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Exploitation conchylicole (Saint-Jacut-de-la-Mer)

Dossier IA22010580 réalisé en 2008

Fiche

Dénominations installation aquicole
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Ploubalay
Adresse Commune : Saint-Jacut-de-la-Mer
Cadastre : Domaine Public Maritime

L'activité de pêche ostréicole à Saint-Jacut daterait d'avant la Révolution, lorsque les huîtres sauvages étaient draguées au chalut avant que cette pratique ne soit momentanément abandonnée. En 1793, une saisie mouvementée à Saint-Cast concerne le bateau jaguen du type "carré" de Pierre Le Masson, officier municipal. Ce navire était venu mouiller au port, après son retour de Jersey, où il a livré des huîtres de contrebande. Il semblerait que cette pratique était courante sur la côtes Nord bretonne, où les huîtrières sauvages étaient nombreuses. Selon la tradition orale, les moines de l'abbaye de Saint-Jacut auraient construit des parcs à huîtres en même temps que leur pêcherie. Le recensement des pêcheries et parcs à Saint-Jacut, effectué par les inspecteurs des pêches, lors de l'enquête du 11 janvier 1854, relèvait la présence de 8 parcs à huîtres sur le même site (entre Grande Roche et Petite Roche). Ces parcs étaient de forme rectangulaire ou carré, constitués de pierres alignées sur une longueur variable de 110 m de longueur maximum sur 70 m de largeur. Ces parcs étaient détenus sans autorisation règlementaire par Guillemette (ancien capitaine, marchand et négociant à Bernières, Calvados, par Eugène Pilard, marchand de poisson, jaguen, par Aimé Loraine, facteur de parcs à huîtres du sieur Guillemette et par Jacques Hesry, ancien marin, maître du port du Guildo. En effet, en 1854, les pêcheries ne servaient plus qu'à la boëtte. La menuse est presque le seul poisson qu'ils y prennent (A.N., CC/435). Cependant, plusieurs jaguens : Loraine, Carré et Hesry sollicitèrent du ministre l´autorisation de construire de nouveaux parcs à huîtres, ceux existants, appartenant à l'abbaye étant insuffisants pour contenir le produit des dragages (A.N., CC/435). L'activité ostréicole en tant que "gestion d'un dépôt d'huîtres sur l'estran, dans un enclos", fut reprise vers 1877 par Jeanne Lijour, épouse de Jean Aubin, dite "la Jeanne des Parcs" (arrière grand-mère de Pierre Aubin et originaire d'Auray), qui surveillait ses parcs depuis la petite guérite en pierres dont on a pu relever les vestiges sur l'îlot "Petite Roche". Jeanne Aubin tenait ces parcs pour le compte du comte de Tournemine (tradition orale et cité par A. Loraine), qui y élevait de petites huîtres (avec peu de succès). Les premières traces écrites de concessions ostréicoles légales dans la baie de L'Arguenon, sur le territoire maritime de Saint-Jacut, datent de l'année 1884. A cette date, une première concession fut accordée à Alphonse Martin, ostréiculteur originaire du Morbihan, entre les îlots de Grande Roche et de Petite Roche (AD 22, S Suppl. 179). Ce dernier demanda à l'administration l'autorisation de faire construire un abri sur Grande Roche, de restaurer et d'agrandir la cabane de Petite Roche, pour surveiller ses parcs, ce qui lui fut refusé. La présence d'une cabane à Petite Roche tend à prouver que des parcs ont pu exister antérieurement autour de cet îlot dans cette 2ème moitié du 19ème siècle. En 1870, les huîtrières sauvages au large de Saint-Cast et de St-Jacut étaient déjà épuisées. Vers 1890, selon l'abbé Juhel, le naissain d'huîtres était recueilli en rivière d'Auray et transporté à Saint-Jacut pour ensemencer les parcs d'élevage. L'élevage dans ces conditions pouvait commencer : les huîtres étaient commercialisées au bout de 3/4 ans de grossissement. Cependant, ces premiers parcs furent abandonnés vers 1930 à cause d'une épizootie qui ravagea les huîtres. L'histoire de l'ostréiculture et de la mytiliculture naissante se poursuit plus tard à partir de 1951, lorsque Louis Bastard, fils de Marie Gicquel (mareyeuse à St-Jacut) descendant par filiation de "Jeanne des Parcs" (Jeanne Aubin), reprit et remit en état les anciennes concessions ostréicoles dans la baie de l'Arguenon pour introduire des naissains d'huîtres japonaises. Il obtint ensuite en 1957 de nouvelles concessions dans la baie pour planter des lignes de bouchots (103 m de long par ligne), en s'associant à Léon Batard du Guildo (originaire de Charron). D'autres marins de St-Jacut obtinrent à la même époque des concessions mytilicoles dans la baie de l'Arguenon : Armand Paitry, Henri Collet., En 1961, l'activité mytilicole était en pleine expansion, le système du clayonnage était progressivement remplacé par des filets sur pieux. Louis Bastard poursuivit son entreprise familiale avec son épouse vietnamienne Lety-Louarn et fit construire sur le boulevard de la Banche un hangar et un bassin d'épuration et de stockage pour les coquillages. Cette double activité conchylicole allait se développer grâce à l'ingéniosité dont fit preuve Louis Bastard (né en 1905) pour parfaire ses techniques d'élevage (sur pieux pour les moules et sur tables, dans des poches pour les huîtres). Il utilisa la semence, dont il était dans un premier temps le seul détenteur dans le secteur. Ses parcs à huîtres étaient situés entre Grande Roche et Petite Roche. Les parcs découvrant moins souvent, situés plus au nord, fournissaient des huîtres plus friables. Alors que les parcs de Petite Roche, découvrant tous les jours, permettaient d'élever une huître dont la coquille était plus dure, car on peut venir la travailler plus souvent. La navigation sur les parcs se faisait à cette époque, à l'aide de doris puis de pinasses importées de Charente. On utilisait aussi des camions à marée basse. Le naissain était disposé sur des coquillages Saint-Jacques ou des tubes qui servaient de collecteurs. Les bouchots étaient situés dans toute la baie de l'Arguenon. Louis Bastard y rajouta par la suite un élevage de palourdes et de bigorneaux. En 1963, l'hiver très froid fit disparaître les "minards" (pieuvres), grands prédateurs de moules. En 1978-80, une nouvelle épidémie sévit sur les bouchots. En 1990, Madame Lety-Louarn, divorcée de Louis Bastard, qui avait repris l'activité de son époux, vendit ses parcs à Madame Roy, soit 2 ha autour de Grande Roche. Aujourd'hui l'activité conchylicole est représentée dans la baie de l'Arguenon par 10 exploitants qui gèrent 40 km de bouchots, soit environ 7 hectares et produisent environ 1000 tonnes de moules et 300 tonnes d'huîtres creuses (témoignages de Louis Bastard, Pierre Aubin, Jean-François Carré et Simone Roy).

