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Faubourg de Kaër

Dossier IA56006156 inclus dans Ville de Vannes présentation réalisé en 1998

Fiche

Á rapprocher de

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Appellations de Kaër
Parties constituantes non étudiées collège, place, hôtel de voyageurs, immeuble, douane, promenade, port, rue, maison, hôtel, couvent, pont, chapelle
Dénominations faubourg
Aire d'étude et canton Vannes
Adresse Commune : Vannes
Lieu-dit : Adresse :
Cadastre : 1980 BT, BV non cadastré

Au 15e siècle, les terrains situés hors les murs au-delà des douves à l'ouest de la porte de Gréguennic, dépendent du baron de Malestroit de Kaër. Les sources répertoriées pour la période 1380-1494 font état de ce faubourg en tant que " Vieil port es douves de la ville ". Dans ces sources, il est question du "quay au vin" qui semble faire partie d'aménagements récents à proximité des vasières qui baignent les douves et la barbacane au débouché de la porte de Gréguennic. Les sources du 16e siècle, mieux conservées, procurent une matière plus abondante pour l'analyse de la topographie du secteur. L'installation des marchands à cet endroit est sans doute encouragée par le seigneur de Kaër qui y trouve une source de profit. La communauté de ville s'engage par ailleurs à rénover et entretenir des quais maçonnés et pavés à proximité de la porte de Gréguennic et dans le prolongement de l'ancien quai au vin. En 1593, la construction d'un bastion pour protéger la ville basse et le site portuaire, devant la porte Gréguennic modifie la circulation ancienne avec le percement d'une nouvelle ouverture qui deviendra au siècle suivant la porte Saint-Vincent. Au 17e siècle, les travaux portent sur l'aménagement de quais, la construction entre 1608 et 1612 d'un nouveau "quai au port au vin" perpendiculaire à l'ancien et raccordé en 1622-1624 au nord à l´un des bras du pont Saint-Vincent. Ces travaux montrent la vitalité du commerce maritime breton et en particulier pour Vannes sa place dans l'importation de vin où elle figure en deuxième position. Enfin, dans les prairies et terres agricoles situées à l'ouest, à l'arrière du faubourg s'implantent trois établissements conventuels : les Ursulines, à partir de 1627, les Carmes déchaussés, en 1629 et le couvent du Père Eternel au sud à partir de 1668. Le pavement régulièrement entretenu de la grande-rue de Kaër se prolonge désormais entre le couvent des Carmes, celui du Père Eternel et la chapelle Saint-Julien en une place agrémentée vers 1685 d'une fontaine à bassin octogonal. Au 18e siècle, le faubourg se dote d'une promenade ombragée le long du quai au vin avec la plantation en 1712 de quatre rangées d'ormeaux. Cet espace paysager prend le nom de Rabine. Est entrepris également à cette époque l'extension des quais devant les Carmes sous la houlette de l'architecte vannetais Olivier Delourme.

Période(s) Principale : 15e siècle
Principale : Temps modernes

Le faubourg de Kaër se situe au sud-ouest de l'enceinte. Il est constitué d'habitations et de celliers de marchands ainsi que de quelques demeures de notables. Ces constructions se développent le long de plusieurs voies. Il s´agit notamment de la rue au Pessu anciennement appelée Barasegal (actuelle rue de l´Unité), de la rue de Poulho (actuelle rue Richemont) convergeant vers la rue dite «Douves du Port » qui remonte vers le faubourg Saint-Salomon. Au bas de la rue au Pessu, le four à ban du seigneur de Kaër constitue un autre point de repère autour duquel s´organise le réseau viaire. Orientée nord-sud, la principale voie du faubourg assurant un cheminement depuis la porte de Gréguennic jusqu´à la chapelle Saint-Julien est la future rue du Port, dénommée alors « la grande rue de la terre de Ker » ; elle suit la ligne de rivage tout en étant partiellement aménagée de pérés pour le déchargement des navires. En face se jouxtent les maisons occupées par des mariniers et des marchands, dont certaines se prolongent et s´ouvrent à l´arrière sur la rue du Drézen, située à l´ouest. Au sud de cette rue, à l´approche de la chapelle Saint-Julien, le pont de Ster Gogues enjambe un ruisseau et des vasières pour aboutir au départ du chemin de Trussac. Plus loin, quelques habitations implantées le long du rivage forment l´alignement de la rue Saint-Julien qui se prolonge par un chemin côtier.

Secteur sauvegardé. Le faubourg de Kaër est la rive droite urbanisée du port. Au 19e siècle, il se fond avec le faubourg de Calmont dans un grand quartier dit quartier du port. Le développement historique de ces deux faubourgs au-delà des époques ici traitées se poursuit dans ce dossier.

Statut de la propriété propriété publique
propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler

Annexes

  • Chronologie du port

    CHRONOLOGIE DU PORT- JULIEN DANIELO 2003

    Henri IV

    1605 : Réparations du quai de la ville

    5 Juin 1605 : Réalisation des escaliers du quai

    12 Juin 1609 : Réparation et construction du quai

    1610 : Réalisation de la muraille du quai vers St Julien, du talus au Port-au-vin, de la contrescarpe de l´éperon au bout de la porte de Ker. Le pont dormant de la porte de Ker par Nicollas.

