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Hôtel de Roscanvec, anciennement maison Cocheteau, puis hôtel de Roscanvec, puis hôtel de voyageurs de France, puis banque Verge, puis cours Françoise d'Amboise, puis musée d'histoire naturelle, 19 rue des Halles (Vannes)

Dossier IA56006135 inclus dans Rues des Halles et du Bienheureux Père René Rogue, anciennement rues Latine, de la Letterie et de la paticerie réalisé en 2001

Fiche

  • Vue générale
    Vue générale
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • cour
    • jardin
    • puits
    • dépendance

Á rapprocher de

Dossiers de synthèse

L'hôtel de Roscanvec illustre l'évolution d'un hôtel urbain au rythme des capacités financières de ses propriétaires. Le grand corps de logis se développe sur la cour en retrait de la rue, mais l'irrégularité partielle des travées traduit peut-être l'héritage des constructions de la fin du 15e siècle dont la cheminée et la porte sud sont les vestiges. On ignore l'emplacement de l'escalier dans ce grand corps de logis : il ne semble pas possible qu'un tel bâtiment ait conservé l'escalier en vis datant du précédent édifice.

Des travaux engagés au 18e siècle vont contribuer à donner plus d'ampleur au programme somme toute étriqué du premier logis puisque simple en profondeur avec pièces communicantes : le nouveau plan reprend alors celui de l'hôtel de Limur avec l'ajout d'un corps postérieur qui contient outre l'escalier, une chambre de mêmes dimensions. Dans le même temps, si on conserve les belles lucarnes en calcaire du siècle précédent (en raison du prestige qu'elles affichent), les ouvertures sont refaites en arc segmentaire au goût du jour, tandis que l'aile postérieure est dotée de lucarnes en bois plus simples, d'un modèle des années 1730-1740.

Appellations dit de Roscanvec
Destinations hôtel de voyageurs, banque, école, musée
Parties constituantes non étudiées cour, jardin, puits, dépendance
Dénominations hôtel
Aire d'étude et canton Vannes
Adresse Commune : Vannes
Adresse : 19 rue des Halles
Cadastre : 1807 I3 1162, 1163 ; 1844 K8 1973, 1960, 1971 ; 1980 BS 36, 254

Hôtel construit à la fin du 17e siècle sur la base d'une ancienne maison mentionnée dans le rentier de 1455 et appartenant 'à la femme et enffans feu Jehan Cocheteau', dont on ignore la date de construction. La cheminée qui subsiste au rez-de-chaussée revêt cependant les caractères architecturaux de la 2e moitié du 15e siècle, de même que l'ancienne fenêtre sud-est (devenue porte), sans doute cheminée et fenêtre de la salle : peut-être fut-il vendu à la suite du décès de Cocheteau et reconstruit peu après par le propriétaire suivant. Il pourrait être des Macéot de Roscanvec dont l'hôtel tire son nom, Henry faisant aveu en 1540 pour la 'maison, étables, jardin, cour et puy dessus', qu'il a échangé avec Messire Ollivier Lollicart, chapelain de la chapellenie de Saint-Julien. En 1620, l'hôtel passe par mariage à Pierre de La Landelle, marié à Isabelle Maceot de Roscanvec. Cependant, la reconstruction de l'hôtel est plutôt redevable à son fils Jean qui en hérite en 1673. Dans la réformation de 1677, la maison qui est déclarée en ruine correspond pour ce qui est des dimensions au logis actuel et à celui mentionné en 1455. Au décès de Jean de La Landelle en 1690, l'édifice n'est plus décrit dans les différents actes successoraux comme une maison en ruine mais correspond à l'hôtel actuel avec cuisine et salle au rez-de-chaussée, salon et chambres à l'étage, chambres dans l'étage de comble. Ce qui nous permet de situer la date de reconstruction entre 1677 et 1690.

