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Front de mer : Sillon de Talbert (Pleubian)

Dossier IA22014784 inclus dans Fronts de mer : espaces littoraux remarquables de la commune de Pleubian réalisé en 2009

Fiche

Á rapprocher de

Appellations'Erv an Talberz'
Dénominationsfront de mer
Aire d'étude et cantonCommunes littorales des Côtes-d'Armor - Lézardrieux
AdresseCommune : Pleubian
Lieu-dit : Talbert
Cadastre : 1829 A 1103-1104-1105-1106

Le Sillon de Talbert est divisé en 4 parcelles sur le cadastre de 1829 : le Sillon est figuré en section A, parcelle 1103, avec la 'Pierre à goémon' indiquée au milieu du Sillon, le cordon de galets au bout du Sillon (A 1104), après 'Toull Sten', l'Île au Rats (A 1104) et le dernier îlot (A 1106). Ce très ancien sillon, issu de la dernière glaciation et de la transgression flandrienne (fonte des glaciers de la vallée du Trieux et de la rivière de Tréguier), aurait déjà 15 000 ans d´âge, alors que le Sillon Noir (au Nord-Est de la petite grève) serait antérieur à la dernière glaciation. Une autre hypothèse sur la formation du Sillon est proposée par le chercheur Pierre Stéphan du Laboratoire GEOMER (annexe n°3). Les recherches archéologiques de R.P. Giot, publiées en 1967, ont permis de dater l'occupation humaine du Sillon au moins depuis la fin du Néolithique (3300 et 2300 avant J.C.), avec la découverte de silex, tessons de poteries et restes de foyers. Depuis sans doute un bon millier d'années, le Sillon de Talbert sert de base à la récolte du goémon (goémon de coupe et d'épave). La petite grève du Sillon accueille les bateaux goémoniers et les dromes (radeaux de goémon). Les pêcheurs à pied exercent leur activité sur le platier rocheux et dans les îlots d'Ollone, y aménagent de véritables pêcheries, posent des lignes de fond et des filets de barrage (entre l'Île Blanche et le Sillon et au niveau du 'Genouil' ou du 'Ster' dans la 'grande Grève'). Louis-Marie Faudacq (1840-1916) a peint et dessiné ces 'travailleurs de la mer' à la fin du 19ème siècle. Dans son article intitulé 'Les faucheurs de la mer', publié en janvier 1906 dans la 'Revue des Deux Mondes', Charles Le Goffic donne un étonnant tableau de ce qu'était le Sillon quand commençait cette moisson ou coupe du goémon, nommée 'ar verz', à partir du mois de février. Plus récemment, les témoignages oraux évoquent les fours à goémon à la base du sillon (déjà cités au cours du 19ème siècle et peints par le douanier Faudacq), le séchage du goémon en meules imposantes et la pratique du pacage sur la dune et dans la petite grève. En 1844, un industriel de la soude, Chauvel fit construire plusieurs 'fourneaux' et un magasin sur le Sillon. Cependant, le comice agricole du canton obtint auprès du Conseil général et du préfet, selon ses doléances, de chasser cet 'étranger', fabricant de soude. Pour aller de l´une à l´autre de ces grèves on traversait autrefois le sillon (soixante mètres environ de large au maximum) avec des attelages, au niveau du et derrière le 'Chouk' ('le dos', 'la nuque' en breton) pour charger algues et galets sur la côte au vent. Cette multiplicité des usages sur un même site s'est développée de façon cohérente et en ménageant tant la ressource algale que le support physique de ces activités jusqu'au milieu du 20ème siècle. C'est la valeur d'usage qui fait la référence et la parité entre des acteurs et des producteurs locaux. Ce qui construit et cimente une culture littorale. L'exploitation industrielle des agglomérats marins (sables, graviers) effectués aux alentours du sillon depuis le début du 20ème siècle par les sabliers a contribué à la fragilisation du cordon littoral qui protège la pointe de Lanneros. L'exploitation par une compagnie privée en 1928 est dénoncée par le Conseil municipal de Pleubian. Lequel autorise néanmoins en 1930 l'extraction de galets de 100 m3 pendant 6 mois pour l'entretien des chemins communaux. Le véritable divorce ethno-écologique s'est déclaré une première fois lorsque des