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Fort et batteries (2 canons de 16 cm modèle 1858-1860 ; 3 mortiers Marine de 30 cm modèle 1883 ; 4 canons Marine de 24 cm modèle 1870 ; 2 canons Marine de 27 cm modèle 1870 ; 4 canons Marine de 19 cm modèle 1864-1866) puis base navale pour sous-marins

Dossier IA29002310 inclus dans Capitainerie de Crozon : ensemble fortifié réalisé en 2006

Fiche

Appellations Fort de l'île Longue, Batteries de l'île Longue
Destinations caserne, édifice logistique
Dénominations ensemble fortifié, batterie, caserne, corps de garde
Aire d'étude et canton Bretagne Nord
Adresse Commune : Crozon
Lieu-dit : Ile Longue

Fonction : défense sud de la rade de Brest en collaboration avec les forts de Lanvéoc, Plougastel (pointe de l'Armorique) et du Corbeau. D'après l'Atlas des places fortes de France de 1784 (tome 69a : ouvrages extérieurs de Brest par De Caux) ; un fort désigné "fort de l'île Longue" est mentionné sur l'actuelle "île Longue". Ce fort s'intercalait entre les "lignes de Quélern" et le "fort de Lanvéoc". Le fort de l'île Longue est mentionné dans l'Atlas des côtes de France 1818-1848 (tome 192 : direction de Brest). Le cadastre ancien (vers 1840) représente un fort bastionné à l'extrémité de la pointe la pointe et le toponyme "fort de l'Isle Longue". En 1841, la commission des côtes recommande l'armement du fort de l'île Longue (8 "canons de 30 et obusiers de 22 en fer" et 4 "mortiers de 32 en fer"). L'avis du comité des fortifications du 7 novembre 1844 confirme la décision de la commission. Le fort de l'île Longue est mentionné dans l'Atlas de 1858 de mise en état de défense des côtes de l'Empire Français (n° 230). Classé en 1er degré d'importance pour la défense de la rade de Brest, il est armé de 4 "canons de 30", 4 "obusiers de 22" et 4 "mortiers de 32". Stockage des poudres : - Un magasin à poudre terrassé de type 1874. Selon l'Atlas des batteries de côte de 1893, les batteries du fort de l'île Longue sont armées de : - 2 canons de 16 cm modèle 1858-1860 ("batterie du retranchement" pour la protection à revers de l'île Longue, cote : 26,10 mètres) ; - 3 mortiers Marine de 30 cm modèle 1883 sur affût Marine modèle 1883 P.A. (cote : 28,50 mètres) ; - 2 canons Marine de 24 cm modèle 1870 sur affût Marine modèle 1876-T-1883 (cote : 43 mètres) ; - 2 canons Marine de 27 cm modèle 1870 sur affût Marine modèle 1876-T-1883 (cote : 27,06 mètres) ; - 2 canons Marine de 24 cm modèle 1870 sur affût Marine modèle 1876-T-1883 (cote : 27,06 mètres) ; - 4 canons Marine de 19 cm modèle 1864-1866 sur affût Marine modèle 1869 P.A. (cote : 27,06 mètres). Selon l'Atlas des batteries de côte de 1900, les batteries du fort de l'île Longue sont armées de : - 3 mortiers Marine de 30 cm modèle 1883 sur affût Marine modèle 1883 P.A. (cote : 28,50 mètres) ; - 2 canons Marine de 24 cm modèle 1870 sur affût Marine modèle 1876-T-1883 (cote : 43 mètres) ; - 2 canons Marine de 27 cm modèle 1870 sur affût Marine modèle 1876-T-1883 (cote : 27,06 mètres) ; - 2 canons Marine de 24 cm modèle 1870 sur affût Marine modèle 1876-T-1883 (cote : 27,06 mètres) ; - 4 canons Marine de 19 cm modèle 1864-1866 sur affût Marine modèle 1869 P.A. (cote : 27,06 mètres). Selon l'Atlas des batteries de côte de 1904, les batteries du fort de l'île Longue sont armées de : - 3 mortiers Marine de 30 cm modèle 1883 sur affût Marine modèle 1883 P.A. (cote : 28,50 mètres) ; - 2 canons Marine de 24 cm modèle 1870 sur affût Marine modèle 1876-T-1883 (cote : 43 mètres) ; - 2 canons Marine de 27 cm modèle 1870 sur affût Marine modèle 1876-T-1883 (cote : 27,06 mètres) ; - 2 canons Marine de 24 cm modèle 1870 sur affût Marine modèle 1876-T-1883 (cote : 27,06 mètres) ; - 4 canons Marine de 19 cm modèle 1864-1866 sur affût Marine modèle 1869 P.A. (cote : 27,06 mètres). Selon l'Atlas des batteries de côte de 1913, les batteries du fort de l'île Longue sont armées de : - 3 mortiers Marine de 30 cm modèle 1883 sur affût Marine modèle 1883 P.A. (cote : 28,50 mètres) ; - 2 canons Marine de 24 cm modèle 1870 sur affût Marine modèle 1876-T-1883 (cote : 43 mètres) ; - 2 canons Marine de 27 cm modèle 1870 sur affût Marine modèle 1876-T-1883 (cote : 27,06 mètres) ; - 2 canons Marine de 24 cm modèle 1870 sur affût Marine modèle 1876-T-1883 (cote : 27,06 mètres) ; - 4 canons Marine de 19 cm modèle 1864-1866 sur affût Marine modèle 1869 P.A. (cote : 27,06 mètres). Selon l'Atlas des batteries de côte de 1914, les batteries du fort de l'île Longue sont armées de : - 3 mortiers Marine de 30 cm modèle 1883-T-1893 sur affût Marine modèle 1883 P.A. modifié (cote : 28,50 mètres).