Le 18e siècle est l'occasion d'une grande campagne de travaux d'après les caractéristiques architecturales de l'édifice : un corps d'escalier en retour postérieur est ajouté, l'ensemble des ouvertures du grand corps de logis sont reprises au goût du jour, à l'exception des lucarnes en calcaire. Le décor intérieur est également repensé. L'hôtel ne figure pas sur le plan d'alignement de 1840, en raison de son retrait de la rue. Le petit corps en retour au nord-est édifié pour les latrines avant 1844, est détruit à la fin 20e siècle, lorsque l'hôtel est acquis par la ville. Au nord de la cour, est édifié, en remplacement d'un bâtiment dépendant d'une autre maison de la rue des Halles sur le plan de 1844, un bâtiment secondaire vers 1920-1930 ainsi qu'un bâtiment d'école à étage sur le jardin pour l'école Françoise d'Amboise, tenue par les Ursulines, qui s'y installent en 1914 avant d'en devenir propriétaires en 1927 où elles créent d'abord la pension Notre-Dame, puis le cours Françoise d'Amboise. Le bâtiment est construit sur les plans de l'architecte Joseph Caubert de Cléry par l'entreprise Groleau en 1933. En remplacement des écuries, est reconstruit au sud-est de la cour un autre bâtiment à vocation scolaire durant cette même période. Cette école faisait suite à des destinées diverses tout au long du 19e siècle, d'hôtel de voyageurs à banque.

Période(s) Principale : 2e moitié 15e siècle
Principale : 4e quart 17e siècle
Secondaire : 1ère moitié 19e siècle
Secondaire : 1ère moitié 20e siècle
Principale : milieu 18e siècle
Auteur(s) Personnalité : Maceot de Roscanvec, propriétaire, attribution par source
Auteur : Etablissements Groleau - Vannes, entrepreneur, attribution par source

L'hôtel de Roscanvec est édifié en retrait de la rue des Halles entre cour et jardin postérieur ; entre la rue et la cour, le passage est marqué par une large arcade charretière en plein cintre. De plan simple en profondeur, l'hôtel enduit développe une façade à travées sur cour, à 1 étage carré et étage de comble. Les deux travées externes sont irrégulières : au nord, deux ouvertures témoignent de l'étroite aile en retour disparue, qui abritait selon l'acte de 1694, une remise en retour surmontée de deux petits cabinets. Au sud, une fenêtre modifiée pourrait masquer l'ancien passage vers les cabinets surmontant les écuries. L'hôtel est en partie doublé à l'ouest d'un corps en retour abritant l'escalier et une pièce de même surface. L'escalier, à retours avec jour, en charpente, possède une rampe tournante à balustres en bois tourné dont le départ est sculpté d'acanthes. Le jardin est limité à l'ouest par le mur de la première enceinte surplombant la parcelle de l'ancien couvent des Cordeliers. Il communique avec l'hôtel dit Château-Gaillard.

Murs granite
enduit
Toit ardoise
Étages 1 étage carré, étage de comble, sous-sol
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans brisés
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en charpente
escalier dans-oeuvre : escalier droit, en maçonnerie
Typologies hôtel entre cour et jardin
Techniques menuiserie
Représentations acanthe
Précision représentations

Le départ de la rampe d'escalier est sculpté d'une acanthe.

Les documents d'archives portent également sur les deux maisons situées à droite et à gauche du portail d'entrée de l'hôtel anciennes propriétés des de Landelle avant leur vente en 1742.

Statut de la propriété propriété publique
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables cheminée
Sites de protection secteur sauvegardé

Annexes

  • Rentier du domaine ducal à Vannes, 1455-1458

    A. D. Loire-Atlantique. B 2339 fol. 7 v Rentier du domaine ducal à Vannes, parchemin, 1455-1458 :

    "Lameson Jehan le prevost joigna[n]t dun coste Alamais[on] ou demo[ur]ent les fe[m]me et enffens feu jehan le painto[ur] et dautre coste alostel qui fut paien morvan Et que tienne[n]t ap[rese]nt lafe[m]me et enffens feu jehan Cocheteau Avecques ung courtill par d[er]rue[re] qui fut alabbe de p[ri]eres [et]qui va au longc des anciens murs delaville Et doit p[ar] an ausd[its] t[er]mes XXII s[ous]"

  • Déclaration et dénombrement, 1677

    A. D. Loire-Atlantique. B 2340 : 1677 : Déclaration et dénombrement de messire Jean de la Landelle chevalier seigneur de Roscanvec héritier principal et noble depuis 4 ans de dame Izabeau Macéot sa mère icelle fille de feu écuyer Pierre Macéot Sr de Roscanvec comme se justifie par acte de tutelle du 8 mars 1596 de la propriété d´une maison et ruine suivant le procès-verbal du 30 janvier 1572, icelle couverte d´ardoises située en la rue Latine entre celle de Mallet apothicaire et du Sr de Chedanne Kerbourbon, en cette ville proche la Halle vers le couchant contenant de large 54 pieds, la cour a de profondeur sur le pavé 39 pieds et 42 pieds de large et 54 pieds de long située entre la grande porte et la maison, le jardin derrière vers soleil couchant donnant d´un côté au couvent et jardin des Cordeliers contenant de longueur 85 pieds et d´autre côté vers le levant à la maison susdéclarée et à jardin du dit Mallet, d´un bout vers le midy à un autre jardin appartenant à Monsieur le président de cette ville, et d´autre bout vers le minuit à un jardin appartenant à monsieur de Lomaria conseiller en la cour et à jardin dont jouit les enfants du feu Sr Brien Bahunaut, lequel a de largeur 53 pieds et de long 50 pieds.