nouveaux usagers du site (les soldats de l'organisation allemande 'Todt', pour construire le 'Mur de l'Atlantique') ont prélevé des quantités importantes de galets à partir de 1942 pour construire des blockhaus et empierré les routes. La modélisation de cette activité s'est poursuivie au niveau de l'Île Blanche par les habitants eux mêmes pendant le temps de la reconstruction. Puis à partir des années 1960, les tracteurs des cultivateurs avec leurs remorques sont venus, depuis les communes environnantes (Paimpol), envahir le Sillon et ramasser les goémon d'épave, en négligeant certains règles d'usages. A partir de 1969, le Sillon qui faisait partie du domaine privé de l'Etat, est passé sous la responsabilité de la commune de Pleubian, pour essayer de freiner la dégradation du site et la rupture prévisible du cordon de galets. Elle a obtenu le renfort de 11 autres communes pour créer sous la présidence de Max Querrien, maire de Paimpol, le 'Syndicat intercommunal pour la sauvegarde du Sillon' et la constitution d'un syndicat mixte associant le Conseil général et la Chambre d'agriculture. Dés 1974-75, un premier enrochement et un épi transversal (à la base) sont réalisés ; l'enrochement en ligne sera prolongé en 1982 sur 1300 mètres, alors qu'on pratique un re-profilage de la crête et qu'on empierre un passage dans la dune en 1982. D'autres grands travaux seront réalisés par la suite entre 1987 et 1989, afin de remodeler les enrochements parallèles au Sillon. En 1988, on installe un filet expérimental pour essayer de retenir les galets et pour arrêter l'étalement du sillon. On installe en plus un brise-lames. Cependant, tous ces travaux coûteux s'avèrent inefficaces et aggravent la situation. Ils bloquent l'engraissement naturel du Sillon et accélèrent l'érosion derrière les enrochements. Les tempêtes successives comme celle de janvier 1988, parviennent même à briser le cordon. Au 1er janvier 1992, le Syndicat rend son bien à l'Etat. Le Sillon, par trop artificialisé, se voit refuser le label 'Grand Site' par la DIREN. En 1994, la commune de Pleubian accepte l'établissement d'une zone de préemption de 30 hectares, sur laquelle le Conservatoire du Littoral pourra intervenir sur un aménagement global du Sillon à Penn Lann. En 1996, le Conservatoire demande l'affectation du Sillon auprès du Service maritime de l'Equipement, avec une convention de gestion du DPM sur 30 ha. Et quelques années plus tard, il prend en main la gestion globale du site, en lien avec l'opération 'Natura 2000' Trégor-Goélo (Directive européenne 'Habitats naturels'). L'accès au lieu est réglementé, alors que des animations découverte et une veille écologique sont mises en place par des associations locales (CPIE du Trégor, 'Nature et Equilibre', Groupement ornithologique des Côtes d'Armor', Vivarmor-GEPN). Une stratégie de travaux et de soins d´accompagnement de la dynamique naturelle du sillon s'amorce pendant cette première1ère décennie 2000, tant pour le renforcer que pour freiner son érosion : les anciens enrochements, une fois concassés, ont été déposés en arrière du Sillon (environ 7000 m3 apportés sur 1400 mètres) afin de l´aider à s´appuyer à sa guise sans résistance. La difficulté est de ne pas renforcer certains endroits au détriment d´autres, pour ne pas compromettre l´équilibre global : agir aux coupures et brèches qui se créent et aux cambrures qui se modifient demande une observation attentive. Il s'agit aussi de restreindre puis de trouver des alternatives aux usages goémoniers sur le site (séchage) et de mieux gérer le flux touristique. En 1999, une première convention est passée entre le Conservatoire et la commune de Pleubian. Cette convention sera renouvelée et enrichie en 2006. La commune s'engage à gérer et à animer par délégation le Sillon de Talbert, avec l'engagement d'un animateur-garde du littoral. En décembre 2006, le Sillon devient une réserve naturelle régionale et obtient l'appellation bretonne 'Grand Espace Remarquable de Bretagne'.