Période(s) Principale : 4e quart 17e siècle
Principale : 18e siècle
Secondaire : 2e moitié 19e siècle
Secondaire : 20e siècle
Dates 1694, daté par source, porte la date, daté par travaux historiques
1695, daté par source
1774, daté par travaux historiques
1878, daté par travaux historiques
1879, daté par travaux historiques
1880, daté par travaux historiques
1966, daté par travaux historiques
1971, daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : Vauban, ingénieur militaire,
Auteur : Dajot, ingénieur militaire,
Murs granite
maçonnerie
moellon
Toit granite en couverture, terre en couverture
Plans système bastionné
États conservations détruit

Il s'agit d'un site en terrain militaire : l'accès est interdit sans autorisation préalable.

Statut de la propriété propriété de l'Etat
Intérêt de l'œuvre vestiges de guerre, à signaler

Annexes

  • "La défense de la rade par Dajot (Lanvéoc, Île-Longue, Armorique, Corbeau)" par Jean-Yves Besselièvre. 2007.

    in Fortifications Littorales, La Rade de Brest, projet de publication du Service de l'Inventaire du Patrimoine (SINPA), Région Bretagne.

    "En 1772, l´ingénieur du génie Louis-Lazare Dajot (1717-1786), directeur des fortifications de Bretagne, élabore un plan de défense par terre et par mer de la place de Brest. Reprenant partiellement les propositions faites en 1764 par l´ingénieur Pierre Filley de la Côte (1695-1779), il entreprend notamment la construction, entre 1772 et 1776, de nouveaux forts et batteries renforçant la défense de la rade. Pour leur armement, Dajot privilégie les mortiers afin de rendre impossible le mouillage d´une flotte ennemie en rade après le franchissement du goulet.

    Le fort de Lanvéoc

    Fermant l´anse du Fret à l´est, la pointe de Lanvéoc demeure un élément important de la défense de la rade au 18e siècle car elle permet d´empêcher le mouillage ou le replis d´une flotte ennemie dans la rivière Aulne. Mais ce poste est également essentiel à l´acheminement par mer de troupes vers ou depuis Brest.

    L´ouvrage bâti par Dajot se compose d´une redoute centrale érigée au sommet d´un promontoire sur lequel subsistaient les vestiges d´un château médiéval. Isolée par un fossé sec, cette redoute abrite dans sa face ouest, sur deux niveaux, des casemates à l´épreuve de la bombe. Sa face nord, parallèle à la côte, reçoit une batterie de huit mortiers tandis que sa face sud, côté terre, dispose d´un épais parapet protégeant huit canons. Une enceinte composée de trois fronts bastionnés irréguliers permet de résister à un coup de main du côté de la campagne. La nécessité de s´adapter au terrain irrégulier explique le tracé complexe de l´enceinte dont les bastions latéraux, constitués de gradins munis de traverses, épousent la falaise. Une vaste batterie de canons dominant la rade est établie au nord ; elle croise ses feux avec l´Île-Longue.

    Le fort de Île-Longue

    À l´Île-Longue, qui ferme l´anse du Fret à l´ouest, Dajot complète le fort et la batterie de Vauban. Le rôle de cet ouvrage est de s´opposer aux navires ennemis parvenus en rade au moyen de canons et d´interdire le mouillage grâce aux mortiers.