  • Vente, 1742

    A. D. Morbihan. 6E 777 : 10 novembre 1742 : Vente passée au profit de messire René Vincent de la Landelle chevalier seigneur de Roscanvec et dame Marguerite Pauline Dandigné son épouse demeurant en leur maison de Roscanvec paroisse de St Nolff par messire Armand Guillo chevalier seigneur de Cadousant et dame Françoise Angélique de la Landelle son épouse demeurant en sa maison de Cadousan paroisse de St Dolay évêché de Nantes à présent logé en l´hôtel de Roscanvec rue Latine, de quatre boutiques et chambres au-dessus situées à droite et à gauche du grand portail de l´hôtel de Roscanvec rue Latine et dont jouissent actuellement la veuve Danion ses enfants, le nommé Barbe et autres pour et en faveur de la somme de 1600 £.

  • Transaction, 1762

    A. D. Morbihan. 6E 26 : 7 Mai 1762 : Transaction passée entre messire René Armand de la Landelle chevalier seigneur de Roscanvec demeurant à son hôtel à Vannes rue Saint-François agissant pour messire René Vincent de la Landelle chevalier seigneur de la châtellenie de Lantillac, de Roscanvec et autres lieux son père d´une part, et Joseph Pocard maître menuisier à Vannes y demeurant rue des Vierges d´autre part, entre lesquelles parties il a été reconnu qu´ayant loué vers l´autre chacune une maison contigüe et se joignant dans la dite rue Latine, celle du seigneur de Roscanvec joignant son hôtel situé dans la même rue, Pocard changea la forme de la surface de la sienne ayant mis en mansarde la plus grande partie du toit de sa maison qui étoit plat et uni et ayant détruit une fenêtre qui n´avoit que vue ou baye de côté, sur le toit de la maison du seigneur de Roscanvec vers la rue, et à 10 à 12 pieds du sol ou plancher poury en substituer une autre dans la même mansarde sur le devant du côté du couchant ayant vue droite sur la maison du seigneur de Roscanvec au vis-à-vis pour aisni dire de celle que le Sr de Roscanvec a eu de tout temps dans le toit de la couverture, ayant vue droite sur la maison du dit Pocard, vers le levant et tirant tout son jour pour son grenier par cette fenêtre que la mansarde nouvelle faite par Pocard offusque beaucoup il a été pareillement reconnu par Pocard qu´il avoit fait une autre fenêtre dans la même mansarde du même côte du couchant sur le derrière à quatre à cinq pieds du sol ou plancher ayant vue droite sur la cour et hôtel du seigneur de Roscanvec quoiqu´il n´eut précédemment aucune fenêtre dans cette partie de la couverture ou toit de sa maison, ce qui a donné lieu au seigneur de Roscanvec de former à Pocard son action en réintégrande au présidial de Vannes afin de faire remettre et rétablir le tout en même et pareil état qu´il étoit avant l´innovation dont il s´est plaint et en conséquence boucher la nouvelle fenêtre faite sur la partie de derrière de la maison ainsi que celle faite sur le devant à 2 à 3 pieds du sol et plancher et ayant vue droite sur le toit de la maison du Sr de Roscanvec au lieu de celle qui étoit précédemmnt qu´à vue ou baye de côté et à 10 à 12 pieds du sol ou plancher. Sur quoi est intervenue sentence le 16 janvier dernier qui sur les offres de Pocard de fermer ces fenêtres à verre dormant, renvoyoit les parties hors d´instance depens compensés. Le seigneur de Roscanvec ayant relevé appel au parlement de cette sentence ; des personnes de considération se sont interposées pour que cet appel ne fut pas suivi, et ont proposé l´arrangement cy-après qui a été accepté par les deux parties, premièrement Pocard se désiste du profit de la sentence cy-devant mentionnée et n´aura aucune fenêtre à l´avenir du côté du couchant dans la partie de derrière du toit ou couverture de sa maison donnant sur la cour de l´hôtel de Roscanvec, celle qu´il avoit nouvellement faite étant déjà bouchée et même détruite. Secondement la fenêtre faite et établie dans la partie du devant sera toujours fermée comme elle l´est déjà de barres ou grilles de fer sans qu´elle puisse être un obstacle à ce que la maison du Sr de Roscanvec puisse être élevée et changée de forme par lui, ses successeurs et ayant causes. Et s´il arrivé que le mur mitoyen soit exhaussé Pocard pourra aussi élever cette fenêtre à la même grandeur, hauteur et largeur qu´elle a et sera fermée de barres et grilles de fer comme elle l´est. Troisièmement Pocard ne pourra continuer sa mansarde sur la partie du devant de sa maison à cause de la fenêtre de celle du Sr de Roscanvec qui tire son jour ou lumière de sur le toit et couverture de la maison de Pocard et qui se trouveroit tellement bouchée, qu´elle ne pourroit plus servir non plus au passage des ouvriers et matériaux pour les réparations de la couverture de la maison du seigneur de Roscanvec qui à ces conditions se départ et désiste aussi de l´appel par lui relevé de la sentence cy-devant mentionnée.