En 2008, le Sillon de Talbert est devenu réserve naturelle régionale. Le périmètre de la réserve a été étendue en 2018 à l'archipel d'Ollone et au platier rocheux découvrant de Men Buas. Des vestiges de dépôt coquilliers ont été découverts à Ollone ainsi que des ossements humains datés du Moyen Age. Des traces de carrière ont également été découverts dans l'archipel d'Ollone. Des restes de four à goémons ont aussi été découverts après a tempête de 2017 à la base du Sillon, près de la brèche de mars 2018. (pierres rougies par le feu). Le pieu de l'ïle Blanche (servant de repère autrefois pour les bateaux sabliers) a été enlevé par une tempête en 2017. Aujourd'hui en 2018, le Sillon commence à englober l'Île Blanche.

Période(s)Principale : Préhistoire
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle

Le Sillon de Talber (t), situé à la pointe extrême septentrionale de la 'Presqu´île' de Pleubian, parallèle à la ria du Trieux et à l'estuaire du Jaudy, est caractéristique, selon les géomorphologues, d'une 'flèche littorale à pointe libre' ('hegger' en breton), de 3 km de long et de 100 mètres de large, dans sa plus grande étendue, à son extrémité. La surface du site est de 18 hectares. Le Sillon Noir et l´Île Blanche sont d'autres sillons fossiles, proches du Sillon, situés dans la petite grève Est. Cet ensemble forme une réserve naturelle de 205 hectares. Façonné en permanence par la mer et les hommes, le Sillon de Talbert semble en perpétuelle recherche d'un équilibre introuvable, en raison de son orientation générale, perpendiculairement aux houles dominantes d'Ouest et de la dérive littorale, qui fait migrer les galets de la base vers la pointe. Ce phénomène continu mais variable provoque l'allongement régulier de celle-ci (quelques dizaines de mètres par siècle) et la formation d'un crochet terminal, sous l'effet des houles latérales. La première carte du Sillon est datée de 1666 : le portulan de Colin, qui représente un sillon relativement rectiligne, s'appuyant à son extrémité sur les premiers îlots. La carte de Belin, datée de 1764, lui donne une courbure concave très accentuée en son milieu. Cependant, le Sillon s'est déjà rompu au cours du 18ème siècle, en se séparant de l'archipel d'Olonne ('l'île au sel', vestiges d'ateliers de sauniers d'origine gauloise, formé de 6 îlots), et au 19ème siècle au niveau de l'Île Blanche. A la fin du 18ème siècle, une brèche s´est ouverte et l´a coupé en deux parties distinctes. Au nord, les galets se sont étalés pour former un vaste estran. D'autre part, on observe un recul frontal dû au fait que le cordon n'est plus réalimenté naturellement par l'apport de nouveaux matériaux (les stocks du platier rocheux et des falaises s'épuisent) et qu'il roule sur lui même, en ensablant la petite grève Est. La flèche recule (50 mètres en deux siècles), rapetisse (1, 50 mètres en dix ans) et rétrécit (10 à 30 mètres en soixante ans), tout en se creusant plus fortement juste après le rocher qui, à 400 mètres de la base, fournit un ultime appui. Cette évolution s'est accélérée ces 70 dernières années, à cause des effets conjugués du prélèvement de galets pendant la seconde guerre mondiale (pour construire le 'Mur de l'Atlantique'), des usages goémoniers intensifs (passage des tombereaux attelés puis des tracteurs), des derniers enrochements et tempêtes. Sur les premières photos aériennes du début du 20ème siècle et d'après les croquis du peintre Faudacq, le sillon affecte la forme d'une longue jetée de 60 hectares aux courbures élégantes, dont l'ardillon final s'orne de multiples crochets et sillons secondaires, alors que la base présente un front dunaire sablonneux plus important qu'aujourd'hui. Son front de mer Ouest-Nord-Ouest fait face à la grande grève sur les hauts fonds d'un plateau rocheux, semé de nombreux écueils (des 'Epées de Tréguier au plateau des Héaux de Bréhat), avec le grand rocher 'Men Buas', en son milieu, le passage de 'Toull Sten' à son extrémité et les îlots de Talbert et d'Olonne. La partie Sud-Ouest du sillon, s'enracine dans la micro falaise (dite falaise morte) de Pors Rand, relativement protégée par les 'queues de comètes', perpendiculaires au rivage. Le front de mer Est-Sud-Est du Sillon donne sur la petite grève et la presqu'île de Lanneros. Son extrémité Est s'élargit pour forme une longue langue de galets, très évasée, avec une petite dépression en son milieu (marais à obione et salicorne) et des caoudeyres en formation. C'est le lieu privilégié de nidification de plusieurs espèces de sternes. La dune de sable et de galets constitue la base du Sillon, où s'appuie la flèche littorale. Sous la dune primaire, on peut découvrir de la tourbe, dont la présence pourrait révéler d'anciennes plantations et une végétation arbustive. Cette tourbe en décomposition favorise avec les algues d'échouage la progression des plantes littorales halophiles et nitrophiles (matricaire, choux marin, chardon bleu, bette maritime, renouée). Cependant, le piétinement et le passage des tracteurs ont réduit considérablement cette végétation tropique, depuis plusieurs décennies, avant que de nouveaux usages réglementent l'accès au site (Conservatoire du Littoral). Le Sillon est constitué d'une grande variété de galets, issus des littoraux de proximité (micro-granodiorite de Pleubian, de Talbert, microgranite de Pommelin, de Bréhat et de Launay, roches d'origine volcanique, albitophyre de l'Île d'Er, dolérite, gneiss de Port-Béni et roches sédimentaires), et de quelques silex. Le Sillon se présente aujourd'hui comme une cordon dunaire, dont les premiers 200 mètres (plus sablonneux), ont été sauvegardés par une action de re-végétalisation et l'aménagement d'enclos, laissant un passage central pour les piétons exclusivement. Cependant, le Sillon s'est considérablement affaissé et étalé dans son prolongement, sur une distance aussi importante, depuis le premier épi rocheux de 1973 (au Nord-Ouest du 'Chouk'), jusqu'au niveau de l'île Blanche. Les premiers enrochements en aval du 'Chouk' ont été conservés. Son recul devrait être arrêté par l'aménagement en 2004 de trois cordons parallèles au Sillon, d'une longueur chacun de 300 m et d'une hauteur de 1, 50 m, constitués des anciens enrochements concassés, sur lequel il pourrait venir s'appuyer et s'engraisser. Les années à venir verront le Sillon se rapprocher de plus en plus vers l'Île Blanche et l'anse de Mer Melen, qui s'ensable. En 2018, ces enrochements ont été en partie englobés par le sillon.