    Les embrasures de tir percées dans le parapet de la batterie sont supprimées afin que les canons puissent tirer à barbette. Cette disposition permet un plus grand débattement lors du tir sur des navires en évolution et offre une meilleure protection aux servants. Une plate-forme pour six mortiers est implantée au nord-ouest en contrebas de la batterie de canons. Le fort pouvant être pris à revers par une troupe débarquée à la gorge de la presqu´île, Dajot le renforce en le dotant d´un chemin couvert. À l´intérieur plusieurs bâtiments succèdent aux installations du 17e siècle : magasin à poudre, logement pour la troupe, logement pour le commandant et corps de garde.

    Des travaux réalisés par Dajot, seule subsiste aujourd´hui la batterie de mortiers envahie par la végétation, en contrebas d´installations de la base de la Force océanique stratégique.

    Le fort de l´Armorique

    Implantée à l´extrémité ouest de la presqu´île de Plougastel, la pointe de l´Armorique contrôle l´accès au fond de la rade et à la rivière Aulne. Dajot décide d´y implanter le fort de Plougastel, appelé plus tard fort de l´Armorique.

    Du côté de la terre, l´ouvrage comprend un front bastionné composé d´une courtine flanquée de deux demi-bastions. La demi-lune, le chemin couvert et le glacis prévus initialement ne sont pas réalisés car jugés superflus puisque l´ouvrage doit résister à un coup de mains et non à un siège en règle. Du côté de la mer, une batterie reçoit huit mortiers qui croisent leurs feux avec l´Île-Longue. Un magasin à poudre, un corps de garde et une caserne complètent l´ensemble.

    Le fort du Corbeau

    Poste de moindre importance dans la défense de la rade, le fort du Corbeau, en presqu´île de Plougastel, contribue à rendre le mouillage en rade impossible.

    Dajot complète la batterie de campagne de Vauban par une redoute de maçonnerie de forme rectangulaire. Dépourvue de fossé, cette redoute est défilée par un glacis sur trois des ses faces. Au nord et à l´ouest, une batterie de huit mortiers est installée sur la plate-forme sommitale. L´ouvrage abrite également un magasin à poudre et un corps de garde. La batterie basse du 17e siècle est maintenue et armée de canons. Deux branches de retranchements, percées de meurtrières de fusillade, relient la redoute au rivage afin de résister à un coup de mains".

  • ILE LONGUE (ouvrages disparus) par Philippe Truttmann.

    Situation : à 7 kilomètres au nord de l'agglomération de Crozon, l'île fait saillie dans la rade de Brest à mi-chemin entre la presqu'île de Quélern et la pointe de Lanvéoc.

    GENERALITES GEOGRAPHIQUES

    L'île Longue n'est séparée de la presqu'île de Crozon que par une zone basse sablonneuse, jadis couverte à marée haute et actuellement parcourue par une chaussée insubmersible, c'est en fait une presqu'île. De plan elliptique, à grand axe orienté nord-est sud-ouest, elle est constituée par un massif rocheux de liparite, dont le point culminant, déporté près de l'extrémité nord-est, dominait la rade de Brest de 46 mètres.

    Sa position saillante dans la rade de Brest lui faisait une position d'artillerie avantageuse, et lui donnait d'excellentes possibilités d'interdiction du rétrécissement qui la sépare de la pointe de l'Armorique, en empêchant des navires ayant forcé le goulet, de pénétrer dans le plan d'eau du fond sud de la rade et de remonter l'Aulne ou la rivière de Daoulas.

    HISTORIQUE SOMMAIRE

    Il semble que la première organisation défensive du site remonte à 1694, au moment de la menace anglo-hollandaise sur Brest, et aux travaux correspondants d'organisation défensive réalisés sous la direction de Vauban (L'état d'armement du 23 avril 1694 cite nommément la "batterie de l'isle Longue" mais indique qu'aucun armement n'y était en place).

    On établit au sommet de la pointe nord une batterie demi-circulaire un peu allongée, à front de gorge tenaillé et muni d'un fossé. Au nord, l'ouvrage était doublé à l'avant, d'une batterie de mortiers adossée à l'escarpe de la batterie en demi-cercle. C'est un cas d'éperon barré assez classique. Le plan présentait une similitude très nette avec celui de la tour de Camaret (sauf l'allongement rectiligne de flancs obliques). L'ouvrage était constitué par un terre-plein central bordé d'un parapet à barbette soutenu par une escarpe revêtue.

    Le fossé à contrescarpe à terre coulante n'existait qu'à la gorge et était franchi par la route d'accès sur un pont à tablier de bois reposant sur quatre piles rectangulaires en maçonnerie.

    A l'intérieur, plusieurs petits bâtiments : four à boulets, magasin à poudre, corps de garde etc...

