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Ensemble fortifié de la pointe de Cornouaille (Roscanvel)

Dossier IA29004244 réalisé en 2008

Fiche

Appellationsbatterie de Beaufort, batterie basse, batterie de Cornouaille, tour-réduit, fortin de Cornouaille, batterie de rupture sous roc, batterie haute, poste de lancement de torpilles, batterie antiaérienne de Flak, Marine Küsten Batterie "Ebbstrom"
Parties constituantes non étudiéescorps de garde, position, édifice logistique
Dénominationsensemble fortifié, batterie, tour
Aire d'étude et cantonBretagne - Crozon
AdresseCommune : Roscanvel
Lieu-dit : pointe de Cornouaille
Cadastre : D 737, 738

Le site de la pointe de Cornouaille a été fortifié dès la fin du 17e siècle. La batterie de Beaufort fut construite vers 1666, sur l´ordre du Duc de Beaufort. Elle comprend 2 batteries à 10 et 21 embrasures. Vauban critique son implantation, le bâtiment étant exposé à l´érosion marine (elle sera d´ailleurs reconstruite en 1791). En 1694-95 est alors édifiée la batterie basse ou batterie de Cornouaille, au sud de la précédente, conçue par Vauban dès la décennie précédente, en lien avec la batterie et le fort du Mingant situés en face, sur la rive septentrionale de la rade. La batterie de Beaufort devient alors une annexe de la batterie de Cornouaille et est abandonnée vers 1750. Une batterie haute devait être également édifiée mais le projet fut abandonné faute de crédits à la fin du 17e siècle. Au milieu du 18e siècle, une batterie des Signaux, simple levée de terre, est également édifiée. Elle a aujourd´hui disparu. Une tour-réduit type n° 1 est également construite en 1812-1813 sur le site, 200 m en arrière du trait de côte. Il faudra attendre la fin du 19e siècle pour voir la construction de nouvelles infrastructures pour améliorer le barrage du goulet de Brest, en lien avec la batterie et le fort du Mingant situés en face, sur la rive septentrionale de la rade. En 1888, une batterie de rupture (4 canons M de 47 mm modèle 1885 TR) est édifiée sous le terre-plein de l'ancienne batterie basse (batterie de Cornouaille). Cette dernière n´est alors plus utilisée. La batterie de rupture sous roc est complétée par une batterie haute en 1897 (4 canons M de 100 mm modèle 1881 TR), construite en avant de la tour-réduit, et par un poste de lancement de torpilles, construit à l'est de la batterie de Beaufort, au pied de la falaise, entre 1898 et 1905, qui sera renforcé par les Allemands pendant la Seconde guerre mondiale. Entre 1942 et 1944, les Allemands construisent sur le site une batterie lourde de Flak. En 1944, les ouvrages sont violemment bombardés.

Période(s)Principale : 3e quart 17e siècle
Principale : 4e quart 17e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Principale : 2e quart 20e siècle
Secondaire : 1er quart 19e siècle
Dates1695, daté par source
1888, daté par travaux historiques
1897, daté par travaux historiques
Auteur(s)Auteur : Vauban ingénieur militaire