Les tempêtes successives entre 2011 et 2014 ont fait reculer le sillon de plusieurs dizaines de mètres (30 m en une seule année) et affaissé considérablement le cordon dunaire à sa base, avec des ruptures au moment des grandes marées qui ont eu pour conséquence de rendre submersible le sillon. Les tempêtes de février et mars 2018 ont créé une brèche de 25 mètres au niveau de la phase terminale du cordon dunaire sablonneux, devant l'épi rocheux transversal de 1973 et celui parallèle au sillon. Un courant de 5 noeuds passe au jusant dans cette brèche qui s'agrandit. Le niveau de la petite grève étant plus haut que le platier rocheux côté ouest, est noyé par le flot.

La hauteur maximum du Sillon est aujourd'hui en 2018 de 12 mètres. Des études géomorphologiques sont en cours avec l'UBO et la Réserve naturelle pour imaginer des scénarios sur l'évolution du sillon et de la petite grève de Talbert. Des panneaux d'information ont été installés afin de prévenir du danger les promeneurs sur le risque d'isolement de la portion du Sillon entouré par la mer dés un coéfficient de 80.

En mai 2018, le comité de gestion de la réserve naturelle du Sillon a décidé d'agrandir le territoire de la réserve à l'archipel d'Ollone et au platier rocheux jusqu'au rocher Men Buas.

Le front de mer du Sillon de Talbert mérite d'être signalé, en raison de la réserve naturelle régionale et des espaces littoraux remarquables associés.

Statut de la propriétépropriété de l'Etat
Intérêt de l'œuvreà signaler

Annexes

  • Etymologie du mot et site 'Talbert' et traditions populaires

    Selon l'interprétation de Nouël de Kerangoué, instituteur à Pleubian (2ème quart 20ème siècle), 'Talbert' en breton signifierait 'front' et 'bert', joug de boeuf. Ce dernier mot n'est pas connu des spécialistes bretonnants. Néanmoins, selon Alain Le Diuzet, 'joug' se dite 'geo' ou 'yeo' en langue bretonne.

    Toujours selon Nouël de Kerangoué, pour la dénomination employée de 'Talberg', 'Berg' pourrait renvoyer à la 'dune de sable', qui forme en partie le sillon. Le mot écrit 'Talberz' peut se traduire par le front ou la limite en raison du préfixe 'tal', qui signifie le 'front en breton et la coupe du goémon pour le suffixe 'berz', soit la limite de la coupe du goémon. 'Berz' signifie aussi la prospérité. Selon Le Diuzet, 'Tal berr' peut encore signifier le 'front court', en raison peut-être de l'étroitesse du sillon à sa base, renvoyant au 'front de galets'. 'Tal' peut aussi être associé au mot 'talar', qui signifie le dernier sillon au bout d'un champ.

    Les gens du pays disent indiféremment 'Sillon du Talbert' ou 'Sillon de Talbert', renvoyant au rocher de ou du Talbert, situé au bout du Sillon, dans l'archipel d'Ollone. Selon Marcel Queiniec de l'Armor-Pleubian, Talbert signifie 'le front court'. De nombreux mots en breton ont servi à nommer les rochers proches du Sillon : 'Roc'h Wenn', la 'Roche aux puces', 'Toull bara Gwen', le Trou du Pain blanc (où venait s'échouer le'ange de mer pour accoucher', 'Men Buas', dont on voit les oreilles autour de la roche, 'Toull Staen', le 'trou de l'étain', où un navire chagé d'étain aurait fait naufrage, 'Toull Ahoult', le 'trou à la houle', 'Men Gamp', la 'Pierre boiteuse', 'Men Gwiniz', la 'Pierre du froment', 'Roc'h Loué', le 'Chameau'.

