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Fort et batteries (4 canons Marine de 24 cm modèle 1870 ; 4 canons de 16 cm modèle 1858-1860) puis batterie antiaérienne allemande (canons de 40 mm.) (Cr 308), Pointe de Lanvéoc (Lanvéoc)

Dossier IA29002311 inclus dans Capitainerie de Crozon : ensemble fortifié réalisé en 2006
Appellations Fort de Lanvéoc
Destinations édifice logistique
Dénominations ensemble fortifié, batterie, caserne, corps de garde
Aire d'étude et canton Bretagne Nord
Adresse Commune : Lanvéoc
Lieu-dit : Pointe de Lanvéoc

Fonction : défense sud de la rade de Brest en collaboration avec les forts du Corbeau, de Plougastel (pointe de l'Armorique) et de l'île Longue. D'après l'Atlas des places fortes de France de 1784 (tome 69a : ouvrages extérieurs de Brest par De Caux) ; un fort désigné "fort de la pointe de Lanvéoc" est mentionné sur l'actuelle "pointe de Lanvéoc". Ce fort s'intercalait entre les forts "de l'Armorique" et de "l'île Longue". Le fort de Lanvéoc est mentionné dans l'Atlas des côtes de France 1818-1848 (tome 192 : direction de Brest). Le cadastre ancien (vers 1840) représente un retranchement bastionné barrant la pointe et le toponyme "fort du Lanvéoc". En 1841, la commission des côtes recommande l'armement du fort de Lanvéoc (10 "canons de 30 et obusiers de 22 en fer"). L'avis du comité des fortifications du 7 novembre 1844 confirme la décision de la commission. Le fort de Lanvéoc est mentionné dans l'Atlas de 1858 de mise en état de défense des côtes de l'Empire Français (n° 230). Classé en 1er degré d'importance pour la défense de la rade de Brest, il est armé de 5 "canons de 30" et 5 "obusiers de 22". Stockage des poudres : - Un magasin à poudre terrassé de type 1879 construit vers 1879-1880. Selon l'Atlas des batteries de côte de 1893, les batteries du fort de Lanvéoc sont armées de : - 4 canons Marine de 24 cm modèle 1870 sur affût Marine modèle 1876-T-1883 P.A. (batterie de droite) (cote : 36,06 mètres) ; - 2 canons de 16 cm modèle 1858-1860 (cote : 49,60 mètres) ; - 2 canons de 16 cm modèle 1858-1860 (cote : 39,35 mètres). Selon l'Atlas des batteries de côte de 1900, les batteries du fort de Lanvéoc sont armées de : - 4 canons Marine de 24 cm modèle 1870 sur affût Marine modèle 1876-T-1883 P.A. ("batterie de droite", cote : 36,06 mètres) ; - 4 canons-révolvers de 37 mm sur affût de circonstance. Selon l'Atlas des batteries de côte de 1904, les batteries du fort de Lanvéoc sont armées de : - 4 canons Marine de 24 cm modèle 1870 sur affût Marine modèle 1876-T-1883 P.A. (batterie de droite) (cote : 36,06 mètres) ; - 2 canons de 16 cm modèle 1858-1860 (cote : 49,60 mètres) ; - 2 canons de 16 cm modèle 1858-1860 (cote : 39,35 mètres) ; - 4 canons de 47 mm à tir rapide. Selon l'Atlas des batteries de côte de 1913, les batteries du fort de Lanvéoc sont armées de : - 4 canons Marine de 24 cm modèle 1870 sur affût Marine modèle 1876-T-1883 P.A. (batterie de droite) (cote : 36,06 mètres). Selon l'Atlas des batteries de côte de 1914, les batteries du fort de Lanvéoc sont armées de : - 4 canons Marine de 24 cm modèle 1870 sur affût Marine modèle 1876-T-1883 P.A. (batterie de droite) (cote : 36,06 mètres).

Période(s) Principale : 4e quart 17e siècle
Principale : 18e siècle
Secondaire : 2e moitié 19e siècle
Dates 1774, daté par source, porte la date
1775, daté par source
1776, daté par source
1878, daté par source
1879, daté par source
1884, daté par source
Auteur(s) Auteur : Vauban, ingénieur militaire,
Auteur : Dajot, ingénieur militaire,
Murs granite
maçonnerie
moellon
Toit granite en couverture, terre en couverture
Plans système bastionné
États conservations désaffecté, état moyen, inégal suivant les parties
Techniques sculpture rupestre
Représentations chronogramme
Précision représentations

Date : "1879".