    Octobre 1610 : Obtention par Julien de Montigny des terres vaines et vagues du roi

    Louis XIII

    26 Mars 1611 : de Montigny doit se désister des terrains

    4 Mai et 9 Juin 1613 : reconstruction des ponts dormants de la terre de ker ainsi que réparations des quais

    10 Avril 1615 : Réparations du quai par deux massons

    26 Mars 1616 : Implantation de deux balises et poteaux de bois à la terre de Ker et Calmont aux deux cotés de la rivière pour signer le lieu où les bateliers doivent décharger les pierres

    11 Mai 1621 : Construction des ponts et de la porte St Vincent entre les antérieures portes de Calmont et Ker, jusqu´en 1624 par Jan Bugau

    Richelieu

    3 Avril 1624 : Aplanissement du talus au bout du pont neuf de la porte St Vincent

    1626 : Projet de la Cie du Havre du Morbihan de Richelieu

    1er Avril 1627 : Construction de quatre barrières au faubourg de Ker par Jan Bugau pour la maçonnerie et le Sr Marchet pour la charpenterie. Pavage des quais et de la rue menant à St Julien par René Darmeur

    1627 : Installation des Ursulines et des Carmes Déchaussés

    1630 : Dépôt des ordures au quai

    31 Décembre 1634 : Ferme du corps de garde de la porte St Vincent à Marguerite Le Louedec

    1634 : Bouchage des ouvertures de l´éperon de Ker et construction des barrières du pont St Vincent

    20 Avril 1640 : Réparations au pont et porte St Vincent et à son parapet

    Juillet 1640 : Elargissement de 2° au pont de la porte St Vincent pour l´utilité de la charge et décharge des navires

    16 Octobre 1640 : Elargissement du passage près les Carmes Déchaussés, réparations des bois du pont St Vincent

    29 Novembre 1641 : construction d´un pont de pierre à la place d´un pont de bois reliant un escalier du quai à la rue proche chez la Ve Molnier

    Louis XIV

    1646-47 : Travaux de l´aile Est des Ursulines

    1664 : Travaux de l´Aile Nord et Ouest des Ursulines

    1669 : Afféagement d´un terrain à la Grande maison

    20 Février 1670 : Réparations au pont St Vincent par Le Ray, Layec, Belin et Vincent

    23 Mai 1670 : Adjudication des travaux à François Cosnier

    1671 : Construction d´une annexe par Catherine de Francheville aux Ursulines

    1671 : Installation du Père Eternel

    1675 : Réparations au pont St Vincent par Vincent et Philipot

    1677 : Proposition de la construction d´une écluse, appuyée par le duc de Chaulnes

    25 Février 1678 : Permission de construire une maison entre Gréguénnic et la porte St Vincent.

    4 Avril 1679 : Demande de restauration des pavés et du vertugadin

    16 Octobre 1679 : Délibération pour la construction d´une écluse à Calmont et demande d´un ingénieur de Belle-Ile pour curer le port.

    5 Janvier 1680 : Adoption du plan de l´écluse par un ingénieur brestois, Gontroux

    16 Février 1680 : François Cosnier s´occupe de construire l´écluse

    8 Avril 1680 : Réfection des murs du quai

    6 Juin 1681 : Demande de permis de construire sur le port par Guillaume Dubon

    5 Mars 1685 : Destruction des maisons en face des Carmes

    6 Juillet 1685 : Refus de la communauté de voir Guillaume Dubon construire en face de la Grande Maison

    7 Septembre 1685 : Acquisition des terrains des Srs Marquet et Pelissier et de la Dlle Alanic pour rallonger le quay de Vannes, également celui de Dlle Marie Thomas Ve de Lourmel ainsi que les procès-verbaux de démolition des jardins

    1685 : Les boutiques du Pont St Vincent passent au domaine royal, le pont est de nouveau réparé par Gilles Michel

    1687 Etats à St Brieuc : Adjudication des plantations de la Rabine à Gilles Michel

    7 Janvier 1688 : Adjudication du corps de garde du Pont St Vincent au Sr Gosse

    1688-1690 : Construction de la chapelle de Ursulines

    21 Avril 1702 : Consignes de la Communauté pour la réparation du quay Billy, Adjudication au Sr Vallier pour le rétablissement du pont St Vincent

    9 Juin 1704 : Demande de Louis Petenin de la destruction de la maison au-dessus de la porte St-Vincent.

    23 Juin 1704 : Réparations à la porte St Vincent par Jan Daniel.

    17 Septembre 1704 : Adjudication des réparations des ponts de bois à Jan Philipot

    Nouvel de Glavignac

    10 Avril 1713 : Permission donnée à Anne Huguet de construire une boutique au pont St-Vincent.

    Louis XV

    De Teno le Verger

    17 Juin 1718 : Proposition de Mgr de Comartin de financer les travaux du port

    24 Avril 1719 : Réception d´un projet du Sr Goubert pour la réfection du port

    De Kercado Le Verger Laurens

    15 Octobre 1721 : Devis des ouvrages

    31 Octobre 1721 : Réparations à faire au Pont St-Vincent

    17 Avril 1722 : Adjudication des travaux du pont à Jan Raoult

    29 Mai 1722 : Adjudication des pavés du pont St-Vincent à Jan Caudal

    10 Juillet 1722 : Construction des quais

    13 Novembre 1722 : Fin du pavage des faubourgs

    Le Vaillant (1er échevin) et de Lestang

    28 Mai 1723 : Procès-verbal du corps de garde du pont

    18 Juin 1723 : Demande de l´accord du Sr Gosse pour la destruction du corps

    20 Juillet 1723 : Arrêt qui permet la destruction du corps de garde

    20 Septembre 1723 : Ventes des restes de l´ancien pont St Vincent

    9 Juin 1724 : Renable du pont St Vincent et mise en valeur des défauts

    26 Février 1725 : Opposition entre le Sr Goubert et le Sr Delourme

    23 Mars 1725 : Projet d´une écluse par le Sr Desplaces Le Mière

    27 Avril 1725 : Requête aux Etats d´obtention de subventions

    4 Octobre 1726 : Réparations des pavés des rues et places par Mathurin Caudal et Jean-Baptiste Moret.

    26 Mai 1727 : Présentation du projet du Sr de Huz

    14 Juillet 1727 : Réalisation du projet Delourme

    8 Août 1727 : Proposition par le syndic de faire construire des quais jusqu'à la Sentière

    Du Teno Le Verger

    10 Octobre 1727 : Présentation du projet du Sr Delourme

    24 Octobre 1727 : Adjudication des travaux à Jan Le Maître

    Lucas Sr de Bourgerel

    15 Juin 1731 : Procès-verbal de l´état du port et des travaux par le Sr Abeille à la demande de l´intendant

    9 Juillet 1731 : Interrogations sur la réalisation du projet du Sr Delourme

    15 Mai 1733 : Demande d´un ingénieur pour la réalisation des quais

    15 Juin 1733 : Présentation du projet Abeille

    13 Juillet 1733 : Adoption du projet du Sr Abeille

    6 Août 1733 : Différent entre Abeille et la communauté

    18 Août 1733 : Appui de l´évêque en faveur de la communauté

    23 Août 1733 : Décision de démolir la fontaine du port

    Morin de Guérinière

    8 Janvier 1735 : Résiliation du projet Delourme

    1735 : Réception du projet de Gabriel

    14 Janvier 1736 : Parachèvement du quai commencé par le Sr Delourme

    De Kercado le Verger

    1737 : Construction de la chapelle des Carmes

    23 Décembre 1737 : Pavage des quais et de la rue de Poulho par Vincent Pirio

    De Lestang (Maire syndic)

    28 Avril 1738 : Demande à l´intendant d´un ingénieur lorientais en collaboration avec le Sr Desplaces pour la reconstruction de la porte St Vincent.