    L'état d'armement de 1758 l'indique armé de 3 pièces de 18 livres de balle, 3 pièces de 36 livres de balles et 2 mortiers de 12 pouces.

    Après 1870, entre 1878 et 1885, l'ouvrage est complétement réorganisé comme suit :

    - L'avant de la batterie demi-circulaire est arasé et remplacé par une batterie pour 2 pièces de 24 cm modèle 1870, à capitale orientée sur la pointe de l'Armorique et 155 degrés de champ de tir, dite "batterie intérieure". Batterie à deux plate-formes et deux traverses-abris, chargée de l'interdiction de la passe entre l'île Longue et la pointe de l'Armorique.

    - On construit, en arrière et à gauche de la batterie demi-circulaire, une batterie extérieure, en alignement droit, orientée nord-ouest sud-est pour 4 canons de 19 cm modèle 1864-1866, 2 canons de 24 cm modèle 1870, 2 canons de 27 cm modèle 1870 orientés face à Brest et avec un champ de tir unique de 90 degrés. Mission : bombardement de la rade.

    - On établit, sur la contrepente sud de l'île, une batterie pour 3 mortiers Marine de 300 mm modèle 1883, orientée face au nord-nord-est avec un champ de tir de 200 degrés, destinée à l'attaque, en tir vertical, des ponts cuirassées des navires ayant forcé le goulet et mouillant dans la rade.

    - Un magasin à poudre enterré, destiné au ravitaillement en munitions des deux batteries extérieure et intérieure. L'ouvrage est établi sur la contrescarpe de gorge de la batterie demi-circulaire, et défilé aux vues du large.

    - Enfin, pour couvrir l'ensemble contre une attaque à revers venant de la presqu'île de Crozon, on établit à l'extrémité sud de l'île, face au continet un élément d'enceinte linéaire, dit "retranchement de l'île Longue". Ce retranchement était constitué dans ses grandes lignes, par une courtine brisée à ressaut en son centre et terminée à chaque extrémité par un demi-bastion dominant le rivage.

    - Fossé avec escarpe et contrescarpe revêtues. La partie ouest portait une batterie pour 2 pièces de campagne encadrées de deux traverses. La moitié est, une banquette d'infanterie.

    - La route d'accès à l'île pénétrait dans le fossé du retranchement par une tranchée, longeait le flanc du ressaut de la brisure de courtine sous le feu d'un coffre d'escarpe casematé et traversait l'escarpe par une porte monumentale. La porte et les créneaux du coffre étant protégés par un fossé diamant que la route franchissait sur un pont-levis.

    - La porte identique à celle de l'enceinte extérieure du fort de Lanvéoc (datée de 1878) et très proche de celle du réduit de Quélern (1854).

    Elle était constituée par un bâtiment en pierres de taille faisant une légère saillie sur l'escarpe. Façade plane, entaillée d'une feuillure en retrait percée d'une ouverture en plein cintre, et coupée horizontalement d'une corniche dépassante à profil mouluré, soulignée d'un filet. Entre la corniche et le filet est gravé un petit tableau [cartouche] où se lit la date de 1879. La corniche était surmontée d'un parapet plein, couronné d'une tablette très largement saillante, formant bandeau plat. Le tout construit en gros appareil de granite gris clair soigneusement dressé, donnant une impression de sobriété, de sévérité, et de robustesse. Pont-levis à bascule en dessous.

    - Plus d'autres modifications majeures depouis cette époque.

    De 1966 à 1971, tous les ouvrages évoqués ci-dessus ont été complétement rasés lors des travaux d'aménagement de l'île en base navale.

  • 20082908813NUCA : Service Historique de la Défense, Château de Vincennes. Bibliothèque de l'armée de Terre : Génie, Ms33gT2n°7f3.

    20082910472NUCA : Service Historique de la Défense, Château de Vincennes. Fonds de la Marine, SHDMD07001849_P.

    20062907035NUCA : Archives Départementales, Finistère, 3P112_001.

    20062907036NUCA : Archives Départementales, Finistère, 3P112_001.

    20062907037NUCA : Archives Départementales, Finistère, 3P112_018.

    20062907038NUCA : Archives Départementales, Finistère, 3P112_023.

    20062907039NUCA : Archives Départementales, Finistère, 3P112_022.

    20062907040NUCA : Archives Départementales, Finistère, 3P112_022.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Bibliothèque du Génie : manuscrit in f°33g tome 2 atlas. Plan, support papier, 4e quart 17e siècle, 15 juillet 1695.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : Ms33gT2n°7f3
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