Il s'agit d'un site en terrain militaire (Groupe d'Études Sous-Marines de l´Atlantique / GESMA) : l'accès est interdit sans autorisation préalable. Site intégré (la porte monumentale visible de l'extérieur et l'ancienne batterie à la Route des Fortifications de la presqu´île de Crozon créée en 2007.

Statut de la propriété propriété de l'Etat
Intérêt de l'œuvre vestiges de guerre, à signaler

Annexes

  • "La défense de la rade par Dajot (Lanvéoc, Île-Longue, Armorique, Corbeau)" par Jean-Yves Besselièvre. 2007.

    in Fortifications Littorales, La Rade de Brest, projet de publication du Service de l'Inventaire du Patrimoine (SINPA), Région Bretagne.

    "En 1772, l´ingénieur du génie Louis-Lazare Dajot (1717-1786), directeur des fortifications de Bretagne, élabore un plan de défense par terre et par mer de la place de Brest. Reprenant partiellement les propositions faites en 1764 par l´ingénieur Pierre Filley de la Côte (1695-1779), il entreprend notamment la construction, entre 1772 et 1776, de nouveaux forts et batteries renforçant la défense de la rade. Pour leur armement, Dajot privilégie les mortiers afin de rendre impossible le mouillage d´une flotte ennemie en rade après le franchissement du goulet.

    Le fort de Lanvéoc

    Fermant l´anse du Fret à l´est, la pointe de Lanvéoc demeure un élément important de la défense de la rade au 18e siècle car elle permet d´empêcher le mouillage ou le replis d´une flotte ennemie dans la rivière Aulne. Mais ce poste est également essentiel à l´acheminement par mer de troupes vers ou depuis Brest.

    L´ouvrage bâti par Dajot se compose d´une redoute centrale érigée au sommet d´un promontoire sur lequel subsistaient les vestiges d´un château médiéval. Isolée par un fossé sec, cette redoute abrite dans sa face ouest, sur deux niveaux, des casemates à l´épreuve de la bombe. Sa face nord, parallèle à la côte, reçoit une batterie de huit mortiers tandis que sa face sud, côté terre, dispose d´un épais parapet protégeant huit canons. Une enceinte composée de trois fronts bastionnés irréguliers permet de résister à un coup de main du côté de la campagne. La nécessité de s´adapter au terrain irrégulier explique le tracé complexe de l´enceinte dont les bastions latéraux, constitués de gradins munis de traverses, épousent la falaise. Une vaste batterie de canons dominant la rade est établie au nord ; elle croise ses feux avec l´Île-Longue.

    Le fort de Île-Longue

    À l´Île-Longue, qui ferme l´anse du Fret à l´ouest, Dajot complète le fort et la batterie de Vauban. Le rôle de cet ouvrage est de s´opposer aux navires ennemis parvenus en rade au moyen de canons et d´interdire le mouillage grâce aux mortiers.

    Les embrasures de tir percées dans le parapet de la batterie sont supprimées afin que les canons puissent tirer à barbette. Cette disposition permet un plus grand débattement lors du tir sur des navires en évolution et offre une meilleure protection aux servants. Une plate-forme pour six mortiers est implantée au nord-ouest en contrebas de la batterie de canons. Le fort pouvant être pris à revers par une troupe débarquée à la gorge de la presqu´île, Dajot le renforce en le dotant d´un chemin couvert. À l´intérieur plusieurs bâtiments succèdent aux installations du 17e siècle : magasin à poudre, logement pour la troupe, logement pour le commandant et corps de garde.

    Des travaux réalisés par Dajot, seule subsiste aujourd´hui la batterie de mortiers envahie par la végétation, en contrebas d´installations de la base de la Force océanique stratégique.

    Le fort de l´Armorique

    Implantée à l´extrémité ouest de la presqu´île de Plougastel, la pointe de l´Armorique contrôle l´accès au fond de la rade et à la rivière Aulne. Dajot décide d´y implanter le fort de Plougastel, appelé plus tard fort de l´Armorique.