    29 Juin 1738 : Réalisation des patrons et profils de la porte St Vincent par Jannesson, ainsi que des devis des quais des Carmes Déchaussés et des Capucins

    4 Juillet 1738 : Mandement du Sr Janesson de Lorient et propositions des ouvrages

    PV du Pont St Vincent par Jannesson et Le Mière

    1er Décembre 1738 : Présentation du projet des quais des Carmes

    1738 : Construction d´un bassin et d´un conduit sous terre en face des Carmes

    13 Février 1739 : Projet du quai des Carmes adjugé au Sr Nizan

    11 juillet 1740 : Réparations à faire au Pont St Vincent

    29 Décembre 1740 : Mandement d´un ingénieur pour la finition des travaux

    Du Bodan

    5 Octobre 1742 : Présentation à l´intendant des projets du quai de Calmont

    1742 : Echenillage des arbres du port

    8 Février 1743 : Suppression du privilège du Sr Billy de disposer de son quai

    8 Avril 1743 Adjudication au Sr Bourgogne pour la construction du quai de Calmont Bas

    31 Mai 1743 : Mandement du Sr Loaizel pour dresser un PV

    26 Juillet 1743 : Etat de délabrement de la porte St Vincent

    21 Décembre 1744 : PV de la chapelle St Julien

    15 Janvier 1745 : Destruction de la maison de la voûte du pont St Vincent

    20 Mars 1745 : Fermeture des arches du Pont St Vincent

    2 Avril 1745 : Modification du projet pour rendre le terrain plus régulier à CB

    17 Mai 1745 : Destruction de la chapelle St Julien

    30 Juillet 1745 : Utilisation du sable de délestage pour la promenade

    Joseph-Ange Guillo Dubodan

    4 Août 1747 : Demande de faire au plus vite les réparations à la porte St Vincent

    10 Septembre 1747 : Adjudication des réparations de la porte St Vincent au Sr Jan Plaudrain

    6 octobre 1747 : Continuation des plantations du port

    15 Décembre 1747 : Ouvrages de la promenade et de la plantation ainsi que les réparations de la maison du Sr Masson près la porte St Vincent adjugés au Sr Turiau Pivaut

    18 Mars 1750 : Obligation formulée par Tuviaut Pivaut pour le comblement de la douve des Carmes Déchaussés

    15 Septembre 1752 : Demande de subventions aux Etats, pour la construction d´une écluse

    27 Novembre 1752 : Dédommagement des maisons dépendant du pont St Vincent

    18 Décembre 1752 : Réception du projet du port par l´ingénieur Chocat de Grandmaison

    26 Janvier 1753 : Sollicitation auprès du roi, afin d´obtenir les terrains nouvellement asséchés au port.

    18 Mars 1753 : Levées du plan, approvisionnement de matériaux, transport au magasin

    19 Avril 1754 : Dispositions à prendre au sujet de l´écluse et de l´emploi des Srs Ulliac et Tanguy

    12 Août 1754 : Sollicitations des ingénieurs Chocat de Grandmaison et Magin ainsi que le duc d´Aiguillon pour le rétablissement du port

    4 Octobre 1754 : Visite du port par le duc d´Aiguillon, M. de la Sauvagère (ingénieur en chef de Port-Louis), Magin, Blavau, Villemenot et Chocat de Grandmaison

    Jean-Vincent Guillo Dubodan

    1755 : Mémoire sur les moyens à mettre en oeuvre pour le rétablissement du port : écluse, pont et percement de Kerino

    8 Juin 1756 : Début des travaux à la butte de Kérino

    20 Juillet 1757 : Approvisionnement en bois pour l´écluse le 20 Juillet 1757

    Louis-François Gillot Sr de Kerarden

    25 Septembre 1761 : Acquisition des terrains de la Sentière et du Sr d´Auzon

    9 Juillet 1762 : curage, mur de clôture, continuation de la grande allée, destruction du bassin des Carmes et mise en place d´un projet de plantations, comblement des douves des quais et transbordement des chantiers et des bois de construction à Calmont Bas

    28 Janvier 1763 : Ramassage des pierres du bassin des Carmes

    12 Avril 1765 : Interdiction faite par le duc d´Aiguillon à un cordier de s´installer entre le quai et le Père Eternel

    17 Mai 1765 : Devis des ouvrages à faire au pont St Vincent

    13 Décembre 1765 : Adjudication des dits ouvrages au Sr Lorho

    17 Décembre 1766 : Réception des travaux du Pont St Vincent entrepris par le Sr Lorho

    Gillot de Kerarden fils

    18 Septembre 1770 : Arrêt des travaux des ouvrages d´agrément (parapet des allées du port)

    5 Juin 1771 : Elagage des arbres de la rabine

    15 Mai 1772 : Défauts remarqués au Pont St Vincent gênant la circulation ainsi qu´à la place du Marché au froment et aux Douves

