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Fort de la Fraternité (Roscanvel)

Dossier IA29001328 inclus dans Capitainerie de Crozon : ensemble fortifié réalisé en 2002

Fiche

LES FORTIFICATIONS DE LA RADE DE BREST, UN PATRIMOINE RECONNU

Le fort de la Fraternité à Roscanvel (Lécuillier Guillaume, 2011)

Le ruisseau côtier de Ragadal se jette dans l´anse de Camaret via l´anse du Diable, extrémité ouest d´un profond vallon. Dès la fin du XVIIe siècle, une petite batterie de canon y est, semble-t-il, aménagée afin de protéger la presqu´île de Quélern d´un débarquement sur la grève du Diable (le site est cependant difficilement accessible à basse mer), et d´éviter une prise à revers du retranchement vaubanien nouvellement construit. En 1811, on y trouvait encore quatre pièces de 12 livres de balle sur affût marin et une guérite.

Pendant la Révolution, décision est prise de construire un nouvel ouvrage, cette fois sur la pointe elle-même, à une cinquantaine de mètres au-dessus du niveau de la mer : la batterie de la Fraternité a pour fonction d´interdire le mouillage dans l´anse de Camaret. L´ensemble regroupait une batterie de côte et son four à rougir les boulets, une caserne, un magasin à poudre et deux hangars. Une enceinte crénelée à branches tombantes assure la défense terrestre de l´ouvrage contre un coup de main. Deux portes permettent d´accéder au fort au nord ou au sud mais seul un corps de garde, nommé poste de police en 1811, a été aménagé au sud.

L´armement composé de six canons de 36 livres de balle en 1811 passe à cinq pièces au milieu du XIXe siècle : trois

canons de 30 livres de balle et deux obusiers de 22 cm de calibre. Déclassé en 1889, le site de la Fraternité est cependant entretenu jusque dans les années 1980. Depuis 1919, la caserne est dépourvue de couverture. Un four à chaux a été aménagé au pied du fort au tout début du XIXe siècle par la famille Rideau.

Quoique la caserne soit aujourd´hui ruinée, le site, tant en raison de son cadre géographique que de ses spécificités

géologiques (formations paléozoïques, calcaires dévoniens et plis des falaises) demeure visuellement fort : les spectaculaires branches tombantes, particulièrement sur le front sud, y sont pour beaucoup. Le magasin à poudre, reconnaissable grâce à la double feuillure de la porte, dans son enceinte de protection originelle, est d´un réel intérêt. L´implantation en T par rapport au casernement permettait un défilement total de l´édifice. Le parapet de la batterie et le parados sont particulièrement bien conservés" (Lécuillier Guillaume, 2011).

Lécuillier Guillaume (dir.), Jean-Yves Besselièvre, Alain Boulaire, Didier Cadiou, Christian Corvisier, Patrick Jadé, Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal. Rennes, éd. Presses Universitaires de Rennes, coll. Cahiers du patrimoine, 2011, n° 94, 388 p.

Appellations Fort de la Fraternité
Parties constituantes non étudiées batterie, caserne
Dénominations batterie, fort, mur défensif, poudrière
Aire d'étude et canton Bretagne Nord
Adresse Commune : Roscanvel
Lieu-dit : Pointe de la Fraternité
Cadastre : C 538

Fonction : défense de l'entrée du goulet de Brest contre une éventuelle prise à revers de la pointe des Espagnols.

Période(s) Principale : 4e quart 18e siècle
Secondaire : 19e siècle
Secondaire : 2e quart 20e siècle
Murs maçonnerie
moellon
pierre de taille
petit appareil
Toit pierre en couverture
Étages rez-de-chaussée
Couvrements voûte en berceau
Couvertures toit à deux pans
États conservations mauvais état, inégal suivant les parties, envahi par la végétation
Statut de la propriété propriété de l'Etat
Intérêt de l'œuvre vestiges de guerre, site archéologique, à signaler

Annexes

  • BATTERIE DE LA FRATERNITE ET ILOT DU DIABLE par Philippe Truttmann.

