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Fort National (Saint-Malo)

Dossier IA35032906 inclus dans Ville-port (Saint-Malo) réalisé en 2005

Fiche

Dossiers de synthèse

"Pour profiter de l´avantage du vide qui se trouvera entre l´ancien et le nouveau revêtement, on y fera des souterrains pour un magasin à poudre, à l´épreuve des bombes, pour serrer les vivres et pour se mettre à couvert, chose absolument nécessaire car, pour n´avoir eu qu´un petit magasin à poudre [dans la longère], comme dans plusieurs autres forts, on fut obligé, le jour du bombardement, de tenir celui du château ouvert la moitié du jour pour distribuer et renvoyer la poudre, pour remplacer celle consommée, malgré la grêle des bombes qui tombaient alentour de ce magasin et entre les charrettes chargées dont il pouvait arriver la ruine entière de la ville, à quoi on remédiera en faisant des souterrains capables de toutes les munitions nécessaires". Garengeau, 14 août 1695.

Programmés dès 1689 sur un rocher situé à 150 toises du château de Saint-Malo, les travaux du fort commencèrent vraisemblablement dès 1691-1692 sous la direction de l´ingénieur Garengeau. L´ouvrage de plan presque carré se compose d´une batterie haute percée de 16 embrasures et d´un front bastionné au sud dans lequel s´ouvre la porte monumentale précédée d´un pont-levis et d´un fossé sec. La gorge est protégée d´une attaque terrestre par un mur percé de nombreux créneaux de mousqueterie. Les édifices logistiques : magasin à poudre, hangar pour le matériel d´artillerie, corps de garde et chambre de l'officier sont regroupés dans un bâtiment faisant longère et doté de combles de manière à y loger des troupes supplémentaires en temps de guerre. Contrairement au Grand Bé, le fort dont la partie basse est battue par la mer, est construit en maçonnerie de pierre de taille de granite. Lors de l´attaque de 1695, le fort était armé de 14 canons sur affûts marins et de 3 mortiers.

En 1697, Garengeau propose d´agrandir le fort vers le nord en créant "une batterie basse et en fausse braye" pour battre "la fosse aux normands" et profiter ainsi de l´effet ricochet des boulets.

L‘enceinte extérieure du fort fut agrandie et remaniée au 18e et au début du 19e siècle pour améliorer la défense du fort du côté de la terre. Le Fort National a été classé Monument Historique par arrêté du 17 mai 1906. Restauré pendant 33 ans par Alain-Etienne Marcel, (œuvrant aujourd’hui´hui sur le Petit Bé), le fort, propriété privée depuis 1927, s´ouvre au public à chaque marée basse.

Appellations Fort Royal, Fort Impérial
Parties constituantes non étudiées batterie, caserne
Dénominations fort, batterie, caserne
Aire d'étude et canton Bretagne Nord
Adresse Commune : Saint-Malo
Période(s) Principale : 4e quart 17e siècle
Principale : 18e siècle
Secondaire : 2e quart 20e siècle
Auteur(s) Auteur : Vauban, ingénieur militaire, attribution par travaux historiques
Auteur : Siméon Garengeau,
Garengeau Siméon , né(e) Simon Garengeau (1647 - 1741)
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ingénieur militaire, attribution par travaux historiques
Personnalité : Louis XIV, personnage célèbre, attribution par travaux historiques
Murs granite
terre
pierre de taille
moyen appareil
petit appareil
moellon
Toit pierre en couverture, ardoise
Plans système bastionné
Étages sous-sol, rez-de-chaussée, 1 étage carré
Couvertures terrasse
toit à deux pans
États conservations restauré, inégal suivant les parties
Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre vestiges de guerre, à signaler, à étudier
Protections classé MH, 1906/05/17
classé MH, 1913/08/20
Précisions sur la protection

Fort National : classement par arrêté du 17 mai 1906 ; Murs d'enceinte du fort : classement par arrêté du 20 août 1913. Ilot (parcelles A 1013 et 1074) : site inscrit par arrêté le 8 août 1945.

Annexes

  • Garangeau (alias Garengeau) d'après BLANCHARD (A.), Dictionnaire des ingénieurs militaires 1691-1791, Montpellier, 1981, 2 tomes.

    "Famille de bourgeoisie parisienne.

    1678, Siméon Garangeau

    Né à Paris vers 1647.

    Père : Sieur François Garangeau, bourgeois de Paris, maître menuisier.

    Mère : Demoiselle Marie Dubois.

    Soeurs :

    - Françoise, aînée, épouse de Jacques gousse.

    - Marie, épouse de Jean Rémy et belle-mère d´un apothicaire.

    - Françoise, cadette, épouse de Charles Courtois, maréchal des logis de la dauphine (toutes trois habitant Paris ; mortes avant leur frère).

    Célibataire.

    Mort à Saint-Malo le 25 août 1741, âgé de 94 ans.

    Ingénieur ordinaire, département de la Marine, à 31 ans en 1678 ; affecté à Brest.

    Ingénieur en chef à Saint-Malo en 1691 ; ayant le soin de Saint-Malo, du fort en dépendant et du château du Taureau.

    Directeur des fortifications de Haute-Bretagne au début du 18e siècle.

    Capitaine réformé au régiment de Champagne à une date inconnue, chevalier de Saint-Louis en 1712. Mort en activité.

    Services de guerre inconnus.

    Très remarquable architecte auquel on doit de très nombreux travaux, en particulier les suivants :

    - Les forts de l'île d'Harbour, de la Latte en Plévenon, du Petit Bé, de la Conchée, de l'Ile aux Moines.

    - Les travaux au château du Taureau et à la tour de Solidor,

    - La canalisation du Couësnon, celle des marais de Dol,

    - Plusieurs batteries et tours à feux,

    - Les hôpitaux de Morlaix et de Cézembre,

    - Les églises de Saint-Louis de Brest, de Saint-Servan, de Cancale, la chapelle Saint-Sauveur de Saint-Malo,

    - Les répartitions des remparts de Brest et de Dinan,

    - Les accroissements de Saint-Malo,

    - Les projets de Saint-Servan,

    - Plusieurs malouinières (maisons de campagne de Saint-Malo)".

  • Iconographie

    19833500506PE : Service Historique de la Défense, Château de Vincennes. Fonds de l'armée de Terre

    19833500483P : Service Historique de la Défense, Château de Vincennes. Fonds de l'armée de Terre

Références documentaires

Bibliographie
  • PLAYOUST-LEQUETTE (V.). La défense avancée de Saint-Malo au temps de Siméon Garengeau (1689-1741). Mémoire de doctorat d´Histoire de l'Art de l´Université Paris IV, Sorbonne, sous la dir. de Antoine Schnapper, Paris, 1997, 4 vol., 960 p. (Bibliothèque Serpente, Paris, cote BUT 4020).

  • LÉCUILLIER, Guillaume. La route des fortifications en Bretagne et Normandie. Paris, éd. du Huitième Jour, coll. Les étoiles de Vauban (dir. N. Faucherre), 2006, 168 p.

Périodiques
  • LÉCUILLIER, Guillaume. "Quand l'ennemi venait de la mer. Les fortifications littorales en Bretagne de 1683 à 1783". Annales de Bretagne et des Pays de l'Ouest, 114-4, 2007.

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