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Ensemble balnéaire du Pouldu (Clohars-Carnoët)

Dossier IA29004283 réalisé en 2008

Fiche

Parties constituantes non étudiéeshôtel, cale, quai, maison, demeure
Dénominationsstation balnéaire
Aire d'étude et cantonBretagne - Quimperlé
AdresseCommune : Clohars-Carnoët

Sur le plan cadastral de 1823, les abords de la plage des Grands-Sables apparaissent à dominante agricole ou composé de dunes. De par et d'autre de l'actuelle rue des Grands-Sables, qui n'était alors qu'un vague chemin, se trouvent deux immenses parcelles de sable sur lesquelles seront construites la plupart des futures villas du Pouldu. Situé à une vingtaine de kilomètres du grand port de Lorient, le site, qui comporte plusieurs plages où le débarquement de troupes est possible (débarquement anglais en 1746, par exemple), est stratégique : un fort au Pouldu et plusieurs corps de garde (au Pouldu, à Bellangenêt) sont dévolus à la surveillance des côtes. Cette caractéristique obligera les Allemands lors de la Seconde Guerre mondiale à construire une batterie composée de plusieurs casemates à l´ouest de l´anse des Grands Sables. A partir des années 1850, les plages, notamment celle des Grands Sables, commencent à être fréquentées par les baigneurs (voir annexe 4). Les débuts du développement touristique sont axés sur le patrimoine naturel. En 1867, un établissement des bains de mer est réclamé comme un intérêt économique majeur au Pouldu. G. L. Augustin, dans son article publié le 16 février 1867 et retrouvé par Christel Douard, explique : « c´est bien le moment de former sur l´un des points du littoral (et il y en a tant de charmants), un établissement de bains de mer, lequel pourrait offrir des sujets de distraction pour le moins aussi agréables que ceux du Pouliguen ou du Croisic. Nous avons déjà notre Assemblée de Toulfoën, notre belle forêt de Carnoët, les sites enchanteurs de l´Ellé, de l´Isole, de la Laïta, de tous les environs de Quimperlé. Il faut compléter tout cela par l´établissement des bains de mer, et de nombreux étrangers viendront chez nous vider une partie de leurs bourses bien garnies. Pourquoi ne pas profiter des dons que nous fait la Providence ? Puisqu´elle nous fait demeurer dans le plus beau pays de notre belle Bretagne, cette médaille si précieuse et pourtant encore si peu connue, car les étrangers qui la visitent ne vont guère fureter, comme nous l´avons fait, là où ils feraient d´admirables découvertes ». Depuis 1862, la région de Quimperlé est desservie par le chemin de fer. Les deux premières villas sont construites aux abords de la plage des Grands-Sables en 1875, par Henri Froidevaux pour la villa dite isolée, et par Henry de Mauduit, industriel de Quimperlé, pour la villa Castel Treaz, à l´emplacement de l´actuelle résidence Castel Treaz. Le premier hôtel, l´Hôtel des Bains, ouvre en 1887 et des villas sont construites au même moment le long de la plage des Grands-Sables, sur la falaise. Désireux de découvrir des sites encore relativement sauvages, les peintres de l´Ecole de Pont-Aven visitent le site à partir de 1880. Henry de Mauduit loue une partie de sa demeure aux peintres qui séjournent au Pouldu entre 1880 et 1900. Paul Gauguin et Jacob Meyer de Haan décorent les salles de la Buvette de la Plage tenue par Marie-Jeanne Henry (détruite en 1924 mais dont il existe un fac-similé à quelques mètres du café initial depuis 1989). La station balnéaire doit son nom au petit site portuaire du Pouldu, par lequel transitaient les touristes et qui a été peints par les peintres de cette époque. Cette première vague d´urbanisation, diffuse et sans conception d´ensemble, remonte le long de la principale voie d´accès à la plage des Grands-Sables. Afin d´accueillir les estivants et débarquer des marchandises lorsque le port du Pouldu est inaccessible du fait de la barre qui se forme entre la Laïta et l´océan à la marée montante, la station des Grands Sables est dotée d´une cale (sous la villa Les Roches) en 1909. L´article sur le Pouldu, écrit par Louis Beaufrère, vante à l´époque les paysages maritimes, les villas, les excursions sur la Laïta et les activités de plage. Malgré le passage des quelques voyageurs anglais, la clientèle touristique est majoritairement régionale, parisienne ou originaire de l´est de la France. L´autocar dessert Le Pouldu à partir de 1909. A la veille de la Première Guerre mondiale, la station balnéaire s´étend sur de nouveaux espaces. En 1910, un lotissement est constitué dans les dunes de Kervénénas. Le programme concerne une dizaine d´hectares situés entre les Grands Sables et Bellangenêt. La réalisation d´une voie nouvelle reliant les chemins vicinaux et les voies transversales (futures allée Madame Nestour et rue du Philosophe Alain) permet la division des parcelles. Une servitude de non aedificandi est « imposée de chaque côté des deux voies principales desservant le lotissement, dans le but de ménager l´esthétique et de dégager les vues » (Archives municipales de Clohars-Carnoët). Un grand nombre de terrains (d´une superficie moyenne de 600 m²) est mis en vente dans les dunes. La construction des villas se développe au début des années 1910, ralentit momentanément au moment de la Première Guerre mondiale, puis reprend durant l´Entre-deux-guerres. Parallèlement à ce lotissement, Louis Nestour fait bâtir à l´ouest de la plage des Grands-Sables quatre villas qu´il loue et de nouvelles villas sont construites le long de la rue des Grands-Sables (extension spontanée). C´est dans les années 1930 qu´une volonté d´unité de la station balnéaire voit le jour. La réalisation d´un chemin des Grands-Sables au Bas-Pouldu, passant par le village de Kersellec, est fait dans le but d´améliorer les communications entre ces deux entités. Le plan d´aménagement du Pouldu, obligatoire depuis la loi du 14 mars 1919 pour une station balnéaire fréquentée, démontre la préoccupation des autorités conscientes des atouts et des fragilités de ces sites naturelles et patrimoniales qu´il convient de protéger. Après la Seconde Guerre mondiale, la station balnéaire poursuit son développement en densifiant son espace, notamment le long d´une nouvelle route reliant directement le bourg de Clohars-Carnoët et la plage des Grands-Sables, en passant à proximité des plages de Bellangenêt et de Kerou jusqu'alors difficilement accessibles. Un lotissement est construit à Bellangenêt dans les années 1950 et l´urbanisation balnéaire investit au même moment la plage de Kerou, plus à l´ouest. L´habitat individuel se dissémine aux abords des trois plages qui composent la station balnéaire et dans les campagnes en arrière des quartiers balnéaires. A partir des années 1990, les hôtels sont transformés en résidences.

