érudits locaux qui font du patrimoine à leur mesure. Le patrimoine n’étant pas en soi un concept scientifique, si on exclue la démarche qui précède et détermine sa construction.

    Le patrimoine ethnologique : définition, méthode et questionnement

    Le patrimoine ethnologique englobe autant les objets matériels, symboliques de l’activité humaine que l’ensemble des savoirs, savoir-faire et des représentations culturelles des communautés locales. C’est ce patrimoine que nous avons essayé de recueillir de façon orale, écrite et illustrée au niveau du patrimoine ethnologique :

    - des traditions orales : lexique, glossaire des termes maritimes associés au bestiaire maritime, aux activités de pêche, (pêche à pied, pêche d’estran, pêche côtière et grande pêche) et de cabotage, toponymie maritime et littorale ;

    - de la cartographie maritime (évolution de la cartographie maritime, des représentations topographiques et toponymiques du territoire côtier : carte des ingénieurs géographes du 18e siècle à nos jours) ;

    - des usages littoraux passés et présents, des savoir-faire, des connaissances techniques ;

    - de la représentation imagée de ce patrimoine.

    Contrairement à la définition patrimoniale de l'Inventaire, pour un ethnologue, l'objet ou le monument n'est pas tout. Ce n'est pas sa valeur historique ou sa rareté qui en fait l'intérêt mais sa représentation symbolique et sa fonction. La cohérence de ce qu'il représente dans un système culturel doit être de l'ordre d'un "fait social total", qui exprime la richesse des relations d'une société à un moment donné de son histoire, avec le sens produit et les problématiques liées à sa façon d'exister et d'envisager la maintenance de ses valeurs ou leur évolution. C'est cette dynamique qu'il importe de saisir dans les relations entre les hommes et ce qu'ils produisent sur un territoire, entre production matérielle, pratique et production symbolique.

    Les questionnements suivants annonce la problématique d'un inventaire à projets

    En amont de notre démarche d’inventaire, d’inventaire du patrimoine ethnologique et de ses caractères maritimes, nous nous sommes posés la question suivante :

    Quel est le rapport entre l’histoire maritime de la commune et son développement économique ?

    Quelle est la part de l’héritage littoral et maritime (du point de vue naturel et culturel) dans la construction identitaire de la commune, dans son mode de développement, et d’aménagement, dans sa culture et dans ses projets aujourd’hui ?

    Ces premières questions en ont entraîné d’autres plus précises autour de la notion de patrimoine, de son appropriation et de sa valorisation :

    Quelles connaissances la commune a-t-elle de son patrimoine (patrimoine privé et patrimoine public collectif au sens ethnologique) ?

    Comment se le représente-elle ?

    Comment le donne t-elle à voir, à comprendre ?

    Quels usages contemporains a-t-elle de son patrimoine, pour quel projet ?

    Comment les acteurs locaux prennent-ils en compte cette dépendance littorale et se forgent-ils une culture correspondante ?

    Quelle articulation entre patrimoine monumental, patrimoine naturel et architectural, entre patrimoine matériel et patrimoine immatériel ?

    L’ethnologie du présent redéfinit le rapport au patrimoine.

    L’ethnologie permet d’évaluer une culture littorale, d’en donner les clés d’interprétation, d’en montrer les valeurs d’usage et les valeurs symboliques. Elle contribue ainsi à comprendre les mutations de la société littorale et ses enjeux. Comment alors ne pas étudier les faits d’une ruralité littorale et d’une littoralité rurale comme un système, qui produit une culture spécifique et les patrimoines qui lui sont associés ?

    Pour ne pas rester dans le domaine de l’évocation et de la transcription historique, nous avons sélectionné certains objets et documents symboliques d’une activité maritime, pour illustrer notre propos ethnographique et historique.

    Pour exemple : une petite drague à mains pour pêcher les huîtres sauvages, un havenet en croix, une petite faucille à goémon, un ex-voto, un dessin aquarellé représenté une scène de déchargement d’un petit borneur sur l’estran avec les attelages, etc.