    Situation : sur la côte ouest de la presqu'île de Quélern, entre la pointe de Trémet et la pointe de Cornouaille[s], se trouve une petite crique avec une plage, constituant l'extrémité d'un talweg assez profond, entaillant la partie nord de la presqu'île.

    La batterie de la Fraternité est implantée sur un promontoire au Nord de cette crique, l'îlot du Diable constituant le promontoire sud.

    1. BATTERIE DE LA FRATERNITE

    HISTORIQUE SOMMAIRE

    On possède peu de choses concernant cet ouvrage : un plan du Génie de 1811 la représente construite dans son état actuel et armée de 6 pièces de 36 livres de balle sur affûts de côte, voisinant avec une batterie dite "batterie du Diable", implantée en fond de crique, armée de 4 pièces de 12 livres de balle, et aujourd'hui disparue. Une table-répertoire du Grand Atlas du Génie établie vers 1860 la désigne "construite en 1780 par l'Etat".

    Par recoupements, on peut admettre qu'elle a été construite un peu avant et sous la Révolution (d'où son nom), modifiée dans la seconde moitié du 19e siècle, et, qu'ayant perdu progressivement son importance, elle disparaît du dispositif défensif à partir de 1870.

    La mission de cet ouvrage était de battre la baie de Camaret et d'y interdire le mouillage aux navires ennemis, avec une mission annexe d'interdiction de la petite crique qu'elle domine.

    DESCRIPTION

    L'ouvrage est implanté au sommet d'un promontoire rocheux à parois à peu près verticales dominant la petite crique du Diable au sud, la baie de Camaret à l'ouest. Le terrain sensiblement horizontal à l'arrière, et vers l'intérieur des terres, s'incline vers la mer où il se termine sur l'à-pic de la falaise.

    L'ensemble est entouré d'une enceinte défensive à plan trapézoidale, se décomposant en une petite base très courte à l'est, faisant face à l'intérieur des terres deux branches tombantes assez longues fichant perpendiculairement à la côte où elles s'arrêtent, et une grande base libre constituée par le sommet de la falaise.

    A l'intérieur de cette enceinte, on trouve :

    - A l'est, sur la partie plane, les bâtiments à usage de la garnison et des munitions.

    - A l'ouest, au-dessus de la falaise, la batterie proprement dite.

    Ces deux éléments étant séparés par un massif en terre servant de parodos à la batterie et de masque protecteur au casernement.

    Enceinte : elle entoure la batterie sur les trois côtés accessibles (nord, est et sud), le quatrième, c'est à dire le rebord de la falaise étant laissé libre. L'enceinte est constituée par un mur défensif en maçonnerie de moellon, de schiste bruns, assez grossière, couronné d'un chaperon dépassant, à deux pentes, de même construction que le mur. Ce mur est percé de créneaux de fusillade disposés à intervalles réguliers.

    La face est, très courte (petite base de trapèze) est actuellement effondrée.

    Branche tombante nord (ou face nord) : tracé rectiligne. Elle comporte au milieu une partie exhaussée percée d'un portail à arc surbaissé à clavaux en gros appareil et montants harpés. A l'extrémité ouest, le mur comporte deux décrochements successifs afin de compenser la pente.

    Branche sud : identique à la branche nord à l'exception des détails suivants :

    - Portail partiellement muré et réduit à une simple porte pour piéton.

    - Portail flanqué par un décrochement du tracé.

    - Extrémité ouest inclinée parallèlement à la pente du terrain (par opposition à cette même partie de la branche nord tracée en gradins).

    Un petit corps de garde et une guérite en maçonnerie grossière sont adossés à l'intéreur du mur d'enceinte à droite du portail d'entrée.

