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Fort du Petit Bé (Saint-Malo)

Dossier IA35032904 inclus dans Ville-port (Saint-Malo) réalisé en 2005

Fiche

Á rapprocher de

Dossiers de synthèse

"Il manque à ce fort une petite avancée pour couvrir son entrée et fermer son fossé, faire un escalier pour y monter, un pont dormant à bascule. Dépense de 6 000 livres". Garengeau, janvier 1734.

Le fort du Petit Bé a été construit sur un rocher homonyme à une portée de canon (500 toises) de Saint-Malo. Programmé en avril 1689, le fort est en travaux lors de l´attaque de novembre 1693. Le Petit Bé combine avantageusement du côté de la mer une batterie en fer à cheval de grande dimension percée de 19 embrasures et du côté de la terre une fortification composée de deux demi-bastions dont la hauteur et les créneaux de mousqueterie dissuadent les éventuels ennemis de toute escalade... Vers le large, une échauguette surmontée d´une fleur de lys protégeait le pied du rempart. La batterie croise ses feux avec le fort Harbourg pour défendre l´entrée en Rance.

Juste après la bombarderie de 1695, où le fort put tirer sur les ennemis dans la fosse aux Normands, l´ingénieur Garengeau écrivait : "Le Petit Bé est un fort bien construit, de bonne et très solide maçonnerie. Il ne lui reste plus que les logements à achever au-dessus des souterrains. Il est muni de 9 canons (nombre porté à 15 en 1697 dont 4 de 48 livres de balles et 6 de 36 livres de balle) et de 2 mortiers". 177 hommes assuraient le service des pièces d´artillerie en 1697.

Restauré depuis 6 ans par un amoureux des vieilles pierres : Alain-Etienne Marcel, le fort du petit Bé renaît... La batterie enfin sortie des broussailles s´apprête à recevoir de nouveaux canons, tandis que la citerne vidée de ses ordures est de nouveau alimentée par les eaux pluviales des toitures restaurées du casernement. Ce travail de restauration aussi exemplaire que bénévole est à admirer en profitant de la marée basse pour partir à l´assaut du fort.

Appellations Fort du Petit Bé
Dénominations fort, caserne, corps de garde, batterie
Aire d'étude et canton Bretagne Nord
Adresse Commune : Saint-Malo
Lieu-dit : Le Petit Bé
Adresse :
Période(s) Principale : 4e quart 17e siècle
Secondaire : 18e siècle
Dates 1695, daté par source
1697, daté par source
Auteur(s) Auteur : Vauban, ingénieur militaire, attribution par source
Auteur : Siméon Garengeau,
Garengeau Siméon , né(e) Simon Garengeau (1647 - 1741)
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ingénieur militaire, attribution par source
Personnalité : Louis XIV, personnage célèbre, attribution par travaux historiques
Murs granite
terre
rocaille
pierre de taille
moyen appareil
petit appareil
moellon
Toit pierre en couverture, ardoise
Plans système bastionné
Étages sous-sol, rez-de-chaussée, 1 étage carré
Couvertures terrasse
toit à deux pans
États conservations restauré, inégal suivant les parties
Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre vestiges de guerre, à signaler, à étudier
Protections classé MH, 1921/10/29
Précisions sur la protection

Fort du Petit Bé : classement par arrêté du 29 octobre 1921. Ilot : site inscrit par arrêté du 8 août 1945.

Annexes

  • Garangeau (alias Garengeau) d'après BLANCHARD (A.), Dictionnaire des ingénieurs militaires 1691-1791, Montpellier, 1981, 2 tomes.

    "Famille de bourgeoisie parisienne.

    1678, Siméon Garangeau

    Né à Paris vers 1647.

    Père : Sieur François Garangeau, bourgeois de Paris, maître menuisier.

    Mère : Demoiselle Marie Dubois.

    Soeurs :

    - Françoise, aînée, épouse de Jacques gousse.

    - Marie, épouse de Jean Rémy et belle-mère d´un apothicaire.

    - Françoise, cadette, épouse de Charles Courtois, maréchal des logis de la dauphine (toutes trois habitant Paris ; mortes avant leur frère).

    Célibataire.

    Mort à Saint-Malo le 25 août 1741, âgé de 94 ans.