    Du côté de la terre, l´ouvrage comprend un front bastionné composé d´une courtine flanquée de deux demi-bastions. La demi-lune, le chemin couvert et le glacis prévus initialement ne sont pas réalisés car jugés superflus puisque l´ouvrage doit résister à un coup de mains et non à un siège en règle. Du côté de la mer, une batterie reçoit huit mortiers qui croisent leurs feux avec l´Île-Longue. Un magasin à poudre, un corps de garde et une caserne complètent l´ensemble.

    Le fort du Corbeau

    Poste de moindre importance dans la défense de la rade, le fort du Corbeau, en presqu´île de Plougastel, contribue à rendre le mouillage en rade impossible.

    Dajot complète la batterie de campagne de Vauban par une redoute de maçonnerie de forme rectangulaire. Dépourvue de fossé, cette redoute est défilée par un glacis sur trois des ses faces. Au nord et à l´ouest, une batterie de huit mortiers est installée sur la plate-forme sommitale. L´ouvrage abrite également un magasin à poudre et un corps de garde. La batterie basse du 17e siècle est maintenue et armée de canons. Deux branches de retranchements, percées de meurtrières de fusillade, relient la redoute au rivage afin de résister à un coup de mains".

  • FORT DE LANVEOC par Philippe Truttmann.

    Situation : sur la pointe de Lanvéoc, à 750 mètres au nord de l'agglomération du même nom.

    GENERALITES GEOGRAPHIQUES

    En légère saillie par rapport à la côte nord du fond de la rade de Brest, la pointe de Lanvéoc borde à droite, l'anse du Fret, elle-même limitée à gauche et à 3 500 mètres par l'île Longue. Le sommet culmine à 54 mètres.

    Elle est séparée de l'île Ronde et de la pointe de l'Armorique par une passe de 3 500 mètres de large, donnant accès à l'extrême fond sud de la rade embouchure de l'Aulne.

    L'intérêt de cette position est essentiellement constitué par la possibilité d'interdiction de cette passe, en croisant les feux avec les batteries de l'île Longue d'une part, de l'île Ronde et du fort de l'Armorique d'autre part.

    HISTORIQUE SOMMAIRE

    Un plan (Article 2 du projet de 1772, Archives du Génie, Vincennes) mentionne un vieux château au sommet topographique de la pointe.

    A époque récente, la première organisation militaire du site remonte à 1694, dans le cadre de la mise en état de défense de la rade de Brest par Vauban. D'après les cartes de l'époque, il ne semble s'agir que d'ouvrages temporaires d'importance très secondaires (épaulements ou retranchement d'infanterie en terre). Les choses [en] restent en l'état jusqu'en 1772 où l'on décide d'occuper la position avec des ouvrages permanents (La même décision s'applique aux forts de l'île Longue, Le Corbeau, l'Armorique, Portzic etc... réalisés ou refondus à la même époque). Un premier projet (Génie Vincennes, Brest, carton IV, pièce I-10) relativement restreint, est rejeté, au profit d'un projet plus étendu réalisé de 1774 à 1776.

    Construction du fort actuel : 1774-1776

    Les travaux exécutés à cette époque comprennent :

    - Un fort carré (appelé redoute) à fossé, escarpe et contrescarpe revêtues, implanté sur le sommet topographique de la pointe. La face nord de cette redoute, parallèle à la côte porte une batterie de 8 mortiers tirant sur la passe. La face ouest abrite des casemates à usage de logement et magasins, ainsi que la porte d'entrée de la redoute. La face sud porte un parapet massif en terre et joue le rôle de cavalier tirant par-dessus l'enceinte-enveloppe, vers l'intérieur des terres. La face est porte une simple crête d'infanterie.

