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Ensemble fortifié (Ouessant)

Dossier IA29001747 inclus dans Capitainerie des Iles : ensemble fortifié (Ouessant) réalisé en 2004

Fiche

Á rapprocher de

Œuvres contenues

Parties constituantes non étudiéesphare, ensemble du génie civil, port, quai, fort, redoute, batterie, blockhaus, abri, corps de garde, ensemble fortifié, casemate, mégalithe, édifice logistique, caserne, magasin
Dénominationsensemble fortifié
Aire d'étude et cantonParc Naturel Régional d'Armorique - Saint-Renan
AdresseCommune : Ouessant
Période(s)Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Statut de la propriétépropriété publique
propriété privée
Intérêt de l'œuvrevestiges de guerre, site archéologique, intérêt botanique, à signaler, à étudier

Annexes

  • LE POURHIET-SALAT Nicole, La défense des îles bretonnes de l´Atlantique, des origines à 1860. Vincennes, Service Historique de la Marine, 1983, 2 vol. : XLV-375 p. XXV pl.

    Archipel d´Ouessant

    "L´extrémité occidentale de la Bretagne a toujours été une des zones d´atterrissage les plus fréquentées d´Europe. Cette côte est précédée par deux groupes de dangers : au Nord, l´archipel d´Ouessant dont l´île d´Ouessant constitue la limite Ouest à 12 milles de la pointe Saint-Mathieu ; au Sud, la chaussée de Sein dont l´extrémité occidentale est aujourd´hui matérialisée par le phare d´Ar Men. Entre eux, s´ouvrent la rade de Brest - abri sûr pour les navires de tous tonnages - et la baie de Douarnenez. Les navires venant de la Manche et se dirigeant vers l´Atlantique Sud ont deux possibilités : passer au large d´Ouessant et de Sein ou passer à terre de ces dangers en empruntant le chenal du Four dans la partie Nord et le raz de Sein dans la partie Sud et pouvoir alors accéder aux ports. Les navires en provenance de l´Atlantique Sud, d´Amérique centrale, des Antilles ou des Etats-Unis peuvent atterrir sur Ouessant. Au Sud de cette île, les principales zones d´atterrissage intéressant les navires au long cours sont celles de Sein, de Belle-île et de l´île d´Yeu.

    L´archipel d´Ouessant est constitué d´un ensemble d´îles dont les plus importantes sont, à partir de la pointe Saint-Mathieu, Béniguet, Quéménés, Trielen, Molène, Balanec, Bannec et enfin Ouessant. A ces îles, il faut ajouter une infinité d´îlots, hauts fonds, récifs, parties émergentes d´un vaste plateau sous-marin, limité à l´Ouest par Ouessant et au sud par la chaussée des Pierres Noires. Cette ligne de rochers, matérialisée par un phare du même nom, constitue la limite Nord de la mer d´Iroise où s´ouvre la rade de Brest et la baie de Douarnenez. Cet archipel ne ménage, entre les îlots et récifs, que d´étroits passages peu profonds hérissés d´écueils et réservés à la navigation locale. Par contre au Nord, le chenal du Four permet de communiquer avec l´Iroise en longeant le continent : malgré son étroitesse, il peut être emprunté par tous les navires car les courants suivent la direction du chenal ; les récifs des Plâtresses le séparent du chenal de la Helle, autre passage permettant d´accéder à l´Iroise en évitant les dangers de l´archipel [...]".

    Ouessant

    "Longue de 8 kilomètres du Sud-ouest au Nord-est, large de 4 kilomètres, l´île présente un plateau culminant à 65 mètres de la pointe de Bachaol au Nord-est. Elle est constituée de deux bandes granitiques orientée Nord-est Sud-ouest reliées par une partie centrale en micaschiste qui, moins résistantes, a été profondément entaillée à ses deux extrémités en deux baies : au Sud la baie de Lampaul et au Nord la baie du Stiff. Le relief de l´île, régulier, plonge vers l´Ouest où la pointe de Pern est pratiquement au niveau de la mer et s´élève vers l´Est où culminent les falaises du Stiff. Deux petits cours d´eau, le Stang ar Merdy et le Stang ar Porz Gwen, ont creusé des vallons où poussent les seuls arbres de l´île. Ailleurs règnent la lande courte et les ajoncs. Une butte s´élève au centre de l´île à 42 mètres, la croix Saint-Michel, où fut construit au début du siècle, un vaste réduit. L´exploration systématique des côtes de l´île nous a permis de retrouver les ouvrages de fortifications ou du moins leurs traces sous la végétation".

    La baie de Porspaul (de la ponte de Pern, au Nord, à la pointe de Pen ar Viler, au Sud)

    "Largement ouverte à la houle de Sud-ouest à Nord-ouest qui entre librement jusqu'au fond de la baie, ce mouillage ne peut être utilisé que par beau temps : il est intenable par coup de vent de Sud-ouest au Nord-ouest. Son accès est délicat car les deux pointes qui l´enserrent se prolongent par des chaussées sous-marines créant des courants, notamment autour de la Jument au Sud, qui peuvent interdire l´entrée de la baie. En son milieu, s´élève le rocher de Corce à 34 mètres. Le petit port de Porzpaul s´abrite au fond de la baie dans une petite anse, débouché d´un des cours d´eau de l´île ; cette anse a été en partie fermée par un môle d´un côté et par une jetée de l´autre, ménageant ainsi un abri contre la houle : le port assèche tout entier à la mi-marée et les bateaux doivent mouiller plus en avant dans la baie où des corps morts sont installés.