    Ingénieur ordinaire, département de la Marine, à 31 ans en 1678 ; affecté à Brest.

    Ingénieur en chef à Saint-Malo en 1691 ; ayant le soin de Saint-Malo, du fort en dépendant et du château du Taureau.

    Directeur des fortifications de Haute-Bretagne au début du 18e siècle.

    Capitaine réformé au régiment de Champagne à une date inconnue, chevalier de Saint-Louis en 1712. Mort en activité.

    Services de guerre inconnus.

    Très remarquable architecte auquel on doit de très nombreux travaux, en particulier les suivants :

    - Les forts de l'île d'Harbour, de la Latte en Plévenon, du Petit Bé, de la Conchée, de l'Ile aux Moines.

    - Les travaux au château du Taureau et à la tour de Solidor,

    - La canalisation du Couësnon, celle des marais de Dol,

    - Plusieurs batteries et tours à feux,

    - Les hôpitaux de Morlaix et de Cézembre,

    - Les églises de Saint-Louis de Brest, de Saint-Servan, de Cancale, la chapelle Saint-Sauveur de Saint-Malo,

    - Les répartitions des remparts de Brest et de Dinan,

    - Les accroissements de Saint-Malo,

    - Les projets de Saint-Servan,

    - Plusieurs malouinières (maisons de campagne de Saint-Malo)".

  • Iconographie

    19833500498PB : Service Historique de la Défense, Château de Vincennes. Fonds de l'armée de Terre

    19833500477PB : Service Historique de la Défense, Château de Vincennes. Fonds de l'armée de Terre

    19833500116PB : Service Historique de la Défense, Château de Vincennes. Fonds de l'armée de Terre

    19833500415PB : Service Historique de la Défense, Château de Vincennes. Fonds de l'armée de Terre

    19833500488PB : Service Historique de la Défense, Château de Vincennes. Fonds de l'armée de Terre

Références documentaires

Documents d'archives
  • Service Historique de l´Armée de Terre, Château de Vincennes. Archives du Génie. Article 4 : Frontières de France, Section 2 : Frontières maritimes. Paragraphe 3 : Côtes de Bretagne depuis la rivière de Couësnon jusqu´à la baie de Bourgneuf (4 cartons, 1683-1831). Carton 1 : Fortifications de Bretagne, 1683-1759. Pièce n° 23 : 13 janvier 1734. Mémoire sur les ouvrages provisionnels faits ou continués pendant les dernières guerres, non seulement aux environs de Saint-Malo aux dépens de la province de Bretagne, même dans l'étendue de la côte de ce département qui commence à la rivière de Morlaix et finit à celle du Couësnon par Garangeau. "Le fort du Petit Bé construit sur le rocher de ce nom à la mer vers l´Ouest à la portée de canon de Saint-Malo est très bon. Son enceinte propre, solide, son parapet coupé de dix-neuf embrasures qui ont toutes leurs découvertes sur la rade et les passes, une plate-forme continue, des souterrains au dessous du rez-de-chaussée, celui de niveau à la dite plate-forme distribué en un passage dans le milieu, corps de garde et hangars aux affûts et celui au dessus aussi voûté en des logements, il manque à ce fort une petit avancée pour couvrir son entrée et fermer son fossé, faire un escalier pour y monter, un pont dormant à bascule. Dépense de 6 000 livres".

Bibliographie
  • PLAYOUST-LEQUETTE (V.). La défense avancée de Saint-Malo au temps de Siméon Garengeau (1689-1741). Mémoire de doctorat d´Histoire de l'Art de l´Université Paris IV, Sorbonne, sous la dir. de Antoine Schnapper, Paris, 1997, 4 vol., 960 p. (Bibliothèque Serpente, Paris, cote BUT 4020).

  • LÉCUILLIER, Guillaume. La route des fortifications en Bretagne et Normandie. Paris, éd. du Huitième Jour, coll. Les étoiles de Vauban (dir. N. Faucherre), 2006, 168 p.

Périodiques
  • LÉCUILLIER, Guillaume. "Quand l'ennemi venait de la mer. Les fortifications littorales en Bretagne de 1683 à 1783". Annales de Bretagne et des Pays de l'Ouest, 114-4, 2007.

Liens web

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