    Interprétations de Alain Le Diuzet, professeur au Collège breton

    Comme la forme du cordon dunaire, sa graphie est très variable : sur le cadastre de 1828, il s'écrit 'Talbert'. Le Gonidec dans son dictionnaire daté de 1821, l'écrit 'Talberv', 'erv', traduisant le sillon. Sur la carte marine établie par de Vriès en 1681, l´île Talbert est présente. Le Sillon s´étire jusqu´à elle, ce qui vraisemblablement en explique son nom.' On remarque le 'Sillon du Talber', non mommé, sur la carte marine de Belin levée en 1837-1838 et réactualisée en 1770. En breton, Sillon du Talbert c´est 'Erv an Talberz' et 'Craou Talberz' ('an ero Talberz', sous la plume de Yves Le Gallo). Charles Le Goffic, dans ses ouvrages littéraires l'écrit 'Talberg'. Le mot 'sillon' est issu de l'ancienne racine gauloise 'selj', qui signifie 'amasser la terre' et qui renvoie donc non à un relief creux mais à l'ados. Breton et français sont donc associés de façon un peu redondante et l'on pourrait se contenter de ''Talberz', si l'usage local et la carte IGN n'avaient largement consacré l'utilisation écrite du mot 'Talbert', estimant peut-être qu'un mot trop court convenait mal à un lieu tout en étirement.

    L'hypothèse proposée par Bernard Tanguy, que l'on pourrait faire pour sillon du Talbert ou de Talbert est la suivante :

    Tal + penn+perth (ce dernier mot existe en gallois et signifie : hedge). Cependant, il nous faut relativiser l'ensemble de ces interprétations, en considérant que la toponymie n'est pas une science exacte mais davantage une interprétation des usages oraux populaires, dans des contextes historiques variables.

  • Le Sillon de Talber (t) entre aménagement et développement : le sillon recommencé

    La parole des anciens (extraits des enquêtes orales) :

    Les 'anciens du pays' ont pu observer, avant les études scientifiques, la convergence des galets et leur dérive avec leurs algues à usage de flotteurs (appelés 'trainards' ou 'Kilveign'), jusqu´au crochet terminal du sillon. Le goémon d'épave amortit la houle comme de l'huile grasse (témoignage de Jean Craignou, ancien goémonier). Ce qui faisait dire à Jean Le Ner (ancien goémonier), il y a plus de 15 ans, que la meilleure technique pour freiner l´évolution inéluctable du Sillon, serait de l´engraisser à sa base avec les galets accumulés à son extrémité. Cette technique a été utilisée aujourd´hui après concassage des enrochements pour former un double sillon en continu, parallèle au Sillon, dans la 'Petite Grève'. Une autre alternative fut proposée par Jean Le Ner pour 'casser' la houle d´ouest : réaliser des épis artificiels perpendiculaires au sillon afin de piéger le sable et les autres matériaux de la marée, pour les ramener sur le dévers du sillon, afin de 'cimenter, de lier ce 'pudding de galets', tout en évitant de creuser le front du sillon, conséquence de l´épi rocheux artificiel, aménagé en 1973.

    La proposition de Jean Le Ner consistait à aménager des 'queues de comètes' artificielles perpendiculairement à la houle, mais à une certaine distance du sillon, et non directement contre lui, comme celles situées devant la plage de Rugno, en amont du sillon. Cette technique, les marins de commerce l'avaient vu utiliser efficacement dans d´autres régions côtières.

    Cependant, les scientifiques écoutent rarement ceux qui détiennent la culture littorale locale, en faisant appel à leurs connaissances naturalistes, ethno-écologistes. Ils sont cependant les meilleurs observateurs de leur milieu et des changements de leur environnement physique.

    Cependant, la politique des enrochements n'a pas tenu compte de la force du lieu et des observations de certains goémoniers qui préconisaient avant l´heure de 'soigner le Sillon', en plantant des oyats.

    Avant la guerre 1939-45, le café 'Le Chardon bleu', tenu par Alice Vaillant servait de dépôt pour les outils et les pains de soude livrés par les goémoniers. On venait aussi se rafraîchir après avoir sué tout le jour à la 'berz', soit à la coupe de goémon et au déhalage des dromes (dans les années 1930). Les gabarres restaient toute l´année au 'Port du Sillon', à l´échouage de la 'Petite Grève'.

