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Exploitation conchylicole, Min-ar-Goas ; Pors Guyon (Lanmodez)

Dossier IA22013950 réalisé en 2008

Fiche

Dénominations installation aquicole
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Lézardrieux
Adresse Commune : Lanmodez
Lieu-dit : Min-ar-Goas Pors Guyon

La première demande de concession ostréicole pour un dépôt d'huîtres sur le Domaine Public Maritime de Lanmodez est daté de 1844, sur la proposition de Yves Corlouer. Cette demande lui sera refusée avec l'argument suivant de l'Administration maritime : 'les habitants de Lanmodez, tous cultivateurs, ont besoin du goémon, qui représente leur seule ressource marine, pour engraisser leurs terres. La privatisation de leur estran serait préjudiciable à l'économie agricole locale'. Il faudra attendre l'année 1938 pour qu'une famille d'ostréiculteurs, Rouzic, originaire du Morbihan, s'installe à Lanmodez pour y installer des parcs à huîtres à l'embouchure de la baie de Pommelin et de l'estuaire du Trieux et construise un premier bâtiment et des bassins submersibles à Pors Guyon. Cette première installation était le résultat d'une négociation entre un armateur au cabotage, le commandant Charles Henry, de Lanmodez, avec un ostréiculteur du Morbihan, pour démarrer un élevage d'huîtres plates sur le territoire maritime. Charles Henry était convaincu que le site de Lanmodez proposait des conditions d'exploitation aussi favorables que les rias du Morbihan, avec un estuaire tout proche. Cette exploitation conchylicole s'est développée de façon artisanale jusqu'en 1980, avec des installations relativement légères. En 1980, est créée la première zone artisanale conchylicole en Côtes-d'Armor, au lieu dit Min-ar-Goas sur la commune de Lanmodez, avec plusieurs entreprises conchylicoles, dont Le Rouzes, premier ostréiculteur originaire d'une famille rurale du canton (Pleudaniel). La commune a préempté un terrain privé agricole pour favoriser cette installation et réalisé les aménagements nécessaires. Cette zone a longtemps cohabité avec un gite d'étape et une école de voile. La zone artisanale maritime s'est fortement développée depuis cette date et regroupe aujourd'hui plusieurs professionnels. Leurs parcs sont situés autour de l'archipel de Bréhat, l'Île Coa, l'île Maudez et la baie de Paimpol. Des dépôts ont aussi été aménagés sur le bord de côte, avec des concessions sur la grève de Bonne Nouvelle et en limite de la zone de mouillage pour la plaisance de Beg Mélard.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 2e quart 20e siècle
Principale : 4e quart 20e siècle

De nombreux bâtiments et des bassins à terre sont aménagés dans la zone artisanale, qui couvre environ 1 ha 5 sur le site de Min-ar-Goas. Ces installations, en bord de côte jouxtent des habitations patrticulières et s'insèrent dans un tissu rural agricole de qualité. Des dépôts d'huîtres sont aménagés sur des concessions sur l'estran proche de la zone. L'ostréiculture de Pors Guyon fonctionne à plus petite échelle avec un seul ostréiculteur sur un terrain privé, avec un bassin à terre et quelques bassins sur l'estran.

Statut de la propriété propriété publique
propriété privée

Annexes

  • Synthèse du témoignage de Alain et Simone Rouzic

    La famille Rouzic est originaire de la Trinité-sur-Mer dans le Morbihan. Louis Rouzic, père de Alain Rouzic et Alphonse Rouzic étaient ostréiculteurs dans la rivière.