    Littoralité et maritimité : des concepts scientifiques et ethnographiques.

    Définition des littoraux et des gens de mer :

    C’est justement cette dépendance et cette relation utile des riverains aux richesses de la mer et de son exploitation, qui caractérisent les notions de "littoralité d’usages" et de "maritimité", et permettent de qualifier et d’évaluer les relations des littoraux avec la mer. Les populations littorales étant considérées par le seul critère de situation, pour leur état de résident à proximité de la mer et de ses rivages. Cependant, la présence de la mer ne conditionne pas automatiquement son exploitation par ceux qui vivent sur la bande côtière.

    L’indice INSEE de l’emploi maritime (à l’inverse de l’activité agricole) n’est pas suffisant pour caractériser le phénomène de littoralisation de XXX Saint-Cast XXXX et sa perte de maritimité, au sens sociologique de ces deux termes. Les retraités de la marine sont bien plus importants en nombre que les actifs de ce secteur.

    Les littoraux forment des groupes sociaux singuliers, qu’ils soient strictement "gens de mer", vivant de la seule exploitation des ressources marines (marins-pêcheurs, marins du commerce), avec leurs lieux de résidence sur le littoral mais leur espace de vie et de travail en mer, ou ripuaires (de ripa, rive) qui travaillent et vivent sur le rivage (pêcheurs à pied, aquaculteurs, professions qui servent le navire, pilote, charpentier, calfat, ou celles de la filière pêche). Le 3ème groupe de population est formé de ceux qui vivent des activités tertiaires, comme le tourisme mais également les administrations et le monde des agriculteurs côtiers.

    Plus difficiles à classer sont les pluri-actifs, qui combinent plusieurs activités d’opportunité, plusieurs métiers, comme agriculteurs-marins, que l’on retrouve ainsi dénommés au 1er quart du 18ème siècle, dans l’enquête de Le Masson du Parc sur les côtes bretonnes en 1726 (paroisse de Lanmodez : 5 pêcheurs de pied -laboureurs. A Tréguier, il recense quatre bateaux pêcheurs, dont les maîtres de barques, avec trois ou quatre hommes d'équipage font des pêches ( à la seine et pêche des huîtres) et quelquefois la récolte du goémon et le commerce des sables marins. En face de Tréguier, au Pont-Saint-François, trois bateaux ayant mats, voiles, quilles et gouvernails avec lesquels ces pêcheurs font dans cette partie du bras de Tréguier la pêche à la seine pierrée à la mer et à l'embouchure de la rivière la récolte du gouémon d'attache. Deux petits bateaux sont à la Roche-Derrien, ils ne servent qu'à faire "le commerce du gouesmon et du sable marin" (d'après Arch. nat. mar. C520, ff°168-179).

    Les marins Terre-Neuvas embarqués pendant des campagnes de 10 mois, avant la guerre 1914-18 et pour une durée de 7 mois ensuite (de mars à octobre), pouvaient participer pendant l’hiver à des taches rurales et agricoles ponctuelles et plus spécialisées (fabrication du cidre, des tonneaux, des fagots de bois). Ils n’en étaient pour autant des "paysans", mais se considéraient comme des marins et des gens de mer à part entière ; dont l’épouse tenait "son clos de misère", avec quelques arpents de terres, à l’écart des cultivateurs. Cependant, on trouve peu de marins à la Grande pêche sur le canton de Tréguier, davantage sur le canton de Lézardrieux. Cependant, certains navires gréés en goélette furent armés comme “bateaux chasseurs” et au commerce triangulaire du sel et de la morue (4ème quart 19ème siècle et 1er quart 20e siècle) à Tréguier (Goélette Océanide du capitaine Nicolas).