    Concernant l´orthographe du mot 'Talber', Le 'tal' signifierait le dernier sillon d´un champ pour le charcheur CNRS Gwénolé Le Menn, ou le 'front', 'le front de galets' pour Francis Guillou (érudit local). Celuis-ci évoquait le mot 'berz' pour le temps de coupe du goémon et le mot 'berv' pour traduire le sillon en français, selon le dictionnaire de Le Gonidec (1821), et encore 'craou Talberz' en breton, le sillon de Talber (avec ou sans 't'.

    Mais peut-on évoquer le sillon de Talbert sans parler des usages inscrits dans le site, au risque de privilégier l´apparence esthétique sur le projet social et patrimonial.

  • La formation du Sillon de Talbert

    Rapport de Stéphan Pierre (Géomer (UMR 6554 CNRS-LETG)

    Lors de la dernière période glaciaire (il y a 20 000 ans), le niveau de la mer se situait 120 m plus bas qu´aujourd´hui et l´estran situé en avant du Sillon de Talbert était soumis aux effets du gel faisant éclater la roche sur place et produisant d´importants volumes de cailloux. La déglaciation qui a succédé à cette période a vu une remontée rapide du niveau marin, entre 12000 et 6000 ans avant aujourd´hui. Les vagues ont progressivement remobilisé les cailloux présents sur la plateforme continentale, les émoussant en galets et les organisant en cordons. Par endroits, d´imposantes masses de granite résistant ont offert des points d´appui stables sur lesquels sont venus s´accrocher ces différents cordons. Peu à peu, au cours de sa remontée, la mer a fait reculer ces cordons de galets qui se sont réunis par coalescence pour former le Sillon de Talbert. Jusqu´au 20ème siècle, ce dernier reliait les îles d´Ollone au continent, mais une brèche ouverte à l´occasion d´une violente tempête a transformé ce grand cordon en une flèche à pointe libre.

  • Extrait du journal 'Ouest-France', 1957

    En 1957, le journal 'Ouest-France', dans la page 'Lannion' évoquait la fréquentation intensive du Sillon du Talbert, en particulier par les cultivateurs de Paimpol et de sa région : 400 cultivateurs récoltent l´abondante moisson du goémon d´épave qui s´en va fertiliser les champs. Plus loin il indique chaque cultivateur vient avec son tracteur et sa remorque, deux ou trois ouvriers et dans la journée on effectue deux sorties de goémon en travaillant la nuit s'il le faut.

  • Légendes autour du Sillon de Talbert

    Les goémoniers attribuaient les coups de vent qui défaisaient les tas de goémon et leurs dromes (radeaux de goémon) à une fée des grèves, 'Groaz Kribinigou'. Le folkloriste trégorrois G. Le Calvez, confirme que l'endroit était redouté des marins, il est, disaient-ils 'formé en entiers des os des matelots naufragés, et c'es pour cela qu'il est blanc' : sa pointe est un aimant qui attire les navires qui passent dans les parages des Héaux'.

    On disait :

    'Arok tremeun Kraou Alberz,

    Gret ho Kimiad goude Kowez'

    'Avant de passer le Sillon de Talbert,

    Faîtes vos adieux après vous être confessé'.

    Lorsque les marins passaient devant, ils disaient une prière ressemblant à celle usitée au passage de la pointe du Raz. En 1814, un navire anglais fit naufrage près du rocher bien nommé 'La Moisie'.

    Une procession religieuse était organisée chaque année sur le Sillon, pendant la période estivale, au mois de septembre, en mémoire des péris en mer (jusqu'en 1990). Le chemin qui menait de l'église de l'Armor au Sillon en passant par le Québo, était jonché de fleurs. Le recteur érigeait un autel à la base du Sillon et disait la messe, après avoir jeté une gerbe dans les flots. Cette pratique religieuse, était semble-t-il assez ancienne.

    Une autre légende raconte que le cordon dunaire du Sillon servit de pont au Roi Arthur, grâce à la l'intercession magique du druide Merlin 'l'Enchanteur', pour rejoindre à cheval la Fée Morgane, isolée sur son îlot. Les amoureux purent ainsi se retrouver.

    Le roi Arthur habitait le château de Kerduel en Pleumeur-Bodou, avec son épouse prénommée 'Gwen Arhant', en référence à ses cheveux 'Blanc d'argent' et à son âge avancé. Arthur, lors de ses chevauchées pour mieux connaître son royaume, en compagnie du barde Merlin, fit halte au bout de la 'Presqu'île Sauvage', entre l'Île Maudez et 'Men Buas, (la 'Pierre de la Vache', dont on aperçoit les deux oreilles pointées dans la 'Grande Grève'. Au loin, il aperçut un îlot (Olonne) où se tenait la fée Morgane, dont il tomba aussitôt amoureux. Merlin ou Morgane, l'un des deux ou ensemble, jeta dans la mer autant de galets, qu'il était nécessaire pour rejoindre l'île au rivage. Ainsi fut tissée cette longue flèche littorale, dont les géographes retinrent le nom : Sillon de Talbert.