    2 Octobre 1772 : Engagement du Sr Lorho de refaire le pavé sur les Douves et à Poulho

    29 Avril 1774 : Augmentations à faire à la cale du pont St Vincent

    1er Juillet 1774 : Dégradations nocturnes faites à la promenade de la Rabine

    9 Décembre 1774 : Renable des travaux de voirie du Sr Lorho sur le Port

    Louis XVI

    14 Juillet 1775 : Curage du Port, proposition de le faire avec les chalands

    27 Octobre 1775 : Inspection des travaux finis du Sr Lorho

    10 Mars 1778 : Effondrement d´un petit caveau à la porte St Vincent

    M. de Kerdelean

    12 Octobre 1778 : Plainte déposée contre les marchands qui s´installent le long du pont St Vincent

    13 Décembre 1779 : Envoi de forçats pour le curage

    2 Juillet 1780 : PV des réparations à faire aux calles du port par le Sr Demiez

    10 Juillet 1780 : Différent entre la communauté et le Sr Détaille ingénieur

    14 Juillet 1780 : Réponse de l´intendant

    4 Août 1780 : Emploi de soldats pour le curage du port

    15 Novembre 1781 : Réparations à faire aux calles par le Sr Demiez

    4 Avril 1783 : Afféagement d´un emplacement au Pont St Vincent au Sr Daliphard

    20 Juin 1785 : Requête auprès de l´intendant afin de percer la nouvelle rue des Cordeliers

    16 Décembre 1785 : Proposition de construire une calle du côté de Calmont Bas

    8 Septembre 1787 : Approbation du conseil d´état du plan d´alignement de Vannes

    Napoléon Ier

    1807 : Cadastre Napoléonien

    1815 : Construction du quai Molé

    Restauration

    1820-1824 : percement de la butte de Kérino

    18 Février 1827 : Rapport sur le Pont St Vincent

    15 Mars 1827 : Réparations du pont du Morbihan

    1828 : Déplacement en aval des chantiers de construction

    1838 : 2ème période de construction sur la Place Gambetta par Charrier

    1840 : Nouveau plan d´alignement

    1842 : Rallongement de la Rabine

    1844 : Cadastre

    Janvier 1847-Mai 1752 : Réalisation d´une cale de radoub par Caro perpendiculaire aux quais

    IInd Empire

    10 Juillet 1869 : Fin des travaux des quais et du chemin de halage.

  • Le port de Vannes, évolution d'un site

    LE PORT DE VANNES : EVOLUTION D'UN SITE - CLAUDIE HERBAUT

    DE LA FIN DU MOYEN ÂGE A LA RENAISSANCE, FIN XVe - XVIe SIECLES : LE VIEUX PORT

    Aucun document connu à ce jour ne permet de préciser la configuration réelle du port de Vannes avant la fin du XIVe siècle. On peut simplement supposer que les travaux d´agrandissement de l´enceinte urbaine vers le sud, intégrant la construction du château de l´Hermine, ordonnés par le duc Jean IV à la fin des années 1370 ont engendré un rapprochement de la ville close vers l´ancien port. Celui-ci préexistait quelque part entre la poissonnerie, la rue de l´Unité et le bas de la rue Thiers actuelles. Il s´agit en fait de la zone la plus profonde de la rivière de Vannes. Son lit naturel se trouvait, avant l´extension des remparts, au bas de la place des Lices et place de la Poissonnerie. D´ailleurs, à la fin du XIVe siècle le duc y fait bâtir un moulin alimenté par un étang situé dans l´enceinte urbaine.

    Au XVe siècle les terrains situés hors les murs, au delà des douves à l´ouest de la porte de Gréguennic, dépendent du baron de Malestroit de Kaër dont la seigneurie s´étend jusqu´aux rives du Vincin. Les officiers du baron rendent la justice près d´un vieil orme sur la rive droite. Les sources répertoriées pour la période 1380-1494 font état de ce quartier en tant que « Vieil port es douves de la ville ». Dans ces mêmes sources il est question du « quay au vin » qui semble faire partie d´aménagements récents à proximité des vasières qui baignent les douves et la barbacane aménagée devant la porte de Gréguennic. Une rue dite « rue au vin » passant par cette même porte vers la croix aux Poissons assure la jonction entre le port et l´intramuros.

    Les sources du XVIe siècle, mieux conservées, procurent une matière plus abondante pour l´analyse de la topographie du quartier portuaire. Il s´agit d´une part des comptes des miseurs de la ville, conservés pour le dernier quart du siècle, qui nous renseignent au sujet des travaux réalisés sur les remparts et sur les quais. D´autre part on conserve les archives de la seigneurie de Kaër et du régaire de Vannes, le domaine temporel de l´évêque, dont dépendent successivement tous les terrains situés sur la rive droite et une partie du quartier dit du port.

    Il apparaît tout d´abord que la partie sud des remparts subit de profonds changements à l´époque des guerres de religion lorsque le duc de Mercoeur, chef du partie de la Ligue en Bretagne, incite la ville de Vannes à faire construire des bastions en avant de la muraille médiévale. Destinés à protéger davantage la ville basse et le site portuaire, l´un d´entre eux, aménagé vers 1593 devant la porte de Gréguennic, modifie la circulation ancienne : à la fin du siècle, lorsque la porte est bouchée, on perce une nouvelle ouverture qui deviendra au siècle suivant la monumentale porte Saint-Vincent.

    Au sud-ouest de l´enceinte se trouvent les habitations et les celliers des marchands ainsi que quelques demeures de notables constituant le quartier du port. Ces constructions se développent le long de plusieurs voies. Il s´agit notamment de la rue au Pessu anciennement appelée Barasegal (actuelle rue de l´Unité), de la rue de Poulho (actuelle rue Richemont) convergeant vers la rue dite «Douves du Port » qui remonte vers le faubourg Saint-Salomon. Au bas de la rue au Pessu, le four à ban du seigneur de Kaër constitue un autre point de repère autour duquel s´organise le réseau viaire.

    Mais la principale voie orientée nord-sud assure un cheminement depuis la porte de Gréguennic jusqu´à la chapelle Saint-Julien. C´est notre future rue du Port, on l´appelle alors « la grande rue de la terre de Ker », elle suit la ligne de rivage tout en étant partiellement aménagée de pérés pour le déchargement des navires. En face se jouxtent les maisons occupées par des mariniers et des marchands, dont certaines se prolongent et s´ouvrent à l´arrière sur la rue du Drézen, située à l´ouest. Au sud de cette rue, à l´approche le chapelle Saint-Julien, le pont de Ster Gogues enjambe un ruisseau et des vasières pour aboutir au départ du chemin de Trussac. Plus loin, quelques habitations implantées le long du rivage forment l´alignement de la rue Saint-Julien qui se prolonge par un chemin côtier.