    Une histoire maritime spécifique

    Avec les mémoires orales, légendaires et imaginaires qu’ils suscitent…

    Une histoire maritime liée à l’épopée de la Grande Pêche (Terre-Neuve-Islande) et du long cours (le commerce triangulaire) et/ou de la pêche côtière (les langoustiers de Ploumanac’h, les sardiniers de Locquémeau, les goémoniers de Pleubian et de Pouldouran) et du bornage-cabotage (les ports de fond d’estuaire, du Leguer à Pontrieux, de Tréguier à La Roche-Derrien). Une littoralité contemporaine à retrouver et une culture littorale et maritime à reconstruire (à transmettre et à partager comme valeurs d’usage du littoral) au niveau de l’interface littorale pour les projets et réalisations, qui feront le patrimoine de demain. En évitant l’écueil d’un patrimoine maritime exclusivement touristique et anecdotique, trouvant son fondement dans un regard exclusivement esthétique et folklorique.

    Une dynamique patrimoniale

    Le patrimoine maritime est davantage une dynamique qu’un ensemble d’objets figés. Il accompagne les mutations récentes des espaces côtiers et portuaires. Les lieux témoins de l’histoire maritime sont à réanimer comme des "gisements d’un patrimoine maritime culturel", à réaménager, à structurer, à interpréter, à communiquer (journées du patrimoine, causeries).

    Une volonté affichée de valoriser ce bâti littoral portuaire, de favoriser son accessibilité pour les plaisanciers et les touristes de passage, pour les randonneurs côtiers, pour l’accueil des bateaux traditionnels… (Association des misainiers du Trégor, associations liées au patrimoine maritime de Locquémeau à Ploumanac’h).

    Le souhait de communiquer sur son histoire maritime et sur ses lieux témoins : un plan et un circuit d’interprétation (avec QR codes sur les éléments bâtis, s’appuyant sur l’inventaire)

    Un projet de mise en réseau des sites portuaires à l’échelle de LTC, accompagné par des abris sonores interactifs (à l’initiative du centre de découverte du son de Cavan)

    Des aides financières d’incitation, des moyens de communication, des outils de sauvegarde (AVAP)

    Des héritages maritimes variés à l’origine d’un patrimoine maritime identitaire

    Histoire et géographie maritimes :

    Un littoral ressources

    Un littoral stratégique

    Un littoral habité

    L’architecture littorale et portuaire

    Une histoire commémorative

    Les usages maritimes passés et présents

    Le bornage, le cabotage

    La grande pêche

    Les pêcheries

    Les pêches côtières

    La pêche à pied

    L’estran, comme carrière et comme ressources pour amender les terres

    Les voies maritimes et terrestres

    Approche lexicale du gallo et du breton maritime :

    Quelques traits lexicaux et ethnographiques sont spécifiques au pays de Tréguier, en particulier pour le vocabulaire lié aux pratiques goémonières et aux noms donnés aux différentes algues). La toponymie littorale est très riche en breton et en français.

  • Le patrimoine ethnologique des communes littorales. L'exemple du Pays trégorrois

    Le patrimoine ethnologique

    Le patrimoine ethnologique englobe autant les objets matériels, symboliques de l’activité humaine que l’ensemble des savoirs, savoir-faire et des représentations culturelles des communautés locales. C’est ce patrimoine que nous avons essayé de recueillir de façon orale, écrite et illustrée au niveau du patrimoine ethnologique.

    L’apport de l’ethnologie et de l’ethnographie dans le cadre de l'opération d'inventaire du patrimoine des communes littorales entre 2002 et 2010 (fin de l'enquête) a tenté de répondre à la problématique initiale de cette mission, dans le cadre du programme "Les Côtes d'Armor et la mer". 50 communes ont fait l'objet de cette collecte orale, dont les communes littorales du Pays Trégor-Goëlo, en dehors des communes de fond d’estuaire.