  • La fréquentation touristique du Sillon du Talbert : conséquences et aménagements

    Depuis quarante ans, plus de 80 000 visiteurs (comptage 2009) viennent dès le printemps en procession sur le cordon de galets, que le botaniste Jean-Marie Géhu jugeait encore en 1960, 'peu connu du grand public', et souhaitait voir rester 'à l'abri des grands courants touristiques'. Même si seulement 10 % des randonneurs réalise cette 'grande troménie' et va jusqu'au bout du parcours, la fréquentation du premier tiers est particulièrement intensive. C'est justement cette portion qui est la plus fragilisée, avec pour conséquence, la disparition de 80 % des plantes spécifiques. Cependant, la nouvelle politique de gestion du Sillon par le Conservatoire du Littoral, produit déjà en 2009 des effets positifs : le 'Chardon bleu', qui avait disparu depuis de nombreuses années réapparaît. Les plantations d'oyats et autres graminées recolonisent la dune et les belles populations de choux marins s'alignent sur les premiers kilomètres. Les oiseaux hivernants et les espèces nicheuses, dont le grand Gravelot, la sterne naine et la sterne Pierregarin, sont aujourd'hui protégés de l'errance des chiens et des touristes, par l'aménagement d'un fil électrifié en aval de la pointe du Sillon.

    Un garde-animateur municipal fait aujourd'hui découvrir le site du Sillon lors de randonnées, en particulier ses richesses ornithologiques.

    Une 'Maison du Littoral' a été ouverte en aval du Sillon par la Mairie de Pleubian. Elle propose de nombreuses expositions et une information complète aux touristes. Le stationnement sur le parking devant le Sillon a été limité et d'autres aires ont été aménagées.

    La commune et le Conservatoire du Littoral ont comme projet en 2010 d'ouvrir un sentier d'interprétation en boucle entre le site de Creac'h Maout et la baie de Lannros, avec un certain nombre de stations et de panneaux d'interprétation (pupîtres). Ce sentier permettrait de proposer une lecture des différents paysages et d'informer le public sur les usages passés et présents des sites (histoire, pratiques, patrimoine naturel et culturel). Il aurait comme avantage de proposer un cheminement à pied avec une mise en perspective du Sillon et la découverte des différents pôles attractifs qui l'environnent et forment un ensemble, un système écologique cohérent. Ce qui pourrait contribuer à répartir la charge de fréquentation du Sillon et à mieux gèrer l'usure du site. Une nouvelle 'Maison du Littoral', située à la base du Sillon (ancienne maison de marin-pêcheur) pourrait devenir le centre d'interprétation du Sillon dans un proche avenir.

  • Les différents usages vivriers au Sillon de Talbert

    Extraits de témoignages oraux, dont Jean Le Ner et Joël Le Briand.

    Le Sillon de Talbert a toujours été un lieu de pratiques goémonières jusqu'à la fin du 20ème siècle pour les opération du séchage, alors que la collecte du goémon d'épave se poursuit encore aujourd'hui.

    La première fonction du Sillon est de capter les algues d'échouage à partir de la dérive latérale qui fait remonter les galets, avec leurs goémons flotteurs. Ces goémons étaient et sont encore ramassés à pied par les goémoniers professionnels et autrefois par les cultivateurs, avec des crocs et transportés avec les tombereaux et charrettes attelés (2 chevaux) sur la face Ouest du Sillon. Les tracteurs et leurs remorques ont remplacé ces attelages à partir des années 1960. A l'extrémité du Sillon, les bateaux venaient prendre le goémon de coupe, alors que les charrettes (équipées de roues en bois, ferrées) pouvaient rester sur place. Il existait une cabane qui servait d'abri aux goémoniers sur l'îlot d'Ollone. Les goémons épaves (constitués de plusieurs familles d'algues) étaient mis à sécher en meules sur la dune à côté des goémons noirs de coupe (fucus serratus et ascophylum) et du lichen. Ce qui révèle l'autre fonction du Sillon comme capteur solaire.