    - Une enceinte-enveloppe tracée approximativement en demi-cercle, retranchant la position à l'arrière, face à l'intérieur des terres. Elle est constituée de trois fronts bastionnés irréguliers et s'appuie, à droite et à gauche, au sommet des falaises est et ouest de la pointe. Les deux bastions d'extrémité (à l'est : bastion de "Landévennec", à l'ouest : bastion de "Lanvaux" (Orthographe du mot "Lanvéoc" qu[e l'']on rencontre assez souvent dans les documents de 17e et du 18e siècles) n'étant pas couverts à l'arrière par la masse du fort-carré, et assez exposés aux coups de revers venant de la rade sont paradossés, traversés, et ont leur terre-plein établi en gradins (à cause de la pente du terrain). La côte nord de la pointe, bordée de falaises escarpées, jugées infranchissables, reste libre de défenses malgré le projet de Dajot 1775 pour [la campagne de] 1776 proposant de la couronner d'une escarpe, avec bastion, raccordée aux deux extrémités de l'enveloppe qui eût été ainsi continue sur tout le périmètre.

    Réorganisation : 1878-1884

    Peu ou pas de changements à la fin du 18e siècle (Disposition pour la garde des batteries - 11 février 1778, Archives Municipales de Brest, Fonds Langeron. Lanvau (sic) : 4 canons, 4 mortiers ; 24 soldats de Crozon. Le fort est placé sous le commandement de Monsieur de Clesheur, commandant la défense de la côte de Cornouaille[s]. Il est stipulé (même source) que les "batteries de ... Lanvau" n'étant pas aussi intéressantes que celles du goulet, surtout après la sortie de l'armée navale, elle seront évacuées) et jusqu'après la guerre de 1870. Mais, à partir de 1878, dans le cadre de la refonte générale des ouvrages de défense côtière, menée parallèlement avec la réorganisation des frontières au nord-est (système Séré de Rivières), on procède à la réorganisation du fort de Lanvéoc.

    Cette réorganisation répond à deux impératifs :

    - Défense côtière : création de batteries de gros calibres remplaçant les vieux matériels de Louis-Philippe, convenablement protégées contre les nouveaux matériels d'artillerie rayée.

    - Défense terrestre : transformation de l'enceinte arrière en vue d'en faire un fort de ceinture (ou de rideau), point d'appui de gauche de la nouvelle ligne de défense arrière barrant la presqu'île de Crozon vers la terre et jalonnée par le réduit de Landaoudec et le fort de Crozon.

    Les ouvrages contruits à cette période consiste en :

    - Défense côtière : une batterie de 4 pièces de 24 cm Marine modèle 1870 orientée au nord nord-ouest, prenant d'enfilade la passe entre l'île Longue et la pointe de l'Armorique, et construite en contre-bas saillant nord de [du : ? ] fort-carré entre celui-ci et le bastion de Landévennec (champ de tir : 220 degrés). Cette batterie couvre également l'anse du Fret.

    - Défense mixte : une batterie de 2 canons de 16 cm Marine modèle 1858-1860, dont la capitale est orientée à l'ouest-sud-ouest suivant la côte du fond de l'anse du Fret, avec un champ de tir de 110 degrés se recoupant aux deux tiers avec celui de la batterie de 24 cm, permettant de battre l'anse du Fret et l'intervalle fort de Lanvéoc - réduit de Landaoudec - fort de Crozon et le terrain en avant de ces ouvrages. Cette batterie sera ultérieurement armée de pièces de 90 mm modèle 1877 (batterie ouest).

    - Défense terrestre : une batterie de 2 canons de 16 cm Marine modèle 1858-1860 dont la capitale est orientée au sud-est et dont le champ de tir de 90 degrés, se recoupant légèrement à droite avec celui de la batterie ci-dessus, permet de battre la presqu'île de Crozon et particulièrement le carrefour de Tal-ar-Groas.

    Comme la batterie précédente, cette batterie recevra des pièces de 90 mm modèle 1877 (de Bange), une fois le matériel 1858-1860 retiré du service. Elle prendra alors la dénomination de batterie de 90 mm sud (batterie située au sud du fort carré, derrière le bastion central de l'enveloppe).