    Environ 150 témoignages oraux, en français, en breton et en gallo ont été recueillis et indexés auprès des archives départementales. Une partie de ces témoignages et de nouvelles collectes orales ont pu être associées aux communes littorales du pays de Tréguier dans le cadre de l’opération de recensement entre 2017 et 2018 (Arthur Rémond, René et Yves Monfort, Yves Le Saux, François Le Hégarrat, Bernard Padel, Pierre Kerleau, Jean B. Kerambrun, Marcel Queiniec, Jean Gélard, Yves Treussard).

    Problématique de l’enquête orale et du recensement des héritages culturels maritimes et de leur restitution

    Avec les questionnements suivants : quels usages la commune a-t-elle de son patrimoine ? Comment se le représente-elle ? Comment le donne t-elle à voir, à comprendre ? (l’ethnologie du présent redéfinit le rapport au patrimoine). L’ethnologie permet d’évaluer une culture littorale, d’en donner les clés d’interprétation, d’en montrer les valeurs d’usage et les valeurs symboliques. Elle contribue ainsi à comprendre les enjeux de ces territoires.

    La restitution de ce travail d’enquête auprès du grand public fait l’objet par les chercheurs de l’association "Océanide" de montages audio-visuels et de causeries, avec des extraits de ces témoignages sur les thématiques pré-citées. Ce qui permet de partager "une culture littorale" commune. Certains de ces témoignages oraux ont pu être utilisés par le centre de découverte du son pour alimenter ses abris sonores inter-actifs (Pouldouran, Pleubian).

    Cette enquête orale a permis de révéler et de restituer une culture orale, technique (savoir-faire) et ethno-écologique, en donnant la parole aux littoraux et aux gens de mer, et en posant de nouvelles problématiques liées à la gestion de ces littoraux. L'ensemble des témoignages récoltés et numérisés apporte une plus-value culturelle utile à cette enquête. Elle doit permettre aux élus de ces territoires d’évaluer la qualité et le niveau de relation que les habitants entretiennent avec leur patrimoine et spécifiquement avec le cadre littoral et maritime. Il s’agit de définir une culture littorale, d’en décrire ses composantes, ses richesses et ses fragilités dans un contexte d'évolution rapide des sociétés littorales et de mutation des espaces côtiers.

    La prise en compte de l’histoire et de la culture maritime, de l’évolution des activités littorales et des usages de l’estran (histoire de l’ostréiculture, de l’occupation du DPM), pose des repères et des limites aux aménageurs. l’observation des savoir-faire liés à cette culture littorale peut aider les décideurs à mieux évaluer les projets initiés dans un milieu fragile, complexe, fruit de nombreuses variables interdépendantes.

  • Inventaire du patrimoine des communes littorales du Trégor. Littoralité d'usages et culture littorale

    L'inventaire du patrimoine des communes littorales du Pays de Tréguier et des estuaires a été engagé en 2017 par l’association "Océanide" en convention avec la Ville de Tréguier, LTC et le Service régional de l’Inventaire. Les communes des cantons de Lézardrieux et de Tréguier sont concernées par cette recherche, qui associe le patrimoine bâti, le patrimoine mobilier religieux et le patrimoine ethnologique, avec ses spécificités maritimes.

    Le littoral et ses enjeux

    En France, les rivages de la mer et le littoral constituent deux identités juridiques séparées, puisque le Domaine Public Maritime (DPM) n’englobe pas la zone maritimo-terrestre. La notion de rivage est aujourd’hui supplantée par celle de littoral, terme polysémique, mouvant, à géométrie variable, comme la réalité qu’il désigne.

    Cette dualité ne facilite pas la reconnaissance d’une réalité sociale et culturelle à la fois littorale et maritime et l’identification d’un patrimoine spécifiquement littoral et/ou maritime. C’est la raison qui a conduit à distinguer les objets et monuments témoins de ce patrimoine maritime et les traces mémorielles et présentes d’une culture maritime locale et départementale, tout en effectuant un inventaire plus large du patrimoine (civil, religieux, monumental…) des communes littorales.

