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Ensemble fortifié codé "Po48", Créac’h Maout (Pleubian)

Dossier IA22133432 réalisé en 2018
Dénominations ensemble fortifié
Aire d'étude et canton Bretagne
Adresse Commune : Pleubian
Lieu-dit : Créac’h Maout

La batterie de Créac’h Maout (Pleubian) au 18e et 19e siècles

Monticule à l’extrémité d’une presqu’île enclavée entre les deux fleuves côtiers, le Trieux à l’est et le Jaudy à l’ouest, à 41 mètres au-dessus du niveau moyen de la mer un observateur à une vue d'ensemble, de la pointe de l'Arcouest à l'est, jusqu'à l'archipel des Sept-Iles à l'ouest. La mer se retire sur 1 km à la basse mer des vives eaux. Les atterrages, soumis à la houle résiduelle en provenance du Ponant sont parsemés d’écueils, ne se prêtent guère à un débarquement.

Une batterie est aménagée sur ce mouvement de terrain, elle est armée d’un canon de 8 sur affût marin pour défendre la grève en contrebas de cette position. Un corps de garde du Génie lui est adjoint ainsi qu’un poste de signalisation optique. Un second corps de garde pour la Douane complète l’infrastructure de ce site.

Les différentes commissions d’inspection l’ont souvent mise sur la sellette, mais cela ne l’empêchera pas de perdurer. Le 20 février 1831, elle figure toujours sur l’état des batteries de côte, il est vrai avec la mention "à supprimer". L’emplacement de batterie et les corps de garde sont rasés entre 1860 et 1862, lors de la construction par la Marine Nationale d’un poste électro-sémaphorique au sommet de la colline de Créac’h Maout.

"Po48", Pleubian - Créac’h Maout

Dans la seconde moitié du 19e siècle, la Marine nationale pour améliorer la surveillance de nos littoraux décide la construction entre Carteret et Concarneau, de quarante quatre postes électro-sémaphoriques, dont douze sur le littoral des Côtes-du-Nord. Dans le cadre de ce programme, un poste est construit entre 1860 et 1862 au sommet de la colline de Créac’h Maout. Il communique avec Brest grâce à la ligne du télégraphe.

A la fin du mois de juin 1940, la Wehrmacht prend possession du sémaphore de Pleubian. Dans un premier temps, le souci de l'occupant est d'amélioré les moyens d'observation et de détection du sémaphore par la mise en place d'un radar de conduite de tir marine, FuSE 65 Wützburg-Riese. Il est servi par des techniciens de la Marine allemande. C’est une des quatre stations de détection maritime utilisées par la batterie lourde à Plounez, près de Paimpol. Ces unités de dépendent de la MAA.262 ou Marine-Artillerie-Abteilung 262 (Commandement du Groupe d'artillerie côtière de Marine 262 à Brest) Pour pallier une déficience technique du radar un observatoire de repérage optique de fortune est érigé dans la contre pente, face à la mer. Il est d'un modèle très peu usité. Sa structure de base est une cuve type OB 600 E, recouverte d'un toit en béton de 60 cm d'épaisseur étayé à l’intérieur par un pilier en béton. Un groupe électrogène fournit l'énergie électrique nécessaire au fonctionnement du radar ; une cuve à eau alimente le circuit de refroidissement de ce moteur thermique.

Au printemps 1942, l'intensification du programme de défense à l'ouest, du parallèle 70° à la frontière espagnole, le sémaphore de Pleubian est qualifié de Stützpunkt (point d'appui) numéro 48 ou Po48 en abrégé. (Po = Pontrieux)

Pour permettre à la garnison du point d'appui Po48 de remplir sa mission de défense du Sillon de Talbert et de la Station Radio de Mer Melen, une dotation en matériel d'artillerie est définie comme suit :

- 1 canon de 5cm KwK ou 5 cm Kampfwagenkanone.