    Pour se rendre rive gauche il faut emprunter la porte Calmont qui dessert le quartier du même nom, point de départ de la route de Séné. Située à flanc de coteau cette zone apparaît à la fin du Moyen Âge moins densément peuplée que la rive droite. Quelques mariniers ont fait construire leur maison près du rivage ; mais ici point de quai, même si une légende raconte que Vincent Ferrier aurait émis le voeu qu´il en fut construit, dès le premier quart du XVe siècle. Apparemment seule une petite cale existe devant un oratoire, nommé la chapelle du Fety, aménagé en commémoration de la fête célébrée lors du débarquement du prédicateur espagnol en 1418. Construite sur les premières pentes de la colline de Calmont face à la mer et aux remparts de la ville, cette chapelle subsiste en ce lieu jusqu´au début du XIXe siècle.

    Au XVIe siècle la route vers Séné se nomme Calmont-Haut tandis que celle qui longe le rivage depuis la chapelle du Fety porte le nom de Calmont-Bas et se prolonge par un chemin qui conduit au village et manoir de Kerino.

    AU XVIIe SIECLE : DE NOUVEAUX QUAIS

    Au XVIIe siècle la vitalité du commerce maritime breton, en particulier l´exportation des grains et l´importation de vin, augmente considérablement. Dans le sillage de Nantes, Vannes est le deuxième entrepôt de vin de la région. Ce dynamisme attire l´attention du gouvernement de Richelieu qui cherche à établir sur la côte sud de Bretagne une grande compagnie commerciale. En Juillet 1626, il fit rendre au roi un édit pour « l´établissement du commerce au hâvre du Morbihan ». Mais le Parlement de Bretagne s´y étant fortement opposé, cette tentative échoue. Près de quarante ans plus tard, Colbert charge une commission d´experts d´explorer les côtes atlantiques pour trouver l´emplacement de nouveaux arsenaux. Le résultat de leur visite en Morbihan, effectuée en 1664, fait apparaître les grandes difficultés de la navigation dans le golfe. Leur choix se porte finalement sur Port-Louis puis Lorient créé en 1666 pour accueillir la Compagnie des Indes. Cependant la concurrence de Lorient, dont la nature du commerce maritime est différente de celle de Vannes, n´est guère ressentie avant la fin du siècle.

    Le réel problème du port de Vannes au XVIIe siècle est inhérent à son site de fond d´estuaire : il s´envase alors que le tonnage des navires ne cesse d´augmenter. Au lendemain des troubles des guerres de religion les aménagements portuaires vont accaparer toute l´attention (et les finances) de la communauté de ville. Non sans difficultés car les caisses sont vides à la suite de l´entretien des garnisons espagnoles basées à Vannes par le duc de Mercoeur.

    Les travaux concernent tout d´abord l´aménagement des quais. Les comptes de la ville mettent en exergue pour la période 1608-1612 d´importantes dépenses consacrées à la construction d´un nouveau « quai au port au vin » et dont l´adjudication des travaux remonte au mois de juin 1604. Situé rive droite et perpendiculairement à l´ancien quai du même nom, il s´avance dans la mer vers le sud, et est parallèle à la grande rue du Kaër. Probablement construit sur pieux, les perrés du quai au vin sont appareillés de pierres de taille tandis qu´au coeur de l´ouvrage un blocage de moellons et de terre fait office de remplissage. Sa surface aplanie est pavée afin de faciliter le passage des charrettes. Le dessin qu´en fait Le Grain sur sa carte du Morbihan dressée en 1637 révèle l´inachèvement des travaux à cette date. En effet les vasières situées à l´ouest du quai le long de la grande rue de Kaër ne sont toujours pas comblées. L´argent manque et ceci malgré les subsides de l´Etat accordés par lettres patentes du roi en 1611 et en 1614. Ce comblement se fera progressivement jusqu´à la chapelle Saint-Julien et devant les Carmes et ne sera pas terminé avant les années 1680.

    Les travaux touchent également l´entretien et l´aménagement des voies qu´il faut paver afin de faciliter l´accès aux nombreuses charrettes qui circulent dans le quartier. A partir de 1622-1624, le quai au vin se raccorde au nord à l´un des bras du pont Saint-Vincent. Cet ouvrage qui a la forme d´un Y permet d´une part, d´accéder directement à la rive gauche, et d´autre part, d´entrer dans la ville close par la porte du même nom nouvellement construite. En 1636, Dubuisson-Aubenay, de passage à Vannes, précise que le pont est en pierre blanche, que chacune de ses deux antennes repose sur trois arcades laissant entrer l´eau dans les douves et que les bateaux peuvent y acoster aux grandes marées. La porte Saint-Vincent, quant à elle, ornée des armes de la ville et de la statue de Saint Vincent, devient magistrale. Elle est l´oeuvre de l´architecte Jean Bugeau, d´origine nantaise, que l´on dit aussi être « pontonnier ». A la fin des années 1670, lorsque le Parlement de Bretagne est à Vannes, la construction d´hôtels particuliers alignés de part et d´autre de la rue Saint-Vincent contribue à valoriser le quartier sud de la ville. Parallèlement, les marchands et autres habitants du port emboîtent le pas à cette fièvre constructive des dernières décennies du siècle qui concerne aussi Calmont-bas sur la rive gauche. La grande-rue de Kaër n´a rien perdu de son prestige, bien au contraire. En 1692, les Ursulines installées depuis 1627 en haut de cette rue, ont délibérément choisi d´orienter la façade de leur église sur cette voie vers le port. En 1629, les Carmes déchaussés installés au sud avaient fait de même. Le pavement régulièrement entretenu se prolonge désormais entre le couvent des Carmes et la chapelle Saint-Julien en une place agrémentée vers 1685 d´une fontaine à bassin octogonal. Ici aussi on a comblé des vasières, ce qui ne fait pas l´unanimité chez les propriétaires de navires qui s´inquiètent du recul de la mer.

