Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Ensemble fortifié du Port-Blanc (Penvénan)

Dossier IA22012601 réalisé en 2008

Fiche

Œuvres contenues

Dénominations ensemble fortifié
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Tréguier
Adresse Commune : Penvénan
Lieu-dit : Port-Blanc
Cadastre : 1834 E 08 et 09

Le havre du Port-Blanc a été fortifié et surveillé depuis le 15ème siècle, suite aux attaques anglaises. Le premier corps de garde a été édifié au début du 18ème siècle. La chapelle de Port-Blanc était à l'origine une ancienne tour de guet. Le Port Blanc serait le 'port heureux, le port du salut', dans une interprétation positive, mais c'est aussi au Port-Blanc que pendant tout le Moyen-Âge, prenaient pied les invasions. C'est la raison pour laquelle se concentrait sur ce point de la côte la vigilance des compagnies du guet. Ce havre sut néanmoins assurer le salut d'un équipage fuyant la tempête ou les bâtiments ennemis, comme l'affirme ce rapport de 1744 ce port a absolument besoin d'une batterie de canons, étant un refuge ordinaire pour nos bâtiments marchands quand ils se trouvent attaqués par nos ennemys dans ce parage. Au pied de la Sentinelle, on peut remarquer une ancienne poudrière, et à son sommet, une petite guérite, qui en a remplacé un édifice plus ancien, servant de poste d'observation. L'ancienne guérite s'appelait sur la carte marine 'Karreg ar Santinel' (Roche de la Vigie'). Elle a été transformée en oratoire au début du 20ème siècle. 'Karreg la laer' est la 'Roche du Voleur', où est établi l'ancienne batterie du 18ème siècle. La première guérite a été démolie au moment de la vente du rocher qui servit pendant quelque temps de carrière. A la suite de nombreuses protestations, la destruction fut interrompue. Vers 1930, l'édifice actuel fut reconstruit à l'initiative de Théodore Botrel avec une toiture en ciment. Il y ajouta deux statues : Saint Tugdual et Notre-Dame-de-la-Mer. Cet oratoire est appelé aujourd'hui 'l'oratoire de la Sentinelle'. L'ancien corps ou poste de garde a été transformé au cours du 20ème siècle en garage. Sur le pignon Est, on peut identifier les armes de la famille Plusquellec, seigneur de Kergasdel en Penvénan (d'argent à 3 chevrons de gueules), qui fit construire ce bâtiment à l'endroit de la place d'armes. Cette famille occupait déjà la seigneurie de Kergastel au 15ème siècle. En 1562, Roland de Plusquellec est compris au nombre des gentilshommes envoyés à la garde du Port-Blanc. Le 'fort' du Port Blanc a été construit pour protéger la côte des attaques maritimes. En effet, Vauban (1633-1707) est maréchal de France et commissaire général des fortifications, jusqu'à ce que sa critique de la politique de Louis XIV ne le mette en disgrâce. Il installe des défenses notamment aux Sept-îles ainsi qu'au Rocher du Voleur en 1694. La batterie d'origine comprenait 4 pièces de 36, une pièce de 18 et une pièce de 8, avec un signal. Le signal était en relation avec celui de Plougrescant à l'Est et celui de Perros-Guirec à l'Ouest. En 1794, seules subsistent deux batteries avec une seule pièce de 18 chacune.

Période(s) Principale : 1er quart 19e siècle

Des vestiges défensifs, répartis autour de la baie, témoignent de ces époques troublées : murailles rudimentaires et difficilement datables de l'Île du Château, poste de guet sur le rocher de la Sentinelle, corps de garde du 15ème siècle, soubassement d'une ancienne batterie et enfin une tour de guet datée du 12ème siècle, située juste en face de l'entrée de la passe, noyau de l'harmonieuse chapelle du Port-Blanc. En effet, l'étude architecturale de la chapelle montre que la vocation de son emplacement (point culminant du Port-Blanc) n'est pas cultuel mais militaire. L'architecture extérieure de la chapelle présente une meurtrière sur le contrefort et une ancienne ouverture (fenêtre trilobée) condamnée par la présence ces bas-côtés, en remplacement d'une fenêtre plus ancienne, située dans le grenier de la sacristie (au premier étage de la tour de garde, datée du 12ème siècle). Dans la sacristie se trouve une fenêtre située juste en face de la passe du Port-Blanc. Un canon devait y être installé en correspondance avec ceux de l'Île du Château. A la fin du 15ème siècle ou au début du 16ème siècle, cet ensemble militaire fut transformé en chapelle par la construction de la nef et des bas-côtés. La passe du Port-Blanc, selon la tradition orale, était défendue par une chaîne que l'on tendait d'un îlot à l'autre (rocher de l'Evêque). Une poudrière se trouvait dans le petit chemin descendant de la chapelle vers l'habitation de la famille Croguenec. L'édifice primitif de la première guérite (au niveau de l'oratoire actuel) était construit entièrement en pierres, dont la couverture. La cellule actuelle de forme rectangulaire mesure environ 1, 20 mètre de côté. Elle dispose d'une ouverture en plein cintre et de lucarnes rondes. L'ancien corps de garde, de plan rectangulaire, montre une ancienne ouverture murée et une meurtrière côté mer. De nouvelles ouvertures ont été percées récemment au Sud et à l'Est. La couverture est en dalles d'ardoises très épaisses. La maçonnerie est en gros appareil irrégulier de granite gris. Le bâtiment mesure 6 mètres de largeurs sur 7, 70 mètres de longueur. Les vestiges du fort du Port-Blanc sont situés sur le rocher de Roc'h Troël. Ils occupent une surface de 80 mètres carrés, soit 20 mètres de longueur sur 4 mètres de largeur.