    À la fin des années 1930, Alphonse et Joseph Rouzic font la connaissance d'un capitaine armateur de Lanmodez Charles Henry et de son matelot Libouban, qui font régulièrement escale dans les rias du Morbihan, pour leur commerce, avec le caboteur 'Eglantine'. Charles Henri remarque la similitude des ces estuaires favorables à la culture des huîtres, comparables aux rivières du Trieux et de Tréguier. Il propose à Alphonse Rouzic de former son fils Charles et de l'associer à Louis Rouzic, afin de prendre des concessions dans le Trégor et de démarrer un élevage d'huîtres plates (Belon), à partir du naissain capté dans la rivière Sainte Hélène (Morbihan). Les frères Rouzic s'installent en 1938 et la seconde génération quelques années plus tard, juste après guerre. Les premières concessions font une surface d'environ 30 hectares au milieu de la baie de Pommelin, sur un fond sablonneux. Louis Rouzic engage Ernest Libouban pour le seconder sur ses parcs. Ce dernier fera ensuite souche avec ses quatre filles à la Roche Noire, sur l'estuaire du Trieux. Alors que Charles Henri (fils) s'installe à la roche Jaune en rivière de Tréguier. Ce son ses descendants qui aujourd'hui gèrent l'ostréiculture de la Roche Jaune (Percevault).

    Simone Rouzic, née en 1924, près de Vannes fait la connaissance de Louis Rouzic à Pors Pesket, où vit la famille Rouzic, près d'un site d'élevage de turbots, dans la rivière de Crac'h. Elle épouse Louis Rouzic en 1947, et découvre le travail des huîtres sur les tuiles chaulées pour le captage du naissain. Cet apprentissage va durer plusieurs années de 1947 à 1951 avant que Les jeunes époux ne s'installent définitivement à Lanmodez. Louis Rouzic avait déjà commencé l'élevage avec son père dans la baie de Pommelin sur des parcs où l'huître était semée sur le sol. Une simple plate en bois manœuvrée à la godille permettait de rejoindre ces parcs et de circuler ensuite à marée basse avec des sabots-planches (pour éviter d'écraser la 'criblure', le naissain. Des fagots étaient utilisés pour protéger les parcs de la houle et une sorte de grillage était installée pour se préserver des crabes et autres prédateurs communes de l'huîtres (les algues vertes, les dorades, les bigorneaux perceurs, les pieuvres). En 1950, sont construits les premiers bassins et la digue de Pors Guyon. Louis Rouzic construit lui même son atelier et sa maison avec des briques confectionnées à partir du sable et des galets provenant de gisements proches (Île Blanche).

    Le maërl était régulièrement utilisé pour 'durcir' le sol des parcs. Le naissain était semé et enlevé à la fourche avant l'apparition des premières dragues au début des années 1960. En 1962, Louis Rouzic investit dans un premier bateau équipé d'une drague et d'un mât de charge le 'Zant Maudez', construit chez Roland à Primel. Cependant en 1966, le père Rouzic décède. Son épouse doit gérer seule l'entreprise au moment de la crise de la Belon en 1968.

    Son fils Alain viendra l'épauler en 1974. Il fait construire un premier chaland en bois de 12 mètres, motorisé, dans un chantier naval de Saint-Philibert et se lance dans la production de 'gigas' japonaises sur des surfaces plus petites (19 ha). L'huître plate subit à cette époque des épidémies successives. Son élevage sera progressivement abandonné. Cependant, la culture de l'huître japonaise s'avère mieux adapté hors sol, sur des tables, enveloppées dans des poches, comme le font déjà les ostréiculteurs du Morbihan. Alain adopte cette nouvelle technique de façon autodidacte et expérimentale. Il fabrique lui même ses tables en fer et ses poches. Dans le même temps, il cède 13 ha de ses concessions à Renée Libouban et ses sœurs. Aujourd'hui il exploite seulement 5 hectares avec sa femme. Ses concessions bordent le chenal Sud-Ouest de la baie de Pommelin. Simone a pris une retraite bien méritée.

  • 20082213944NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, 9 M.

    20102209271NUCB : Collection particulière

    20082213901NUCB : Collection particulière

Références documentaires

Documents figurés
  • Archives départementales des Côtes-d'Armor. 9 M. Plan pour une demande de concession ostréicole sur Lanmodez, 1844.

Bibliographie
  • GUILLET, Jacques ; GUILLET, Ronan. L'ostréiculture de 1850 à nos jours. Spézet : Coop Breizh, 2008.

    p.
Documents audio
  • ROUZIC, Simone, ROUZIC, Alain. Témoignage oral sur l'histoire de l'ostréiculture à Lanmodez. Lanmodez, 16 septembre 2009.

    Témoignage oral