    En même temps que l'on construit les 3 batteries ci-dessus, on procède à d'importants remaniements du fort carré dont les faces nord et est sont dotées de casemates logements (datées 1879), de passages couverts assurant des communications protégées entre la cour centrale et les batteries extérieures ; un magasin à poudre enterré type 1874 est construit dans le fossé de la face nord ; le fossé, devenu inutile, est alors comblé sur les faces nord, est et sud (en partie) et le glacis raccordé à la crête supérieure. Seule la face ouest reste découverte et les casemates de 1774 conservées pour le service du temps de paix (elles ne sont plus à l'épreuve des nouveaux projectiles). Il ne surviendra plus d'autre modification par la suite : bombardé en 1944, le fort a subi des dégats. Le site a été utilisé pour l'édification depuis 1957, de bâtiments sans rapport avec la fortification, qui eux ont altéré le caractère.

    DESCRIPTION

    - Enceinte extérieure

    Protection arrière, face à l'intérieur des terres, des batteries côtières, elle remonte pour l'essentiel à 1773 et ne paraît avoir subi que peu de remaniements ultérieurs. En plan, elle est constituée par un couronné irrégulier, dont la capitale est orientée nord-ouest sud-est, face à la terre, s'appuyant, aux deux extrémités, par deux demi-bastions (dit de "Landévennec" et de "Lanvéoc") aux côtes ouest et est de la presqu'île. Le bastion central, ou ce qui en tient lieu, a sa face gauche remplacée par une courtine encadrée de deux demi-bastions (dit du "Fret" et de "Poulmic") tracés de telle sorte que la face du bastion de Poulmic (demi-bastion de droite) est flanquée par le flanc droit du bastion du Fret tandis que celle du bastion du Fret l'est par le flanc droit du bastion de Landévennec (situé à sa gauche) et non pas par le flanc gauche du bastion de Poulmic (son voisin de droite) par rapport auquel elle se trouve en angle mort. Le tout donne ainsi un système à trois demi-bastions et un bastion irrégulier, constituant trois fronts, dont un à flanquement unilatéral. On se retrouve là en présence d'une irrégularité due à une adaptation au cas particulier du terrain.

    Au point de vue du nivellement, le front central est implanté sur le plateau du sommet et se trouve sensiblement horizontal, par contre les deux fronts droit et gauche suivent à peu près la pente du terrain ; le terre-plein des faces des deux demi-bastions d'extémités est établi en gradins à ressauts.

    L'enceinte ne comporte de fossé (Le projet de 1778 prévoit un fossé continu avec chemin couvert et places d'armes rentrantes) que devant la courtine du front de droite (entre la bastion de Lanvéoc et celui de Poulmic) où se trouve la porte d'entrée. Elle est en outre dépourvu de demi-lunes ; tout ceci démontre qu'on est en présence d'une simple enceinte de sûreté, destinée à résister à un coup de main et non à un siège régulier. L'escarpe est en maçonnerie de moellons de schiste surmontée d'une tablette appareillée inclinée vers l'avant et formant plongée. Chaînes d'angle harpées.

    Porte d'entrée : on ne possède, actuellement, aucun détail sur la porte d'origine de l'enceinte. La porte actuelle est datée de 1878 et est en tous points semblable à celle, datée de 1879, construite sur les lignes de l'île Longue [détruites]. C'est un corps de bâtiments dont la façade extérieure, en légère saillie sur le parement de l'escarpe, est entièrement construite en gros appareil de granite gris-beige, soigneusement dressé. Le passage voûté en plein cintre, à claveaux rayonnants, s'ouvre dans une feuillure intéressant les deux tiers de la hauteur de la façade et les trois cinquième de sa largeur. Les parties de façade encadrant ce passage forment ainsi deux montants.

    La partie supérieure de l'ouvrage est constituée d'un parapet vertical en attique surmonté d'une tablette légèrement saillante : ce parapet a été entaillé, sous l'occupation, de deux créneaux à ébrasement extérieur gradiné en trémis. Ce parapet est souligné, à la base, d'une corniche moulurée à forte saillie. Au-dessus de la feuillure, un bandeau mouluré souligne la frise plane portant en son centre, à l'aplomb de l'axe du passage, un petit tableau [cartouche] rectangulaire entouré d'un cadre dans lequel est gravée la date de 1878.

    La façade intérieure encore plus simple, est percée d'une baie identique à celle de la façade extérieure. Entre les deux, se trouve un vestibule dont la voûte porte la terrasse supérieure, et dans lequel, de part et d'autre du passage central se trouvent les fossés où descendaient les longerons lestés du pont-levis à bascule en dessous, supprimé et remplacé par un tablier fixe en béton.