Murs pierre
granite
ciment
moellon
États conservations remanié
Techniques maçonnerie

L'ensemble défensif de Port-Blanc est à étudier et à signaler pour son intérêt historique.

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler

Annexes

  • Le Corps de garde du Port-Blanc au 18ème siècle

    Sources : Arch. nat. Mar. D222, description du Chevalier Mazin du 30-12-1756.

    Le principal port de la paroisse de Penvenan est protégé par cette batterie, située sur une éminence derrière un grand rocher qui luy empesche la vue de la mer. Il y a deux pièces de canons chacune de 12, une guérite sur le rocher au-dessous du corps de garde. ce corps de garde est desservy par les paroisses de Penvenan, Trévou et Camlez.

    Au Port-Blanc, la batterie est armée en 1756 d'une pièce de 12 et de deux de 18. Elle est destinée à la protection de tous les navires et barques qui se retirent sous son feu, et empêche les corsaires ennemis de pouvoir leur nuire. Ce dispositif est complété par un corps de garde et un magasin à poudre situés plus haut. La situation est identique en 1762.

    Batterie de Port-Blanc (n° 40), avec un pavillon

    Cette batterie de deux pièces de 36 et d'une pièce de 18 semble être en bon état. Pourtant l'amiral Cornic la juge mal conçue sur deux points : elle déffendroit mieux la rade si elle étoit placée plus près du corps de garde attendu que par sa direction en ligne directe avec le mouillage de nos bâtiments, elle ne peut tirer sur les frégattes ennemies qui seroient à l'ouverture du port qu'en endomageant les nôtres réfugiés dans cette rade. De plus, elle se trouve sy adossée à un gros rocher que le service d'un des canons ne peut se faire qu'avec la plus grande difficulté, outre que les éclats de ce rocher par les boulets de l'ennemi peuvent détruire les canonniers à leur poste. Il faudroit rétablir les retranchements qui se trouvent à portée du Port-Blanc.

  • Désignation des garde-côtes de la paroisse de Penvenan 1779-1790

    Archives Départementales des Côtes-d'Armor, 20G 287.

    Date/Port-Blanc/Buguélès

    03-01-1779 : Le Flem Jean/Guiziou Jean

    01-02-1780 : Olivier Joseph/Urvoas Gilles

    30-12-1780 : Le Saint François/Ollivier Laurent, fils

    06-01-1782 : homas Nicolas/Guiomar Yves

    05-01-1783 : Minon Jean/Lhorset Tugdual

    04-01-1784 : Ollivier Joseph/Lhorset Tugdual

    91-01-1786 : Le Bian Charles/e Guen Jean, fils

    06-01-1787 : Minon Jean/Ollivier Laurent

    01-01-1788 : Jarraud Jean/Le Guen Jean, fils

    04-01-1789 : Le Flem Jean, fils/Guelou Jean

    01-01-1790 : Le Montreer Yves/Capdevert Guillaume

    Ces hommes ne sont pas rétribués, comme c'est un bien et un avantage pour les hommes et tout le publique de nostre dite paroisse, il ne seroit absolument pas juste qu'ils exigeoient aucun intérest pour cet effect dont ils sont tenüe de faire ces oppérations gratis & pour leurs assurances. Pourtant, afin de pouvoir le cas échéant faire preuve de leur statut, le commis au greffier du général de laditte paroisse sera obligée de leur délivrer à chacun un extrait de cette présente délibération à celles fin de mettre ledit arrest & règlement en exécution si besoin est.

  • Extrait de la scène 1 de l'acte II de la pièce de Shakespeare 'La tragédie du Roi Richard III

    Traduction, introduction : notes de Grivelet, editions Montaigne, 1965.

    Northumberland : Et bien, voici de Port-Blanc, une baie de Bretagne, j'ai reçu la nouvelle par Harry, duc de Hereford le renseignement que 8 navires de haut bord, armés de 3000 hommes de guerre arrivent ici en toute hâte et comptent aborder avant peu sur notre côte septentrionale.

  • 20082210822NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 4 num 1/38, Numplan 16.

    20082210823NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 4 num 1/38, Numplan 16.

    20082210893NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S Suppl. 253.

    20082210841NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 16 Fi 2776.

    20082210870NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 16 Fi 7018.

    20082210869NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 16 Fi 7016.

    20082210884NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 16 Fi 2776.

Références documentaires

Documents figurés
  • AD Côtes-d'Armor : 4 num 1/38, plans cadastraux parcellaires de 1834.

Bibliographie
  • LEVASSEUR, Olivier. Les usages de la mer dans le Trégor au 18e siècle. Rennes, thèse de 3ème cycle, (CRHISCO UPRES A-CNRS 6040), Centre de Recherches historiques sur les Sociétés et Cultures de l'Ouest, UHB, Rennes 2, juillet 2000.

    p.
  • MAZIN, Charles, Guillaume (de).Etudes des ports, havres, baies, grèves et ruisseaux portant leurs eaux à la mer, Paris, 1756.

Périodiques
  • SALLIER DUPIN (DE), Guy. La mer et la Révolution dans les Côtes-du-Nord. Saint-Brieuc : Les Presses Bretonnes, 1992.

    p. 176-177-178