Période(s)Principale : 2e moitié 19e siècle
Secondaire : 20e siècle

L'ensemble balnéaire du Pouldu présente une majorité de villas modestes. Seul le passage des peintres de l´Ecole de Pont-Aven donne au Pouldu une réputation nationale et internationale mais en fait, elle reste la petite station balnéaire des habitants de Quimperlé, qui n´ont qu´à descendre la Laïta pour arriver au bord de la mer. Les villas les plus anciennes, construites à partir de 1875, surplombent la plage des Grands-Sables et s´agencent au débouché de la rue des Grands-Sables sur la plage. L´extension balnéaire de la première moitié du 20e siècle a été par la suite plus spontanée, en remontant la rue des Grands-Sables, ou organisée à partir d´un grand lotissement (rue du Philosophe Alain, rue Madame Nestour). Les abords des deux autres plages, de Bellangenêt et de Kerou, ont été urbanisés plus tardivement, à partir de la seconde moitié du 20e siècle (voir annexe 1). L'ensemble balnéaire du Pouldu a connu l´évolution des stations balnéaires françaises : les différents hôtels du quartier des Grands-Sables - près d´une dizaine au milieu du 20e siècle - ont tous été transformés en résidences privées ; le camping s´est développé ; une population importante de retraités a investi le secteur. Les abords de la plage des Grands-Sables, où se trouvent les villas les plus anciennes, ont été fortement transformés suite à la reconversion des hôtels en massives résidences. Par contre, les villas historiques du quartier balnéaire en arrière de ce premier secteur, souvent à un ou deux étages, demeurent généralement encore préservées, avec leur toit d´ardoise (couverture de toit majoritaire), ou leur toit en tuiles mécaniques. La proximité de la chapelle classée monument historique Notre-Dame-de-la-Paix freine certaines initiatives dans son périmètre de protection de 500 mètres, qui couvre quasiment tout le quartier balnéaire des Grands-Sables. Tout en commençant à être modifiée, la station balnéaire du Pouldu conserve le cachet des petites stations balnéaires qui s´étaient fortement développées à la veille de la Première Guerre mondiale et durant l´Entre-deux-guerres.

Annexes

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales du Finistère. 3 P 34/2 à /8. Matrices cadastrales de Clohars-Carnoët (1823-1957).

  • Archives départementales du Finistère. 222 W 45 à 53. Matrices cadastrales de Clohars-Carnoët (cadastre rénové : 1960-1970).

  • Archives municipales de Clohars-Carnoët. Registres des délibérations du conseil municipal.

  • Archives départementales du Finistère. JAL 102/1. Côtes d'Armor. Echo des plages de Basse-Bretagne, 1910-1914.

  • Archives départementales du Finistère. 4 Mi 104/1-104/12. L'Echo de Bretagne, 1909-1940.

Bibliographie
  • VINCENT, Johan. L´intrusion balnéaire ; Les populations littorales bretonnes et vendéennes face au tourisme. Rennes, PUR, 2007.

  • LE THOËR, Pierre, GOZZI, Marcel. Clohars-Carnoët au fil du temps. Liv'Editions, 2008.

Périodiques
  • AUGUSTIN, G. L.. Etudes sur la Bretagne. Le Publicateur, 16 février 1867.