    L'Île Blanche a aussi servi de réserve de galets et de sable pour l'usine de goémons et pour les particuliers (avec autorisation municipale), dés le 1er quart du 20ème siècle. Les bateaux et les camions venaient prélever ces ressources dans la grève. Pendant la seconde guerre mondiale, Yves Le Briand utilisait un GMC pour livrer à l'usine. Les bateaux venaient aussi s'abriter près de l'Île Blanche : le 'port du Sillon'. Le cordon de galets de 'Nuellan' représentait un autre site d'extraction (il portait encore une croix au 18ème siècle). Le sable, extrait à 'Trézur', entre l'Île Blanche et le Sillon noir, était livré à B. Le Page, courtier à Paimpol ou chargé à sec à la pelle ou au crapaud pour être livré avec les borneurs au port du Légué. Il n' y avait pas encore de quotas.

    Les dromes de goémons étaient amenées par les canots ou déhalées avec des perches jusqu'a la 'Petite Grève' du Sillon, avant d'être montées en haut de la dune, être démantelées et déchargées à l'aide de civières. Les cultivateurs venaient ensuite enlever ces algues pour amender leurs champs. Les familles Bohu, Bideau et Le Ner furent les derniers de ces goémoniers du Sillon.

    Des fours à goémons ont aussi été aménagés à la base du Sillon depuis au moins le milieu du 19ème siècle pour la production de l'iode, avant de disparaître avant la seconde guerre mondiale vers 1930 (7 à 8 fours). Le 'Bodre' (les laminaires) était déchargé en bateau à la 'Grande Grève' et transporté avec une civière dans les fours. Pendant la guerre, l'usine de Penn Lann fournissait de la teinture d'iode pour soigner les blessés allemands.

    La 'Petite Grève' du Sillon, 'Nod Bihan', servait aussi d'aire de pacage pour les animaux. Quand les bêtes étaient malades, on les envoyait brouter l'herbe salée sur le Sillon et s'abreuver à la source.

    Les champs de goémon étaient partagés par des ruisseaux entre les familles de cultivateurs-goémoniers : 'Kervel Vian' ou 'Kervel vraz' selon le nom de la ferme et le droit de propriété. La grève fonctionnait comme un enclos avec son parcellaire.

  • 20092210614NUCB : Collection particulière

    20092210324NUCB : Collection particulière

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    20092210508NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, 4 num 1/41, Numplan 1.

    20092210509NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor

    20092210351NUCB : Collection particulière

    20092210051NUCB : Collection particulière

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    20092210613NUCB : Comité d'expansion économique des Côtes-du-Nord

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    20092210610NUCB : Conservatoire du Littoral

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    20092210596NUCA : Collection particulière

Références documentaires

Bibliographie
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  • JOLLIVET, Benjamin. Les Côtes-du-Nord, histoire et géographie de toutes les villes et communes du département. Guingamp : B. Jollivet, 1854, IV.

    p.
  • GIOT, Pierre-Roland. Chroniques de préhistoire et de protohistoire des Côtes-du-Nord. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord, Saint-Brieuc : 1967.

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  • PINOT, Jean-Pierre. Rapport sur les risques liés à l'évolution du littoral entre Penvénan et Plouha, SMVM Trégor-Goëlo. Brest : UBO, 1997.

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  • PRIGENT, Guy, LEVASSEUR, Olivier. Faudacq. Rennes : Apogée, 2003.

  • PRIGENT, Guy, ROCHARD, Guylaine. Etude sur le Sillon du Talbert, entre nature et patrimoine. Lézardrieux : CPIE du Trégor, 1992.

  • RIOU, Pascal. Quel avenir pour le Sillon de Talbert ? . Lézardrieux : CPIE du Trégor-Goëlo / Université littoral de Calais, avril-mai 1994.

Périodiques
  • LE PAGE, Roger. Le Sillon du Talbert. Pen ar Bed, 1967.

    pp.11-20
Documents audio
  • CARSIN, Pierre-Louis, PRIGENT, Guy, VARIOT, frédéric, TROADEG, Iffig. Faudacq au Sillon de Talbert. Vidéo, 16 mn, Pleubian : 2008.

  • KERAMBRUN, Jean. Traditions goémonières. Témoignage oral, septembre 2006.

  • LE BRIAND, Joël. Témoignage oral sur les usages autour du Sillon de Talber. L'Armor-Pleubian : 22 février 2007.

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  • LE BRIAND, Joël. Témoignage oral sur les usages autour du Sillon de Talber. L'Armor-Pleubian : 4 février 2000.

    Témoignage audio
  • LE NER, Jean. témoignage oral sur les usages goémoniers et le bornage. L'Armor-Pleubian : 22 mars 1995.

    Témoignage oral
  • PINOT, Jean-Pierre. Témoignage oral : géomorphologie et aménagement du Sillon de Talbert. Pleubian : mars 2000.

    Témoignage oral