    Bâtiments centraux : implantés dans la partie haute de l'ouvrage, c'est à dire la plus en retrait par rapport à la mer, ils constituent un ensemble à plan en T régulier, dont la branche nord-est / sud-ouest (orientée suivant le grand axe de l'ouvrage) est constituée par le magasin à poudre et la branche transversale nord-ouest / sud-est, parallèle au front, est constitué par la caserne.

    Magasin à poudre : petit bâtiment rectangulaire voûté en berceau (petit appareil de grès) et surmonté d'une toiture en bâtière, dallée en granite, avec corniche moulurée à larmier sur les murs latéraux. Porte à double feuillure, intérieure et extérieure, percée dans le pignon est. Murs latéraux percés de barbacanes d'assèchement [évents d'aération], à tracé chicané. Autour du magasin, enclos de sécurité avec mur d'enceinte rectangulaire exhaussé à l'est, et dont le côté nord-ouest est constitué par le mur de fond de la caserne. On pénètre dans cet enclos par une porte percée dans le grand côté nord.

    Caserne : bâtiment rectangulaire à un seul niveau, présentement ruiné constituant en quelque sorte la branche transversale d'un T dont le magasin à poudre serait le montant. Ce bâtiment est orienté face à l'ouest, c'est à dire parallèle au front de la batterie. Il borde la route de service traversant l'intérieur de la batterie et joignant les deux portails nord et sud. Il ne reste plus en place que des encadrements d'ouvertures et des pans de mur. Toutefois, le plan est encore lisible, il comporte :

    - Une grande pièce centrale délimitée par deux murs de refend sans ouverture avec cheminée dans l'axe du mur est.

    - Deux pièces symétriques recoupées dans leurs axes par deux murs de refend perpendiculaires, délimitant quatre pièces symétriques communiquant entre elles par une porte.

    - A chaque extrémité : deux couloirs allongés formant vide sanitaire, ouverts à l'ouest d'une sorte de meurtrière et à l'est, d'une porte.

    Ouvertures rectangulaires à linteau monolithe, piedroits harpés, feuillure extrérieure et intérieure pour les portes, toutes deux dotées de gonds (double-porte).

    A l'angle ouest, encore debout, est pratiqué une haute ouverture en forme de meurtrière, à feuillure, portant les traces de deux barreaux de fer perpendiculaires.

    Batterie proprement dite : elle occupe la partie ouest de l'ouvrage, au sommet de la falaise et en contrebas des bâtiments centraux. Fermée à l'arrière par une levée de terre rectiligne, qui forme parados, dans laquelle est ménagé un passage pour les mouvements du matériel, elle est constituée par :

    - Un terre-plein central.

    - Un parapet en terre tracé en redan obtus, à face inégales, soutenu par un mur de genouillère en maçonnerie de moellon de schiste. Ce mur comporte des évidements concaves correspondants au logement des têtes de lisoirs ou de châssis des affûts des pièces, dont les goujeons de pivot émergent encore de la plate-forme (armement type du milieu du 19e siècle).

    - Au centre du terre-plein central, se trouve un tas de décombres constitué par les ruines du four à boulets.

    Accès : on accède à la batterie par une route empierrée partant de la route stratégique Camaret-Pointe des Espagnols.

    Remarque : de l'examen des vestiges de la caserne, on trouve des similitudes avec le même bâtiment de l'îlot des Capucins.

    2. ILOT DU DIABLE

    Ilot rocheux bordant au Sud la petite crique.

    Accès : l'accès se fait par une petite route en lacets, partant de la route stratégique Camaret-Pointe des Espagnols. Cette route descend dans le talweg et franchit la grève de la crique par une chaussée en remblai soutenue de chaque côté par un mur en maçonnerie, puis sur un petit pont servant de palier inférieur à un escaler rectiligne taillé en tranchée dans le massif rocheux de l'îlot, à l'extrémité est de celui-ci.

    Organisation : l'îlot proprement dit a été organisé vers 1890 comme poste de projecteur électrique éclairant le vestibule du goulet et la rade de Camaret. On ne trouve aucune trace d'une occupation antérieure.