    Les communes littorales subissent une pression foncière très forte du fait du pouvoir d’attraction de la côte, de la fréquentation touristique et paradoxalement à cause de la loi Littoral, qui valorise le linéaire côtier. Cette urbanisation excessive du littoral accentue ses fragilités fonctionnelles et renforce les dépendances écosystémiques (entre le système littoral, le système terrestre et le système maritime). Le littoral étant le point de rencontre de cultures et de comportements différents.

    Dans ce contexte, le patrimoine de la côte mis en avant par les promoteurs touristiques est susceptible de subir des transformations irréversibles et de changer brutalement d’identité. Il était donc urgent de réaliser un état des lieux de ce patrimoine à la fois topographique et ethnographique. C’est bien l’homme qui conduit l’évolution et les transformations actuelles du littoral, qui modifie, contrarie les rythmes de l’évolution naturelle par ses usages.

    Dans ces conditions, peut-on faire de l’aménagement-développement sans prendre en compte les besoins, les savoirs traditionnels et les projets de ceux qui occupent et utilisent le foncier rural et maritime et en même temps considérer le littoral comme un système à la fois naturel et culturel ?

    Le risque existe de privilégier l’apparence esthétique d’une mise en patrimoine de l’espace littoral sur le projet social, au service de ceux qui fréquentent cet espace-paysage, ce territoire, pour des vocations culturelles et touristiques imposées de l’extérieur ou négociées de l’intérieur, le patrimoine comme potentiel de services à développer...

    La définition sociale des littoraux est aussi en mutation dans cette recomposition socio-spatiale.

    La transgression et la recomposition de "l’habitus littoral" s’opèrent par le processus global d’acculturation. Le littoral n’est plus le littoral d’une société locale précise, mais devient le village global, le territoire public de toute la société. Les valeurs d’usages partagées de ce terroir littoral et/ou maritime ne sont plus les mêmes : les histoires se croisent, à chacun son histoire, à chacun son patrimoine.

    Littoralité et maritimité : des concepts scientifiques et ethnographiques

    Les concepts de littoralité et de littoralité d’usages

    La littoralité comme la ruralité représente le réinvestissement d’un même lieu par une population locale. C’est une façon de s’adapter aux fonctions et au fonctionnement du lieu. Un lieu est défini par ses usages utiles. L’usage faisant la parité, faisant signe et indiquant une culture partagée. Il est nécessaire de rappeler que les rapports d’usage sont inscrits dans une relation au temps, à l’espace et à l’outil, à l’échelle d’une communauté, dans l’épreuve de la durée et d’un savoir réévalué ; ce qui cimente une pratique sociale et fait d’une culture une culture littorale.

    C’est justement cette dépendance culturelle, économique, écologique, systémique à son environnement maritime, et cette relation utile des riverains aux richesses de la mer et de son exploitation, qui caractérisent les notions de « littoralité d’usages » et de « maritimité », et permettent de qualifier et d’évaluer les relations des littoraux avec la mer. Un ensemble de relations spécifiques, matérielles et symboliques, adapté aux circonstances du lieu et à des valeurs d’usages, évaluées dans le temps, qui peuvent cependant évoluer…

    Qu’est-ce qu’une société littorale ?

    Les populations littorales étant considérées par le seul critère de situation, pour leur état de résident à proximité de la mer et de ses rivages. Cependant, la présence de la mer ne conditionne pas automatiquement son exploitation par ceux qui vivent sur la bande côtière.

    La société littorale d’aujourd’hui est plus complexe et composite que celle d‘hier. Les territoires se recomposent sociologiquement avec des apports nouveaux de populations extérieures qui n’ont pas les mêmes valeurs d’usages et des représentations semblables. Par ailleurs la population du littoral vieillit et le nombre d’actifs diminue.