    Le désenvasement et le nettoyage du port constituent le dernier point et sans doute le plus difficile à résoudre pour la ville de Vannes. Déjà en 1611, dans une lettre patente autorisant la levée des taxes pour continuer les travaux, Louis XIII rappelle la requête des habitants au sujet de leur port : « un canal qui se couvre et découvre deux foiz le jour, recevant beaucoup d´immondices qui sont rejetés au rivage par la mer, ou provenans de la dicte ville et des montagnes et des collines prochaines (proches)... et au lieu que ledict canal estant nettoyé, il abordait des vaisseaux de 70 tonneaux au quay de ladicte ville, et à peine maintenant en peut-il porter du port de vingt ou 25 aux plus grandes marées... ».

    On le voit, l´encombrement du port est en partie lié au rejet des déchets urbains de toute sorte. Entre 1608 et 1640, les comptes des miseurs mentionnent à de nombreuses reprises des dépenses pour curer les douves au sud de la ville close. S´y accumulent immondices et gravas, sources de pollution et d´obstruction. Le courant de la rivière, qui s´écoule dans les douves de la Garenne et se déverse dans le port, s´en trouve affaibli, si bien que l´on pense à construire une écluse de chasse. La première est aménagée vers 1681 entre la porte Calmont et les ruines du château de l´Hermine sur un rétrécissement construit dans les douves. Ce modeste ouvrage ne devait jouer qu´un rôle médiocre mais pourtant il subsistera jusqu´au milieu du siècle suivant. Par ailleurs, une seconde écluse, dite de Kérino, est mentionnée en 1683, beaucoup plus en aval, face à la Chevinière (aujourd´hui Keravélo). Nous ignorons tout de ce second ouvrage qui ne pouvait barrer la rivière sous peine d´interdire le passage des bateaux.

    A la fin du XVIIe siècle, ces problèmes ne sont pas résolus, loin s´en faut. Mais la motivation générale des instances municipales et des négociants vont soutenir la continuation des travaux. En 1697 et pour la première fois, l´autorisation est donnée à un particulier de construire un quai sur le Domaine. Avec le consentement du procureur du Roi, Robert Billy est autorisé à occuper une portion de l´estran pour construire cet ouvrage à ses frais. S´appuyant sur la premier arche de la partie est du pont Saint-Vincent, ce quai d´une longueur de 80 pieds (26,5 m) longe sa maison en direction du sud. Même si cet aménagement est un « privilège particulier », la ville accepte, pensant y trouver le moyen de fortifier et nettoyer le canal et d´embellir le port.

    AU XVIIIe SIECLE : LES INGENIEURS DU ROI

    Outre la prolongation des quais et divers travaux d´embellissement du site, sur lesquels nous reviendrons, les aménagements du port au XVIIIe siècle s´attachent au problème du désenvasement. Pour ce faire, on fait appel aux ingénieurs du Roi afin qu´ils étudient la meilleure solution pour remédier à ce fléau par la construction d´une écluse de chasse.

    Déjà dans les dernières décennies du siècle précédant, lorsque le Parlement était à Vannes, le Duc de Chaulne soutenait le projet de l´ingénieur Gontroux, pour l´établissement d´une écluse devant jouer le rôle « d´une grande chasse d´eau ». Mais ce projet n´eut pas de suite. Il en advint de même des propositions du sieur Goubert en 1719, de l´ingénieur de Huz en 1727, du Sieur Abeille, ingénieur en chef à la réédification de la ville de Rennes en 1732, qui plaçait l´écluse en face de la Chevinière et du sieur Gabriel, probablement Jacques-Jules Gabriel, architecte de la reconstruction de Rennes en 1735. Il faut attendre 1754-1755, à la suite d´un arrêt du Conseil du roi du 21 décembre 1754 pour voir débuter la construction d´une écluse de chasse devant le pont Saint-Vincent. Les plans et devis de cet ouvrage sont proposés à la ville de Vannes par le sieur Chocat-de Grandmaison, ingénieur en chef, sorti de l´Ecole des ponts et chaussées. En 1752, il avait lui aussi souhaité établir cette écluse plus en aval, face à la Chevinière, pour un montant de 68 305 Livres (hors honoraires). Son second projet, sans doute plus raisonnable et parce qu´il n´entravait pas la remontée des bateaux, est retenu par les autorités.

    Cette écluse de chasse, dont on conserve les plans dans le fonds de l´Intendance, est aussi parfaitement représentée sur le plan d´embellissement de Vannes de 1787. Elle devait subsister jusqu´en 1839. Lors de sa construction, en 1755, on démolit l´ancienne écluse des douves de la Garenne près de la porte Calmont. Nous n´avons guère de commentaires sur son bon fonctionnement, si ce n´est une remontrance du duc d´Aiguillon, gouverneur de Bretagne, adressée à la ville de Vannes le 26 août 1761. Par cette lettre, il presse les instances municipales d´employer une personne « pour faire jouer l´écluse...construite pour le nettoiement du port...». On peut penser que les résultats n´étaient pas à la hauteur de ce qu´on avait escompté. D´ailleurs, Chocat-de Grandmaison le savait dès le début puisqu´il proposait, en 1755 (et en collaboration avec l´ingénieur Maugin de Villeminot) d´autres travaux destinés au redressement du chenal de la rivière de Vannes, au travers de la butte de Kerino. Ce dernier projet, concomitant à celui de l´écluse, fut abandonné au bout de quelques mois.

    Finalement, la ville doit se résoudre à des méthodes plus traditionnelles. On utilise des chalands sur lesquels des hommes payés à la journée remontent des tonnes de vase. Le travail effectué chaque année, pendant les six mois de la belle saison est très pénible. Les ouvriers abandonnent le chantier. En 1780, l´Intendant envoie des détenus de la prison de Rennes pour les remplacer. Faute de surveillance, ils désertent à leur tour ! .