La batterie de Beaufort est constituée par une terrasse en balcon adossée à la falaise et bordée, vers la mer, d´un parapet en maçonnerie dont il reste des vestiges. A l´extrémité, on trouve également les ruines d´un bâtiment (corps de garde et magasin complètement effondrés). Située à une cinquantaine de mètres à l´ouest de la batterie de Beaufort et à un niveau inférieur de quelques mètres, la batterie de Cornouaille était à l´origine armée de 16 canons de 24 livres de balle, 6 canons de 36 livres de balle et 8 canons de 60 livres de balle, puis réarmée au milieu du 19e siècle (9 canons de 30 livres de balle modèle 1840 sur affût pivotant et 9 obusiers de 22 cm modèle 1827 sur affût de fer pivotant) et à la fin du 19e siècle (4 canons de 47 mm à tir rapide). La tour-réduit type n° 1 (type 1811) est entourée d'un fossé, autrefois accessible par un pont-levis. De plan carré (15,80 m à la base), la tour possède rez-de-chaussée, sous-sol et terrasse avec garde-corps. L´ouvrage, aujourd´hui abandonné, est en mauvaise état et est envahi par la végétation. La batterie de rupture est sous roc, au pied de l´escarpement, à l´extrémité droite de la batterie basse (batterie de Cornouaille). Il s´agit d´un ouvrage établi en abri-caverne qui est conforme au plan-type des batteries de rupture est sous roc, avec accès par escalier et cheminées d´évacuation des gaz de tir. Elle était armée de deux canons M de 32 cm Modèle 1870-1884 sous casemate. La batterie haute était armée de 4 canons de 100 mm Tir Rapide sur affût à pivot central. Elle est constituée d´une plate-forme cimentée de 4 positions de pièces en cuves hémicylindriques à demi-entaillées dans le parapet, de 3 petites traverses avec des niches bétonnées, un magasin à munitions de batterie, un petit local. Le site est aujourd´hui presque entièrement envahi par la végétation. Le poste de lancement pour torpilles a été remanié par les Allemands. Il était donc armé avec des torpilles G7a (ou T1) allemandes propulsées à air comprimé (decalin) modèle 1938. Un tronçon de galerie de 28 m de long est creusé dans la falaise, perpendiculairement à la côte avec, à l´extérieur, une plate-forme bétonnée. Des locaux étaient utilisés comme magasin à torpilles, atelier de préparation de réglage et d´amorçage ou logements du personnel notamment. La batterie antiaérienne de Flak, aujourd´hui fortement détruite, comportait à l´origine 6 canons de 105 mm en cuve. Actuellement, il ne subsiste plus ni équipement ni armement et les positions sont en partie envahies par la végétation.

États conservationsinégal suivant les parties, désaffecté, envahi par la végétation
Statut de la propriétépropriété de l'Etat
Sites de protectionsite classé
Protectionsclassé MH, 2013/04/25

Annexes

  • Ce dossier électronique a été réalisé par l´Observatoire du patrimoine maritime culturel de Bretagne du laboratoire Géomer (UBO) dans le cadre d´une étude thématique régionale sur le patrimoine maritime culturel. Un autre dossier, complémentaire de celui-ci, a été rédigé dans le cadre d´une étude thématique régionale sur les fortifications littorales de Bretagne-nord :

    Voir aussi enquête thématique régionale (fortifications littorales) - 2002 - Guillaume Lecuillier : Batterie de Beaufort :

    Voir aussi enquête thématique régionale (fortifications littorales) - 2005 - Guillaume Lecuillier : Batterie basse (4 canons M de 47 mm modèle 1885 TR) :

    Voir aussi enquête thématique régionale (fortifications littorales) - 2004 - Guillaume Lecuillier, Philippe Truttmann : Batterie basse :

    Voir aussi enquête thématique régionale (fortifications littorales) - 2004 - Guillaume Lecuillier : Tour-modèle n° 1 :

    Voir aussi enquête thématique régionale (fortifications littorales) - 2004 - Guillaume Lecuillier : Batterie de rupture (2 canons M de 32 cm modèle 1870-1884 sur affûts M modèle 1888) :

    Voir aussi enquête thématique régionale (fortifications littorales) - 2005 - Guillaume Lecuillier : Batterie haute (4 canons M de 100 mm modèle 1881 TR) :

    Voir aussi enquête thématique régionale (fortifications littorales) - 2004 - Guillaume Lecuillier : Poste de lancement de torpilles (pour torpille de type G7a modèle 1938 propulsée par air comprimé) :

    Voir aussi enquête thématique régionale (fortifications littorales) - 2003 - Guillaume Lecuillier : Batterie antiaérienne codée M.K.B. "Ebbstrom" (4 canons de 10,5 cm ; 2 canons de 2 cm) (1 / Ma. Fla. 804) : .

  • 20082908489NUC : Archives départementales du Finistère, 2 Fl 238/11.

Références documentaires

Bibliographie
  • TRUTTMANN, Philippe. Architecture miliataire. In La presqu´île de Crozon, L. Calvez (dir. par), Paris : Nouvelle Librairie de France, 1975.

    p. 345-362

Liens web