    Le tout, de construction très soignée, est d'une architecture dépouillée et presque dépourvue d'ornements, dans la tradition de la sévérité classique de l'architecture militaire d'après la Révolution.

    - Le fort carré (ou redoute centrale)

    Implanté au sommet de la pointe, derrière le bastion central, cet ouvrage était, à l'origine, constitué par une redoute carrée, à escarpe revêtue, entourée d'un fossé avec un chemin couvert et un glacis assez accusé du côté du nord. La face Nord portait une batterie de six mortiers destinés à tirer sur les navires au mouillage dans la rade intérieure et les faces Sud ; une batterie de canons à parapet épais tirant face au Sud, par dessus le bastion central. La face Ouest était creuse et comportait un casernement casematé à deux niveaux, destiné au logement de la garnison et dont les ouvertures donnaient principalement sur la cour centrale, carrée.

    Lors de la réorganisation opérée en 1878, l'ouvrage a été profondément modifié :

    - Les parapets et massifs de terre des faces nord, est et sud ont été surépaissis et raccordes, à terre coulante, au terrain naturel environnant, par dessus les fossés qui ont alors été comblés.

    - Le rempant de la face nord a été remanié et a reçu des casemates logements ouvrant sur la cour centrale, et adossés à un magasin à poudre enterré.

    - La face est a été percée d'un passage couvert assurant la communication avec la batterie de 24 cm.

    - Seule la face ouest n'a pas été modifiée et a gardé son aspect d'origine.

    Tous ces remaniements ont abouti à donner à cet ouvrage l'aspect qu'il a gardé aujourd'hui.

    Face Ouest. Seule face restée dégagée de l'ouvrage d'origine, elle se présente à I'extérieur sous forme d'un mur d'escarpe en moellons de granite, avec fruit, couronné d'une tablette. Au milieu, légèrement désaxée vers le nord se trouve, au niveau du sol, la porte d'entrée de l'ouvrage, massif de maçonnerie en saillie sur l'escarpe et dont le dessus s'amortit en cavet. Dans ce massif s'ouvre le passage, en voûte surbaissée du couloir d'entrée. Au-dessus, dans l'escarpe, un petit tableau rectecgulaire porte la date de 1776.

    Au-dessus de l'entrée et à gauche, deux fenêtres rectangulaires à montants harpés et linteaux monolithiques de granite donnent jour aux locaux du premier étége, en lieu et place de quatre créneaux de fusillade existant à l'origine (d'après le grand Atlas du début du 19e siècle). Une bombe d'avion a ouvert une brèche dans l'escarpe et démoli la moitié droite du massif de la porte.

    L'escarpe constitue le mur de fond des casemates prenant jour dans la façade intérieure, sur la cour centrale. Il s'agit de quatre casemates rectangulaires, séparées par des piédroits, et voûtées en anse de panier, à l'épreuve de la bombe.

    Du sud au nord, la première et la deuxième sont des logements identiques à un seul niveau et disposent d'une cheminée, la troisième à deux niveaux est divisée par des refends et abrite, au rez-de-chaussée, le couloir d'entrée et la cage d'escalier et, au premier étage, trois locaux à usage de magasins servant également à la défense verticale du passage d'entrée.

    La quatrième casemate est identique à la première et à la deuxième.

    Le couloir d'entrée voûté en anse de panier très aplatie, est rétréci au premier quart de sa longueur jusqu'à la porte proprement dite ; en avant de celle ci la voûte est percée d'un assommoir, et, en arrière, du passage d'une herse, dispositifs servis à partir des locaux de l'étage supérieur. Il n'y a jamais eu de pont à bascule dans le dispositif de défense d'entrée.

    L'ensemble des locaux casemates était, à l'origine, protégé par une toiture en bâtière qui a été supprimée par la suite.

    Du côté de la cour intérieure, ces locaux sont fermés par une façade verticale en maçonnerie enduite. Chaque casemate ouvrait sur la cour par une porte et une fenêtre, sauf la troisième ouvrant par deux portes (dont celle du couloir d'entrée) surmontée de deux oeils-de-boeuf.