    Tout au long du XVIIIe siècle, ingénieurs et hommes de l´art sont également missionnés sur les travaux d´entretien et d´agrandissement des quais. Il s´agit d´une part de prolonger celui de la rive occidentale, en ligne droite devant les Carmes et le Père-Eternel, puis jusqu´à la Santière. Mais désormais des quais sont également construits sur la rive gauche. Suivant les projets et devis des ingénieurs François Le Miere-Desplaces et Nicolas Jannesson de Lorient, un quai est construit devant la croix des Capucins à partir de 1738. La jonction vers le nord avec l´ancien quai Billy est réalisée en 1743 sous le contrôle de l´ingénieur Pierre Bourgogne. En février de cette année, le sieur Billy doit rétrocéder au « bien public », non sans mal, la bande de terrain située entre sa maison et le nouveau quai qui avance de quelques mètres devant les anciens pérés. Enfin, vers 1770, on commence la prolongation du quai de la rue Basse de Calmont vers le sud, suivant les plans de Detaille, ingénieur des Ponts-et-Chaussées : « depuis la cale des Capucins jusqu´à la butte de Kerino ». Ces travaux seront achevés au siècle suivant. Désormais, dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, les chantiers de construction navale quittent la rive droite et peuvent largement se développer rue Basse de Calmont, à l´emplacement de la petite Rabine actuelle. La grande cale dite des Capucins leur sert de cale de lancement.

    Le dernier aspect des travaux réalisés au port de Vannes rejoint l´une des valeurs fortes en matière d´aménagement des villes du XVIIIe siècle : l´embellissement.

    Ainsi est-il bien question d´agrément et d´utilité publique lorsqu´en 1712 la ville décide de planter, le long de l´ancien quai au vin du XVIIe siècle, quatre rangées d´ormeaux pour une promenade ombragée sur la rive droite. Cet espace paysagé entre le quai et les maisons du port portera le nom de Rabine, qui qualifie en breton les allées plantées d´arbres. Entre 1727 et 1729, l´architecte vannetais Olivier Delourme supervise les travaux de prolongation des quais devant les Carmes. D´après son plan envoyé à l´Intendant de Bretagne, nous savons qu´il projette d´agrandir la Rabine. Conjointement à ces travaux, il fait aménager au sud de la chapelle Saint-Julien un promontoire engazonné, en forme de demi-lune, qu´on appelle vertugadin, destiné au repos des promeneurs. Vers 1745, l´élargissement des rangées d´arbres devant les Carmes est rendu possible par la destruction de la chapelle Saint-Julien. Par la suite et au fur et à mesure de l´extension des quais vers le sud, la Rabine sera toujours prolongée ; aujourd´hui, elle file jusqu´au Pont-Vert.

    Il est également question d´embellissement du port lorsque la ville décide de reconstruire la porte Saint-Vincent. En effet, dès la fin du XVIIe siècle, l´édifice menace de tomber. En 1704, on refait son pont-levis. En 1738, les ingénieurs Le Miere-Desplace et Jannesson suggèrent de la renforcer par des tirants retenus par des ancres de fer et de remplacer les gonds des deux vantaux de bois qui la ferment par des pivots reposants sur le sol, afin d´éviter l´arrachement de la maçonnerie. Nicolas Jannesson propose à cette occasion plusieurs modèles pour une nouvelle porte de ville. Mais c´est au mois d´août 1747 que la ville se décide enfin au « rétablissement de la porte Saint-Vincent », acceptant le projet de l´ingénieur Duchemin. En réalité, il s´agit moins d´une reconstruction que de transformations supprimant notamment en partie haute une salle de guet. Le décor de l´édifice est probablement repris tout en reproduisant le modèle initial d´une élévation à trois niveaux de style baroque. Dans la niche supérieure, tournée vers le port, on y replace la statue de Saint-Vincent Ferrier, sculptée à Nantes en 1624. La statue actuelle, quant à elle, date de 1891.

    Au pied de cet ouvrage, le pont à double antenne qui dessert les deux rives du port nécessite lui aussi de nombreuses réparations. Mais alors que les ponts et la porte Saint-Vincent sont rénovés et qu´une écluse de chasse est aménagée, cette partie du port située au pied des remparts continue à servir d´égout. Les anciennes douves, de part et d´autre du pont, sont le réceptacle de quantités d´immondices et de déchets urbains. C´est ainsi que mûrit le projet d´assainir cet espace par le comblement des fossés et la construction d´une place en forme d´hémicycle. L´actuelle place Gambetta reproduit le plan néo-classique élaboré dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle par l´ingénieur Maury, architecte des Domaines. Auteur du plan d´embellissement de Vannes, approuvé en 1787, il intègre à son oeuvre, dans le quartier le plus prisé de la ville, une grande place aux formes courbes. Ce projet reproduit un modèle très en vogue au XVIIIe siècle, il s´apparente sous certains aspects au plan d´embellissement de Cineray, sur la place du Théâtre à Nantes. Mais cet ensemble ne sera mis en chantier que quarante-huit ans plus tard.

  • Sources iconographiques

    20085605968NUCA : Bibliothèque Nationale de France, Cartes et plans, SH Archives, 16.

    20075605797NUCA : Bibliothèque de Rennes-Métropole

    19985600427XB : Archives départementales du Morbihan, 1 Fi 95.

    19985600424XB : Archives départementales du Morbihan, 1 Fi 88, 1.

    19975601189X : Archives municipales de Vannes

    19975601236X : Archives municipales de Vannes

    20015604408NUCA : Archives départementales du Morbihan, 3P 593.

    19985600194XA : Archives municipales de Vannes

    19985600201XA : Archives municipales de Vannes

    20085605735NUCB : Archives de l'Evêché de Vannes, Y5.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Loire Atlantique. B2351. A.D.Morbihan G9. Déclaration du fief de Kaer par Louis de Vautorte évêque de Vannes. 4 Avril 1683 .

    Archives départementales du Morbihan : B 2351, G9
  • DANIELO, Julien. Chronologie du port ; inventaire des sources des maisons du port. Manuscrit dactyl. 2003.