  • Sources iconographiques

    20085605660NUCB : Archives départementales du Morbihan, 3P 297.

    19975601199XB : Archives municipales de Vannes

    19975601196X : Archives municipales de Vannes

    20085605658NUCB : Archives départementales du Morbihan, 3P 593.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Loire-Atlantique. B 2339 fol. 7 v Rentier du domaine ducal à Vannes, parchemin, 1455-1458. La transcription du rentier a été réalisée par Marion Mauvais. Ce travail de transcription a fait l'objet de son master 1 sous la direction de Marie Casset (Lorient : Université de Bretagne sud. 2012). Dans un travail complémentaire en master 2 "La topographie de Vannes au 15e siècle, à partir des données du livre rentier de 1455-1458" Marion Mauvais a appliqué les données du rentier aux surfaces cadastrales de la ville émanant du premier cadastre de 1807-1809. Elle figure à ce titre comme enquêteur dans l'opération d'inventaire du secteur sauvegardé.

    Archives départementales de Loire-Atlantique : B 2339
  • A. D. Loire-Atlantique. B 2340 : 1677 : Déclaration et dénombrement de messire Jean de la Landelle chevalier seigneur de Roscanvec héritier principal et noble depuis 4 ans de dame Izabeau Macéot sa mère icelle fille de feu écuyer Pierre Macéot Sr de Roscanvec comme se justifie par acte de tutelle du 8 mars 1596 de la propriété d´une maison et ruine suivant le procès-verbal du 30 janvier 1572.

    Archives départementales de Loire-Atlantique : B 2340
  • A. D. Morbihan. 6E 777 : 10 novembre 1742 : Vente passée au profit de messire René Vincent de la Landelle chevalier seigneur de Roscanvec et dame Marguerite Pauline Dandigné son épouse demeurant en leur maison de Roscanvec paroisse de St Nolff par messire Armand Guillo chevalier seigneur de Cadousant et dame Françoise Angélique de la Landelle son épouse demeurant en sa maison de Cadousan paroisse de St Dolay évêché de Nantes à présent logé en l´hôtel de Roscanvec rue Latine.

    Archives départementales du Morbihan : 6E 777
  • A. D. Morbihan. 6E 26 : 7 Mai 1762 : Transaction passée entre messire René Armand de la Landelle chevalier seigneur de Roscanvec demeurant à son hôtel à Vannes rue Saint-François agissant pour messire René Vincent de la Landelle chevalier seigneur de la châtellenie de Lantillac, de Roscanvec et autres lieux son père d´une part, et Joseph Pocard maître menuisier à Vannes.

    Archives départementales du Morbihan : 6E 26
Bibliographie
  • THOMAS-LACROIX, Pierre. Le vieux Vannes. Malestroit, presses de l'Oust, 2e édition, 1975.

    p. 4, 42
  • DANET, Gérard. L'hôtel de Roscanvec et le château Gaillard à Vannes. Etude historique en vue de la prise en compte du patrimoine archéologique dans le cadre d'un projet muséal. Etude commandée par la ville de Vannes. 1997.

Périodiques
  • ADEMA, P. M. L'hôtel de Roscanvec-La Landelle. In : Bulletin de la Société polymathique du Morbihan. Juillet 1990. Tome 116.

    p. 247-266
  • FRELAUT, Bertrand. Les hôtels du vieux Vannes. Bulletin des amis de Vannes, 1996, n°21.

    p. 46