    Face nord. Constituée par un ensemble de locaux casematés, construits en 1878-1879, noyés sous le massif de terre protecteur, sauf la façade arrière bordant la cour centrale.

    D'ouest en est on trouve :

    - Un passage couvert sud-nord, voûté en plein cintre, dont l' extrémité nord a été écrasée par une bombe d'avion. Ce passage couvert dessert le magasin à poudre.

    - Trois casemates-logements : identiques et parallèles, orientées perpendiculairement à la façade sur cour, fermées au fond par le mur de la galerie enveloppe et à l'avant par un mur de façade percé, pour chaque casemate, d'une porte centrale encadrée de deux fenêtres. Ces casemates sont voûtées en voûtes surbaissées et sont isolées, à l'ouest par le passage couvert, à nord et à l'est par une galerie enveloppe.

    Derrière les deux premières casemates, et séparé de celles-ci par la galerie enveloppe, se trouve le magasin à poudre, à chambre de 12 par 5,50 mètres voûtée en voûte surbaissée et dont l'entrée donne sur le passage couverte Au nord et à l'est la chambre des poudres est isolée par une seconde galerie enveloppe partant de l'extrémité nord du passage couvert et retombant dans la première galerie enveloppe derrière la troisième casemate-logement. Derrière le fond de la chambre des poudres, la galerie enveloppe s'élargit en chambre des lanternes, éclairant la chambre des poudres par l'ouverture habituelle. La chambre des poudres est entièrement enduite au mortier soigneusement dressé.

    Tous ces locaux sont conformes aux disposition réglementaires de 1874 et constituent un ensemble compact, fonctionnel et soigneusement construit.

    L'entrée du passage couvert, est constituée par une baie en plein cintre bordée d'un encadrement en gros appareil de granite harpe, soigneusement dressé. Par contre les encadrements des portes et des fenêtres des casemates-logements sont à montants rectilignes et linteaux en voûte surbaissée ; le tout en gros appareil soigneusement dressé et légèrement saillant sur la façade. Celle-ci est surmontée d'une tablette horizontale saillante. Au-dessus de la porte de la première casemate, un petit tableau rectangulaire à cadre saillant porte, gravée, la date de 1879.

    Face est. À l'intérieur de la cour, le long de cette face se trouvait autrefois un pavillon d'officier, variante du plan-type de Vauban. Ce bâtiment a été supprimé au 19e siècle. La seule particularité de cette face est un passage couvert, construit en 1879, qui traversait le rempart et assurait la communication en direction de la batterie de 24 cm. Le couloir en a été écrasé par les bombes.

    Face sud. Ne comporte qu'une rampe d'accès au terre-plein supérieur, soutenue par un mur de maçonnerie. Sous cette rampe, local voûté à usage de citerne à eau.

    - Batterie de 24 cm

    Implantée en contrebas du fort carré, entre celui-ci et la côté nord-ouest de la Pointe. C'est un ouvrage rectiligne à quatre plateformes de pièce, traverses abris et parapet en terre, le tout bordé à l'arrière par une route de service. Capitale de tir orientée à l'ouest nord-ouest.

    CONCLUSION

    Ouvrage composite couvrant un siècle environ d'histoire de l'architecture militaire et associant, sur un site dominant assez pittoresque, et des ouvrages de défense côtière et des ouvrages de défense terrestre. Cependant, la rusticité et l'absence de décoration des constructions, les remaniements et, en particulier, l'adjonction des massifs de terre, enfin l'état d'abandon général concourent à en faire un monument d'intérêt assez secondaire n'apportant rien de spécifique.

  • 20082910472NUCA : Service Historique de la Défense, Château de Vincennes. Fonds de la Marine, SHDMD07001849_P.

    20062907032NUCA : Archives Départementales, Finistère, 3P187_001.

    20062907033NUCA : Archives Départementales, Finistère, 3P112_113.

    20062907034NUCA : Archives Départementales, Finistère, 3P112_113.

    19692900392Z : , Bande n° 231.

    19692900391Z : , Bande n° 231.

    19692900390Z : , Bande n° 231.

    19692900389Z : , Bande n° 230.

Références documentaires

(c) Inventaire général (c) Inventaire général ; (c) Association Pour l'Inventaire de Bretagne - Lécuillier Guillaume