    Cette organisation consiste en une tranchée sensiblement est-ouest, pratiquée artificiellement dans le versant nord de l'îlot et conduisant à l'extrémité ouest au poste de projecteur, bâtiment léger en béton armé comportant un abri-remise pour le projecteur lorsque celui-ci n'est pas en service (voie ferrée étroite, avec plaque tournante, scellée dans le sol).

    A mi-chemin entre l'escalier d'accès et le poste de projecteur, la tranchée s'élargit en une plate-forme où sont implantées :

    - L'usine électrogène : bâtiment rectangulaire à un seul niveau et à toiture-terrasse en béton armé. Bâtiment en dur, mais sans protection réelle.

    - Les citernes : cuve parallélipipédique en béton armé.

    L'usine est protégée en fait par sa position défilée dans l'excavation, et vers l'avant par une traverse formant ponceau sur la tranchée, qui la garantit des coups du large.

    Au sommet de l'îlot : petit observatoire bétonné léger.

    3. ANCIENNE BATTERIE DU DIABLE

    Pour mémoire. Batterie en terre à ciel ouvert pour 4 pièces qui se trouvait sur un replat encore visible derrière l'îlot, au-dessus de la crique qu'elle prenait d'enfilade. La batterie a été rasée, probablement au milieu du 19e siècle.

    4. FOUR A CHAUX

    Encastré dans la contre-pente sud du promontoire portant la batterie de la Fraternité. C'est une tour tronconique construite sur embase parallélipipédique, le tout soigneusement maçonné.

    CONCLUSION

    Il s'agit d'un ensemble d'éléments sans grands rapports fonctionnels ou chronologiques entre eux mais disposés dans un site rocheux de grande beauté. La batterie de la Fraternité semble l'exemple même d'une erreur d'implantation tactique ou du moins d'un ouvrage d'importance disproportionnée avec une position tactique secondaire, sinon de médiocre intérêt. La sanction en a été un abandon rapide, surtout par comparaison avec les ouvrages voisins (par exemple : Cornouaille[s]) périodiquement refondus lors d'une longue vie active qui s'étend de Vauban au Mur de l'Atlantique. L'îlot du Diable n'est lui, qu'une organisation accessoire récente, sans possibilités de tir.

  • 20032901867NUCA : Archives Départementales, Finistère

    19672905014Z : , Bande n° 216.

    19672900814Z : , Bande n° 396.

    19672900812Z : , Bande n° 396.

    19672900811Z : , Bande n° 396.

    19672900813Z : , Bande n° 396.

    19672900815Z : , Bande n° 395.

    19672905017Z : , Bande n° 396.

    19672905018Z : , Bande n° 396.

    19692900315Z : , Bande n° 216.

    19692900316Z : , Bande n° 216.

    19692900317Z : , Bande n° 216.

    19672905016Z : , Bande n° 395.

    19672900816Z : , Bande n° 395.

    19672900817Z : , Bande n° 395.

    19692900318Z : , Bande n° 216.

    19672905015Z : , Bande n° 216.

    19692900320Z : , Bande n° 217.

    19712902383NUCA : Base d´Aéronautique Navale, Lanvéoc-Poulmic (BAN)

    19712900559P : Base d´Aéronautique Navale, Lanvéoc-Poulmic (BAN)

    19712902387NUCA : Base d´Aéronautique Navale, Lanvéoc-Poulmic (BAN)

    19712902388NUCA : Base d´Aéronautique Navale, Lanvéoc-Poulmic (BAN)

Références documentaires

Bibliographie
  • MAMMANI (Ch.). Mémoire en Images, La Presqu'île de Crozon. Joue-les-Tours, éditions Alan Sutton, tome 2, 1996, 128 p.

(c) Inventaire général (c) Inventaire général ; (c) Association Pour l'Inventaire de Bretagne - Lécuillier Guillaume