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Principale : 1ère moitié 20e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle

Les premiers bouchots à moules sont des poteaux disposés en rangs serrés sur des longueurs variables d'une centaine de mètres, les pieux espacés d'environ 0, 50 m sur une hauteur de 2 mètres. Les premiers clayonnages ont disparu. Les parcs à huîtres sur tables ont remplacé les anciens enclos (élevage au sol en extensif) et couvrent plusieurs hectares.

États conservations désaffecté
Statut de la propriété propriété de l'Etat
propriété privée

Annexes

  • 20082206112NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S Suppl. 179.

    20082206111NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S Suppl. 179.

    20082206110NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S Suppl. 179.

    20082206114NUCB : Collection particulière

    20082206113NUCB : Collection particulière

    20082206115NUCB : Collection particulière

    20082206118NUCB : Collection particulière

    20082206117NUCB : Collection particulière

    20082206116NUCB : Collection particulière

    20082206119NUCB : Collection particulière

    20082206122NUCB : Collection particulière

    20082206121NUCB : Collection particulière

    20082206120NUCB : Collection particulière

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série S Suppl. 179. Concession ostréicole accordée à Alphonse Martin, 1884.

Bibliographie
  • AUBIN, Pierre. Témoignage oral sur les pêcheries et l'histoire de la conchyliculture. Saint-Jacut : Guy Prigent, 24 janvier 2008.

    Témoignage oral
Documents audio
  • BASTARD, Louis. Témoignage oral sur l'histoire conchylicole de St-Jacut-de-la-Mer. St-Jacut-de-la-Mer : 25 janvier 2008.

    Témoignage oral