Documents figurés
  • La carte du Morbihan. Faict par moy Legrain. 1637. 6 feuilles vélin. Ms. Enluminées, assemblées en une carte, 1050 X 1390, échelle env. 1/75000. B.N.F. Cartes et plans. S.H. Archives 16. Composée de six feuilles vélin assemblées, la Carte de Morbihan représente à l´échelle approximative de 1/75000 les côtes du Morbihan, de l´Isle de Quiberon à la pointe de Penerif, Belisle, Houat et Haydic. En haut, à gauche figurent les armes de France ; à droite, les armes de Bretagne et celles du sieur d´Estampes-Valençay. Les différents cartouches contiennent la longue légende de la carte, l´explication des signes conventionnels, et un calendrier des phases lunaires. Outre la forêt de Rhuys et le château de Suscinio, Sainte-Anne d´Auray, le moulin de Campen et de nombreux autres villages, le document livre les vues cavalières des villes d´Auray et de Vannes, d´une extrême précision. Sur ce qu´il convient de considérer comme le plus ancien plan de Vannes sont en effet représentés la cathédrale, la croix de la Poissonnerie, les remparts dont les deux tours de l´Hermine, les bastions de la Ligue, la porte Saint-Vincent, le quai au vin inachevé, l´église Saint-Patern, la place du Marché, les couvents des Ursulines et des Carmes Déchaux, etc. Ce plan rapproché sur Vannes permet de découvrir une représentation figurée très ancienne de la ville close. Malgré quelques erreurs liées à des problèmes d´échelle et de perspective, le dessin illustre avec précision non seulement l´enceinte urbaine mais, au delà des fossés, les faubourgs et les principales voies d´accès. Au sud, la vue du quartier du port telle qu´elle est présentée confirme ce que les archives décrivent à la même époque. La porte Saint-Vincent dessert le pont en Y, de part et d´autre les douves sont profondes, et il n´y a pas d´habitation devant les trois bastions situés à l´ouest. Par contre la rue des Douves du Port est nettement visible grâce à l´alignement de maisons ; alignement qui se prolonge jusqu´au couvent des Carmes pour former la « grande rue de Kaër ». Au sud-ouest des douves, devant le bastion de Gréguennic, une maison symbolise sans doute les îlots rapprochés du four de Kaër, de la Grande Maison et de celui qu´on appelle aujourd´hui « Moulin du Roi » ; à moins que ce dernier îlot ne soit figuré légèrement plus bas, par ce petit bâtiment au bord du rivage, le long de ce qui est l´ancien quai. Au sud, toujours sur cette même rive on discerne successivement la chapelle Saint-Julien, l´enclos de la Santière puis le hameau de Trussac. Le Grain représente également le nouveau quai au Vin, construit à partir de 1604. Il s´avance depuis l´ancien quai dans la rivière, parallèlement à la grande rue de Kaër. Lors de son passage à Vannes, en 1636, soit l´année précédant celle de ce document, Dubuisson-Aubenay en donne cette description : « Vous passez le pont à six arcardes qui est devant (la porte Saint-Vincent), et prenant à droite, vous allez le long de la rivière et du quay sur lequel il y a un petit môle de cent pas, avancant dans la rivière, qui sert de promenoir aus marchands et à tous ceux de Vennes... » . Même si ce « môle » sert à la promenade, il s´agit tout d´abord d´un quai dont l´aménagement n´est pas tout à fait achevé en 1636-1637 puisqu´il reste à combler les vasières situées à l´arrière de l´ouvrage. Sur la rive gauche Le Grain n´a pas dessiné la chapelle du Fety devant le pont Saint-Vincent. On devine toutefois une maison isolée qui peut être est celle du Petit Paris, au bas de la rue de Calmont-Haut. Cette rue est repérable à son double alignement de maisons, parallèle à la voie. A Calmont-Bas, par contre, une simple rangée de maisons borde une partie du rivage où il n´y a pas de quai. Plus loin se trouve la croix des Capucins à l´entrée du chemin qui mène au couvent du même nom.

    Bibliothèque nationale de France : Cartes et plans. S.H. Archives 16
  • A. D. Morbihan. 1Fi 95. Port de Vannes. Dessin. Plan géométral, 2e moitié 18e siècle (?). Ech. 1,2 cm. pour deux toises.

    Archives départementales du Morbihan : 1Fi 95
  • A. D. Morbihan. 1 Fi 84. Plan des ville port et faubourgs de Vannes (dit plan de Robien). Dessin : plan, [ Robien], vers 1824. Ech. 10.7cm. pour 250 toises, papier, encre de chine, lavis couleur, 53.5 L.X 38.5 l.

    Archives départementales du Morbihan : 1 Fi 84
  • A. M. Vannes. 21 Fi. Plan cadastral 1807-1809. Tableau d'assemblage de la commune et plan par sections. Delavau (ingénieur) ; Dreuslin (géomètre). Plan aquarellé, 99,5 x 67,41 cm.

    Archives municipales de Vannes : 21 FI
Bibliographie
  • Vannes, une ville, un port. Ouvrage d'exposition présentée au musée de la Cohue. 27 juin-22 novembre 1998. Vannes, 1998.

  • DANET, Gérard. De la poissonnerie à la rue du Port en passant par la porte de Greguennic. Contributions documentaires XV-XVIIe siècles dans 2000 ans d'histoire de Vannes. Vannes : imprimerie Golf'Imprim, archives municipales et animation du patrimoine de Vannes, 1993. 295p. 21 cm.

  • HERBAUT Claudie, DANET Gérard, LE PENNEC Christophe. Les remparts de Vannes. Edition ville de Vannes. 2001.

  • DANIELO, Julien. Les faubourgs ouest de Vannes de 1491 à la Révolution. Etude de l'architecture publique et privée d'un faubourg sous l'Ancien Régime. Mémoire de maîtrise. Université de Haute-Bretagne, Rennes II, 2000-2001.

Périodiques
  • DANIELO, Julien. Le quartier du port de Vannes sous l'Ancien Régime : société, urbanisme et architecture. In Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan, tome CXXX. 2004.

  • DANIELO, Julien. Les maisons du port de Vannes : architecture intérieure, mobilier, vie quotidienne (1600-1790). Bulletin de la Société polymathique du Morbihan, tome CXXXI. 2005.

    p. 343
  • LE FRANC, Erwann. Quelques maisons vannetaises de marchands au 18e siècle. In : Bulletin des Amis de Vannes, 2009, n°34.

    P. 31-38