    Définition des littoraux et des gens de mer :

    L’indice INSEE de l’emploi maritime (à l’inverse de l’activité agricole) n’est pas suffisant pour caractériser le phénomène de littoralisation de certaines communes et leur perte de maritimité, au sens sociologique de ces deux termes. Les retraités de la marine sont bien plus importants en nombre que les actifs de ce secteur.

    Les littoraux forment des groupes sociaux singuliers, qu’ils soient strictement « gens de mer », vivant de la seule exploitation des ressources marines (marins-pêcheurs, marins du commerce), avec leurs lieux de résidence sur le littoral mais leur espace de vie et de travail en mer, ou ripuaires (de ripa, rive) qui travaillent et vivent sur le rivage (pêcheurs à pied, aquaculteurs, professions qui servent le navire, pilote, charpentier, calfat, ou celles de la filière pêche). Le 3ème groupe de population est formé de ceux qui vivent des activités tertiaires, comme le tourisme mais également les administrations et le monde des agriculteurs côtiers.

    Notre premier constat :

    Une maritimité souvent en perte de vitesse, qui s’est transformée à la mesure des mutations des espaces côtiers et de ses nouvelles affectations : pression foncière forte sur des terrains littoraux agricoles, déclin des pêches côtières, développement de la plaisance, de l’aquaculture… Et un mode de production agricole ou maritime intensif sur des espaces où les conflits d’usage peuvent s’accentuer, alors que le SMVM du Trégor-Goëlo n’a pas été réactualisé dans le cadre d’un volet maritime du SCOT.

    Une plaisance qui se doit d’être « durable », à l’instar des autres activités du littoral, en privilégiant des formes plus douces et moins bruyantes de navigation (canoé- kayak de mer, voiles-avirons), en particulier en estuaire, où l’amplitude d’un espace vallonné fait « caisse de résonance ». Il faut peut-être différencier les rampes d’accès à la mer en fonction des types d’embarcation et renvoyer les embarcations à moteurs (semi-rigides) dans les ports de mer.

    La maritimité est un mot créé par Françoise Péron (qui est à l’initiative de l’association Port d’intérêt Patrimonial) et Jean Rieucau à l’occasion d’un colloque organisé en 1991. Ce mot désigne l’ensemble des rapports qui unissent les différentes sociétés à la mer. Cette notion ne peut être que culturelle. Elle s’exprime à travers le bâti, les productions mais également les modes de représentation (composante paysagère, peinture, photographie..) et les activités ludiques.

    Les sites paysagers portuaires :

    Un paysage portuaire qui se banalise, au risque de « gommer » certains traits de caractère de son architecture littorale et de négliger l’entretien et la restauration des petits patrimoines littoraux (modestes quais et ponts, escaliers menant à la grève, cales d’accès, murets littoraux…). Cependant, ce premier constat mérite d'être nuancé pour certaines communes côtières qui avec l'aide de LTC, du Conseil Général et du Conservatoire du littoral, aménage de façon durable leurs espaces côtiers et leur front de port de caractère (Ploumanac'h, Trégastel, Locquémeau, Plougrescant, Port-Blanc, Pouldouran en particulier sur la côte trégorroise).

    Ports d’intérêt patrimonial : une charte et un label à projets

    Certains ports de caractère participent des héritages culturels maritimes et mériteraient d’être protégés, interprétés et labellisés (Locquemeau, Toul An Héry en Plestin Les Grèves, Ploumanac’h, Trégastel, Le Yaudet en Ploulec’h), et dans notre territoire d’investigation, les sites paysagers portuaires de Plougrescant, Pouldouran (port déchu), Camarel en Pleudaniel, Port-Béni en Pleubian, Laneros et bien sûr Tréguier.

    Ces héritages maritimes à forte potentialité patrimoniale sont pris en compte non seulement par rapport à leur usage fonctionnel, mais aussi selon des critères d’ancienneté, d’esthétique et pour la mémoire qu’ils transmettent et le savoir-faire, la technique qu’ils révèlent. Un port qui a conservé ses fonctions portuaires, actives, transformées, ralenties, déchues, reste un havre, un port.