    La rive de cette baie présente un relief plat, formé d´une série d´aod (grèves) ; les travaux allemands masquent les batteries signalées dans les mémoires du 18e siècle au niveau de Beg Lan ar Groas. Un blockhaus occupe la rive droite du Porz ar Feunten dont le fond est barrée d´un retranchement en maçonnerie en arrière duquel s´abrite une fontaine. Une batterie en fer à cheval (en gazon), à demi effacée, se distingue encore sur Beg ar Roget, pointe gauche de Porz ar Feunten. La côte s´élève ensuite régulièrement jusqu´au Porz Goret, petit port naturel circulaire : sur le sommet de la rive droite, parmi les ajoncs, subsistent les ruines de la chapelle Saint-Guénolé ; la côte connaît à ce niveau une brusque cassure et se prolonge par une langue de terre terminée par une butte rocheuse, isolant le Porz Goret de la mer : une batterie en terre, élevée sur le côté intérieur, protégeait le mouillage réservé à des barques, vu le peu de profondeur d´eau. La rive gauche est basse et bordée de retranchements en terre. La pointe de Pen ar Viler présente un site retranché en forme de fer à cheval avec tranchée de communication et, en arrière un blockhaus camouflé sous un appareillage de granit : ces anciens ouvrages du Mur de l´Atlantique se sont greffés sur d´anciennes installations dont le but devait être de croiser des feux avec la pointe de Pern pour garder l´entrée de la baie plutôt que de tirer sur la mer, véritable champ de récifs à cet endroit.

    La rive Nord de la baie de Lampaul présente un relief différent, une côte entaillée d´anses parallèles et creusés de grotte à ciel ouvert, les "bougeou" où quelques barques peuvent trouver abri. Nous n´y avons relevé aucune trace de batterie. En arrière de l´anse de Roch Krom, un réduit daté de 1862 "réduit de Loqueltas" - est à demi enfoncé dans le sol : de grands travaux d´excavation ont été nécessaires pour l´abriter des coups venant de la mer par un vaste terre-plein terminé par un parapet comportant des plate-formes d´artillerie. La pointe de Pern, très basse, constitue la limite Nord de la baie de Lampaul : pour en défendre l´accès, une batterie en fer à cheval, en gazonnage, construite au ras des flots, en avant des installations de la sirène de brume".

    La côte Nord-ouest (de la pointe de Pern à la pointe de Cadoran)

    "Le chaos rocheux, aux formes fantastiques, de la pointe de Pern se poursuit et dresse d´étrange statues jusqu´à la pointe du Créach, en arrière de laquelle s´élève le phare. Cette pointe, au pourtour tourmenté, est truffée de travaux de défense du Mur de l´Atlantique qu´on retrouve plus loin, sur la rive droite de Poulbridic à la batterie d´Otmeur.

    La côte se continue précédée d´une chaîne de hauts fonds qui la rendent inaccessible : pourtant une batterie, en gazonnage, située sur le côté gauche de la pointe de Beg Piniglou reste visible ; elle devait protéger le petit mouillage de Yusin. Les indentations se multiplient sur ce littoral où se déchaîne la "haute mer". Un retranchement en terre suit la côte jusqu´à une fontaine qu´il contourne Port Kinzy).

    L´îlot de Keller laisse un passage côté terre par lequel on entre directement dans la baie de Beninou : celle-ci offre un mouillage sur fond de roche par 20 mètres de fond, abrité des vents d´Est, Sud et Sud-ouest, mais absolument découvert pour toutes les autres directions. La tenue y est mauvaise et l´accès difficile à cause des courants, surtout par le passage au Nord de la pointe du Cadoran. Sur la pointe de Pen ar Rumeur qui limite à l´Ouest cette baie, il est difficile de déceler des traces d´occupations anciennes, car le site a été totalement bouleversé par les travaux allemands : à l´extrémité de la pointe, une levée de terre peut-être une ancienne batterie et, en arrière, un blockhaus camouflé par un appareillage de granit, et des tranchées. Au fond de la baie, au niveau de Stang Meur, se trouve le réduit de Galgrach : en avant, le terrain a été bouleversé et un grand remblai, créé avec le produit de l´excavation, protège le réduit des coups venant de la mer.

    La côte s´élève progressivement jusqu´à la pointe de Cadoran où se dressent des falaises abruptes, découpées en arches, ponts naturels, détachées en îlots et culminant à 34 mètres. Contrastant avec ce pourtour déchiqueté, un immense terre-plein naturel formant une vaste esplanade en gazon a valu à cet endroit le nom de "jeu de boules des païens" ; à son extrémité Est, une levée en terre, en forme de fer à cheval, portait des canons protégeant l´accès à la baie de Beninou".