- 1 canon 7,5cm FK 97 (f), appellation allemande du 75 mm Mle 1897.

- 1 canon de 2 cm Flak 38.

- 1 canon français de 47 mm. Sans doute le canon destiné aux signaux de détresse du sémaphore.

Les canons sont installés sous des casemates en béton type 667 pour l'antichar de 5 cm, type 612 pour le canon de campagne de 7,5cm. Ces constructions actives sont complétées par deux petits emplacements de combat et des soutes-abris. Un poste de signalisation optique est construit en face du sémaphore sur la crête militaire. Une galerie de communication entre la carrière et le centre de la position est percée. Des ronces artificielles et des mines entourent la position. Un réseau de tranchées permet la communication entre les différentes constructions.

La garnison peut s'élever à 70 hommes. Elle se compose en plus des techniciens radaristes de la Marine, de la IIIe Section, de la 11ème Compagnie de l’IIIe Bataillon, du 897e Régiment d'Infanterie qui a son Poste de Commandement sur l' Île à Bois.

État des lieux

Les deux casemates pour canon, l’observatoire de repérage et le poste de signalisation optique sont en terrain privé. En 1994, un abri passif a été comblé, un second ainsi que la cuve à eau ont été détruits par les services municipaux. En bordure de l’ancienne carrière le poste de combat muni de plaques de blindage est en mauvais état, conséquence de son utilisation comme réceptacle pour la destruction de munitions.

Période(s) Principale : Temps modernes, 17e siècle, 18e siècle
Secondaire : 19e siècle, 2e quart 20e siècle

Annexes

  • Légende du plan général de l'ensemble fortifié "Po48"

    - 612 : casemate pour canon de défense côtière et terrestre sans locaux annexes (canon de 7,5 cm).

    - 667 : petite casemate pour un canon anti char 5 cm KwK (Kampfwagenkanone).

    - 3 : observatoire dérivé du Bauform Vf600v.

    - 4 : poste de signalisation optique.

    - 5 : emplacement supposé du radar de conduite de tir marine FUSE 65 Würzburg-Riese.

    - 6 : petite cuve à eau détruite lors de l'aménagement du site en 1994.

    - 7 : petit abri pour un groupe électrogène.

    - 8 : poste de combat hexagonal de défense de l'accès terrestre de la position ; les côtés de l’hexagone sont munis de deux modèles de cuirassements qui permettent le tir avec une arme individuelle.

    - 9 : emplacement de combat bétonné pour un binôme, type 58c.

    - 10 : Abri léger détruit lors de l’aménagement du site en 1994.

    - 11 : Abri-soute comblé lors de l’aménagement du site en 1994.

    Nota : Les quatre premiers repères se trouvent dans une propriété privée. Une galerie de communication reliait la carrière au centre la position. Le monument commémore le souvenir des 33 victimes des événements des 05, 06 et 07 août 1944.

  • Emplacement de combat bétonné pour deux hommes de type 58c

    Dimensions hors-tout : L 3,70 m ; l 2,35 m ; h 2,75 m.

    Diamètre du trou d’homme : 0,80 m.

    A l’automne 1942, cet emplacement bétonné pour deux hommes, commence à être construit en grand nombre. Il est utilisé comme poste d’observation, emplacement pour une arme automatique ou pour un petit mortier d’infanterie de 5 cm. Ce trou d’homme est inspiré des modèles italiens construits autour de Tobrouck (Tobrouk) en Libye. De ce fait il est dénommé Tobrukstand ou Tobruk par le Génie de Forteresse de l’Armée allemande. Les Tobruks furent adaptés pour recevoir des tourelles de char, des mortiers, des lance-flammes...

    L’Armée de l’air allemande avait sa propre série (L 1 à L 16) de Tobruks appropriés à la défense des terrains d’aviation.

(c) Région Bretagne (c) Région Bretagne ; (c) Association Océanide - Bohée Alain
Alain Bohée

Historien, membre de l'association Océanide.


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