    Les éléments caractérisants identifiants, constitutifs d’un port :

    Une typologie des héritages maritimes liés au port est utile à repérer.

    - capitainerie (5 identiques en 22, avec une architecture spécifique)

    - bâtiments des douanes, des Ponts et Chaussées, magasins, ateliers (Tréguier)

    - abri et cale de sauvetage (Le Castel Plougrescant)

    - halle à marée, viviers, criée

    - moulin à marée (Pleudaniel, Trédarzec, Lézardrieux)

    - magasins de négociants, maison d’armateur, de marin-pêcheur, ensemble de maisons en front de port (archi balnéaire, habitat caractéristique des gens de mer)

    - artisanats maritimes, voilerie, forge, corderie, chantier naval (Lézardrieux, Tréguier)

    - industrie de transformation, conserveries, four à chaux (Plouguiel)

    - quais, cales maçonnées, digues, bassins, bassin de radoub, écluses, cale sèche, môle, échelle à marée

    - mobilier urbain portuaire

    - fanal de jetée, tourelle, balises, perches, amers maritimes

    - éléments de défense maritime, fortifications, corps de garde, sémaphores, blockhaus, batteries

    - éléments religieux ou commémoratifs, oratoires, chapelles littorales, monuments de mémoire

    Les fronts de port sont néanmoins à protéger, à réinvestir et à redynamiser : voie verte, promenade, mobilier portuaire original, etc.

    L’identité maritime des ports a évolué en relation avec leurs nouvelles fonctions, cependant, leur histoire est peu évoqué et manque de lisibilité : un plan d’interprétation est parfois nécessaire pour rappeler leurs vocations anciennes de la grande pêche au cabotage, de la pêche côtière ou goémonière et la conversion du commerce maritime actuel vers de nouvelles activités comme la plaisance ou l’ostréiculture. Le front de port de Tréguier côté plaisance est en déshérence et mériterait d’être revitalisé par des équipements nouveaux et un traitement paysager.

    Parfois des projets d’aménagement contredisent et menacent l’intégrité des paysages portuaires et littoraux : Pors Hir à Plougrescant.

    L’objectif de ce nouveau label à l’échelle de la Bretagne est de :

    1/ Conforter et faire évoluer les identités maritimes des ports d’aujourd’hui au moyen de la conservation et de la valorisation de leurs héritages historiques bâtis

    2/ Favoriser à travers des actions de mise en valeur, d’interprétation la transmission des héritages maritimes vivants, mémoriels, identitaires et culturels spécifiques à chaque site portuaire, notamment dans leur inscription urbaine et paysagère

    3/ Inscrire la mise en valeur patrimoniale, architecturale et paysagère des différents sites portuaires (petits ou grands) dans des projets dev territoire à objectif de développement.

    Les sites portuaires à préserver

    Les havres portuaires du pays de Tréguier méritent d’être protégés et re-fonctionalisés tant pour leur attractivité paysagère que pour leur fonction d’accueil à la fois des plaisanciers et des randonneurs. Souvent situés sur le GR34, en bordure des sentiers de randonnée, ils offrent côté terre des sites de repos et de promenade, des lieux de découverte des petits ouvrages littoraux : murets littoraux en pierres sèches aux formes ondulatoires pour freiner la houle de la baie de Laneros en l’Armor-Pleubian, routoirs de Pouldouran, chapelles littorales de Bonne Nouvelle en Lanmodez et de Goz Illis en Pleudaniel, souvent associées à des fontaines votives, vestiges de pêcheries le long de l’estuaire du Jaudy, moulins à marées et leur bief. Ils peuvent également proposer des mouillages forains, dans les anses abritées, des sites d’hivernage et des mouillages d’intérêt patrimonial pour les voiliers traditionnels : Beg Vilin en Plougrescant, Palamos et Beg Melen en Plouguiel, Pouldouran, Camarel en Pleudaniel, avec une convention entre les usagers et le gestionnaire du site, selon ses contraintes naturelles (site protégé Natura 2000).