    La côte Est (de la pointe de Cadoran à la pointe de Pen ar Land)

    "Les falaises se poursuivent de plus en plus élevées, inaccessibles, ceinturées de sombres îlots jusqu´à la pointe de Bachaol (54 mètres) où se dressent le phare du Stiff. A l´extrémité de cette pointe, de nombreuses installations défensives de la dernière guerre ont masqué les ouvrages primitifs.

    La baie du Stiff s´étend entre la pointe de Bachaol et la pointe de Pen ar Land : cette dernière se prolonge par une chaussée sous-marine dont il faut éviter les dangers pour pénétrer dans la baie ; celle-ci, bien abritée des vents du Sud au Nord-ouest, est intenable par gros temps de Nord-est Nord-ouest. C´est un mouillage médiocre par fond de sable où les ancres tiennent mal.

    Au niveau de l´anse de Ligidou a été construite la cale du Stiff abritée par une jetée : la pointe de Lostlogod la sépare de la petite baie de Poull Fern également bien abritée. A l´extrémité de cette étroite pointe, on distingue une batterie en terre et un retranchement couronne l´escarpement dominant la cale. Des falaises escarpées bordent cette baie sur tout son pourtour où nous n´avons relevé aucune installation défensive.

    La côte Sud-est (de la pointe de Pen ar Land à la pointe de Feunten Velen)

    La pointe de Pen ar Land s´élève à 32 mètres et aucun travaux de fortification n´y sont visibles : il faut dire qu´elle domine un paysage impressionnant de récifs et d´îlots s´étendant jusqu´au continent et justifiant l´expression si souvent employé à propos du Fromveur "mer affreuse". Au pédoncule de cette pointe, les ruines d´un édifice quadrangulaire, entouré d´un profond fossé, sont attribués au château des Rieux. La côte qui borde le Fromveur est élevée et entaillée de "porz", petites anses formant mouillages forains.

    Le Porz Arland, estuaire d´un petit cours d´eau, s´enfonce assez profondément à l´abri des falaises : son avantage principale réside dans le fait qu´il est facilement accessible à un bateau venant du continent qui, ainsi, peut éviter de doubler les pointes d´Ouessant : abrité des vents du Nord, Nord-ouest mais directement exposé à ceux du Sud, Sud-ouest, il présente un mouillage agité car s´ouvrant directement sur le Fromveur ce qui nécessita son aménagement (une cale et une jetée construites en 1870). Sur la rive gauche, une ancienne batterie en terre a été utilisée lors du Mur de l´Atlantique.

    Sur les pointes séparant les porz les uns des autres, étaient signalées des batteries : aujourd´hui, nous n´en n´avons trouvé la trace ni sur Trebechou, ni sur Veilgoz ; il faut bien remarquer que ces escarpements, à pic sur le Fromveur, ne paraissent pas favorables à un débarquement ! Le Porz Gwen forme une anse assez considérable pour qu´on est jugé bon de la fortifier et d´en protéger l´accès : sur la pointe de Roch Charo qui la borde à l´Est, une grande batterie en terre, avec à la gorge des bâtiments en ruines, domine le mouillage.

    La baie de Pen ar Roch, située à l´abri de la pointe du même nom, est en dehors des courants du Fromveur mais ouverte aux vents ; cependant, des navires peuvent y mouiller pour attendre la renverse des courants : une cale a été construite mais aucune trace de fortification n´est visible à part un blockhaus.

    Nous terminerons la description des côtes ouessantines par la pointe de Feunten Velen dont nous avons déjà étudié la face dominant la baie de Lampaul. Elle aligne de ce côté des falaises qui s´abaissent progressivement à mesure qu´on s´approche de l´extrémité de la pointe : aucune fortification n´y subsiste.

    L´archipel d´Ouessant est essentiellement inhospitalier en raison des roches affleurantes, des courants et des formations de brume, même à la belle saison. En cas de mauvais temps, les abris y sont rares et peu sûrs : la nature a cependant bien fait les choses à Ouessant où les deux grandes baies du Stiff et de Lampaul sont diamétralement opposées, de sorte que si l´une est exposée à la houle et au ressac, l´autre reste à peu près praticable. La liste des naufrages, très impressionnantes, dépasse celle de la chaussée de Sein. Ces parages de mauvaises réputations se doublent aujourd´hui sans problème, grâce au puissant phare du Créach, mais restent toujours dangereux pour les voiliers".

  • 19862901686X : Archives Départementales, Finistère

    19862901687X : Archives Départementales, Finistère

    19862901685X : Archives Départementales, Finistère

    20062904328NUCA : Archives Départementales, Finistère

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Références documentaires

Bibliographie
  • PERON (F.), Ouessant, l´île Sentinelle, Brest - Paris, éditions de la Cité, 1985, 446 p.

(c) Inventaire général (c) Inventaire général ; (c) Association Pour l'Inventaire de Bretagne - Lécuillier Guillaume