    Faire vivre ces sites paysagers portuaires nécessite de réaliser des aménagements légers et durables pour les commodités du lieu (sanitaires, eau douce, mobilier portuaire adapté), mais aussi une mise en réseau et un travail d’interprétation historique : livret guide, inscriptions sur les sites.

    Il s’agit de construire de façon collective une nouvelle littoralité d’usages, une culture maritime partagée et dont les formes ne seraient pas imposées de l’extérieur mais négociées.

    L’anse de Camarel en Pleudaniel sur la rive gauche du Trieux : un site paysager portuaire pour l’hivernage des voiliers traditionnels.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales : série S.

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : S
  • Service Historique de la Défense, Vincennes. 7 N 1894 & 1895 : Défense des côtes de 1898 à 1914.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : 7 N 1894 & 1895
  • Service Historique de la Défense, Vincennes. SS Ee 019 : 2°Arrondissement Maritime 1917-1918, défense terrestre, correspondance.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SS Ee 019
  • Service Historique de la Défense, Vincennes. SS Ee 021 : 2°Arrondissement Maritime, défense maritime

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SS Ee 021
  • Service Historique de la Défense, Vincennes. SS Ga 019 : Organisation générale de l’aéronautique.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SS Ga 019
  • Service Historique de la Défense, Vincennes. SS Ga 146 : Aviation US en France.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SS Ga 146
  • Service Historique de la Défense, antenne de Cherbourg. Série B : Défense des côtes de la Manche et de la mer du Nord.

    Service Historique de la Défense (antenne de Cherbourg) : Série B
  • Service Historique de la Défense, antenne de Cherbourg. Sous-série 5 B : L’artillerie de côte de 1875 à 1918.

    Service Historique de la Défense (antenne de Cherbourg) : Sous-série 5 B
  • Service Historique de la Défense, antenne de Brest. 4 E 2250 & 2254 : Rôles des équipages du Centre d’Aviation de Tréguier.

    Service Historique de la Défense de Brest : 4 E 2250 & 2254
  • Service Historique de la Défense, antenne de Brest. 4 E 2315 & 2317 (1917), 2608 & 2611 (1918), 2905 & 2909 (1919).

    Service Historique de la Défense de Brest : 4 E 2315 & 2317 (1917), 2608 & 2611 (1918), 2905 & 2909 (1919)
  • Service Historique de la Défense, antenne de Brest. 1 BB 19 : Constructions navales (mars 1916-juin1918), bases, défense des côtes (juin 1916-février 1917), opérations (mars-septembre 1916), problèmes économiques et politiques (avril 1916-juin 1918).

    Service Historique de la Défense de Brest : 1 BB 19
  • Service Historique de la Défense, antenne de Brest. SS Ee 4 : Défense terrestre (décembre 1917-1920).

    Service Historique de la Défense de Brest : SS Ee 4
  • Service Historique de la Défense, antenne de Châtellerault. 179 2 I 19 Fp : Matériels de côtes.

    Service Historique de la Défense (antenne de Châtellerault) : 179 2 I 19 Fp
  • Service Historique de la Défense, antenne de Châtellerault. AA 177 3F1 7 : Canon de 90 mm modèle 1877.

    Service Historique de la Défense (antenne de Châtellerault) : AA 177 3F1 7
  • Archives départementale des Côtes-d’Armor, Saint-Brieuc. 10 R : Organismes temporaires du temps de la Première Guerre.

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 10 R
Documents figurés
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Périodiques
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(c) Région Bretagne (c) Région Bretagne ; (c) Association Océanide - Le Hénaff Michel - Bohée Alain
Alain Bohée

Historien, membre de l'association Océanide.


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